Y aura-t-il de la neige à Noël ?

Question classique à cette saison. Un Noël blanc a quelque chose de plus. Le traîneau du Père Noël sans la neige, c’est quand même moins poétique… et moins pratique !
Mais c’est aussi une interrogation plus terre à terre* pour les stations de ski ! Une belle neige dès décembre, et c’est l’assurance d’attirer les vacanciers pour les congés de fin d’année et de bien préparer la pleine saison en février et mars.

Alors cette année, la réponse est oui ! Les premières stations ont ouvert leurs pistes ce weekend, même à basse altitude, comme dans les Vosges, où tout le monde se frotte les mains**. (et pas parce qu’ils ont froid.)
(J’en ai profité aussi pour parler de l’accent qu’on entend dans cet enregistrement.)


Transcription:
Oh bah, elle est extra (1), la neige (2)! Il y en a 70 cm en haut et 60 en bas. De la neige fraîche, bonne, belle qualité. Ben là, on a poussé de la neige parce qu’on a produit cette nuit(3). Donc il faut pousser les tas, étendre et puis relisser derrière pour que les skieurs puissent se faire plaisir.
Plus de 800 paires de chaussures, les skis, pareil (4). Les raquettes, les luges, les casques. Tous les ans, on a toujours des skis et des chaussures neufs (5), pour que tout soit prêt pour l’ouverture de la station.
C’est que du bonheur !(6) Ça nous permet d’ouvrir la saison sans le grand stress comme l’an dernier : on a ouvert pile pour les vacances de Noël (7). Donc là, ça va nous permettre de roder (8) un peu tout, pour les vacances. On a déjà plus d’un mètre de neige avec la neige artificielle. Donc les vacances sont assurées et une bonne partie de janvier. Même si il y a un redoux qui arrive, on a le temps de voir venir (9).
Ce weekend sera un avant-goût (10) d’une saison qui démarrera à plein régime (11) le 15 décembre.

Quelques détails :
1. extra : super.
2. Elle est extra, la neige ! : Cette structure où on commence par le pronom (elle) alors qu’on n’a pas encore mentionné le nom dont on parle (la neige) est fréquente à l’oral. Ça sert à mettre en valeur ce qu’on dit, comparé à la structure normale : La neige est extra.
3. On a produit cette nuit : les stations de ski utlisent les canons à neige pour les pistes les plus basses en altitude.
4. pareil : même chose (style oral)
5. des skis et des chaussures neufs : l’accord de l’adjectif au masculin est bon puisque quand on a deux noms, un au masculin et un au féminin, c’est le masculin qui l’emporte. Cependant, on essaie dans ce cas de placer le nom masculin le plus près de l’adjectif, et non l’inverse comme ici, parce que ça nous fait quand même un peu bizarre d’entendre « des chaussures neufs ».
6. C’est que du bonheur : cette expression est devenue à la mode, notamment parce que certains animateurs à la télé l’utilisaient tout le temps.
7. pile pour les vacances : exactement au début des vacances, pas avant.
8. roder : tester, vérifier que tout marche bien et faire les ajustements nécessaires pour être bien prêt.
9. On a le temps de voir venir : on est tranquille pour un petit moment. On a l’assurance que ça va aller pour le moment. On n’est pas obligé de se faire du souci.
10. un avant-goût : une première expérience de ce qui va se passer plus tard.
11. à plein régime : à fond, à pleine force. (On l’utilise pour les machines, les moteurs et aussi au sens figuré comme ici.)

* terre à terre : pas poétique du tout, matériel.
** se frotter les mains : être content de la situation, se réjouir.

La cerise sur le gâteau

Les tennismen français n’ont finalement pas réussi à gagner la Coupe Davis contre la Serbie ce weekend. Mais pour Michaël Llodra et Arnaud Clément, le double qu’ils ont remporté après une bataille acharnée restera sûrement un grand souvenir.
Le double, c’est vraiment particulier dans ce sport, très individuel la plupart du temps. Pendant quelques heures, il faut toute l’entente de deux joueurs habitués à se battre seuls sur les courts. C’est ce qu’expliquait Llodra un peu avant le match.

Transcription:
C’est vrai que le fait de jouer avec un très, très bon copain (1), c’est… c’est une chance incroyable. On a… On arrive à sentir l’un à l’autre les moments où, voilà (2), il faut se parler ou être un petit peu plus distant. Et si à un moment donné, voilà, je sens que ça… ça coince (3) dans un de ses compartiments du jeu, je vais le voir plus facilement, alors que c’est vrai qu’on a de temps en temps de la retenue quand on joue avec un joueur qu’on connaît peut-être un petit peu moins. Donc voilà. Donc ça se passait super bien (4) aussi avec… avec Julien. Je sentais que, voilà, que la mayonnaise prenait vraiment (5). Et voilà, et voilà, par… Voilà, Julien est blessé, donc… donc avec Arnaud, on est associé l’un à l’autre, et c’est vrai que c’est un pur bonheur, parce que, voilà, Arnaud n’avait pas joué non plus en 99, ni en 2001, ni en 2002. Et c’est, je dirais que c’est la cerise sur le gâteau (6) à 33 ans de pouvoir, voilà, jouer une finale. Donc voilà. Donc on… on va jouer ce match mais on espère surtout le… le gagner.

Quelques détails :
1. un copain : un ami (familier)
2. voilà : ici, ce mot ne signifie pas grand-chose. C’est juste un moyen de faire une petite pause dans ce qu’on dit, pour trouver ses mots ou rassembler ses idées. Llodra l’emploie souvent !
3. ça coince : ça ne marche pas, ça ne va pas, il y a un problème.
4. super bien : très bien (familier)
5. la mayonnaise prenait : cette expression culinaire signifie que tout allait bien entre eux et qu’ils s’entendaient de mieux en mieux. C’est une image qui vient de la cuisine. Quelquefois, la mayonnaise ne prend pas bien : les ingrédients ne se mélangent pas correctement si l’œuf est trop froid par exemple. Donc on peut rater la mayonnaise ! Si la mayonnaise ne prend pas entre les gens, dans une équipe, ça signifie qu’il n’y a pas une bonne entente entre eux, qu’il n’y a pas de cohésion.
6. c’est la cerise sur le gâteau : c’est le petit détail final qui rend parfaite une situation. (Comme une cerise est la décoration finale sur un gâteau.) Cette expression est devenue très à la mode. On la lit ou l’entend sans arrêt chez les journalistes.