A ne manquer sous aucun prétexte

Je ne devais pas me trouver à Privas ce jour-là. Je n’avais pas de place pour ce spectacle-là. Il n’y avait d’ailleurs plus de places à vendre. Alors merci à la dame qui à la dernière minute ne pouvait pas y assister et cherchait à revendre sa place !

J’ai donc enfin vu Pixel.

Et j’y retournerai dès que l’occasion se présentera, comme pour Boxe Boxe dont je vous ai déjà parlé. Même beauté, même bonheur, même immense plaisir. On ressort des spectacles de Mourad Merzouki émerveillé, léger et heureux. Courez-y si sa compagnie danse dans votre ville ou votre pays un jour.

Regardez ici comme c’est beau !

Et comme c’est un grand monsieur, l’écouter fait du bien. Voici un autre extrait d’un entretien enregistré lors d’un festival de danse en Suisse. Créer, explorer, partager, mélanger, offrir. Telle est sa danse, portée par des danseurs magnifiques de légèreté, de fluidité et d’énergie. Telle est la danse. Comment certains peuvent-ils imaginer interdire aux hommes de danser ?

Mourad Merzouki

Transcription

– J’ai eu la chance de rencontrer le hip hop au bon moment, il était dans la rue, il restait dans la rue et à ce moment-là, j’ai eu envie de l’emmener ailleurs, sur scène, et de toucher un public plus large. Donc je crois que c’est pour ça que j’ai peut-être été remarqué à ce moment-là, le fait de mélanger le hip hop avec d’autres formes artistiques et de l’emmener vers… vers un public nouveau. Ce que j’ai fait pendant plusieurs années, jusqu’à Yo Gee Ti, ce projet avec les Taïwanais, où dans cette… ce désir de vouloir aller ailleurs, ce désir de mélanger, bah j’ai créé un spectacle qui mélange le hip hop avec la danse contemporaine et la danse classique, qui mélange le hip hop français, qui mélange l’histoire des danseurs français avec la danse taïwanaise. Donc ce que j’ai fait dans ce spectacle-là, c’est d’essayer de trouver des points communs, d’essayer de trouver un dialogue entre ces corps, entre cette énergie, entre… pour en faire un spectacle. J’avais pas envie de faire une espèce de collage, j’avais pas envie que le contemporain soit d’un côté, le hip hop de l’autre et que le spectateur, une fois, il voit du contemporain, une fois, il voit du hip hop. Non, le pari, c’était de pouvoir faire en sorte que les danseurs, les dix, puissent voyager entre, voilà, une gestuelle, qui peut être parfois contemporain (1), parfois hip hop, avec des énergies différentes.
– Est-ce que tu parles du mandarin (2), toi ?
– J’aimerais bien ! Malheureusement, non.
– Non. Donc comment tu as communiqué avec les danseurs taïwanais ?
– Bah l’avantage avec la danse, c’est que je pratique un langage universel. C’est d’ailleurs pour ça que j’arrive à… aujourd’hui à faire les projets avec des danseurs du monde entier, parce que justement, il y a pas cette barrière-là. Donc il y a une espèce de… d’évidence (3) qui se met en place avec les artistes, et voilà, le corps parle de lui-même (4) et on n’a pas besoin de… d’un alphabet pour se comprendre. Donc ça, c’est un avantage pour le danseur, pour le chorégraphe, pour justement arriver comme ça à faire des projets à l’international.
Alors je me suis appuyé sur l’univers de ce styliste Johan Ku qui lui, travaille à partir de laine. Quand je le regardais travailler, il partait de la laine en état … comment dire. ?… en l’état de base. J’ai pas le terme (5), c’est-à-dire qu’il a la laine qui ressemble à rien (6) au départ. Et puis ensuite, il va la façonner, il va la… il va faire des tresses (7), il va la… Et tout ce travail-là nous amène petit à petit (8) à un pull, un pantalon, un bonnet, etc. Et finalement, je peux reproduire exactement son… sa démarche (9), son… son approche à la laine dans la danse. C’est-à-dire qu’on part de quelque chose de totalement brut qui veut rien dire et petit à petit, on mélange, on structure pour en faire un spectacle J’aimais bien aussi ce lien-là. Parce que encore une fois, je viens pas du Conservatoire (10). Pour moi, il y a vingt ans, la danse était… était un autre monde, inaccessible, et donc je me bats tous les jours pour que, justement, dans mes spectacles, je puisse ouvrir la danse au plus grand nombre (11), ceux qui ne connaissent pas la danse, ou ceux qui connaissent la danse mais qui vont découvrir une gestuelle nouvelle, celle du hip hop. Et c’est tout ça qui me plaît. Donc mettre une casquette (12) dans mon travail, généralement, j’aime pas trop. J’aime bien dire que c’est de la danse. Après tout, la définition de la danse, c’est un corps en mouvement. Il y a trente ans, on disait encore du hip hop que ça allait pas durer, que c’était un effet de mode (13), que c’était éphémère. Et moi, j’adore dire : bah, ça fait trente ans et le hip hop est encore là, et continue son histoire, continue à grandir.
– Est-ce qu’on pourrait dire que les réactions du public, ce sont plus ou moins les mêmes en Europe ou bien en Taïwan  (14)? Est-ce qu’ils réagissent sur quelque chose qui se passe concrètement sur scène et qui leur touche (15) ?
– Alors, de manière générale, les réactions sont identiques, c’est-à-dire que la plupart de mes spectacles sont quand même beaucoup axés sur le divertissement, c’est-à-dire qu’il y a, malgré tout… Moi, je suis pas dans le propos (16), dans le cérébral. Je raconte pas des choses liées à la société où je revendique je ne sais quoi. Je ne saurais pas faire, je pense. Par contre, j’essaye dans mes spectacles de donner des images, de faire paraître des émotions, de rester aussi d’une certaine manière avec la générosité du hip hop. Et donc, que ce soit à Taïwan ou en Europe, de manière générale, il y a comme ça une réaction du public qui est une réaction plutôt de plaisir. Le public repart pas en se posant cinquante questions sur : qu’est-ce qu’il a voulu lui dire, comment, pourquoi. Donc ça c’est un peu général. Après, évidemment, il y a des moments, peut-être pas trop dans Yo Gee Ti mais dans des spectacles où il y a un peu d’humour – alors, c’est drôle parce que suivant les pays, on va rire à des endroits totalement différents. Il y a des réactions qui parfois… Je comprends pas pourquoi ils rigolent (17) à cet endroit et pas à un autre. Voilà. Donc ça reste quand même infime. Mais de manière générale, la réaction des publics à travers le monde, sont (18)… je touche du bois ! (19) – sont unanimes, parce que… parce que mes spectacles renvoient… renvoient cette générosité, je pense.

Quelques détails :
1. contemporain : normalement, on s’attend à du féminin après le mot « la gestuelle ». Mais en fait, il n’accorde pas, il emploie le nom de cette catégorie de la danse, le contemporain.
2. Parler du mandarin : elle veut dire parler le mandarin.
3. Il y a une évidence : c’est très simple et immédiat, il n’y a pas de problème du tout.
4. Le corps qui parle de lui-même : le corps a son langage et n’a pas besoin d’autre chose pour s’exprimer et se faire comprendre.
5. J’ai pas le terme = je ne trouve pas le mot.
6. Ça ne ressemble à rien : on ne comprend pas à quoi ça sert, ce que c’est.
7. Une tresse : c’est lorsqu’on coiffe les cheveux en les entrelaçant.
8. Petit à petit : peu à peu, progressivement
9. sa démarche : son projet et sa façon de travailler
10. le conservatoire : il s’agit du conservatoire de danse, cette institution par où passent les danseurs, avec ses classes, ses examens, etc. Il y a des conservatoires de différents niveaux dans les différentes villes de France. (C’est la même chose pour la musique). Mourad Merzouki n’a donc pas eu un parcours traditionnel de danseur et de chorégraphe.
11. Ouvrir quelque chose au plus grand nombre : donner accès à quelque chose à une majorité de gens, aux gens ordinaires.
12. Mettre une casquette : cette expression signifie qu’il y a des genres différents, des catégories différentes et qu’on peut tout classer dans des cases bien définies. Mourad Merzouki, lui, ne veut pas porter une casquette particulière, c’est-à-dire se voir attribuer une étiquette bien précise et trop limitative selon lui.
13. Un effet de mode : une mode passagère
14. en Taïwan : on dit à Taïwan.
15. Leur touche : ce n’est pas correct. Il faut dire qui les touche, car c’est le verbe toucher quelqu’un, sans préposition. On emploie leur si le verbe est suivi de la préposition à: Le hip hop parle aux spectateurs => ça leur parle.
16. Je ne suis pas dans le propos = je ne cherche pas à démontrer quelque chose, à faire réfléchir sur un problème, ou dénoncer une situation, etc.
17. rigoler = rire (style familier)
18. Problème d’accord sujet-verbe : le sujet est singulier et le verbe est pluriel. Donc il faudrait dire : Les réactions du public sont… (Comme souvent à l’oral, on commence la phrase d’une manière et en cours de route, on change et ce n’est pas toujours parfaitement logique, mais ce n’est pas vraiment grave.)
19. je touche du bois : cette expression indique qu’on espère que quelque chose de positif va continuer. Par superstition, on touche du bois, réellement si on peut ! (On joint le geste à la parole).

L’interview entière est à regarder ici.

Pour tout savoir sur les spectacles de Mourad Merzouki et sa compagnie, allez sur leur site..

L’air de rien

Ce film a fait l’ouverture du festival de Cannes mercredi. Une bande annonce qui le rend tentant, avec ses petits bouts de dialogues qui s’enchaînent pour esquisser une histoire qu’on devine étrange. Et des interviews du cinéaste et de ses actrices partout. Voici des extraits d’une émission écoutée à la radio. Autant les dialogues du film peuvent, je pense, être un peu difficiles à suivre pour un non francophone, autant les actrices prennent leur temps dans cet entretien pour choisir les mots qu’elles mettent sur leurs pensées, avec humilité. Et un cinéaste comblé et reconnaissant. Bonne écoute !

Ismael

Transcription
– Comment on entre… Comment on entre dans l’univers d’un nouveau metteur en scène ? Par ses films ? En discutant avec lui ? Ou juste le scénario et le rôle ?
– Moi, je me mettais pas mal de pression (1). Le fait qu’il… qu’il nous mâche autant le travail (2) – parce que il prépare énormément, et il joue les scènes…
– Bien ?
– On le voit pas. Mais on sait… Il nous dit. Donc on sait qu’il a déjà tout… enfin, c’est normal pour un metteur en scène de réfléchir à sa journée et à ses scènes. Mais là, il le fait vraiment très en détail. Donc on se… Moi, je sentais que je passais après (3). Il fallait… J’espérais le surprendre suffisamment pour que ça vaille le coup (4) de… enfin d’être là et de… C’était pas que le satisfaire, c’était aussi le… tenter de le surprendre. Donc là, j’ai fait la démarche (5) de l’appeler… enfin, de lui écrire. Et je trouvais que le temps passait et que on s’était toujours pas trouvé sur un film, donc… Et il m’a dit : Bah je viens d’écrire un rôle qui est… enfin, voilà, qui est… Je sais pas si il m’a dit qu’il l’avait écrit… Je suis pas sûre qu’il l’ait écrit pour moi, mais il m’a dit que il avait un rôle pour moi en tout cas.
– Qu’est-ce qui vous a… Je suppose que vous faites pas souvent ce genre de démarche d’écrire à des metteurs en scène.
– Non. Jamais.
– Alors, ouais, pourquoi lui ?
– Parce que je trouvais que depuis Esther Kahn, on s’était raté à plusieurs… (6) Alors, Esther Kahn, il m’a… On s’est rencontré et il m’a pas choisie. Donc j’étais hyper déçue. Et après, il m’a proposé d’autres rôles et… que j’ai pas pu faire. Donc il y a eu plein de rendez-vous manqués (7) un peu, enfin manqués pas… pour moi, hein ! Donc je trouvais ça normal de… de lui faire signe.(8)

– Il y a toujours eu quelque chose d’assez théâtral dans son cinéma qui… Et moi, c’est ça qui me touche dans son cinéma, c’est-à-dire qu’on arrive à s’identifier à des personnages qui parlent parfois super bizarrement, qui parlent parfois de manière théâtrale, mais il y a quelque chose qui passe (9) parce que… parce qu’il a créé ça dans son univers, il a inventé une forme de cinéma qui est la sienne. Voilà.
– Avec quand même une constante, c’est les femmes sont fortes et les hommes sont quand même faibles, hein, globalement (10).
– C’est bien, ça change ! Oui, il y a une… Il y a une fascination de la femme chez Desplechin, qui est… bah qui offre aux actrices des rôles absolument sublimes et aux acteurs des rôles absolument sublimes, parce que dévoiler la faille, disons plutôt que la faiblesse, de l’homme, c’est très beau.
– Après, vous ne regrettez pas d’être venu ce matin, Arnaud Desplechin !
– J’ai mes oreilles… C’est du miel dans mes oreilles ! Non mais c’est pas que ça. C’est d’entendre ces femmes penser. Ça m’intéresse la pensée… leur pensée de… la pensée qu’elles ont de leur art.

– D’avoir Arnaud comme chef d’orchestre, c’est pas rien ! (11) Donc je pense qu’il… il sait ce qu’il fait. Et c’est… Je trouve qu’il y a… J’aime bien me… me… avoir confiance et pouvoir avoir confiance dans des metteurs en scène qui sont aussi talentueux évidemment, parce que c’est l’air de rien (12), en fait. Donc voilà, il y a des choses qui se font sans… sans qu’on fasse gaffe (13) et ça s’opère tout seul.

– Vous l’avez écoutée alors.
– Ouais, ça me bouleverse. Ça me bouleverse. Je pense mais quelle chance j’ai ! Mais (14) quelle chance j’ai ! Quelle chance j’ai eue, vous vous rendez compte ! (15)
– C’est aussi un cocktail d’actrices, hein.
– C’est les deux… C’est ces deux femmes qui sont les deux stars… enfin, c’est pas les deux seules – je pense à Isabelle Huppert, à d’autres actrices ô combien, mais enfin les deux stars internationales comme ça, françaises. Et chacune a son art à un endroit tellement différent de l’autre, et les avoir les deux dans le même cadre ! Voyez, j’entendais l’extrait où elles se disputent (16) comme ça sur ce… devant le paysage de Noirmoutiers qui est magnifique comme ça, je me dis : J’ai eu la chance de diriger ces deux-là en même temps ! Je… J’en reviens pas encore ! (17)

Des explications :
1. pas mal de pression = ce n’est pas tout à fait beaucoup de pression, mais juste en-dessous en fait ! (plutôt familier)
2. Mâcher le travail à quelqu’un : tout simplifier pour que ce travail devienne très facile et que la personne n’ait pas à réfléchir à ce qu’elle doit faire.
3. Passer après : c’est ne pas être la priorité. On peut employer cette expression à propos de quelqu’un : Ses amis passent après sa passion pour son sport. On peut aussi l’employer à propos de quelque chose : Il est très ambitieux donc son travail est tout pour lui et sa vie personnelle passe après.
4. Pour que ça vaille le coup : pour que ça serve à quelque chose, que ça apporte quelque chose. C’est le verbe valoir au subjonctif présent. Valoir le coup est synonyme de valoir la peine mais mais dans un style plus familier.
5. Faire la démarche (de faire quelque chose) : cela signifie qu’on prend l’initiative de faire quelque chose. Par exemple : Si tu veux que les choses changent entre vous, c’est à toi de faire la démarche. / de faire la démarche de lui en parler. C’est différent de l’emploi au pluriel de ce mot : faire des démarches, c’est faire ce qui est nécessaire administrativement pour obtenir quelque chose. Par exemple: Il est en train de faire les démarches pour partir vivre un an en Australie.
6. = À plusieurs reprises : plusieurs fois. Elle s’interrompt au milieu de l’expression.
7. des rendez-vous manqués : au sens figuré, ce sont des occasions manquées.
8. Faire signe à quelqu’un : au sens figuré, c’est contacter quelqu’un. Par exemple : Fais-moi signe quand tu auras décidé quelque chose.
9. Il y a quelque chose qui passe = ça marche. Ce style touche les gens.
10. Globalement : sans entrer dans les détails. C’est comme en gros (qui est un peu plus familier)
11. C’est pas rien ! : cette expression signifie justement que c’est beaucoup, que c’est très important. Par exemple : Il est allé les voir et les a écoutés. Et ça, c’est pas rien !
12. L’air de rien : en apparence sans effort. Par exemple : L’air de rien, on a beaucoup avancé dans notre travail aujourd’hui.
13. Sans qu’on fasse gaffe : sans s’en rendre compte, sans qu’on y prête attention. Faire gaffe à quelque chose, c’est faire attention à quelque chose. (très familier). Par exemple : Fais gaffe, tu vas tomber !
14. Mais quelle chance ! : « Mais » ici (à l’oral) sert à renforcer l’exclamation. Par exemple : Mais quel beau film ! Mais quelle actrice !
15. Vous vous rendez compte ! : cette exclamation sert à renforcer ce qu’on vient de dire, à mettre en valeur une situation, à dire que c’est incroyable. Par exemple : Il a quitté son travail comme ça, du jour au lendemain. Non mais tu te rends compte !
16. Se disputer : se quereller (mais se quereller est d’un niveau de langue très soutenu). Par exemple : Leurs deux enfants ne s’entendent pas du tout. Ils passent leur à se disputer.
17. J’en reviens pas encore = Je n’en reviens pas. / Je n’en reviens toujours pas, ce qui signifie qu’il n’y croit toujours pas en quelque sorte, que ça continue à le surprendre. (familier) Par exemple : Il ne m’a même pas dit qu’il partait. Je n’en reviens pas !

L’émission entière est à écouter ici.

Transcription de la bande annonce, qui est à regarder ici :
Il y a deux ans, j’ai rencontré Ismaël.
Vous n’avez pas d’enfants ?
J’ai aimé des hommes mariés.
Ah ! Bon, en ce moment je suis célibataire, donc ça ne nous laisse pas beaucoup de chances, je crois.
Ah bah non, aucune.
On racontait qu’il avait perdu une femme.
C’est votre femme ?
Oui. Carlotta. Un jour, elle est partie.
Où ça ?
Je l’ai jamais su.
Toi, tu y penses ?
Ça fait vingt ans, ma chérie. Ne sois pas jalouse d’un fantôme.
Vous êtes Sylvia, la compagne d’Isamël ?
Oui.
Je suis sa femme. Carlotta.
Je crois que j’ai vu Carlotta.
Ne me parle pas de Carlotta. Je veux plus entendre parler d’elle.
Elle est en vie. Elle t’attend en bas.
C’est moi.
Oui.
Ça fait combien de temps ?
Vingt et un ans, huit mois et six jours.
J’aurais préféré qu’elle soit morte.
Tu existes plus !
J’ai besoin de toi.
Moi j’ai pas besoin de toi.
Qu’est-ce que tu es venue faire ici ?
Oh, je crois que tu le sais.
Je te plais quand même.
Quand même.
Tu vas y arriver.
Je suis terrifié.
Je veux pas que tu aies peur. Je veux pas que tu aies peur, mon amour.
Je vais arracher ton masque et je ferai de toi un prince.
Vous devez aller au Ministère Public. Ils annuleront le jugement. Vous pourrez récupérer votre patrimoine.
Est-ce que je peux récupérer mon mari ?