Les petits nouveaux

Rentrée à l’université faite depuis le 3 septembre.
Alors, maintenant que j’ai repris le rythme, c’est la rentrée aussi sur mon blog ! (Et sur France Bienvenue également.) J’espère bien vous retrouver, après cette longue pause d’été de mon côté.
Voici donc aujourd’hui un petit écho de la rentrée universitaire, qui ressemble à ce qui se passe dans mon département : nous aussi, nous avons accueilli les petits nouveaux avec l’aide des étudiants de 2è année.
(Mais vous savez quoi ? Il y en a qui ont déjà décidé de nous quitter ! Je vous en reparle dans un prochain enregistrement.)

Rentrée universitaire

Transcription

– Donc voilà, donc moi, je m’appelle Julien. Je vais être votre accompagnateur sur (1) la journée.
Des étudiants de 3è année sont là pour faire visiter les lieux aux petits nouveaux (2).
– Je les trouve vraiment coincés (3), là, clairement. Mais c’est normal ! Ils sont fatigués, c’est le matin, c’est le début, c’est la rentrée ! On les aiguille (4) un petit peu pour pas les lâcher dans la nature (5).
Pour Ambre, c’est utile.
– On va visiter tout le campus, etc. et du coup, lundi, on n’est pas obligés d’arriver une heure avant pour trouver nos salles. C’est sympa, comme ça, on se sent pas totalement seul et perdu au milieu de tous ces étudiants !

Quelques détails :
1. sur la journée = pour la journée / pendant la journée. « Sur » gagne du terrain et s’emploie maintenant dans des expressions où ce n’était pas naturel avant.
2. Les petits nouveaux : les nouveaux sont toujours petits, quel que soit leur âge !
3. Coincé : timide, qui n’ose pas s’exprimer ou faire des choses. C’est péjoratif.
4. Aiguiller quelqu’un : lui donner des indications, pour qu’il ne sente pas perdu, le guider.
5. Lâcher quelqu’un dans la nature : cette expression signifie laisser quelqu’un se débrouiller tout seul dans un milieu qu’il ne connaît pas. (familier)

A bientôt !

Prendre le large, prendre le temps

François Damiens était à la radio il y a quelque temps, à l’occasion de la sortie de son film, Mon Ket (que je n’ai pas très envie de voir). Mais je viens de regarder un autre film, Otez-moi d’un doute, sorti l’an dernier, dans lequel cet acteur belge jouait très bien.
Alors voici un aspect de sa personnalité découvert dans cette interview très vivante. Et comme c’est le début des grandes vacances, ce qu’il raconte est plutôt bien venu !

Partir pour être heureux

Transcription

– Ça veut dire que vous, vous arrêterez tout si jamais un jour, vous sentez que vous êtes dans une forme de caricature ?
– Oh oui, bah je veux pas aller jusqu ‘au bout. Je veux arrêter.
– Oh bah non !
– Je veux arrêter plus tôt que prévu.
– Mais quand ?
– Oh, je sais pas, là, je vais encore faire quelques films, puis je vais m’acheter un bateau. C’est ça un peu le but, quoi. Et puis après ça, je vais partir, mais pour revenir encore. Mais j’ai… j’ai… C’est clair que j’aurais envie encore de prendre le large (1) au bout d’un moment.
– Comme Jacques Brel ?
– Bah oui, mais j’aime tellement ma vie que j’ai peur de m’en lasser (2), quoi. Donc je vais essayer de l’arrêter régulièrement pour que… pour avoir toujours du plaisir à y revenir, quoi.
– Dans quel état vous êtes quand vous êtes sur un bateau, François Damiens ? Vous parliez de liberté, tout à l’heure.
– Ah, je suis heureux sur un bateau. Vous savez, paradoxalement, ce qui est bizarre, vous savez, c’est ça… C’est restreint (3) comme endroit et c’est l’endroit où je me sens le plus libre et… En fait, j’aime tout faire sur un bateau. J’aime faire la vaisselle. J’aime… Moi qui aime pas bricoler (4), j’aime bien bricoler sur un bateau, je suis capable de démonter un pilote automatique, alors que je déteste faire ça sur la terre. Non, je me sens… je me sens heureux, puis j’aime bien prendre le temps de vivre. En fait, j’aime bien perdre mon temps. Et sur un bateau, bah tu peux perdre ton temps, tu peux manger un pamplemousse pendant une heure et demie, quoi ! Et tu as pas l’impression de perdre ton temps, quoi ! Tu retires la peau mais (5) chaque parcelle de peau, chaque petite nervure, tu fais ça et donc tu… Voilà, tu regardes le ciel et puis tu essaies de profiter (6), quoi.

Des explications
1. prendre le large : au sens propre, cela concerne les bateaux qui partent, qui quittent le port, les côtes. Donc au sens figuré, cela signifie : s’en aller, tout quitter.
2. Se lasser de quelque chose : s’ennuyer en faisant une activité qu’on a beaucoup faite et qu’on aimait. On peut l’employer aussi à propos de quelqu’un : Ils étaient amis. Mais peu à peu, l’un d’eux s’est lassé de l’autre et ils ont cessé de se voir.
3. Restreint : ici, cela signifie petit. Un bateau (comme un voilier) est un endroit où il n’y a pas beaucoup de place, pas beaucoup d’espace.
4. Bricoler : réparer ou fabriquer des choses de ses mains pour la maison ou pour une voiture, etc. Par exemple : Il s’est fabriqué une table. Il aime bien bricoler. Quand on sait bricoler, on est bricoleur : C’est un bricoleur, il sait tout faire de ses dix doigts ! Et on trouve tout ce dont on a besoin dans les magasins de bricolage, comme Leroy Merlin, Castorama.
5. Mais : ici, ce mot n’exprime pas le contraste. Il sert à insister, à mettre en valeur la suite.
6. Profiter : apprécier le plus possible une situation, la vie. Par exemple : – J’ai fini mes examens, je suis en vacances.
– Ah, super, profite !

L’émission entière est ici.

Bon début d’été à vous et à votre français !
Profitez bien.