Du muguet qui porte bonheur… et qui rapporte

Il paraît que le muguet, ça porte bonheur. En tout cas, cette petite fleur blanche sent bon et fleurit fin avril- début mai ! Alors, en France, la tradition veut qu’on en offre le 1er mai. (qui est aussi la Fête du Travail et donc un jour férié.
Derrière ces petits gestes d’amour ou d’amitié, il y a aussi toute une industrie ! Il faut le produire, ce muguet, et tout faire pour qu’il soit prêt le jour J, parce que passé le 1er mai, qu’est-ce que vous voulez faire avec du muguet ! Il faut aussi le cueillir et l’expédier aux quatre coins de la France.
Et il faut le vendre. Cher! Mais le bonheur, ça n’a pas de prix, comme on dit…

Allez, on verra le cours du brin de muguet demain !
Cette année, les quelques brins qui veulent bien pousser d’habitude dans mon jardin sont en retard ! Aucune clochette en vue ! (La faute à un hiver qui s’est un peu attardé sans doute, même en Provence…) Mais bon, l’impact économique de ma sous-production sera faible, vu que 80 % du muguet vendu le 1er mai pousse dans la région de Nantes !


Pour regarder ce petit reportage, c’est là.

Transcription:
C’est une véritable tradition dans la région nantaise : après les cloches de Pâques, viennent les clochettes (1) du muguet. Et cette année, vu le contexte économique, on vient parfois de loin pour cueillir les brins.
« On est venu de… de Normandie à plusieurs, hein, histoire de (2) venir cueillir un peu… un petit peu de muguet, nous faire un petit peu de sous (3). On est tous un peu… On est tous étudiants. En période de crise, là, les petits boulots (4)saisonniers comme ça, c’est… c’est pas de refus (5), quoi ! »
Dans cette société de maraîchage de Machecout par exemple, les 800 saisonniers (6) ont été trouvés beaucoup plus rapidement que d’habitude.
« Oui, il y avait plus de monde demandeur cette année malgré le fait que nous soyons hors période scolaire parce que la… l’académie de Nantes (7) étant … ayant repris l’école ce matin, on n’a pas eu les étudiants. Et malgré ça, on n’a eu aucun problème à recruter l’effectif que (8) nous avions besoin. »
Dans la région nantaise qui réalise l’essentiel de la production nationale, 4000 saisonniers ont été embauchés.

Quelques explications :
1. Les fleurs du muguet ont la forme de petites cloches : des clochettes.
2. histoire de faire quelque chose : pour faire quelque chose. (familier)
3. se faire un peu de sous : gagner un peu d’argent (familier)
4. un petit boulot : un emploi pas définitif et qui ne rapporte pas beaucoup d’argent
5. C’est pas de refus : ça ne se refuse pas, c’est bienvenu. (familier)
6. les saisonniers : les employés saisonniers recrutés pour effectuer des tâches saisonnières, comme la cueillette des fruits, etc…
7. une académie : la France est divisée en plusieurs zones administratives pour les établissements d’enseignement : les académies, qui regroupent plusieurs départements. Toutes les académies ne sont pas en vacances au même moment pour les vacances d’hiver et celles de printemps. (L’étudiant interrogé venait de Normandie qui n’est pas dans la même académie.)
8. Il aurait dû dire : l’effectif dont nous avions besoin.

Fraîcheur et saveur garanties

Aujourd’hui, on peut manger des fruits exotiques qui viennent du bout du monde.
On fait voyager des salades dans des camions à travers la France.
On fait pousser des tomates sans soleil et sans terre pour leur faire traverser l’Europe.
On développe des variétés de légumes et de fruits dont la principale qualité, c’est de résister au transport.
Le tout, bien gavé de cochonneries.
Et il y a des enfants qui ne savent même plus à quelle saison on peut récolter des fraises, des vraies, des belles, qui poussent quand c’est le moment et qui ont le goût de fraise !
Et surtout, à l’heure où le Ministère de la Santé fait sa campagne sur « 5 fruits et légumes par jour », de nombreuses familles n’ont même pas les moyens d’acheter de bons produits à un prix correct.

Alors, de petits producteurs régionaux se regroupent en AMAP. Une AMAP, c’est une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne.
Ils font pousser des vrais légumes et des vrais fruits, sans donner dans le rendement industriel. Et ils vendent tout ça chaque semaine sous la forme de paniers à des clients qui se sont engagés à leur acheter leur production. Pas d’intermédiaires, une production qui redevient raisonnable, au fil des saisons, et pleine de saveurs oubliées ! Un lien direct entre le producteur et ses clients.


Transcription:
– Là, vous êtes en train de préparer les paniers, les paniers qui vont être distribués à l’AMAP en soirée.
Tout à l’heure, ouais.
– Alors expliquez-nous. Qu’est-ce que vous y mettez aujourd’hui ?
Ben le panier, il y a un quart de courge, donc c’est des grosses, donc ça fait des grosses parts. Un kilo de pommes de terre…
– Des oignons.
Il y a sept poireaux, une botte de radis rouges, une salade, une poche d’épinards où il y a 700 grammes d’épinards. Et des oignons. Et voilà.
– Et le panier…
Et le panier est fait.
– A quel prix ?
Le panier, 16 euros. Toutes les semaines. Donc là vous avez… Je coupe des parts de courge parce qu’on a des courges qui sont assez grosses. Donc on les partage en deux ou en quatre. Donc après je les emballe juste pour la distribution. Aujourd’hui, vu la conjoncture dans l’agriculture, voilà, pour moi, c’était une obligation de passer par les paniers pour voilà, le… le soutien financier que ça implique.
– Vous pensez que dans un système traditionnel, agriculture intensive, vente aux grandes surfaces (1), etc…, vous… vous vous en seriez pas sorti (2)?
Ah non, non. Déjà (3) j’aurais pas pu m’installer, premièrement. Après, s’en sortir, le circuit des grandes surfaces aujourd’hui, je pense pas qu’il y en ait qui s’en sortent.

Quelques détails :
1. les grandes surfaces : les supermarchés et les hypermarchés (par opposition aux petits commerces)
2. s’en sortir : réussir.
3. Déjà : la première raison, c’est que… (C’est comme « premièrement »)