Le bec dans l’eau

Le travail qui se fait plus rare, les factures qui arrivent tous les mois, les mensualités qu’on ne peut plus payer et les banques qui vous poussent à emprunter encore et encore pour rembourser les autres crédits… Bref, la fuite en avant pour certaines familles.
C’est ce qu’on appelle le surendettement, qui résulte souvent des « accidents de la vie », comme disent certains, mais aussi, il faut bien le dire, de l’absence de scrupules de banques et d’organismes de prêts qui ont tout intérêt à placer des crédits à la consommation lucratifs…
Sauf que, à la fin, de toute façon, on se retrouve le bec dans l’eau et les poches vides, comme Paul et Josiane l’expliquent dans ce petit enregistrement.

Transcription :
– Il y a eu les chômages techniques (1) qui ont commencé. Donc on avait moins de revenus tous les mois. On est allé trouver (2) notre banquier qui nous a dirigé vers d’autres sociétés, qui nous a fait un crédit… des crédits revolving, Open. Et là, pour nous, ça a commencé. On a donc pris un premier crédit, un second crédit. Le banquier nous disait : « Bah en attendant qu’on trouve une solution, quelque part, dans une autre société de crédit, vous payez vos crédits tous les mois. » On est arrivé comme ça à 22 000 euros de découvert (3). Notre maison a été vendue entre-temps et maintenant, on nous demande des frais et des intérêts. Parce qu’ils nous demandent des frais de remboursement anticipé ! J’en veux au banquier…(4)
Oh oui !
– …parce que on est allé le voir avant que ça arrive.
On a laissé pourrir la chose jusque (5) ça n’aille plus. Aujourd’hui on se retrouve le bec dans l’eau. (6)
– Vous pensez que vous allez vous en sortir ? (7)
Bah on espère !
On espère !
On est tous les deux quand même. Maintenant (8) je pense que ça mettra encore très longtemps. Il faudra qu’on paye, oui. C’est pas qu’on ne veut pas payer. Ce qu’on aimerait, c’est pouvoir vivre normalement.

Quelques explications :
1. le chômage technique : période pendant laquelle l’entreprise cesse temporairement son activité, en attendant une augmentation des commandes par exemple. Les employés sont en chômage technique et ne sont pas payés.
2. aller trouver quelqu’un : aller voir quelqu’un pour lui demander quelque chose.
3. un découvert : c’est quand il n’y a plus assez d’argent sur votre compte en banque. Vous êtes à découvert.
4. en vouloir à quelqu’un : être fâché contre quelqu’un, lui faire des reproches.
5. jusque : normalement, il faudrait dire « jusqu’à ce que ça n’aille plus ».
6. se retrouver le bec dans l’eau : expression familière = être dans l’incertitude, sans solution.
7. s’en sortir : trouver une solution, arriver à quelque chose.
8. Maintenant : ce n’est pas le sens habituel. On l’emploie souvent pour marquer le contraste. C’est à peu près la même chose que « mais » dans ce cas-là.

Eruption volcanique et pagaille dans les airs

Un volcan islandais qui entre en éruption, des images incroyables comme toujours avec les volcans. Mais aussi la vie qui se complique sérieusement pour les Islandais. Et un nuage de cendres, de glace, de vapeur d’eau qui obscurcit le ciel sur une zone impressionnante et empêche les avions de voler. Tous les aéroports européens ou presque, grands et petits, sont paralysés depuis plusieurs jours. Roissy et Orly, les 2 grands aéroports parisiens, n’y échappent pas.

Et ça tombe mal pour les voyageurs et les compagnies aériennes en cette période de plus forte activité du fait des vacances de printemps. Dans ce petit reportage, certains voyageurs sont carrément désabusés, et ça s’entend! D’autres ont finalement de la chance.


Transcription :
Voilà, alors, Roissy et… et Orly, c’est ce que l’on vient d’apprendre, ne rouvriront pas avant demain dans la matinée. C’est ce qu’indique la Direction Générale de la… de l’Aviation Civile. Alors, je vous refais le film (1) pour bien comprendre ce qui passe ici dans la tête des passagers notamment. Normalement, on disait l’aéroport devrait… devait rouvrir aujourd’hui à 14 heures. Et puis finalement, ça a été reporté à 20 heures, en disant peut-être ce sera plus tard. Et donc maintenant, on apprend que c’est demain matin, et pourquoi pas encore plus tard. Et c’est ça qui est le plus difficile pour les passagers ici. Bien évidemment pour ceux qui habitent à Paris, eh bien, ils rentrent chez eux et puis ils espèrent partir un petit peu plus tard. Mais pour ceux qui viennent… Par exemple là, je viens de voir des gens qui viennent de Saint Etienne, qui sont montés à Paris, avec les grèves à la SNCF. Ils arrivent épuisés ici. Ils pensaient pouvoir partir. Leur avion devait partir après 23 heures. Eh bien non, ils sont coincés. Et ils ne savent pas quand ils pourront repartir. C’est ça le plus difficile, c’est cette notion d’expectative et de ne pas pouvoir savoir quand le trafic reprendra.

Et en tout cas, concrètement dans les allées de cet aéroport, Guillaume, vous avez constaté que il vaut mieux être passager de certaines compagnies que d’autres en matière de prise en charge. (2)
Voilà. Bon après, le résultat évidemment est le même : on ne peut pas partir. Mais c’est vrai que dans la manière d’être accueilli, il y a une différence entre Air France et les grandes compagnies, et puis les compagnies low-cost. Air France est la première ici en terme de trafic : 60 % du trafic. Derrière, vous avez Easy Jet. Chez Air France, il y a plusieurs heures de file d’attente mais il y a du personnel pour vous accueillir. Regardez chez Easy Jet ce que ça donne (3):

– Moi je me suis présentée au guichet Easy Jet. Mais en fait, ils en ont rien à foutre. (4)
– Le seul interlocuteur finalement que vous avez, c’est cette borne, c’est ça ?
– C’est la borne informatique, oui. Et puis… et puis le désarroi, quoi. Voilà, mais bon, ça dérange personne. Du côté humain, tout le monde s’en fout. Tu parles aujourd’hui à des machines, et voilà.

Allez, la petite pastille qui va faire des envieux : il y a, disons, quelques avions qui ont pu décoller cet après-midi. Mais vraiment ils sont très rares, et notamment un qui partait vers les Seychelles. Et une dame a eu beaucoup de chance. Elle a téléphoné à Air Seychelles. Et voici ce qu’elle a appris : elle pouvait partir. Elle est en train de monter dans l’avion à l’heure où je vous parle. Regardez.

– On n’y croyait pas. On était resté à la maison. Et puis on a téléphoné. On nous a dit : « Venez vite, ça part ». Donc on est arrivé en quatrième vitesse (5), voilà.
– Bon courage.
– Donc on va profiter des petits poissons et du soleil. On pensera bien à vous !

Mais cet avion, il a été avancé. Et une vingtaine de passagers n’ont pas été prévenus et en ce moment même, ils sont en train de râler (6) juste derrière cette vitre. Ils sont en train de râler parce que l’avion a été avancé. On a fermé les portes pour eux alors…

Quelques détails :
1. je vous refais le film : je vous redis tout ce qui s’est passé.
2. la prise en charge : la façon dont on s’occupe de vous, dont on vous prend à charge.
3. voici ce que ça donne : voici ce qui se passe.
4. Ils en ont rien à foutre : ils s’en fichent complètement. (très, très familier).
5. en quatrième vitesse : très vite, à toute allure. (familier)
6. râler : protester, se plaindre (familier).