Si vous avez suivi l’actualité française ces derniers temps, vous avez dû entendre parler des tensions entre les juges, les avocats, les magistrats d’un côté et le gouvernement de Nicolas Sarkozy de l’autre. A la suite de l’assassinat tragique d’une toute jeune fille, le monde judiciaire est accusé de ne pas faire son travail correctement.
Mais les magistrats, trop peu nombreux, croulent sous les dossiers à suivre, les moyens alloués à l’exercice de la justice ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Alors, voici ce qu’on pouvait lire sur internet:
C’est le ras-le-bol général : les magistrats ne supportent plus d’être désavoués et dénigrés par N. Sarkozy. Ils en ont assez. Le terme est familier mais c’est ce qui lui donne tout son poids.
Il est question de fronde des magistrats, c’est-à-dire de révolte. Ce terme fait référence à notre histoire, lorsqu’une partie de la noblesse s’est révoltée entre 1648 et 1653 contre Mazarin, ministre du roi Louis XIV encore trop jeune pour gouverner.
Et ces magistrats voient rouge : voir rouge, c’est se mettre en colère.
Avec évidemment avec un jeu de mots sur les couleurs, puisqu’ on utilise souvent cette image des robes noires pour désigner le monde de la justice.
Et côté couleurs, ce n’est pas le seul groupe dont le surnom vient de la tenue vestimentaire de ses membres : nous avons aussi les blouses blanches, c’est-à-dire les infirmières, et les casques bleus, c’est-à-dire les soldats des Nations Unies.
Les blouses blanches aussi voient rouge régulièrement, vu les conditions de travail qui leur sont faites à l’hôpital public, de plus en plus menacé par les réductions budgétaires.
Ils aiment la vitesse. Ils aiment le ski. Voici deux des descendeurs français qui participent en ce moment aux Championnats du Monde de ski alpin.
Petite interview où il est question de sensations fortes, de peur, de plaisir, et aussi de ce qu’éprouve l’entourage de ces jeunes hommes qui prennent tous les risques.
Pas de tout repos sûrement d’être leur mère ou leur père !
Le tennis, c’est plus tranquille…
Transcription:
– Ouais, ça fait un peu peur. Moi, en plus, je suis quelqu’un qui s’est beaucoup blessé dans ma carrière. J’ai… J’ai chuté (1) cette année encore à Val Gardena (2), j’ai pris une… une grosse gamelle (3) à Val Gardena. Ça m’a un peu marqué. J’ai mis du temps à revenir. Je me suis battu pour revenir tout le mois de janvier et ça recommençait à revenir, là. Et me retrouver là-dessus (4), c’est qûr que ça me fait pas plaisir. Quand il va falloir mettre les chevaux (5), il va falloir engager (6). Il va y avoir plus de cartons (7) que ce qu’on croit à mon avis. Moi, je peux plus… je peux plus me permettre d’aller encore faire un séjour à l’hôpital, avec tout ce que j’ai eu déjà. C’est sûr que au niveau sécu (8), c’est pas… c’est pas optimum. On n’est pas au top, là, au niveau sécu.
– Votre mère, vos proches, ils sont au courant (9) que vous faites un sport pas comme les autres?
– Ah bah, vous me parlez de ma mère ! Ma mère, elle a jamais regardé une course à la télé, pour tout vous dire (10) ! Elle se refuse à (11) regarder parce qu’elle a la… la trouille (12). Je pense qu’elle sera… elle sera ravie quand j’arrêterai ma carrière. Elle est jamais venue me voir sur une course non plus. Et mon père, ça devient de plus en plus difficile, vu… vu les pistes qu’ils nous proposent. Après, voilà, ils savent que c’est mon choix et que ils font avec (13), de toute façon. Ils ont un fils qui aime la vitesse et qui… qui aime un peu prendre des risques de temps en temps, mais pas fêlé (14) quand même ! Je me considère pas comme fêlé!
Les descendeurs ne sont donc pas complètement fous mais suffisamment quand même pour se jeter dans la pente à plus de 130 km/h pour un plaisir assez mince, à en croire Adrien Théaux, l’un des outsiders de la descente d’aujourd’hui:
– Oh bah, la descente, c’est une combinaison qui fait à peu près deux millimètres d’épaisseur, un casque, un masque et une paire de skis qui fait 2,15 mètres. On n’a que ça. On n’a pas d’habitacle, rien autour et après, bah ici, c’est deux minutes que dans l’ombre. Donc c’est le noir complet. Deux minutes où on se fait secouer pas mal (15), et là, des skis de 2,15 m, quand ils commencent à taper, ça a beaucoup d’inertie. Donc il faut pas se faire tirer les pieds dans tous les sens.
– Adrien, à vous écouter nous parler de cette descente, on a le sentiment que il y a plus aucune notion de plaisir.
– Si, si ! On prend un peu de plaisir à la première porte. Et on prend du plaisir quand on est arrêté aussi. Dans l’arrivée, on se dit: »Ah, c’est bon (16), je suis en bas, je suis arrêté. » Non, non, il y a un petit peu de plaisir.
Vu d’en bas, il faut quand même une bonne dose d’imagination pour penser à prendre son pied (17) sur la piste du Kandahar !
Quelques détails:
1. chuter : faire une chute, tomber. (Tomber se conjugue avec l’auxiliaire « être », contrairement à chuter: Je suis tombé.)
2. Val Gardena: c’est une vallée alpine en Italie, avec des stations de ski.
3. une gamelle : une chute (argot). On dit qu’on prend une gamelle.
4. là-dessus : il veut dire « sur cette piste », très difficile.
5. mettre les chevaux: c’est une image pour parler de la vitesse qu’il va devoir avoir.
6. engager: ici, ça veut dire qu’il va falloir prendre tous les risques.
7. un carton : ici, c’est une chute. (familier)
8. la sécu : abréviation de « sécurité ». Mais ce n’est pas si courant que ça de l’utiliser dans ce sens-là. D’habitude, si on parle de la Sécu, tout le monde comprend « la Sécurité Sociale », notre système d’assurance maladie.
9. être au courant : savoir.
10. pour tout vous dire : pour être honnête.
11. se refuser à faire quelque chose : c’est comme « refuser de faire quelque chose », mais c’est plus fort.
12. la trouille : la peur (argot)
13. faire avec : s’accommoder d’une situation qu’on ne peut pas changer. (familier)
14. être fêlé : être fou (familier)
15. pas mal : c’est presque aussi fort que « beaucoup ».
16. C’est bon : on dit ça quand tout va bien, qu’il n’y a pas de problème.
17. prendre son pied : prendre / éprouver du plaisir. (familier)