Régulièrement, nous nous apercevons que ce que nous mangeons n’est pas tout à fait ce que nous pensions avoir acheté ! Du cheval à la place du boeuf annoncé, trop de gras, trop de sucre, trop de sel, des colorants, des conservateurs, des exhausteurs de goût. Bref, il faut avoir de bons yeux, un peu de temps et lire les étiquettes. Et si en plus, les étiquettes nous mentent !
Alors, tout à fait d’accord avec la conclusion pleine de bon sens de Jeanne, l’autre jour à la radio, dans son bel accent martiniquais.
Transcription:
Choquant, parce qu’on met… On ne sait même plus ce qu’il y a dans nos assiettes ! Donc raison de plus (1) pour ne plus prendre de produits surgelés (2).
Je ne suis pas très surprise parce que de plus en plus, les produits qu’on nous sert, on ne sait pas trop ce qu’ils contiennent, d’où ils viennent. Et moi, ce que je peux dire, c’est que de plus en plus, je consomme mon produit local. Ça revient plus cher (3), certes (4). Mais c’est normal, puisque nous produisons moins (5) et nos coûts de production sont plus élevés que les grossistes… enfin les… les… les gros producteurs. Si je veux faire du steak haché pour mes enfants, j’achète de la viande et je hache à la maison. Et puis, il faut que nous réapprenions, nous les femmes mais aussi les hommes, hein, à cuisiner, préparer des bons petits plats (6). C’est meilleur !
Quelques détails :
1. Raison de plus pour faire quelque chose (ou ne pas faire quelque chose) : On emploie cette expression telle quelle, pour justifier de façon plus catégorique ce qu’on fait ou pas : Raison de plus pour rester à la maison. / Raison de plus pour ne pas oublier. / Raison de plus pour refuser.
2. Les produits surgelés : on peut dire aussi simplement : les surgelés.
3. Revenir plus / moins cher : coûter plus / moins cher.
4. Certes = c’est sûr / c’est vrai.
5. Moins : on n’est pas obligé de prononcer le « S » à la fin du mot. C’est une habitude régionale (dans le sud de la France par exemple)
6. un bon petit plat : on emploie souvent cette expression, même si le plat servi n’est pas spécialement petit en quantité. Associer bon et petit, c’est une façon très positive de décrire quelque chose (souvent dans le domaine alimentaire). Par exemple : Je t’ai préparé un bon petit dîner / Je prendrais bien un bon petit dessert.
La Journée de la Femme hier était l’occasion de rappeler qu’on est encore loin de l’égalité parfaite, aussi bien sur le plan des carrières que celui des salaires. On peut faire ses petits calculs en cliquant ici.
On peut aussi écouter ces deux Françaises. L’une conduit des engins de chantier dans une mine en Nouvelle Calédonie, l’autre travaille dans un atelier de mécanique en métropole.
Transcription :
On se dit à partir du moment qu’on (1) choisit ce métier d’homme, donc nous, on a ce côté homme. Certains, ils sont machos (2) mais après il faut les remettre en place (3) et leur répondre tac au tac (3), hein ! Si par exemple il dit : « Tu connais pas faire ça (5) », bah moi, je lui dis : « Si, je sais faire ». C’est pas parce que nous, on est des femmes qu’on peut pas le faire. On peut le faire. On est plus douces, on est plus consciencieuses, on fait attention aux règles de sécurité tandis que les hommes, ils sont un peu plus brutal (6). Maintenant que j’ai ma… ma petite (7) depuis 2011, c’est vrai que c’est dur. Mais à partir du moment où tu dis : Voilà, et tu veux travailler sur mines et tu veux avoir un enfant, tu es obligée de concilier les deux.
En bleu de travail (8), les cheveux courts (9), cette mécano (10) a toute la journée les mains dans le cambouis (11).
Quand les gens rentrent quelque part où j’ai mes collègues, ils disent : Bonjour messieurs. Et puis moi, je crie bien fort : Bonjour madame ! Ils ont même pas l’idée qu’il puisse y avoir une femme dans un métier technique.
Seule femme de son équipe, elle a constaté des écarts de salaire de 4 à 500 euros avec ses collègues.
Ça joue sur (12)… sur ma vie. Ça joue sur les études de mes enfants, sur plein de (13) choses. Donc effectivement (14), moi, régulièrement, j’entends les collègues dire : J’ai acheté une voiture, j’ai acheté une maison. Moi, aujourd’hui, je peux pas me permettre ça (15). J’ai le sentiment de (16) faire mon boulot (17) comme les hommes donc il y a pas de raison que j’aie pas le même salaire, quoi.
Quelques explications :
1. à partir du moment : cette expression est suivie de où, pas de que. C’est équivalent à Quand / Si.
2. macho : abréviation de machiste, pour désigner les hommes qui considèrent les femmes comme inférieures.
3. remettre en place quelqu’un : on dit plutôt Remettre quelqu’un à sa place. Cela signifie qu’on fait comprendre à quelqu’un qu’on n’approuve pas ce qu’il ou elle vient de dire ou de faire et qu’on ne se laisse pas faire ou dominer par lui. Remettre en place s’applique plutôt aux choses et signifie qu’on les range.
4. tac au tac : l’expression complète, c’est répondre du tac au tac, ce qui veut dire répondre immédiatement à quelque chose, réagir et en général corriger ce qui a été dit.
5. tu connais pas faire ça : normalement, il faut dire : Tu ne sais pas faire ça. Le verbe connaître ne s’emploie pas suivi d’un autre verbe.
6. brutal : au masculin pluriel, c’est normalement : brutaux.
7. ma petite = ma fille
8. un bleu de travail : c’est la combinaison que portent les mécaniciens par exemple pour ne pas salir leurs vêtements.
9. les cheveux courts : je me demande bien pourquoi la journaliste mentionne ça ! On n’en est plus au temps où les femmes devaient absolument avoir les cheveux longs.
10. un(e) mécano : abréviation de mécanicien / mécanicienne. (familier)
11. avoir les mains dans le cambouis : Le cambouis, c’est la graisse qu’on trouve dans les moteurs. On utilise souvent cette expression pour décrire ce travail.
12. Ça joue sur… : ça a une influence / un impact sur… (On utilise souvent cette expression à propos du moral : ça joue sur mon moral.)
13. plein de : beaucoup de. (plus familier)
14. effectivement = c’est vrai que
15. ne pas pouvoir se permettre quelque chose : ne pas pouvoir faire quelque chose, notamment par manque d’argent. Par exemple : Il ne peut pas se permettre de partir en vacances à la montagne l’hiver car c’est trop cher.
16. J’ai le sentiment que : Je suis convaincue que / Je suis sûre que
17. mon boulot = mon travail (familier)