La montagne qui tombe dans la mer

On s’éloigne à peine et tout de suite, on s’élève au-dessus de la mer. La forêt partout, l’odeur du maquis. Les petites routes, en mauvais état, les cochons sauvages qui divaguent. En montant, les paysages ont changé. Le temps aussi ! Il faisait beau en bas, il tombe des cordes dans l’intérieur, à quelques kilomètres à peine des plages. Un climat de montagne, plus rude, qui rend austères les villages, isolés, dispersés, perchés là, comme inaccessibles, parce que pendant des siècles, le danger est venu de la mer. Corse, vacances de la Toussaint 2020 (3)


Capo Di Muro

Cap Corse, côte ouest
Nonza

Adèle

Nous avions débarqué à Bastia au petit matin. Nous nous étions demandé jusqu’au dernier moment si ce voyage se ferait, avec cette épidémie qui semblait reprendre depuis la rentrée de septembre, un couvre-feu instauré à Marseille quelques jours plus tôt, puis étendu à la Corse le lendemain de notre arrivée, et dans l’air, les rumeurs d’un nouveau confinement. Mais nous avions pu partir, quatre motos dans le bateau, une nuit de traversée depuis Marseille et un sentiment d’évasion et de légèreté en rejoignant Patrimonio dans la lumière du matin. Corse, vacances de la Toussaint 2020 (2)

Erbalonga et sa tour génoise
Adèle, dans le petit port d’Erbalonga
Cap Corse, plage de Giottani (Baratelli)

Dans son jardin

C’est un jardin en Corse qui tombe dans la mer. Une maison de famille d’où on aperçoit Ajaccio, de l’autre côté du golfe, et les îles Sanguinaires plus à l’ouest. Une petite maison aujourd’hui partagée entre les enfants, qui ont eux-mêmes des enfants. Alors, ce n’est pas facile de savoir ce que deviendra ce lieu dont étaient tombés amoureux leurs parents et leurs grands-parents. A l’époque, sans vraiment rouler sur l’or, ils avaient pu acheter là. Aujourd’hui, ce serait impossible, parce que plus personne n’a le droit de construire aussi près de la mer en Corse, et parce que, pour cette raison même, un tel endroit est devenu inabordable. Petit coin de paradis, très convoité, mais très préservé, qui abrite les souvenirs d’enfance de plusieurs générations.
Vacances de la Toussaint 2020 (1)

rouler sur l’or : être très riche. On utilise souvent cette expression à la forme négative: Ils ne roulent pas sur l’or.

Petites échappées au musée

Berthe Morisot – Julie Manet, sa fille

Echappées quotidiennes au musée Marmottan, avec de courtes vidéos sur instagram : c’était une des bonnes surprises de cette période de confinement. Dans ce musée, tout est beau, Les Nymphéas bien sûr, mais aussi tout ce qui est consacré à Berthe Morisot. (Un musée à taille humaine et qui restait assez accessible quand j’y suis allée il n’y a pas si longtemps.) Alors je suis bien contente de revoir ces tableaux de cette jolie manière.

Voici une sélection de ce que nous ont dit Kathleen Evin et Marianne Mathieu, au fil de leurs gracieuses conversations quotidiennes qui nous emmènent dans quelques-uns des tableaux de ce musée. Et apparemment, elles continuent pendant le déconfinement, en attendant la réouverture des musées probablement. (L’une dans sa cuisine et l’autre depuis son salon).

Avec le premier, nous partons sur la plage de Trouville. Cliquez sur ce lien et pensez à mettre en plein écran si vous regardez sur votre ordinateur. (Et il y a des sous-titres en anglais.)

Puis à l’île de Wight.

Puis en promenade près d’Argenteuil.

Et puis voici Berthe Morisot. Son portrait par Manet et son autoportrait.

J’espère que c’est accessible, même si vous n’avez pas de compte instagram.
Sinon, voici à quoi ça ressemble.

A bientôt

Comment ça se fait ?

Pourquoi ? Comment ? On s’en pose des questions ! La vie n’est pas toujours simple, les relations avec les autres sont parfois compliquées. Alors voici comment, avec le verbe se faire, nous exprimons souvent notre incompréhension.
Un verbe très ordinaire, mais qui n’a plus son sens habituel, pour une expression très fréquemment employée. Simple surprise ou réelle incompréhension, qui peut même virer à l’agacement selon la situation:

Il y a la version très « correcte », avec son inversion sujet-verbe, qui donne du poids à la question. Et le subjonctif qui suit :
Comment se fait-il que personne n’ait rien vu ? = c’est difficile de comprendre pourquoi personne n’a rien vu, c’est difficile à admettre.
Comment se fait-il que vous ne m’ayez pas prévenu(e) ? = Pourquoi ne m’avez-vous pas averti(e) ? Ce n’est pas normal !
Comment se fait-il que tu n’aies pas encore fini ? = Je ne comprends pas pourquoi tu n’as pas fini, avec tout le temps que tu avais.
Comment se fait-il qu’ils continuent à se tromper ! Avec tous les exercices qu’on a faits !

Et voici la version plus familière :
Je n’ai plus de nouvelles d’eux. Je ne sais pas comment ça se fait. = Je suis surprise ou bien je ne comprends pas du tout.
Je n’arrive pas à me connecter. Comment ça se fait ? Tu as une idée ?
Il fait vraiment froid dans cette salle ! Comment ça se fait ? = Qu’est-ce qui se passe ?

Comment ça se fait

Tiens, il y a comme des bulles de lumière derrière mes fougères ! Comment ça se fait ? 😉
Ce n’est pas la même chose de demander : Comment on fait pour qu’il y ait ces ronds de lumière ?, question qui interroge sur le moyen d’obtenir ces effets.

Dernière minute ! Pour une mise en pratique immédiate sur le terrain, lisez l’article qui suit celui-ci.

Compagnons d’un automne

Ne dirait-on pas qu’ils ont pris la pose pour la photo ?
Je les ai trouvés très expressifs, ces deux champignons en couple !

(Mais métamorphosés dès le lendemain – photos avant-après sur mon compte instagram.)