Archive | Choses vues RSS for this section

Tu crois que c’est de notre faute ?

Je ne partage pas grand-chose avec vous en ce moment, c’est le moins qu’on puisse dire ! Alors, me voici de retour avec un nouveau coup de coeur. Je suis en retard de quatre ans pour ce film, sorti à Cannes en 2015. Vous l’avez donc peut-être déjà vu. J’aurais aimé le voir dans une salle de cinéma, pour la beauté des images, des cadrages et de la lumière, pour la puissance des lieux et la singularité de cette histoire. Dans la fiction, Isabelle et Gérard se retrouvent après des années de séparation. Ils sont incarnés par Isabelle Huppert et Gérard Depardieu, comme en écho au couple qu’ils jouaient il y a si longtemps dans Loulou de Maurce Pialat. Ils sont magistraux.

Dès la première image, j’ai été prise par la force de cette histoire qui réunit ces parents dont le fils s’est suicidé plusieurs mois auparavant en leur laissant à chacun une lettre et des instructions. Moments intenses, simples, émouvants et de toute beauté, et au bout du compte sans désespoir. Ce de quoi la vie est faite.

La bande annonce est à regarder ici.

Transcription:
G: Oh putain (1), la chaleur !
I: Tu as l’air en forme.
G: J’ai grossi.
I: Si tu te sens bien comme ça.
G: Comment veux-tu que je me sente bien comme ça !
I: Tu te souviens quand on s’est rencontrés ? Tu te rappelles où on était ? Tu étais beau.
G: Je suis Michael, c’est moi, ton fils. Je suis l’enfant que tu as mis au monde. Et je suis mort. Je suis mort et toi, tu es vivante. Je me suis donné la mort. C’était prévu. Mais je vais revenir. Je te demande d’être présente dans la Vallée de la Mort le 12 novembre 2014, tous les deux. Tu as bien lu, oui, toi et papa. Tu pourras croire à une mauvaise blague mais je te jure que c’est la vérité.
I: Il y a un planning des endroits où vous devez aller, le jour précis et les horaires.
G: Il est 4h04. Il viendra plus.
I: Arrête-toi, arrête-toi ! Notre fils te demande de faire cette chose pour lui. Tu es là pour lui. Tu vas faire ce qu’il te demande.
I: Elle vient d’où, cette chemise ?
G: Tu trouves que ça fait beauf (2), c’est ça ?
I: Un peu.
G: Je t’ai giflé une fois, tu te souviens ?
I: Tu dois confondre (3).
G: Je crois pas, non.

Des explications :
1. Putain : exclamation très familière, voire vulgaire mais très fréquente. Ceux qui ne veulent pas prononcer ce mot disent souvent à la place : Punaise !
2. Ça fait beauf : ça fait peu raffiné, un peu vulgaire, comme ce que porte un beauf. Un beauf, c’est au départ le beau-frère. Puis abrégé en beauf, c’est devenu une sorte de jugement dévalorisant certains hommes, ceux qui ont des idées très traditionnelles, pas progressistes. Un beauf est borné, inculte. (argot) Vous saurez tout sur le beauf en cliquant ici.
3. Confondre : mélanger deux situations. On peut l’employer aussi à propos de personnes : Je les confonds toujours. Je ne sais pas pourquoi ! C’est peut-être la coupe de cheveux.

Je n’avais rien lu de précis, rien écouté sur ce film. Je n’aime pas en savoir trop avant de voir un film.
C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’écris pas ici tout ce que j’ai vu dans ce film, tout ce qu’on pourrait expliquer, dire, partager. Juste donner envie à ceux d’entre vous qui ne l’ont pas vu d’entrer dans cet univers, et leur permettre de se plonger dans cette histoire, dans cette quête.
Mais ensuite, j’ai regardé et écouté Isabelle Huppert, Gérard Depardieu et Guillaume Nicloux en parler.
Voici un extrait d’une interview que j’ai beaucoup aimée.

Valley of love

Transcription
– Le premier plan de ce film, c’est Isabelle Huppert que la caméra suit de dos (1). Elle marche vers son hôtel et dès ce premier plan, il y a l’irruption de quelque chose de quasiment surnaturel. C’est une présence fantomatique en fait, vous trouvez pas ?
– Oui, puis sans doute que la temporalité y est pour quelque chose (2), c’est-à-dire c’est la durée du plan aussi qui peut créer cette étrangeté. C’est le temps qu’on essaie de maintenir et créer un effet hypnotique qui va d’emblée (3) nous introduire dans une notion un peu décalée, c’est-à-dire que ce premier plan doit déjà donner une espèce de note et de sentiment d’irréel, tout en étant en même temps extrêmement concret. C’est-à-dire que leurs propos (4) eux, sont très concrets, nous ramènent vraiment à cette frontière assez trouble entre ce qu’ils ont pu vivre ensemble et ce qu’ils essaient de renouer ensemble.

Extrait du film :
I: Tu crois que c’est de notre faute ?
G: Bien sûr que c’est de notre faute. Elle est bonne, celle-là ! (5) On l’a fait, on est responsables.
I: On est arrivés à midi. On doit rester deux heures. Mais va m’attendre dans la voiture si tu préfères.
G: Non mais attends, tu veux vraiment rester deux heures ?
I: Si ça doit se passer (6), comme il l’a écrit…
G: Mais c’est seulement ce qu’il a écrit. C’est juste des mots ! C’est juste des mots !
I: Mais pourquoi tu es ici si tu remets toujours tout en question (7) ?
G: Mais je ne remets rien en question ! C’est juste que c’est comme une sorte de pèlerinage. Il a voulu qu’on soit perdus ensemble dans ce trou (8), et qu’on parle de lui. Et ça s’arrête là, c’est tout ! Il s’est peut-être dit qu’on avait foiré (9) sa vie, j’en sais rien, moi ! C’est sa façon à lui de nous punir. Il nous réunit dans la Vallée de la Mort. Faut qu’on soit ensemble pendant une semaine, une sorte de punition ! La chaleur terrible, punition. Ou alors, c’est qu’il veut me faire crever (10), quoi ! On parle de lui, de nous, on transpire, on dit qu’on le regrette. Bah écoute, je veux bien jouer à ça jusqu’à mercredi, mais jeudi, je dégage (11). J’ai trop chaud, je dégage!

Suite de l’interview:
– Moi j’ai pas l’impression de diriger. J’ai simplement l’impression d’être là, d’essayer de les aider à créer ensemble une… toutes les conditions pour qu’il se passe quelque chose d’autre que ce qui est écrit dans le scénario.
– Et ça se passe.
– Bah j’espère !

Des explications :
1. de dos : tourné de telle sorte qu’on voit le dos de la personne. On dit : être de dos. Le contraire, c’est être de face.
2. y être pour quelque chose : être en partie responsable de ce qui arrive, y avoir contribué.
Par exemple : – Tu as vu, il a réussi !
– Oui, on peut dire que sa persévérance y est pour quelque chose.
/ On peut dire que ses parents y sont pour quelque chose.
Le contraire : Je n’y suis pour rien / Ils n’y sont pour rien.
3. d’emblée : immédiatement, tout de suite
4. leurs propos : leurs paroles
5. Elle est bonne, celle-là ! : c’est ce qu’on dit quand on est surpris par quelque chose et qu’on veut dire que c’est stupide. (familier)
6. se passer : se produire, arriver
7. remettre quelque chose en question : contester la réalité de quelque chose
8. un trou : un endroit perdu, où il ne se passe rien. (C’est péjoratif)
9. foirer : gâcher (argot)
10. crever : mourir (familier)
11. je dégage : je m’en vais (très familier). En restant dans le même niveau de langue, on peut dire aussi : je me barre / je me tire / je me casse.

L’interview entière est ici.
A.T. sait faire parler les gens.

Et j’ai reçu un autre éclairage dans ce bel article ensuite.
Passionnant sur ce qui a donné naissance à ce film et sur le travail de son réalisateur.

Mais vraiment, voyez le film avant, pour vous laisser emporter vers ces territoires inconnus.
Prenez le temps.

Registres de langue

Les kilos de publicités que nous recevons dans nos boîtes aux lettres sont vraiment une plaie ! Encombrantes, très laides en général – photos d’escalopes de veau, de flacons de lessive, de rouleaux de PQ, etc. – et un immense gâchis de papier et de tout ce qui sert à les produire, puis à les distribuer, puisque souvent, elles vont directement à la poubelle. C’est ce qui explique les petits messages collés sur certaines boîtes aux lettres, à l’intention du facteur ou des gens payés au lance-pierre pour nous déposer ces catalogues ou prospectus.
Mais les styles varient !

Option 1 : un message direct, épuré et courtois juste ce qu’il faut.
Pas de réelle implication du « refuseur » de pub. Impersonnel, neutre et passe-partout.

Option 2 : un message plus détaillé, pédagogique. Poli aussi.
Rédigé après une étude personnelle plus fouillée de ce qui atterrit dans nos boîtes tous les jours.

Option 3 : Très direct. Parfaitement clair (même s’il suppose aussi une connaissance de l’anglais de base!). Légèrement moins poli, dirons-nous.
Le message de celui qui a dû essayer les options 1 et 2 sans résultat. Alors, ça finit par énerver !

Le tutoiement :
Autant il peut être le signe qu’on est proche de la personne à qui on s’adresse, autant il peut être aussi une marque d’irrespect. C’est le cas ici.
Quand on s’insulte, on se tutoie en général.

Bonne année 2019

Et voilà, je vous souhaite une très bonne nouvelle année.
Je vous souhaite d’aller bien, de prendre le temps de lire, regarder, admirer, fabriquer, marcher, courir, écouter, découvrir, apprendre, échanger, partager, rire. Dans ce monde qui peut être plein de bruit et de laideur, se remplir de tout ce qui rend humain et se réjouir de ce qui nous fait avancer!

Pour vous qui aimez le français, les mots, les histoires, les vies des autres, j’ai pensé à ces premiers partages de l’année, où vous vous régalerez peut-être autant que moi grâce à ce que certains fabriquent pour nous tous:

– cette émission à la radio, les Pieds sur terre, est passionnante par la variété des histoires racontées par ceux qui les ont vécues. Sa définition sur le site : « Tous les jours, une demi-heure de reportage sans commentaire. »

– le site de Gallica est un lieu où se perdre ! Une bibliothèque à portée de main, à portée de nos yeux émerveillés…

– ou alors leur compte instagram, gallicabnf pour prendre juste sa petite dose de beauté et de découverte quotidienne!

– un autre compte instagram, Nos histoires de France, où se croisent les parents, les grands-parents de tous ces Français, descendants d’immigrants, venus d’ailleurs à un moment de leur vie et de l’histoire de notre pays.

– et le site du Centre National de la Littérature pour la Jeunesse, parce que tout ce qui est du côté des enfants donne de l’énergie !

A bientôt et merci pour votre passage par ici.

La dictée du jour

Alors, aujourd’hui, on va jouer à l’école:
Prenez une feuille et un stylo. On va commencer par une petite dictée.

Dictée du jour
.
.
C’est bon? Vous vous êtes bien relu ?

Bon, maintenant, posez vos stylos. On ne joue plus.
On est sur internet et on tombe sur de vrais commentaires laissés sur des sites ou des réseaux sociaux. Et voici ce qu’on lit :
– Il va sans sortir.
– Sa femme qu’il attend soutenu.
– Quand pensez-vous ?

* Il va sans sortir.
Alors, ça veut dire qu’il reste à la maison ?

* Sa femme qu’il attend soutenu.
C’est bien connu, les femmes se font toujours attendre !

* Quand pensez-vous ?
Euh, jamais en fait. (Surtout quand j’écris.)

C’est plutôt drôle. C’est presque poétique !
Le problème, c’est que

– ça n’est pas volontaire.
– ça n’est pas un usage poétique des mots par leurs auteurs.
– c’est écrit par des Français, dans leur langue maternelle.
– ça devient presque incompréhensible.
Il faut quasiment se dire ces phrases à voix haute, et elles redeviennent alors pleines de sens :
= Il va s’en sortir.
(Il a beaucoup de travail, ou bien la situation est compliquée mais il va y arriver.)

= Sa femme, qu’il a tant soutenue…
(comme il s’y est engagé, en termes équivalents, par les voeux prononcés lors de leur mariage religieux.)

= Qu’en penses-tu ?
(Allez, donne-moi ton avis, ta position sur cette question ou sur ce que je te propose.)

La prononciation est exactement la même, c’est vrai. D’où ces erreurs.
Mais quand même !
Le remède se trouve peut-être – en partie – là :

Cette publicité joue sur les mots, des mots qui sont normalement écrits sur les paquets de cigarettes et associés à des photos peu poétiques des maladies causées par le tabagisme : Fumer nuit gravement à la santé. Avertissement solennel. Tentative de disuasion. (assez hypocrite, il faut bien le dire !)

En lisant, je crois moi aussi qu’on a davantage de chance de devenir moins ignorant en orthographe et en grammaire, de ne pas être un âne ! (Petite parenthèse : pauvres ânes ! En français, être un âne n’est pas flatteur.)
Lire, donc. Pas simplement pour le plaisir d’être bon en orthographe ou en grammaire, mais pour comprendre et se faire comprendre ! Et pour accéder au monde.
Parce que voilà, comme c’est écrit sur ce trottoir de Montmartre :

Connaissez-vous ce compte instagram ?
Allez jouer avec les mots de son auteure, tracés à la craie dans la rue !
Syntaxe et orthographe bousculées.
Poésie, humour et vérité.

Les parents poules

Les mamans ont tendance à être des mères poules et à couver leurs enfants, comme la poule couve ses oeufs et s’occupe ensuite de ses poussins. (On utilise d’ailleurs ce terme affectueux pour s’adresser à ses enfants : Mon poussin, mon petit poussin)
Et aujourd’hui, les pères ne sont pas en reste et jouent un grand rôle dans l’éducation de leurs enfants, en refusant d’être seulement la traditionnelle figure de l’autorité. D’où ce terme assez amusant de papa poule !

Donc être des parents poules n’est pas surprenant à notre époque. Normalement, ce terme est plutôt sympathique. Mais le risque, c’est bien sûr d’étouffer ses enfants, qui ne peuvent pas s’envoler du nid. Difficile alors pour eux de voler de leurs propres ailes. Dans ce cas, on utilise de plus en plus un terme venu de l’anglais, et moins poétique : les parents hélicoptères, qui tournoient sans cesse au-dessus de leurs enfants pour veiller à ce qu’il ne leur arrive rien, qui surveillent toutes leurs activités en permanence. Cela engendre forcément des tensions dans les familles, notamment entre les parents et les ados !

Voici un tout petit tableau brossé par une journaliste et mère de famille, plutôt rassurant en définitive !
Ce billet m’a été inspiré par mon fils aîné, bientôt 30 ans, qui nous a dit l’autre jour, que nous avions été des parents « cools »! Ce n’est pas toujours l’impression que j’avais eue ! 🙂

Parents parfaits

Transcription
Moi, j’ai travaillé avec les adolescents, avec Phosphore (1) avant, et je me souviens d’un dossier mais (2) qui m’a énormément déculpabilisée en tant que parent, on avait fait un dossier qui était « Rester… »… « Comment rester zen en famille », avec des ados, donc 15-18 ans, pas mal en… pour certains, en mode (3) crise d’ado pour certains et des parents. Et je suis ressortie médusée (4) de ce dossier (5), parce que d’un côté, j’avais des parents, mais (6) certains en larmes au téléphone, déprimés, mais disant : « Mais qu’est-ce que j’ai raté (7)? Il me parle plus (8), il est dans sa chambre, tout ce que je dis, il lève les yeux au ciel (9), il y a rien qui a de l’importance. Qu’est-ce que j’ai loupé (10) ? On n’arrive plus à communiquer. » Et de l’autre côté, j’avais les enfants, hein, des mêmes familles, des ados qui me disaient : « Ouais, moi, mes parents, ils sont chouettes (11), ils sont sympas. » Quand… A la question « Ce serait quoi, un parent idéal ? », tous, y compris un ado, je me souviens, qui était en assez grande tension avec sa mère, c’était compliqué, tous, y compris lui, me dit (12) en gros (13), à un détail près (14), c’était leurs parents ! Donc ça, moi j’avais trouvé extraordinaire, ce dossier, pour ça, de se dire que même quand, en tant que parents, on a l’impression d’avoir loupé quelque chose, d’être un peu à côté de la plaque (15), en fait, ils nous aiment comme étant leurs parents et avec nos gueulantes (16) et nos… et nos coups de colère et nos pétages de plombs (17) des fois !

Quelques explications :
1. Phosphore : c’est le titre d’un magazine pour les grands ados, avec des BD, des reportages, des jeux et des dossiers, des enquêtes sur des thèmes particuliers chaque mois
2. mais qui m’a déculpabilisée : ici, mais n’a pas son sens habituel de contraste, d’opposition. C’est un emploi uniquement oral, qui sert à renforcer ce qu’on dit juste après, à le mettre en valeur. C’est en quelque sorte un synonyme de vraiment, totalement, etc. Ici, elle explique qu’elle s’est sentie totalement déculpabilisée.
3. En mode : expression orale à la mode, qui indique qu’on a adopté une attitude particulière. Ici, ces jeunes ont l’attitude typique des ados en crise d’adolescence, qui ne s’entendent pas avec leurs parents et s’opposent à eux sans cesse.
4. médusé : vraiment très étonné. (Ce terme est très fort.)
5. je suis ressortie de ce dossier : c’est-à-dire quand elle a eu terminé tout son travail d’enquête et de rédaction de ce dossier.
6. Mais certains en larmes : c’est le même emploi de mais que précédemment, pour insister sur le fait que certains parents étaient tellement catastrophés qu’ils en pleuraient.
7. Rater quelque chose : échouer à faire quelque chose.
Mais qu’est-ce que j’ai raté ? = Où est-ce que j’ai commis des erreurs ? / Qu’est-ce que je n’ai pas su faire ?
8. Il me parle plus = Il ne me parle plus. (style oral, avec omission de ne)
9. lever les yeux au ciel : cela signifie bien regarder vers le ciel, mais pas pour regarder. Cela sert à exprimer l’agacement, à montrer son irritation sans passer par les mots. C’est du langage non-verbal très clair et très impoli évidemment !
10. Louper : rater, manquer. (style familier). Apparemment, ce verbe est en train de devenir neutre et non plus familier car beaucoup de gens l’emploient de façon interchangeable avec rater ou manquer, qui eux ne sont pas familiers.
11. Chouette : bien, sympa, etc. (plutôt familier) On n’entendait plus tellement ce mot et il est en train de revenir à la mode, j’ai l’impression.
12. me dit... : normalement, le sujet de ce verbe est « Tous », donc il faudrait accorder au pluriel : Tous me disent… Mais comme le sujet et le verbe sont loin l’un de l’autre et qu’elle a évoqué entretemps un ado particulier, elle accorde au singulier en pensant juste à lui. Elle a perdu son sujet en route, ce qui est fréquent à l’oral et n’est pas gênant pour la compréhension.
13. En gros : sans entrer dans les détails, dans les nuances.
14. À un détail près : il y a juste un détail qui ne correspond pas, qui ne va pas. Par exemple : Il a trouvé toutes les bonnes réponses, à un détail près. Donc c’est quasiment parfait ! / Tu as pensé à tout, à un détail près !
15. Être à côté de la plaque : ne rien comprendre et donc ne pas faire les choses correctement. (argot)
16. une gueulante : ce nom vient du verbe gueuler, qui signifie crier, se fâcher contre quelqu’un. Donc c’est lorsqu’on exprime sa colère en criant. (très familier)
17. un pétage de plombs : cela vient de l’expression : péter un plomb / péter les plombs, qui signifie qu’on perd totalement son calme parce qu’on est très en colère. (argot) On utilise aussi l’expression synonyme : Péter un câble. (Toujours au singulier.) Mais bizarrement, on n’emploie pas l’expression un pétage de câble.

L’émission entière est ici.

Bon weekend à vous !

Le parfum du bonheur

Quelques brins de muguet pour vous porter bonheur comme le veut la tradition le 1er mai en France ! Celui-ci a poussé dans notre jardin à Marseille. Il ressort tous les ans, toujours un peu en avance, mais ce n’est jamais l’abondance car le climat méditerranéen n’est pas l’idéal pour les jolies clochettes finement dessinées et parfumées de cette fleur. Juste trois ou quatre brins mais cela suffit à notre bonheur car il sent si bon ! On sait que le printemps est bel et bien là.

Le bonheur… Voici deux autres expressions que nous aimons bien employer:
trouver son bonheur : cette expression indique qu’on a trouvé ce qu’on cherchait ou qu’on ne repart pas les mains vides de quelque part.
As-tu trouvé ton bonheur dans ce vide-grenier ?
Ils ont pas mal de livres ici mais je ne trouve pas mon bonheur !

faire le bonheur de quelqu’un : faire quelque chose qui fait plaisir à cette personne.
Ses trois enfants ont fait son bonheur en venant la voir ensemble le weekend dernier.
Il a fait mon bonheur en m’apportant des fraises de son jardin!
Tu sais, il ne faut pas grand chose pour faire son bonheur. Juste une petite attention, un petit message, un mot gentil de temps en temps.

Et si vous voulez en savoir un peu plus sur le 1er mai – car ce jour férié, ce n’est pas que le muguet – vous pourriez aller écouter ce que nous en disions avec Romain sur France Bienvenue il y a quelques années déjà. Les temps changent mais les traditions sont les traditions !

Je vous souhaite un joli mois de mai.

Peur du noir ?

J’ai trouvé que cette publicité pour nous encourager à lire des romans policiers était bien trouvée, avec sa rime et son jeu de mots sur noir, même si pour les spécialistes, entre littérature policière – les polars – et romans noirs, il y a des différences. (Voici ce qu’en disait Jean-Patrick Manchette, un des maîtres français du roman noir : « Le bon roman noir est un roman social, un roman de critique sociale, qui prend pour anecdote des histoires de crimes, mais qui essaie de donner un portrait de la société.« )

Normalement, on a peur du noir quand on est enfant. Avoir vraiment peur ou jouer à se faire peur dans l’obscurité fait partie de l’enfance, comme le prouve le nombre d’albums pour les enfants, écrits, imaginés et dessinés sur ce thème, avec leurs monstres nocturnes, leurs sorcières inquiétantes, leurs créatures entrevues, leurs loups au coeur de sombres forêts.

Voici un livre que j’ai gardé. Avec mes fils petits, nous avons lu et relu, à l’heure d’aller au lit, cette histoire toute simple et somme toute très terre à terre. Succès durable pour ce livre, feuilleté, manipulé, ouvert, refermé, abimé et réparé plusieurs fois !

Donc n’ayons plus peur du noir et plongeons-nous dans des romans policiers ! Je n’ai lu aucun des titres récents mis en avant par cet éditeur dans sa publicité. Mais me reviennent maintenant à l’esprit les romans de Didier Daeninckx, que j’ai lus dans les années 80-90, notamment Meurtres pour mémoire, vrais romans noirs. En fait, je m’aperçois que j’ai surtout lu des policiers en anglais, d’autres venus du nord – victime de la mode, n’est-ce pas Edelweiss? – et assez peu de policiers français. A explorer donc !

Pour finir, et si je vous lisais Qui a peur du noir, histoire de retourner en enfance !


.
Le jeu, répété, c’était de démasquer le géant menaçant, les oiseaux malfaisants et le monstre tapi dans un coin, en regardant les dessins avec un oeil nouveau une fois qu’on était arrivé au bout. Et de dire à propos des parents : Mais qu’est-ce qui leur prend ?, en ajoutant : Ils sont devenus complètement fous !

Ce que je me demande tout d’un coup, c’est s’il s’agit toujours d’une petite fille dans cette série de petits livres sur les peurs ! Nous en avions un autre, sur la peur de l’orage, avec une fille aussi. Les filles, des trouillardes ? 🙂

Allez, les filles !

Comme l’annonçait Edelweiss dans son commentaire il y a deux jours, c’était hier la journée internationale des droits des femmes. On avance, comme le prouvent les mouvements récents de dénonciation du harcèlement vis-à-vis des femmes. Mais il y a encore (et toujours) du travail à faire, à tous les niveaux, à en croire ne serait-ce que les termes de recherche tapés par certains pour arriver sur ce blog !
Pour l’anecdote, voici ce qu’on trouve ces derniers jours :


– Tout d’abord, apprendre à ( à, accent grave, pas a ) parler (parler -er et pas ) et écrire correctement le français, c’est ça qui serait nécessaire!
– Et comme toujours, je reste perplexe devant ce qui attire le plus de personnes sur ce blog, c’est-à-dire la recherche des mots vulgaires et des insultes – et souvent celles à utiliser avec des femmes – en français ! Mes quelques pages là-dessus ont toujours du succès. J’avais déjà évoqué ce fait il y a quelques années ici.
Cela dit-il quelque chose de nos rapports humains ?

On y arrivera bien un jour, et partout ! Aujourd’hui, dans certaines parties du monde, nous allons à l’école, nous lisons, nous choisissons d’avoir des enfants ou pas, nous ne restons pas à la maison, nous travaillons, nous explorons le monde, nous avons notre mot à dire et notre vie à décider.

Allez, pour inverser un peu les rôles, je vous laisse aujourd’hui en compagnie d’un homme qui fait ce qui est encore souvent traditionnellement réservé aux femmes !

Père épuisé

Transcription
– Qu’est-ce que je ressens ? Un mélange d’amour, bien sûr, évidemment, et c’est bien en premier lieu, mais aussi d’énervement profond quand ils ne… n’obéissent pas. Et… Il y a plusieurs choses en fait. C’est que quand * je les ai deux par deux, c’est beaucoup plus simple que de les* avoir tous les quatre ensemble, bon, en étant seul à les gérer, bien sûr. D’une part parce qu’il y a les deux aînés qui se* tirent la bourre (1), je* dirais, pour savoir qui fera* le plus de bazar (2) et qu’il y a beaucoup plus d’interactions, avec quatre enfants, entre eux. Et ça crée un brouhaha (3) incessant et finalement, dans… dans vingt-quatre heures, j’ai très peu de moments où je n’ai pas d’enfant qui soit hurle, crie, ou vienne me solliciter (4) pour donner à manger, donner un verre d’eau, faire ceci, l’aider à s’habiller, se déshabiller, l’aider à quelque chose. Donc je suis… je suis* pris en fait… je suis hyper sollicité, du matin 7-8 heures jusqu’au soir, 22-23 heures pour les… les plus grands le weekend.
– Et ça crée chez vous un sentiment d’épuisement ?
– Ah mais bien sûr ! Evidemment ! Oui, je suis épuisé, oui, de… d’être hyper sollicité comme ça en permanence, oui !

Quelques explications :
1. se tirer la bourre : être en compétition, rivaliser pour être le meilleur. (argot). Par exemple : Quand ils font du vélo ensemble, ils finissent toujours par se tirer la bourre !
2. le bazar : le désordre. Ici, faire du bazar signifie faire des bêtises, ne pas être sage. (familier)
3. le brouhaha : du bruit confus où se mêlent beaucoup de voix, un bruit qui constitue comme un fond sonore envahissant. (par exemple, on parle du brouhaha de la rue, d’une foule, etc.)
4. solliciter quelqu ‘un : demander quelque chose à quelqu’un. Donc être très sollicité veut dire que les autres vous demandent sans cesse de l’aide, de l’attention.

La prononciation qui mange les syllabes:
* On l’entend lorsque ce jeune père dit : que quand.
Je ne sais pas si vous entendez « que », mais pour une oreille française, ce petit mot, à peine prononcé, est cependant perceptible.
* que de les avoir: il dit « d’les », en raccourcissant « de ».
* qui se tirent : il dit « s’tirent »
* je dirais : il prononce « j’dirais »
* fera : est prononcé « f’ra »
* le plus : est prononcé « l’plus »
* je suis pris : devient « chuis »

N’oubliez pas que vous n’êtes pas obligés de manger les syllabes comme ça pour avoir un français qui sonne « vrai ». Ici, dans le sud de la France, la majorité des Français prononcent distinctement ces syllabes escamotées ailleurs. Tous ces accents sont complètement authentiques et naturels. A vous de choisir votre prononciation !
A bientôt.

Une petite tisane ?

Comme annoncé, voici la suite de mon dernier billet, avec, pour commencer, une tisane bien de saison puisqu’on se gèle en France en ce moment !

Un mélange de plantes réputées protéger contre les coups de froid, contre les rhumes. C’est pour ça qu’elle s’appelle Lady Glagla ! Glagla est une onomatopée qu’on utilise en français pour donner l’idée qu’on grelotte de froid.
.
.

Alors comme on est en hiver, on peut rêver du parfum d’une bonne pêche. Ce serait miraculeux effectivement ! Le jeu de mots ici porte sur les deux sens du mot pêche : l’expression une pêche miraculeuse ne concerne jamais les fruits mais les poissons, quand ils sont ramenés en très grande quantité par les pêcheurs.
.
.

Et pour bien dormir, pas d’excitant, donc du rooibos avec du miel, ce qui donne ces sachets de Miel et une nuit… ou… les Mille et une nuits, comme les contes qui portent ce nom ! La prononciation de miel et mille est bien sûr différente mais assez proche pour nous faire sourire.

Plutôt bien trouvé, tout ça. De quoi mettre de la couleur et un zeste d’humour dans les rayons des supermarchés. (Je suis à la recherche de deux autres tisanes de la gamme que je trouve mignonnes aussi ! A suivre.)

Happy ou comment nager dans le bonheur

Voici une publicité croisée sur mon chemin (dans le sens travail-maison), avec bien sûr un jeu sur les mots et sur les expressions.

Si vous buvez cette infusion en sachets, elle vous garantit non seulement le retour au calme, l’apaisement de vos tensions ou comme indiqué sur la boîte colorée, un lâcher-prise, mais aussi carrément le bonheur : vous allez nager dans le bonheur. Cette expression est très forte. Normalement, on nage dans le bonheur pour plus que ça ! On pense au bonheur des jeunes mariés, des nouveaux parents par exemple, bref tous ces moments intenses de la vie pendant lesquels on a l’impression que tout ce qui nous arrive est parfait.

Et là, tout cela comment ? En buvant une tasse de cette infusion quand le besoin se fait sentir. Ce qui attire l’attention sur cette boisson somme toute banale et un peu vieillotte, c’est que le slogan repose sur l’expression boire la tasse. Or, boire la tasse, c’est avaler de l’eau en nageant (dans l’eau, pas dans le bonheur), et ça, ce n’est pas très agréable parce qu’on a l’impression qu’on va se noyer. C’est aussi, au sens figuré, connaître un échec. Donc un slogan qu’on retient à cause de ce téléscopage des mots et de ces expressions revisitées. Ou comment boire la tasse devient la clé du bonheur.

A suivre dans un prochain billet car cette entreprise (née autrefois à Marseille et développée dans la région avant d’être rachetée par Unilever) a trouvé d’autres noms amusants pour rajeunir l’image des tisanes et celle de la marque comme on dit. Je vous en reparle !

Celle-ci s’appelle Happy, parce qu’en anglais, ça fait mieux que le simple Heureux français. Mais je laisse nos amis anglophones imaginer la prononciation des Français: pas de H, c’est sûr!

On y va ?


.
.
Les programmes informatiques ne parlent pas bien français !
J’ai reçu ce message de Voyages-Sncf – devenu depuis peu Oui.Sncf – pour me rappeler que ce serait bien de m’évader, en train bien sûr, avec des suggestions. Direction Le Mans, Lyon, Rennes…

Apparemment, les informaticiens n’ont pas prévu que certains noms de villes commencent par LE. Le problème, c’est que la combinaison à + le se transforme en au. Avec les noms propres, c’est la même règle qu’avec les noms communs.

Donc Partez à Le Mans n’existe pas. Partez au Mans !
C’est la même chose avec Le Creusot, Le Tréport, Le Touquet, Le Havre, le Mont Saint Michel, Le Croisic, etc.
Partez au Creusot, au Tréport.
Allez au Touquet pour le weekend.
Installez-vous au Havre.
Passez la journée au Mont Saint Michel.
Prenez des vacances au Croisic.

Sans voix

Ce poisson bleu se promenait dans Toulouse la rose il y a quelque temps. Poisson publicitaire pour un centre de remise en forme aquatique qui offrait des réductions sur ses tarifs. Et jeu de mots puisque pour montrer que cette offre valait vraiment la peine, ils avaient utilisé l’expression muet comme une carpe.

Une carpe est un poisson et comme chacun sait, les poissons ne parlent pas. Quand on est muet comme une carpe, on garde le silence, on ne veut pas parler, pour une raison ou une autre. Donc dans cette situation, c’est un peu bizarre quand même, même si le contexte aquatique explique la carpe !
Par exemple :
Quand ils l’ont interrogé sur son emploi du temps de la veille, il est resté muet comme une carpe.
A: C’est un secret. Tu sais garder les secrets?
B: Ne n’inquiète pas. Je serai muet comme une carpe
.

En fait, ce qu’ils veulent dire, c’est plutôt que vous resterez sans voix à l’idée d’obtenir de telles réductions. Vous ne trouverez plus les mots tant les conditions d’inscription sont décrites comme particulièrement alléchantes. Et donc affaire à saisir ! De la pub, donc !

Etre sans voix ou rester sans voix : c’est, au sens figuré, lorsque quelque chose vous surprend tellement que vous ne savez plus quoi dire. Cela peut être un événement positif ou au contraire négatif. L’effet est le même.
Lorsqu’il l’a demandée en mariage, elle est d’abord restée sans voix. Puis elle a dit oui ! (Oui, oui, vous avez remarqué, 😉 difficile d’échapper aux annonces de fiançailles princières pour l’inspiration du moment…)
Lorsqu’il l’a accusée de n’exprimer que de la colère ou de la déception à son égard, elle est restée sans voix face à tant d’absurdité.
Alors là, je suis sans voix !

Lorsqu’on n’a vraiment plus de voix, au sens propre, c’est-à-dire quand aucun son ne sort de votre bouche, on dit qu’on a une extinction de voix, ou qu’on est aphone, ou encore qu’on n’a plus de voix. Il ne reste plus qu’à mettre ses cordes vocales au repos. C’est ce qui m’arrive aujourd’hui. Je n’ai plus de voix du tout ! Donc je n’enregistrerai pas ces exemples. Dur métier de prof, parfois, en période de virus promeneurs ! On verra demain. Ou après-demain.

Auto-portrait dans l’auto

Je suis tombée sur cette campagne de prévention sur le danger des selfies au volant. 😦
C’est l’occasion de se retrouver une fois de plus confronté à la force de cet appareil qui a envahi nos vies au point qu’il faille diffuser ce genre de message. Et bien sûr, c’est aussi l’occasion de parler du français et de la prononciation de notre langue. Et donc de remettre en route mon blog, quelque peu délaissé ces derniers mois ! Etes-vous toujours là ? J’espère !

Ceux qui ont rédigé ce message jouent avec les mots, pour lui donner la force d’un slogan facile à retenir: L’auto-portrait, oui. Dans l’auto, non.
J’avais presque oublié le mot auto-portrait, à force d’entendre le mot selfie en permanence. C’est vrai que selfie ne désigne que les auto-portraits pris avec un téléphone portable.
Et nous n’employons presque jamais le mot auto dans la vie quotidienne : nous n’achetons pas une auto (ni une automobile) mais une voiture. Nous avons des petites ou des grosses voitures. Certaines villes essaient de limiter la place de la voiture. Nous nous déplaçons en voiture. Jamais en auto. (En revanche, on peut aller au Salon de l’Automobile, pas de la voiture.)

.
La vidéo est à regarder ici.

Transcription:
Allez !
Toi, ça va !
Oh, selfie !
[…] les gars !
Attention !

.
Près de 7 jeunes sur 10 ont déjà pris un selfie en conduisant.
Malgré les apparences, le danger est bien réel.
Ne laissez pas ce selfie être le dernier.
La route ! La route !

Par curiosité, j’ai mis les sous-titres en regardant la vidéo. Cherchez l’erreur ! Ou plutôt les erreurs.

Première erreur :


– Le système automatique ne reconnaît pas le mot selfie, qui pourtant fait partie du langage de tous désormais, et le transforme en sale fille ! (et en plus avec un devant, incompatible avec le mot fille.)
Ou encore en ce qu’elle fit, ce qui serait vraiment très bizarre puisqu’il s’agit du passé simple du verbe faire, employé aujourd’hui seulement à l’écrit.

Deuxième erreur :

– Il n’entend pas tous les mots, comme le verbe être, oublié ici, sans doute à cause du mot qui précède: le danger est bien réel. C’est vrai que lorsque nous parlons, les deux sons (-er et est) s’enchaînent en général sans pause entre les deux mots.

Ecoutez la différence (infime) lorsqu’il y a une toute petite coupure entre les mots ou pas:

.

Troisième erreur :

– Il ne perçoit pas la différence entre est et être: Ne laissez pas ce [selfie] être le dernier. (et non pas est). Bref, il ne connaît pas la grammaire bien sûr. Et il se laisse tromper par un accent très courant dans la majorité des régions de France.
Peut-être se débrouillerait-il mieux avec un accent du sud, dans lequel toutes les syllabes sont prononcées plus distinctement.

Ecoutez la petite différence:

.

Les deux dernières erreurs :

– Il entend aptitude au lieu d’attitude.
– Il ne transcrit pas correctement le slogan et confond Donnons et d’un nom, contrairement à une oreille française qui entend bien la différence et sait aussi décider ce qui a du sens ou pas.

Bonne journée ! Et gardez bien les yeux sur la route.

Pour écouter ou ré-écouter comment nous « mangeons » les syllabes et les mots, c’est ici.

Ils ont ça dans le sang

Plusieurs fois par an, l’Etablissement Français du Sang vient dans les universités pour que tous ceux qui le souhaitent – étudiants et personnel – donnent leur sang. Depuis les attentats de 2015 à Paris et de 2016 à Nice, davantage de Français se sentent concernés et participent à ces collectes afin que les hôpitaux ne manquent jamais de sang ou de plaquettes pour les malades qui en ont besoin.

don-du-sang-en-chiffres

don-du-sang

Ce matin, il y avait donc la voiture des médecins chargés de cette collecte garée sur le parking mon l’université. Rouge bien sûr, et avec un slogan percutant : La vie, on a ça dans le sang.

Au sens propre, le sang qui coule dans nos veines est notre vie.
Mais avoir quelque chose dans le sang est aussi une expression qui signifie qu’on a une passion pour quelque chose, que c’est en quelque sorte inné, que cela fait totalement partie de nous. Ce On, c’est nous tous: ces professionnels de la santé qui font bien sûr tout pour protéger la vie des malades ou des blessés – ils ont ça dans le sang. Et tous ceux qui donnent leur sang et ont ce même souci de sauver des vies. Eux aussi ont ça dans le sang.

C’est une expression très forte, probablement parce qu’elle touche au corps.
En voici une autre, tout aussi forte et assez proche : avoir quelque chose dans la peau.
Mais en fait, on l’emploie très souvent à propos de quelqu’un: quand on a quelqu’un dans la peau, c’est qu’on aime cette personne passionnément. On ne peut pas vivre sans elle, c’en est presque déraisonnable.

Les choses peuvent être situées ailleurs dans le corps ! Et là, plus rien à voir avec la passion :
– Si vous dites de quelqu’un qu’il n’a rien dans le ventre, c’est que vous estimez que cette personne est lâche. C’est un jugement péjoratif. Quand on teste quelqu’un, de façon familière, on dit souvent qu’on veut voir ce qu’il a dans le ventre. Il faut qu’il montre ce qu’il a dans le ventre.

Avoir un coup dans le nez signifie qu’on a trop bu, qu’on est ivre. (familier)

Pour en revenir au don du sang, c’est intéressant de répondre à ce questionnaire pour savoir qui peut donner son sang. Toutes ces questions sont posées à ceux qui se présentent lors des collectes.

Aviez-vous écouté Manon sur France Bienvenue ? Elle m’avait expliqué pourquoi elle avait décidé de donner son sang.

L’ouvrir ou pas ?

louvrir

Non, non, je ne vais pas vous parler de bière – je ne suis vraiment pas spécialiste – ni des qualités esthétiques de cette pub – assez sommaires !
Sa principale qualité, c’est donc bien sûr de jouer sur les mots.

Vous savez ce que signifie le verbe ouvrir. On peut effectivement ouvrir une bouteille de bière.
Mais l’ouvrir, comme ça, tout seul ?

L’ouvrir, en langage très familier, c’est parler alors qu’on devrait se taire, c’est donner son avis alors qu’on devrait se faire discret :
Il m’énerve ! Il ne peut pas s’empêcher de l’ouvrir quand je lui fais des remarques !
Je te conseille de ne pas l’ouvrir ! Tu as compris ?
C’est plutôt agressif – et même vulgaire – de demander à quelqu’un de ne pas l’ouvrir.

Le contraire, en langage tout aussi familier et abrupt, c’est la fermer, ce qui laisse deviner que le pronom la ou l’ évoque la bouche, par où sortent les paroles.

Et donc, parfois, c’est vrai, il faut savoir l’ouvrir, c’est-à-dire oser exprimer son opinion, même si elle n’est pas la bienvenue, revendiquer au lieu de ne rien dire.

Pour en revenir à cette bière, ce n’est pas trop compliqué de l’ouvrir. C’est écrit (sans le pronom) sur la capsule.

%d blogueurs aiment cette page :