Faites-lui du pied, c’est permis

En deux ans de pandémie, combien de fois nous sommes-nous passé du gel hydroalcoolique sur les mains ? Au début, c’était une denrée (1) rare et convoitée ! Aujourd’hui, il y en a à l’entrée de tous les magasins : du simple flacon posé sur une table de fortune (2) à des systèmes sans contact qui détectent nos mains tendues, tout est possible. Et entre les deux, il y a les distributeurs qu’on actionne grâce à un petit levier ou mieux, en appuyant du pied sur une pédale.

Et maintenant, on fait même de l’humour pour expliquer la marche à suivre (3). Je suis tombée hier sur ce jeu de mots qui donne le mode d’emploi à ceux qui, l’espace d’un instant (4), cherchent comment faire pour se servir : Ici, il faut faire du pied pour se frotter les mains.

Cela nous fait sourire, comme l’émoji masqué qui nous accueille, parce que faire du pied à quelqu’un, c’est toucher volontairement le pied de quelqu’un sous une table, à l’insu de (5) tous les autres invités, pour lui faire des avances (6). C’est plutôt lourd si la personne draguée (7) de cette manière n’est pas vraiment d’accord ! Mais là, au contraire, à l’entrée de ce magasin, nous sommes tous autorisés à faire du pied… à ce gentil distributeur.

Ensuite, vous pourrez vous frotter les mains avec ce gel, au sens propre du terme. Et voici un autre jeu de mots puisque au sens figuré, se frotter les mains, c’est montrer sa satisfaction, en faisant ce geste ou pas. Il suffit souvent de dire juste : Je m’en frotte les mains / Il s’en frotte les mains pour dire qu’on est satisfait d’une situation, d’une décision.

De l’art de nous rappeler, avec plus de légèreté que les habituelles formules « Gel hydroalcoolique obligatoire » que nous ne devons pas encore baisser la garde (8), même si beaucoup en ont par dessus la tête (9) de ces contraintes.

Quelques explications :

  1. une denrée : un produit
  2. une table de fortune : une table improvisée, qui n’est pas réellement faite pour ça. On parle souvent par exemple d’un abri de fortune.
  3. la marche à suivre : les explications sur comment faire quelque chose, étape par étape
  4. l’espace d’un instant : pendant un très court instant
  5. à l’insu de quelqu’un : en cachette, sans que cette personne le sache
  6. faire des avances à quelqu’un : essayer de séduire quelqu’un de façon assez explicite
  7. draguer quelqu’un : c’est la même chose que précédemment. Un dragueur, c’est un homme qui passe son temps à essayer de séduire les femmes.
  8. baisser la garde : devenir moins prudent, relâcher sa vigilance
  9. en avoir par dessus la tête (de quelque chose, de quelqu’un de faire quelque chose) : en avoir vraiment assez, ne plus supporter quelqu’un ou quelque chose. Par exemple : J’en ai par dessus la tête de ses bêtises. / Il en a par dessus la tête de finir aussi tard le soir.

Soif de voyages ?

Depuis deux ans, de confinements en couvre-feux, en passant par des fermetures de frontières, on a quelque peu perdu l’habitude d’aller voir ailleurs à quoi ressemble le monde. Mais dans le fond, ce n’est pas si compliqué que ça de partir en voyage, si l’on en croit ces pubs que je croise en ce moment sur mon chemin ! Pas besoin de pass sanitaire ou vaccinal. Apparemment, il suffit de se mettre à table !

En rentrant du travail, on passe donc chez Picard s’acheter un petit surgelé.
Et voilà, l’évasion à portée de baguettes.
L’Asie, rien que ça, rendez-vous compte !

Et au dessert, on mange un yaourt à la grecque, ou quelque chose qui en a le nom.
La Grèce millénaire à portée de cuillère !

Bon, je suis d’accord avec vous, on reste un peu sur sa faim avec ce genre de voyages ! 😉

Nos expressions liées à la nourriture :
avoir soif de quelque chose : avoir très envie de quelque chose, mais quelque chose d’important.
Par exemple : avoir soif de liberté, avoir soif de grand air, avoir soif de solitude, avoir soif de compagnie, avoir soif de tranquillité, avoir soif de nouveauté, avoir soif de changement.
rester sur sa faim : ne pas être entièrement satisfait par quelque chose parce qu’on a l’impression qu’il manque quelque chose.
J’ai bien aimé ce roman. Mais je trouve qu’on reste un peu sur sa faim. Je m’attendais à mieux.

Avec passion

Me revoilà, après des vacances de Noël bénéfiques mais occupées par des corrections, nombreuses, très nombreuses – vive le métier de prof ! – et après deux semaines de retour au travail sous pression pour être dans les temps pour les jurys de fin de semestre.

Je vous souhaite donc enfin une très bonne année !

Et pour la commencer avec émerveillement, voici des extraits d’un entretien écouté à la radio avec une femme qui vous donne la pêche si vous en avez besoin ! Elle est passionnée et donc passionnante, avec une très grande humilité et humanité. Ceux qui me connaissent maintenant un peu comprendront ce qui m’a plu quand je l’ai entendue ! Allez, 2022, une année placée sous le signe de la curiosité et de toujours plus de découvertes.

Premier extrait :

Transcription :
Etudiante, votre premier cours d’éthologie, quel choc est-ce que ça a été, Vinciane ?
Ah, ça a été un choc de voir des gens qui… d’abord, qui racontaient des histoires – c’était pas tellement habituel à l’université – parce que c’était des histoires qui, à la fois, rendaient les animaux très proches de nous, parce qu’ils avaient des histoires comme nous – je découvrais ça avec émerveillement – et à la fois, très différents, parce que c’était des histoires… On était dans des mondes… Ecoutez, quand on aime la science fiction, on comprendra ce que je veux dire. Je veux dire, chaque animal, d’une certaine manière, chaque groupe d’animaux, chaque collectif, chaque milieu (1) est comme un monde de science fiction, c’est-à-dire un monde où les règles sont tout à fait différentes, où il y a des façons de s’associer, des façons de faire des enfants, ou de ne pas en faire, de créer des relations de parenté, d’alliances et tout (2). Et donc, j’avais des mondes qui s’offraient à moi et moi qui adorais lire et qui adorais qu’on me raconte des histoires, c’était déjà une première merveille. Et puis, la deuxième merveille, c’était l’amour de ces éthologistes pour leurs animaux.
Pour autant, c’était pas vraiment considéré comme de la philosophie.
Ah non, non ! Mais alors là, je peux vous dire, c’était pas du tout de la philosophie ! Et quand moi-même, j’ai dit : Mais on peut faire de la philosophie sur l’éthologie – on fait bien de la philosophie sur de la physique (3), enfin ce qu’on appelle la philosophie des sciences, de la philosophie sur la biologie, donc on va faire bien sûr de la philosophie sur l’éthologie, je me suis entendu dire (4) combien de fois : « Mais attendez, mais ça, c’est pas de la philosophie ! »
Ça ne vous a jamais découragée ?
Alors, ça aurait pu me décourager. Mais à un certain point de marginalisation, vous n’êtes plus marginale, vous êtes à côté de toute façon, hein, parce que la marge, elle a quand même une limite. Mais en fait, je dis ça un peu en plaisantant, ce qui veut dire surtout que ça m’a offert la grande liberté de ne plus me préoccuper de l’avis (5) des autres.

Et un autre extrait :

Transcription
Oui, bien sûr, il y a des alliances avec les proches qui sont intéressantes. Elles sont parfois un peu plus fiables parce qu’on peut au moins prévoir leurs réactions. Mais ce qui est intéressant évidemment, c’est des alliances avec le très différent, parce que c’est ça qui, d’une certaine manière, enrichit la vie et à la fois, peuple le monde d’une très grande diversité, qui nous offre des occasions, nous, de bouger (6), parce que c’est ça aussi, c’est… Je veux dire, être vivant, c’est tout le temps en train de (7) changer. Comment changer avec uniquement des semblables à vous ? Ça, c’est difficile. Par contre, changer avec des êtres qui ne cessent de vous surprendre, de vous interpeller (8), de vous dire : « Mais ça aurait pu être autrement ! Qu’est-ce que tu racontes, là ? C’est quoi (9), le monde dans lequel tu vis ? Il aurait pu être autrement. » C’est quoi, un monde de libellules ? C’est quoi, un monde de… je sais pas… de bonobos, d’éléphants ou quoi que ce soit.

Des explications sur ces deux extraits :

  1. un milieu : un environnement auquel on appartient, dans lequel on vit. Cela peut être un milieu naturel (dans la nature) ou un milieu social. Par exemple : Il vient d’un milieu populaire. (= la classe sociale ouvrière) / Ils n’ont pas grandi dans le même milieu.
  2. et tout : expression familière, orale, à la fin d’une phrase, quand on ne veut pas continuer à donner d’autres détails.
  3. On fait bien de la philo des sciences : Ici, bien ne signifie pas qu’on parle de la qualité de la philo. Cela signifie : Regardez, on fait de la philosophie des sciences, c’est reconnu. Donc pourquoi ne reconnaîtrait-on pas l’éthologie ?
    Par exemple :
    – Ce virus est hyper contagieux. On va tous y passer !
    – Oui, mais il y a bien des gens qui ne l’attrapent pas.
    (= ce que tu dis n’est donc pas totalement juste.)
  4. Je me suis entendu dire : attention, cela ne veut pas dire du tout que c’est elle qui a dit quelque chose mais le contraire : On m’a dit quelque chose / Quelqu’un m’a dit…
  5. l’avis des autres : l’opinion des autres. On dit par exemple : Je n’ai pas d’avis sur la question. (= je ne sais pas quoi en penser, je ne suis pas capable d’avoir une opinion là-dessus, ou je ne veux pas formuler une opinion là-dessus.)
    Ou encore : J’aimerais bien avoir ton avis.
  6. bouger : ici, c’est synonyme de changer, évoluer.
  7. interpeller : au sens figuré, cela signifie que quelque chose attire votre attention et suscite des questions de votre part.
    Par exemple : Son attitude m’interpelle vraiment. Je ne comprends pas pourquoi il a agi comme ça.
    On dit souvent aussi : ça m’interpelle.
    On peut aujourd’hui écrire interpeler, avec un seul « L »
  8. en train de changer : qui change en ce moment.
    Beaucoup de Français font une faute d’orthographe sur cette expression très courante en écrivant entrain de. Le mot entrain existe mais c’est un nom et il est synonyme de vivacité : c’est un enfant plein d’entrain.
  9. C’est quoi, ce monde… ? : cette question est très orale et convient très bien dans une conversation.
    = Qu’est-ce que c’est que ce monde ?

Voici le lien vers l’entretien entier. Vinciane Despret y lit à la fin une lettre pleine de profondeur qu’elle a écrite à Alba. Vous devriez aller voir qui est Alba. (et lire la lettre bien sûr.)
Et j’ai vu que Vinciane Despret avait aussi partagé ses idées sur France Culture et ça s’appelle : Plaidoyer pour une poésie animale. J’ai bien l’intention de l’écouter un de ces jours !

Pas de bonobos, pas d’éléphants ici, mais ne sont-elle pas un monde à elles seules, ces jolies vaches Aubrac ? 😉
A bientôt

C’est reparti pour un tour !

Je partage avec vous ce mail reçu de la Direction de mon université aujourd’hui.

Nous y voilà de nouveau : reprise de nos cours en distanciel pour démarrer l’année 2022 ! Nous avons tenu jusqu’à maintenant mais voici les instructions toutes fraîches de la présidence de notre université pour les deux premières semaines de janvier, au retour des vacances de fin d’année.

Comme on dit, il va falloir faire avec*. Avec un nouveau variant, avec une vaccination qui stagne, avec la mauvaise saison, avec des gestes barrières en net recul, avec les enfants passeurs involontaires mais efficaces, avec… etc, etc.

Comme une impression de déjà-vu ! Voici donc des expressions qui pourraient bien continuer encore un moment à nous être utiles, avec la prolifération de ce virus – oh là, là, prolifération, c’est pire que propagation ! – et ces vagues successives – à combien en sommes-nous, déjà ? – qui n’en finissent pas de nous bousculer.

  • C’est reparti / C’est reparti pour un tour : cela signifie que ça recommence. (plutôt familier)
    En général, cette phrase exprime la lassitude. Eh oui, on en a marre !
    Et allez ! C’est reparti pour un tour !
  • Rebelote ! : cette expression vient d’un jeu de cartes très populaire, la belote. Pour simplifier, c’est ce qu’on dit quand on a le bon roi et la bonne reine ensemble dans ses cartes, après avoir dit « Belote ». Par exemple : On avait travaillé en distanciel une grande partie de 2020. Et voilà, rebelote en 2022 !
  • Retour à la case départ : cela veut dire qu’on croyait avoir avancé mais finalement pas tant que ça ! C’est un peu comme au Monopoly, quand tu tires les mauvaises cartes.

Ces expressions viennent du domaine du jeu. Mais là, stop, pouce**, on n’a plus trop envie de jouer !

J’en profite pour faire un petit tour du jargon apparu depuis mars 2020 :

  • La situation sanitaire : combien de fois avons-nous entendu ce terme, à la radio, à la télévision, dans la bouche de nos dirigeants, des médecins, des scientifiques ?
  • à distance / en distanciel et ses deux acolytes : en présentiel et en hybride, pour décrire nos cours, transformés par cette pandémie.
  • les étudiants en fracture numérique : mais quel terme, pour simplement dire qu’il y a malheureusement des jeunes qui n’ont pas les moyens d’accéder à internet ni de se payer un ordinateur !
  • dans le respect des consignes sanitaires, avec sa variante, dans le strict respect des consignes sanitaires, quand certaines activités ont repris, sous condition, après le premier confinement.
  • Dans la suite de ce mail : Le port du masque est obligatoire. Rappel omniprésent mais pas toujours respecté par certains, qui n’ont toujours pas appris – ou pas voulu apprendre – à faire tenir leur masque sur la bouche ET le nez !
  • Et plus loin : les gestes barrières, expression qui englobe l’idée de distance physique entre les gens, le lavage fréquent des mains, l’utilisation d’un gel hydroalcoolique, la fin de la bise à tout bout de champ.

* Il va falloir faire avec : cette expression plutôt familière signifie qu’il va falloir s’adapter, s’accommoder de la situation. C’est ce qu’on fait depuis bientôt deux ans ! Incroyable !

** Pouce ! : cette expression enfantine s’accompagne d’un pouce levé pour dire qu’on veut faire une pause pendant un jeu. ( Attention, un pouce levé, dans les jeux d’enfants, n’exprime pas l’approbation, comme c’est le cas pour les adultes.)

Tout ça est à écouter ici si le coeur vous en dit :

A part ça, il a fait une très belle journée à Marseille, comme très, très souvent !
Et ça, c’est irremplaçable. 🙂


Le retour des loups

Au détour d’un chemin de randonnée, en juin dernier, nous sommes tombés sur ce panneau à l’entrée d’un chalet d’alpage dans le Beaufortain. Le message, pour le moins direct, était adressé aux pro-loups, par un anti-loup que nous avons rencontré juste après. Nous venions de trouver sur notre chemin les cadavres de plusieurs brebis égorgées récemment. Des rapaces planaient encore au-dessus pour terminer le nettoyage des carcasses. Dans notre naïveté de citadins, nous n’avions pas pensé à une attaque de loup, si peu habitués à penser à cet animal qui a longtemps disparu des paysages français.

Pour ce propriétaire, c’était le ras-le-bol et la peine d’avoir perdu ses bêtes qu’il avait montées à l’alpage très peu de temps auparavant. Il n’habitait pas là en permanence, il n’y avait pas de chien de berger pour veiller sur les brebis, pas de clôture électrifiée pour les mettre en sécurité. Il avait donc suffi d’une nuit tranquille, sans présence humaine, pour qu’un loup tue son tout petit troupeau sans défense. Il nous a montré des empreintes dans la boue du chemin. Ajoutées au type de blessures subies par les brebis, cela ne lui laissait aucun doute sur l’origine de la mort de ses bêtes. Alors, très en colère, il avait définitivement rejoint le camp des anti-loups, dans le débat passionné qui dresse beaucoup d’éleveurs français contre les protecteurs du loup.

Les loups, chassés sans relâche pendant des décennies, sont revenus en France, par eux-mêmes. Beaucoup d’éleveurs ont dû réapprendre comment s’en protéger au mieux. Mais la cohabitation est difficile, entre les loups, les troupeaux et leurs propriétaires bien sûr, et aussi entre les pro-loups et les anti-loups.

Pourtant, il va bien falloir se faire à l’idée que les loups ne sont pas seulement dans les régions de montagne, à l’écart des hommes. C’est ce que racontait ce petit reportage entendu aux infos à la radio il y a quelques jours. Je ne m’attendais pas aux lieux mentionnés ! Prisonnière de clichés sur cet animal !

Je vous ai enregistré tout ça ici, avec à la fin le petit reportage radio (vers 2’50):

Transcription du reportage:
Il y a des loups et ils sont certes (1) un peu flous (2) sur les photos : deux loups gris sont détectés ce mois-ci (3) en France, un dans les Yvelines* au début du mois, un autre en Indre-et-Loire* hier. C’est une première (4) depuis cent ans. Jean-Noël Rieffel, le directeur régional de l’Office Français de la Biodiversité dans la région Centre-Val de Loire :

« Pour nous, c’est pas une surprise, parce que l’OFB recense (5) les populations de loups. On sait qu’elles sont en augmentation. On estime à 624 loups (6) en France et on sait qu’à la faveur de l’automne (7), il y a des phénomènes de dispersion d’un certain nombre d’individus (8) qui en fait sont expulsés, si je puis (9) me permettre ce mot, de la meute (10) et parcourent des dizaines de kilomètres. On sait que le loup pouvait être retrouvé à 1500 km de son lieu de naissance. Et on sait que le loup peut parcourir jusqu’à 50 km par jour. Donc il est pas étonnant de voir des individus se disperser. Pour l’instant (11), ils sont pas installés du tout, il y a pas de meute, il y a aucun signalement d’attaques sur des troupeaux. Donc pour l’instant, il est trop tôt pour dire si ces individus qui ont été observés vont s’installer. Mais c’est fort (12) peu probable, voilà, voire (13) pas probable du tout.

Quelques explications :

  1. certes : c’est vrai / Il faut reconnaître que
  2. flou : pas net. La mise au point n’a pas été parfaite donc la photo est floue.
    On peut aussi utiliser cet adjectif au sens figuré : par exemple, un projet qui est flou est un projet qui n’est pas encore bien défini. Quand on a des idées floues dans un domaine, on ne sait pas encore grand chose sur le sujet. On dit aussi qu’on est dans le flou quand n’a pas encore d’idées précises à propos d’une situation.
  3. ce mois-ci : le mois en cours. On ne peut pas dire simplement Ce mois.
  4. C’est une première : c’est un événement inédit, totalement nouveau.
  5. recenser : compter le nombre de personnes, d’animaux, de plantes quelque part.
  6. 624 loups : six cent vingt quatre
  7. à la faveur de l’automne : l’arrivée de l’automne favorise ce phénomène
  8. un individu : c’est normalement une personne. Mais les scientifiques qui étudient des groupes d’animaux parlent aussi d’individus à propos des animaux.
  9. si je puis me permettre = si je peux me permettre (style un peu plus soutenu)
  10. une meute : c’est le terme qu’on emploie à propos des groupes de loups (ou de chiens dans la chasse à courre). Au sens figuré, on l’emploie à propos de groupes de personnes qui en harcèlent d’autres : Le journaliste a été menacé par une meute de supporters très énervés et alcoolisés. On parle aussi de phénomène de meute sur les réseaux sociaux par exemple, quand quelqu’un est victime d’innombrables commentaires haineux.
  11. Pour l’instant : on dit aussi Pour le moment.
  12. fort peu = très peu
  13. voire : et même

* Les Yvelines : il s’agit d’un des départements français, à l’ouest de Paris.
* L’Indre-et-Loire : dans cet autre département, on trouve la ville de Tours ainsi que des châteaux célèbres, comme Amboise, Azay-le-Rideau, Chenonceau, Villandry par exemple.
Ce n’est pas vraiment au loup qu’on pense en premier en évoquant ces deux départements !

On sort ?

Même en confinement, cette fois-ci, en France, c’est possible de sortir s’aérer sans se poser trop de questions sur ce qu’on a le droit de faire ou pas. C’était même une recommandation du gouvernement lors de l’annonce des nouvelles restrictions mises en place il y a un mois. Fin de la limite de temps et allongement des distances pour les balades, parce que l’an dernier, une heure de sortie autorisée et pas plus d’un kilomètre, c’était vraiment difficile, peu motivant et même stressant !

Donc en ce mois d’avril confiné, nous avons pu continuer à mettre le nez dehors, même s’il fallait rester dans un rayon de 10 kilomètres autour de chez soi. Selon l’endroit où on habite, cela laisse des possibilités d’exploration et permet de ne pas trop tourner en rond.

Mettre le nez dehors, c’est sortir prendre l’air. On emploie souvent cette expression familière dans des phrases négatives, pour dire qu’on ne sort pas de chez soi. On dit par exemple :
– Il faisait tellement mauvais qu’on n’a pas mis le nez dehors de tout le weekend.
– Il ne fait pas un temps à mettre le nez dehors. On est bien chez soi, au chaud !
– Depuis qu’elle est tombée dans son jardin, elle n’ose plus mettre le nez dehors.

Au lieu de passer ta journée sur un écran, tu ferais bien de mettre un peu le nez dehors !

Pendant ce confinement-ci, voulu plus « sain » par nos dirigeants, les jardineries sont même restées ouvertes, comme d’autres commerces dits « essentiels », afin que les Français puissent continuer à s’occuper de leur jardin, de leur balcon, ou de leur terrasse. D’où des publicités printanières comme celle-ci, pour qu’ils aient envie de fleurs, de légumes et de grand air. Donc mettons le nez dehors, avec la bénédiction des médecins, des virologues et des politiques, puisque nous y sommes apparemment moins exposés à ce virus qui n’a pas encore décidé de nous laisser souffler !

Pour écouter :

Et puisque nous sommes le 1er mai, voici un peu de muguet porte-bonheur !