Rugby ou foot ?

Le foot est le sport le plus populaire en France. Tous les garçons y jouent à un moment ou un autre et beaucoup de Français suivent les résultats des matchs chaque semaine et supportent un club ou un autre. C’est pour ça que la nullité de l’équipe de France lors de la dernière Coupe du Monde a tellement fait parler ici !

Alors, dans ce cas, certains se disent que le rugby, c’est autre chose. C’est ce qu’on perçoit dans cette petite interview de Claude Brasseur, un acteur français, qui ne mâche pas ses mots* ici.


Transcription:
– Moi, je suis tombé amoureux du rugby et… et j’aime plus le football. J’aime plus le football.
– Tu as aimé le foot. Tu as joué au football aussi.
– J’ai joué au football un petit peu, oui, parce que dans mon collège, on jouait qu’à ça. Et j’ai un petit peu joué au rugby et là, je suis fier d’une chose, c’est que j’ai un petit-fils, le fils d’Alexandre, Louis, il a 12 ans et il joue au rugby.
– Il est bon !
– Et c’est un malade de rugby (1). Le dernier match que je l’ai emmené voir, c’est France-Angleterre, il m’a fait honte tellement il gueulait (2)!
– Tant mieux ! Il y a (la) relève. Il y aura un Brasseur rugbyman, hein ?
– J’aimerais bien. Mais ce qu’il y a de bien, et c’est la raison pour laquelle j’aime le rugby, c’est que j’ai l’impression que en rugby, il y a une équipe qui gagne mais il y a pas de perdant. De toute façon, c’est… c’est pour ça que je suis très heureux que mon petit-fils fasse du… fasse du… joue au rugby (3). Bien sûr, ça me fait plaisir parce que le sport, c’est important, mais je pense que c’est une éducation pour les jeunes gens absolument remarquable…
– Une belle école de la vie.
– … dans… dans l’esprit, dans… Ça, ça… ça me fait très plaisir.
– Merci .
– Je n’aime pas les footballeurs parce que ils sont plus fiers de leurs salaires que de leurs victoires.

Quelques détails :
1. c’est un malade de rugby : il est fou de rugby. (familier)
2. gueuler : crier (familier)
3. faire du rugby / jouer au rugby : on peut dire les deux sans problème.

*ne pas mâcher ses mots : dire très directement et brutalement ce qu’on pense.

Souvenirs d’arrière-petite-fille

Emilie Dequenne a connu toutes ses arrière-grand-mères. Elle racontait tout ça l’autre jour à la radio. C’était agréable à écouter. Je vous laisse en sa compagnie.

J’en profite pour vous dire que ce sont les vacances en France. Et comme vous le savez, les Français ont de longues vacances – 5 semaines de congés payés dans l’année pour les salariés. Et quand on est prof, c’est encore plus long ! Et comme je n’aurai pas vraiment accès à internet, je vous dis à bientôt, après le 15 août, avec de nouveaux enregistrements.
Bonnes vacances si vous en avez !


Transcription:
– Emilie Dequenne, j’ai pas rêvé, je crois que vous avez eu la chance,vous, d’avoir auprès de vous votre arrière-grand-mère jusqu’à l’âge de 20 ans.
– J’ai connu toutes mes arrière-grand-mères.
– Vous avez connu toutes vos arrière-grand-mères !
– Toutes mes arrière-grand-mères. Toutes. J’ai… Mamie Gilles, comme je l’appelais… est décédée l’année de mes 20 ans. Mais j’avais une autre arrière-grand-mère qui s’appelait Emilie, d’ailleurs, qui elle, est décédée… Elle a connu ma fille. Donc elle est décédée quand j’avais 25 ans, je pense. Les deux autres sont parties un peu plus tôt, mais enfin… Voilà. J’ai eu vraiment la chance de… J’ai vraiment le souvenir de mes quatre arrière-grand-mères. J’ai connu un seul arrière-grand-père mais je m’en souviens quand même pas mal (1). Il est mort quand j’avais deux ans ou trois ans.
– C’est… c’est avec Mamie Gilles que vous… mangiez les poulets. J’ai… j’ai retrouvé ça, je sais plus, dans une interview que vous avez… le… le dimanche, et que vous tourniez les pages d’un calendrier, que vous arrachiez les pages d’un calendrier.
– Alors…
– Ça m’a touché, cette histoire, parce que…
– Il y a une tradition familiale : nous venions un ou deux dimanches par mois déjeuner chez elle. Elle habitait un petit peu loin donc… Mais on venait le plus régulièrement possible. Elle nous préparait à déjeuner. C’était une excellente cuisinière. Elle faisait des ch(oses)… Tout, tout, elle faisait elle-même des potages, elle-même de la soupe d’asperge, des croquettes de fromage et… des choses mais à tomber (2)! Et il y avait un petit calendrier, une sorte d’éphéméride en fait, auquel on… on… duquel on attache des… on détache les… les dates une à une. Et au verso de ces pages, il y avait des blagues.
– Oui.
– Et voilà.
– Un calendrier comique.
– Et c’est vrai que mon arrière-grand-mère ne tou… Voilà, elle ne touchait pas les… les pages du calendrier, jamais, et elle les laissait jusqu’à… jusqu’à ce qu’on revienne manger. Donc parfois, j’en enlevais une quinzaine, parfois une petite trentaine. Mais voilà, c’était un rituel.
– Vous avez donc eu la chance de voir en tout cas cette grand-mère tardivement, dans une relation qui était préservée. Donc, j’i(magine)…
– Très préservée.Et puis, elle a gardé plutôt toute sa tête (3) très longtemps. Il y a vraiment que… qu’à la toute fin de sa vie où elle a commencé à… à repartir vers l’enfance.

Quelques détails :
1. je m’en souviens pas mal : je m’en souviens plutôt bien.
2. des choses mais à tomber : des choses excellentes. « mais » sert à renforcer.
3. garder sa tête : garder la raison. On peut dire : »Elle avait toute sa tête ».