Eruption volcanique et pagaille dans les airs

Un volcan islandais qui entre en éruption, des images incroyables comme toujours avec les volcans. Mais aussi la vie qui se complique sérieusement pour les Islandais. Et un nuage de cendres, de glace, de vapeur d’eau qui obscurcit le ciel sur une zone impressionnante et empêche les avions de voler. Tous les aéroports européens ou presque, grands et petits, sont paralysés depuis plusieurs jours. Roissy et Orly, les 2 grands aéroports parisiens, n’y échappent pas.

Et ça tombe mal pour les voyageurs et les compagnies aériennes en cette période de plus forte activité du fait des vacances de printemps. Dans ce petit reportage, certains voyageurs sont carrément désabusés, et ça s’entend! D’autres ont finalement de la chance.


Transcription :
Voilà, alors, Roissy et… et Orly, c’est ce que l’on vient d’apprendre, ne rouvriront pas avant demain dans la matinée. C’est ce qu’indique la Direction Générale de la… de l’Aviation Civile. Alors, je vous refais le film (1) pour bien comprendre ce qui passe ici dans la tête des passagers notamment. Normalement, on disait l’aéroport devrait… devait rouvrir aujourd’hui à 14 heures. Et puis finalement, ça a été reporté à 20 heures, en disant peut-être ce sera plus tard. Et donc maintenant, on apprend que c’est demain matin, et pourquoi pas encore plus tard. Et c’est ça qui est le plus difficile pour les passagers ici. Bien évidemment pour ceux qui habitent à Paris, eh bien, ils rentrent chez eux et puis ils espèrent partir un petit peu plus tard. Mais pour ceux qui viennent… Par exemple là, je viens de voir des gens qui viennent de Saint Etienne, qui sont montés à Paris, avec les grèves à la SNCF. Ils arrivent épuisés ici. Ils pensaient pouvoir partir. Leur avion devait partir après 23 heures. Eh bien non, ils sont coincés. Et ils ne savent pas quand ils pourront repartir. C’est ça le plus difficile, c’est cette notion d’expectative et de ne pas pouvoir savoir quand le trafic reprendra.

Et en tout cas, concrètement dans les allées de cet aéroport, Guillaume, vous avez constaté que il vaut mieux être passager de certaines compagnies que d’autres en matière de prise en charge. (2)
Voilà. Bon après, le résultat évidemment est le même : on ne peut pas partir. Mais c’est vrai que dans la manière d’être accueilli, il y a une différence entre Air France et les grandes compagnies, et puis les compagnies low-cost. Air France est la première ici en terme de trafic : 60 % du trafic. Derrière, vous avez Easy Jet. Chez Air France, il y a plusieurs heures de file d’attente mais il y a du personnel pour vous accueillir. Regardez chez Easy Jet ce que ça donne (3):

– Moi je me suis présentée au guichet Easy Jet. Mais en fait, ils en ont rien à foutre. (4)
– Le seul interlocuteur finalement que vous avez, c’est cette borne, c’est ça ?
– C’est la borne informatique, oui. Et puis… et puis le désarroi, quoi. Voilà, mais bon, ça dérange personne. Du côté humain, tout le monde s’en fout. Tu parles aujourd’hui à des machines, et voilà.

Allez, la petite pastille qui va faire des envieux : il y a, disons, quelques avions qui ont pu décoller cet après-midi. Mais vraiment ils sont très rares, et notamment un qui partait vers les Seychelles. Et une dame a eu beaucoup de chance. Elle a téléphoné à Air Seychelles. Et voici ce qu’elle a appris : elle pouvait partir. Elle est en train de monter dans l’avion à l’heure où je vous parle. Regardez.

– On n’y croyait pas. On était resté à la maison. Et puis on a téléphoné. On nous a dit : « Venez vite, ça part ». Donc on est arrivé en quatrième vitesse (5), voilà.
– Bon courage.
– Donc on va profiter des petits poissons et du soleil. On pensera bien à vous !

Mais cet avion, il a été avancé. Et une vingtaine de passagers n’ont pas été prévenus et en ce moment même, ils sont en train de râler (6) juste derrière cette vitre. Ils sont en train de râler parce que l’avion a été avancé. On a fermé les portes pour eux alors…

Quelques détails :
1. je vous refais le film : je vous redis tout ce qui s’est passé.
2. la prise en charge : la façon dont on s’occupe de vous, dont on vous prend à charge.
3. voici ce que ça donne : voici ce qui se passe.
4. Ils en ont rien à foutre : ils s’en fichent complètement. (très, très familier).
5. en quatrième vitesse : très vite, à toute allure. (familier)
6. râler : protester, se plaindre (familier).

Pétage de plombs !

Albert Dupontel, acteur et réalisateur français.
Ou comment envoyer balader le journaliste chargé de l’interviewer à propos de son dernier film ! Il faut dire que ce journaliste ne s’était pas montré très professionnel puisqu’il n’avait même pas vu le film en question.
Et en plus, il se la joue cool, très décontracté, genre « on discute entre potes »…
Bref, Albert Dupontel a pris la mouche, s’est comporté en « sale gosse » et l’a planté là, avec ses questions mal posées, en direct devant les spectateurs de France 3. C’est ce qu’on appelle « péter les plombs » !

Petit retour sonore sur cet épisode et commentaire plus serein quelques mois plus tard par Albert Dupontel. Moi, j’ai trouvé ça plutôt drôle et sympathique à écouter !

Transcription:
C’était donc en octobre dernier.
Albert Dupontel est l’invité du journal de France 3 et quand il a un coup de sang (1), ça donne un moment qui détonne dans la télé de 2010.

– Albert Dupontel, bonsoir. Pardon pour commencer de ne pas avoir eu le temps de voir votre film. Je le regrette. Mais je peux vous dire que j’en ai déjà beaucoup entendu parler, et en bien. Alors comme ça, vous êtes vilain dans ce film et est-ce que ce ne serait pas par hasard un tout petit peu, je veux dire un poil (2) autobiographique ?
– Non, pas du tout, non.
– Comment est-ce que vous avez pu faire, j’allais dire, pour être et le partenaire devant la caméra et en même temps réalisateur, donc derrière la caméra ? C’est… ça devait être un boulot de dingue (3), non ?
– Non, en étant payé, tout simplement.
– Pardon ?
– En étant payé tout simplement.
– Ah, c’est ça qui est motivant ? Il y avait pas une envie artistique de création… ?
– Non, moi je mérite mon salaire, ce qui est pas votre cas, si vous voyez pas les films.
– Bah non, j’ai pas vu le film, je vous ai dit, parce que… je vous en ai demandé pardon publiquement… tout simplement parce que j’ai pas… parce que j’ai un métier, justement, moi aussi…
– Moi aussi, j’en ai un.
– …Monsieur Dupontel, et voilà, qui est pas de faire du cinéma.
– Moi aussi j’en un, je fais des films, ouais.
– Et voilà, et ça arrive…
– […] c’est votre boulot de voir les films avant d’inviter les gens.
– Très bien. Oui, oui. Oui, oui.
– Je vous remercie, je vous remercie infiniment de votre accueil. Merci beaucoup. Bonne soirée à vous.
– Bonne soirée à vous aussi et merci de… de nous donner l’occasion de… de vous avoir salué, très, très rapidement. C’est amusant ce qui peut se passer sur un plateau de télévision !

… Donc il avait le droit de pas voir le film, il a le droit de dire ce qu’il a à dire. Mais il a pas le droit de me faire venir pour me dire qu’il l’a pas vu. C’est… « je suis indifférent à vous mais je vous fais venir. » Donc ça m’a… J’ai mal réagi, c’est très con (4) de réagir comme ça. Quand vous vous énervez, vous vous mettez tout le monde à dos (5), c’est évident. Je me suis dit après « Qu’est-ce qu’aurait fait Barack Obama ?», qui est quand même l’exemple total du sang-froid et de la maîtrise. Je… J’admire beaucoup ce mec-là (6). Pour la politique, c’est raté. T’as peut-être une chance dans le cinoche (7), mais la politique, c’est baisé (8), tu ne feras jamais rien. Vous voyez. Donc je m’en suis voulu (9) après de m’être énervé. Mais sur le fond, j’ai… j’ai… je dis mais c’est… Je… je retire pas une ligne (10), quoi !

Quelques détails :
1. avoir un coup de sang : se mettre en colère brutalement.
2. un poil (suivi d’un adjectif) : un peu (familier)
3. un boulot de dingue : un travail énorme (très familier)
4. c’est très con : c’est très bête, c’est complètement stupide (très familier)
5. se mettre tout le monde à dos : irriter tout le monde. Et ensuite, les gens vous sont très hostiles et vous en veulent.
6. ce mec-là : cet homme-là (familier)
7. le cinoche : le cinéma (argot)
8. c’est baisé : c’est raté (argot)
9. s’en vouloir : être fâché contre soi-même, regretter ce qu’on a dit ou fait.
10. Je retire pas une ligne : je n’efface rien. Je ferais exactement pareil si je me retrouvais dans la même situation.

Si vous avez envie de voir cette interview ratée en entier, c’est là.