Frantz, Adrien, Anna

frantzUn très beau film, magnifiquement filmé en noir et blanc où vient se glisser parfois un peu de couleur, où se mêlent l’allemand et le français, avec des zones d’ombre et des révélations, des malheurs et des bonheurs, la laideur de la guerre et la beauté de la vie.

Allez regarder la bande annonce ici, avec ses sous-titres pour ce qui est dit en allemand.

Voici la transcription de ce qui est en français :
(avec le très léger et joli accent d’Anna)
– Vous pensez à lui, toujours ?
– Comment pourrais-je l’oublier ?
– Vous veniez souvent ici ?
– C’est ici que Frantz m’a demandé ma main.
– Vous avez beaucoup souffert.
– Ma seule blessure, c’est Frantz.
– Chère Anna, il faut que je vous dise…
– Mon fils est un garçon fragile. Il ne faut pas le tourmenter.
– Ce n’est pas moi qui tourmente votre fils, madame. C’est Frantz.

ozon-interviewFrançois Ozon parle ici de son film, en compagnie de son acteur principal.
On est dans les coulisses. C’est toujours intéressant d’être dans les coulisses.

Je ne sais pas si vous serez comme moi, mais j’ai été prise par surprise quand il décrit son travail sur la seule scène de guerre du film. Peut-être parce que c’est une scène très marquante, très belle, dans son dépouillement, dans son intensité, dans ce qu’elle dit de l’horreur et de l’absurdité de la guerre. Alors, je m’attendais probablement à ce qu’il en parle avec gravité, et pas sous l’angle qu’il nous dévoile dans cette interview! On est vraiment en coulisses, et c’est bien !

Cette unique scène dans les tranchées m’a rappelé la scène d’ouverture du roman Au revoir là-haut. Mais autant le récit de Pierre Lemaitre, déroulé sur des pages et des pages, m’avait peu touchée et avait même failli me faire abandonner ce gros roman, autant j’ai trouvé bouleversante la scène filmée par François Ozon, si courte et épurée pour dire ce que toutes les guerres font à tous les jeunes Adrien ou Frantz de la terre, que d’autres envoient se faire tuer.

Juste le son de cette interview :
F. Ozon

Transcription:
– Moi, ce qui m’a intéressé dans cette histoire, c’est qu’elle est extrêmement complexe et qu’il y avait des relations multiples et effectivement (1) plusieurs histoires d’amour : au début, on part sur une fausse piste, on se rend compte que peut-être cette fausse piste n’est pas la bonne au milieu du film, et puis finalement, à la fin, on se dit : Bah finalement, cette fausse piste, il y a peut-être une part de vérité dedans et derrière le mensonge d’Adrien, derrière son secret, il y a peut-être une vérité qui se cache, et c’est ça qui m’ a intéressé.
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Passionnant

Je voulais absolument voir Relève, histoire d’une création. Diffusé dans peu de salles de cinéma. Donc à ne pas manquer !
C’est beau et passionnant. On est au plus près des danseurs du corps de ballet choisis par Benjamin Millepied pour cette chorégraphie montée l’année où il est arrivé à l’Opéra de Paris. On est au coeur de la création d’un ballet: moments exaltants, intenses, beauté des gestes et des visages, compte à rebours des jours et enchaînement inimaginable de tout ce qui doit être mis en place pour arriver au bonheur de la Première. Voyage dans les salles de danse de l’Opéra, les escaliers, les bureaux, les ateliers, l’orchestre. Si bien filmé et raconté avec un sens du rythme qui ne faiblit pas pendant deux heures !

releve

La bande annonce est ici. Regardez !

Transcription
Dans la danse, c’est toutes les sensations. Sensation de l’espace, sensation de temps, sensation d’échange émotionnel avec ses partenaires. C’est comme quand on fait l’amour.
Voilà, je commence avec le début. Il y a tout le monde. Va (1) falloir être un petit peu patient. Faut (1) que je me mette en marche. (2)
L’Opéra de Paris, à l’arrivée de Benjamin, est un peu déboussolé (3) par… mais par pas mal de choses. (4)
C’est quoi l’excellence de l’Opéra exactement ? Moi, je suis pas encore satisfait de la façon dont ça danse.
J’espère que les danseurs vont être réceptifs et ceux qui seront réceptifs sont ceux avec lesquels je vais travailler.
Le truc, c’est que le planning va être compliqué. Je vais finir à la dernière minute, ça c’est sûr !
Parce que si Benjamin nous choisit, c’est pour qu’on se révèle, quoi, pour qu’on donne de nous.
Faut que j’arrive à faire une minute par jour. Une minute par jour.
Il faut que chaque moment compte, parce que ces moments-là, c’est pour vous, pour prendre du plaisir.
Il y a pas un danseur qui bouge comme l’autre dans le ballet. Ils sont tous des spécificités, tous.

Quelques détails
1. Va falloir… – Faut que… : dans ces deux phrases, il manque le pronom impersonnel Il. (Il va falloir être patient – Il faut que je…) C’est fréquent à l’oral.
2. Se mettre en marche : démarrer
3. être déboussolé : être perdu. (toujours au sens figuré)
4. pas mal de choses : un nombre important de choses. (oral)

Et si vous aimez la danse, un des beaux moments où on voit ce ballet émerger.