Fossé des générations ?

Il paraît que les forfaits de téléphonie mobile en France sont parmi les plus avantageux.
Il y a des promos régulières, au moment de Noël par exemple. SMS illimités, accès à internet, etc… Il y en a pour tous les goûts et tous les budgets, à partir d’une vingtaine d’euros.
(Ce qui est sûr, c’est que contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, quand vous appelez quelqu’un sur son mobile, il ne paie rien, sauf s’il est à l’étranger. C’est celui qui appelle qui paie.)

Donc les téléphones portables sont partout et dans toutes les mains, et pas seulement pour téléphoner.
Voici une pub intergénérationnelle plutôt marrante.
Comme quoi, les mamies, ça comprend tout !


Pour la regarder, cliquez ici.

Transcription:
– Et donc en fait, moi j’ai un forfait (1) bloqué. Bloqué. Mais j’ai accès à tout internet.
– Ah, c’est bien, ça !
– Oui. Mamie, internet, c’est LA base. Tu devrais tellement t’y mettre. Tu pourrais lire le journal, trouver un coiffeur, chercher des recettes de cuisine.
– Tu permets ?
– Touche pas (5)[…]
– Il faut que je regarde si j’ai des nouveaux commentaires sur mon blog.

Quelques détails:
1. un forfait: c’est le nom donné au contrat qu’on a pour les téléphones mobiles. Ce forfait peut être bloqué ou pas. S’il est bloqué, cela signifie que quand le crédit est épuisé, vous ne pouvez plus appeler, sauf des numéros d’urgence. En revanche, on peut vous appeler. C’est le type de forfait que beaucoup de parents choisissent pour leurs enfants, pour éviter les mauvaises surprises quand la facture arrive ! Si le forfait n’est pas bloqué, quand vous dépassez ce à quoi vous avez droit, on dit que c’est du hors forfait. Et tout ce qui est hors forfait est facturé cher !
2. s’y mettre / se mettre à quelque chose: commencer à utiliser ou à faire quelque chose.
3. c’est bien connu, les mamies vont chez le coiffeur et font des bons petits plats !
4. Tu permets ?: c’est une façon de demander l’autorisation de faire quelque chose, mais de façon un peu autoritaire.
5. Touche pas: il faut normalement dire: « Ne touche pas… » Mais on oublie souvent « ne » à l’oral.(familier)

On s’habille comment aujourd’hui ?

Il y a des tenues vestimentaires adaptées à tout: pour faire du sport ou son jardin, pour décompresser à la maison, pour aller au travail. Dans les entreprises françaises, le code vestimentaire varie plus ou moins selon la fonction qu’on occupe et selon le secteur dans lequel on travaille. Mais globalement, ce n’est pas particulièrement décontracté. Pour les hommes, c’est souvent costume et cravate de rigueur*, si on est cadre ou si on a affaire à des clients. Du lundi ou vendredi. Toute l’année. Qu’il pleuve ou qu’il vente*.
Alors, certaines pratiques venues des Etats-Unis peuvent rencontrer un écho chez certains.
Présentation humoristique de l’une d’entre elles.
(Pas sûr que ça change grand-chose ! )


Transcription:
– Bon, si je vous ai réunis aujourd’hui, c’est pour vous communiquer une décision très, très importante.
– Ah !
– Bah on vous écoute, Bertrand.
– Voilà, j’ai longuement réfléchi, et c’est quelque chose qui se pratique beaucoup aux States, hein.
– Aux States ?
– Oui, aux Etats-Unis.
– J’avais compris.
– Bon alors, comme vous le savez, mon séjour là-bas a été très fructueux et j’ai donc décidé d’instaurer une nouvelle méthode dans l’entreprise.
– Ah ! On va enfin passer au Management participatif.
– Ah non, non, c’est pas du tout ça, non, non. Pour le moment, pas de participation, non, non. On reste comme on est, hein.
– Dirigiste (1), quoi !
– Voilà, c’est ça. Donc j’ai décidé que nous allions instaurer chaque fin de semaine le Friday Wear (2).
– Le Friday… ?
– Oui, le vendredi.
– Oh bah j’avais compris. On fait quoi le… le vendredi wear ?
– Eh ben on s’habille comme en weekend.
– Eh ben voilà, c’est exactement ça, hein. Ça va tout changer ! Qu’est-ce que vous en pensez ?
– Ah oui, ça, fallait y penser(3) ! Such a good idea ! Quelle bonne idée !
– Oui, bon bah j’avais compris.

(le vendredi suivant)
– Ah, bonjour Bertrand.
– Bonjour Catherine. Ça va comme vous voulez ?
– Ça va, ça va, comme en fin de semaine, hein.
– Ah bah oui, c’est vrai qu’on est déjà vendredi, hein.
– Ben oui. Vous l’avez pas oublié ?
– Ah bah non. Mais pourquoi vous me dites ça ?
– Ah non, non. Bah… A cause de la tenue (4), quoi. Je… Comme l’autre jour en réunion, vous aviez dit Friday wear, alors moi, j’ai…
– Bah oui, mais écoutez, je suis… je suis Friday wear à mort (5), là ! J’ai mis une cravate de couleur et regardez, pas de boutons de manchettes (6) !
– Ah oui ! Tout est relatif, hein.
– Ah ouais. Par contre, vous, Catherine, vous êtes quand même limite « garden Friday wear » (7).
– Oui, j’aime beaucoup le jardinage. Ça me détend.
– Bah Cédric ! Mais enfin, vous êtes fou ! Qu’est-ce que c’est que cette tenue ?
– Bah quoi, c’est comme chez moi le weekend (8), hein. Friday wear attitude. A donf ! (9)

Quelques explications:
1. dirigiste: autoritaire, qui ne délègue pas de pouvoir
2. le Friday wear: en anglais, ça fait mieux, mais avec un bel accent français !
3. fallait y penser : c’est une façon de dire que c’est une idée originale. (Mais ici, c’est ironique bien sûr.)
4. une tenue: les vêtements.
5. à mort: à l’extrême, totalement
6. les boutons de manchettes: ils servent à fermer le poignet d’une manche de chemise. (Tous les hommes qui portent des chemises n’en portent pas !)
7. limite garden Friday wear: il trouve que sa tenue est un peu limite, qu’elle va un peu trop loin dans la décontraction.
8. le weekend chez Cédric: c’est sport à la télé, bière et pizza.
9. à donf = à fond, en verlan, c’est-à-dire en lisant le mot à l’envers. Cette expression signifie « totalement », « carrément ».

* de rigueur: obligatoire
* qu’il pleuve ou qu’il vente: par tous les temps / tout le temps.