Les antibiotiques, c’est pas automatique

Avant la campagne contre les pesticides, il y avait eu celle contre l’abus d’antibiotiques, puisqu’il paraît que les Français en consomment trop et demandent à leur médecin de leur en prescrire pour un oui ou pour un non*. L’idée, c’est que prendre systématiquement des antibiotiques n’est pas une bonne chose, car ils deviennent moins efficaces, et surtout, ils ne servent à rien en cas de virus.

Voici donc une de ces publicités. Un grand moment, sur le thème des antibiotiques en héros sauveurs de l’humanité!
Des slogans à vous couper le souffle, avec des rimes très riches ! Si, si, vous allez voir!  


Transcription :
– Angine virale. Mal de gorge (1).
– Qu’est-ce que je t’ai déjà dit ? Les angines virales, c’est pas nos oignons (2). Si on intervient, on sera moins efficace quand on aura besoin de nous.
– Angine bactérienne détectée. Là, c’est à nous de jouer (3).
– Attention !

Les antibiotiques, si on les utilise à tort (4), ils deviendront moins forts.
Ecoutez votre médecin.

Quelques détails :
1. un mal de gorge : normalement, on dit qu’on a mal à la gorge. « Mal de gorge » s’emploie dans des phrases du genre : Je voudrais un médicament / quelque chose contre le mal de gorge.
2. c’est pas nos oignons : ça ne nous regarde pas. / Nous n’avons pas à nous en occuper. (familier)
3. à nous de jouer : nous devons intervenir et faire quelque chose.
4. à tort : pour de mauvaises raisons, sans motif valable.

* pour un oui ou pour un non : à tout propos, dans n’importe quelle situation, sans vraie raison.

Potiche

Potiche, c’est le titre du film de François Ozon qui vient juste de sortir et dont on entend beaucoup parler. Les critiques sont plutôt bonnes, ne serait-ce que pour les acteurs réunis par le cinéaste. Pensez donc ! Catherine Deneuve, en potiche pas si potiche que ça, Gérard Depardieu en syndicaliste grande gueule, Fabrice Luchini en mari plus que macho.

En tout cas, la bande annonce de cette comédie donne un avant-goût réussi de ce tableau des années 70.
Quelques répliques devraient entrer dans la mémoire collective !


Pour regarder, c’est ici. (après la pub)

Transcription:
Nous sommes en 1977.
La place des femmes, c’est au foyer, c’est pas au travail.
Mais aujourd’hui, elles veulent être reconnues comme de vraies partenaires.

– Coucou !(1) Ça s’est bien passé hier soir avec ton acheteur allemand ?
– Oh, fous-moi la paix (2), Suzanne !
– Si tu veux mon avis…
– Ton avis ? Quel avis ? Tu as un avis ?
– Mais Robert….
– Ce que je te demande, c’est de partager le mien. Sinon, tout le reste, c’est des paroles et de l’énergie perdue. Allez, tais-toi un peu.

– Ma pauvre maman, tu ne comprends rien. Mais il faut penser à l’avenir et se moderniser.

– Cite-moi des femmes aussi gâtées que toi après trente ans de mariage.
– Ah ça, pour ce qui est de l’électro-ménager, je suis une petite reine.
– Ah tu vois, tu es comblée. Tu es obligée de l’admettre.

– Comment ça va, Nadège ?
– Pas touche ! (3)

– Madame, c’est horrible.
– Une grève ?
– Oui.

– A défaut de négociations rapidement entamées, il y aura un durcissement de la grève.
– Un infarctus ! Je l’avais prédit.
– Je pense que Monsieur votre père devrait se faire remplacer. Et pourquoi pas vous, madame Pujol ?
– Maman ? Mais c’est une blague ! (4)

– Je représente un patronat juste, chaleureux.
– Une bourgeoise nymphomane.
– Excusez-le, il est un peu rude. Il est communiste.
– C’est typique !
– C’est une autre femme.
– Allez, il y a une quiche qui t’attend au frigo (5). Pilar pourra te la réchauffer.
– La salope ! (6) C’est un cauchemar, hein !

– Pourrions-nous nous voir dans un endroit plus discret ?
– Nous pouvons aller dans mon bureau si vous voulez.
– Moi, je préfèrerais dans ma voiture.

– Ça suffit. J’ai changé. Je suis une nouvelle femme. Et ça, grâce à la patronne.

– Tu vas dans le sens de l’histoire, maman. Partout les femmes prennent le pouvoir.

– Oh, mais ta gueule (7), toi !
– Qui c’est le patron ici, nom de Dieu (8)?
– Moi.
– Si je comprends bien, c’est moi maintenant la potiche.
– En quelque sorte.
– J’ai pas dit mon dernier mot.

Quelques explications :
1. Coucou : façon familière de dire bonjour, plutôt utilisée par les femmes.
2. Fous-moi la paix : Laisse-moi tranquille. (très familier et plutôt grossier)
3. Pas touche ! : C’est interdit de toucher. (familier)
4. une blague : une plaisanterie (familier)
5. le frigo : abréviation de frigidaire. ( qui était le nom de la marque, passé aujourd’hui dans la langue de tous les jours.) (familier)
6. La salope : insulte pour une femme. (féminin de salaud)
7. Ta gueule ! : insulte pour faire taire quelqu’un
8. Nom de dieu ! : c’est un juron. Les jurons sont la plupart du temps liés à la religion ou au sexe. On peut dire aussi « Nom d’un chien ! » pour éviter de mentionner « dieu ». D’autres diraient « Putain ! ».

* une potiche : une femme qui a un rôle juste « décoratif » auprès de son mari par exemple. Pas très valorisant ! On peut jouer les potiches, mais on peut aussi être une potiche, et là, c’est encore plus négatif.

Je n’ai pas vu ce film. Je regarderai le DVD quand il sortira !
Mais si vous voulez entendre Christophe et Gabrielle en parler, allez chez GABFLE.