Des lacunes en légumes

Un peu d’humour, avec cette publicité pour une chaîne de supermarchés. (qui comme tous les vendeurs ne perd pas une occasion de tirer parti des tendances de notre société.)
En même temps, on voit qu’il y a un peu de travail à faire pour revenir à une alimentation moins industrielle ! Et que ça commence petit.
Et que c’est bien gentil de parler d’alimentation saine, si on continue à produire et vendre de la m*** et à servir ça dans la plupart des cantines de nos enfants !

Cette publicité est ici. (Avec un peu de chance, il n’y a pas de pub avant !)

Transcription
Eléphant.
Eléphant.
Et ça, qu’est-ce que c’est ?
Un crocrodile*. (1)
Un ninoré… Un ninocéros*. (2)
Et est-ce que vous connaissez ça ? Vous avez pas d’idées ?
Une asperge.
Non, un artichaut.
Ça peut être des oignons.
Ah ! Ça sent l’ail !
On le trouve où, ça ?
Dans les magasins.
Ça peut pousser où ?
Dans les arbres.
Et ça, c’est un concombre. Et ça, c’est un concombre.
Courgette.
Concombre.
Bah sinon, ça c’est grand, le concombre, et celui-là, il est petit.
Courgette ! C’est une courgette, voyons !
Bah oui, c’est un chou-fleur. J’ai envie de manger.
C’est un chou-fleur, ça ?
Oh mais… Oh mais c’est pas cuit.
Une asperge. Non.
Bah une asperge, c’est pas comme ça.
Vous connaissez les patates douces ?
Bah oui, c’est des patates. Douces. Ça, c’est pas doux, hein !
Ça, c’est quoi ?
C’est des frites.
C’est des frites ?
Ouais.
C’est du céleri.
Mais non !
Pour faire les frites, c’est avec de la patate (3) !
Ah, touche ! Ça, c’est une patate douce.
C’est de l’oignon.
C’est une courgette.
Ah, du poireau.
Je sais vraiment pas. Mais c’est très beau.
C’est un panais. Vous avez déjà entendu parler du panais ?
Non.
Jamais ?
A part le poisson pané. (4)

Quelques détails :
1. un crocrodile : beaucoup d’enfants ont du mal à dire un crocodile !
2. Un ninocéros : je n’avais jamais entendu ça pour dire un rhinocéros ! Très mignon.
3. Une patate : c’est l’autre mot qu’on emploie pour les pommes de terre. (un peu plus familier)
4. un panais / pané : il y a encore beaucoup de gens, sans parler des enfants, qui ne connaissent pas les panais. C’est redevenu à la mode assez récemment en fait. Evidemment, ce petit garçon rapporte ce mot à son expérience : il a mangé plus de poisson pané que de panais ! Mais dans beaucoup de régions, on ne prononce pas ces deux mots de la même façon. Le son « ai » n’est pas comme le « é » en fin de mot, sauf pour les gens du sud par exemple.

Ils sont marrants, ces petits ! Et pleins de fraîcheur.
Il faudrait juste qu’ils aillent plus souvent faire le marché avec leurs parents ou jardiner !

A propos du rôle des parents justement, il faut regarder la petite vidéo de Camille Lellouche, humoriste ! Je suis tombée dessus par hasard aujourd’hui. Heureuse coïncidence !
.
C’est ici. Elle prend tous les rôles et c’est plus vrai que nature !

Transcription:
Ils ont fait une pub, tu sais, avec les gosses (1) qui doivent deviner différents légumes. Et donc tu as quelqu’un qui leur montre, tu vois, des courgettes, du céleri, etc. Et les mômes (1), ils connaissent rien, quoi ! Ils sont débiles (2) ! Vraiment, c’est des tebes (3) ! Mais la faute à qui ?
Toi, tu es parent. Tu regardes le casting, tu dis : « Alors on cherche abruti (4) qui connaît pas les légumes à 12 ans. » C’est bon, c’est mon fils !
Ça veut dire que toi, en tant que parent, tu sais que ton fils ne connaît pas les légumes. A cause de toi. Bah tu es un peu con, con (5), hein ! Ouais. C’est horrible, tu sais que ton fils est bête. Genre (6) dès que tu arrives, tu vois le directeur du casting : « Alors, il est vraiment stupide, mon fils ! Si il connaît les courgettes ? Ah non, il croit que c’est du chou-fleur. J’ai tout inversé… tout inversé à la naissance. Ouais ouais, c’est… il est complètement tebe, ouais. »
Pauvres enfants ! Il y a des parents, au niveau de la têtasse (7), vous êtes un peu… un peu cucul (8). Ouais. Je suis complètement dépitée (9). Merde, le môme, à un an, deux ans, fais-lui goûter, là ! Fais-lui des purées ! Normalement, à trois, quatre ans, le môme, si tu lui as montré un peu les légumes, tu vois, un peu le marché, les trucs, bah il reconnaît, quoi ! Pauvre gosse !
Je lui fais manger que de la merde (10), hein : Moi, c’est frites, patates ou rien, hein ! Et tout surgelé, congelé, ouais. Si je sais ce que c’est une courgette ? Ah non ! Non, non. C’est un féculent ?

Quelques explications :
1. les gosses / les mômes : les enfants. Môme est un peu plus familier que gosse.
2. débile : idiot, stupide. Traiter quelqu’un de débile est une insulte.
3. Tebé : c’est du verlan, c’est-à-dire les mots dits à l’envers. Ici, c’est donc le mot : bête, synonyme de débile, idiot, stupide.
4. Abruti : un abruti est quelqu’un qui est complètement stupide. C’est une insulte.
5. Con : stupide, idiot. Terme vulgaire.
6. Genre : on emploie ce mot pour donner un exemple de situation. (familier)
7. la têtasse : la tête. Ce mot n’existe pas, mais le fait de rajouter -asse au bout donne un côté péjoratif. Elle veut dire qu’ils n’ont pas de tête, pas d’intelligence.
8. Cucul : pas très intelligent. (familier) C’est comme dire : « con con » en fait, mais en moins vulgaire. A propos de « con con », le fait de répéter ce mot l’adoucit un tout petit peu. C’est un peu moins brutal de dire : Il est con con, que de dire : Il est con. On fait un peu la même chose avec : Il est bête et Il est bebête (un peu moins méchant).
9. Dépité : abattu, très déçu
10. de la merde : des choses pas bonnes du tout (vulgaire)

Ah, quand même !


– Tu as vu la taille de ce hêtre ?
– Ah, quand même !

Je n’avais jamais vraiment remarqué à quel point cette petite expression exprimait des choses différentes selon le contexte. Nous jonglons parfaitement avec et en comprenons les nuances sans hésitation, notamment dans nos conversations quotidiennes, en fonction du ton sur lequel on dit ces deux mots, surtout s’ils sont employés seuls. Voici donc un petit état des lieux, simplement descriptif, à travers des situations auxquelles j’ai pensé.

Tout d’abord, il y a une différence entre ces deux mots employés dans une phrase ou employés seuls, comme une exclamation.

1- Dans une phrase, c’est assez simple. C’est équivalent à : malgré tout, cependant, même si…

Quand même 1

Je sais que ce n’est pas lui qui décide. Je vais quand même lui demander s’il peut faire quelque chose pour nous aider.
Il avait mal démarré. Il est quand même arrivé troisième du marathon ! / Il est arrivé troisième quand même.
Elle a de gros soucis. Elle est toujours souriante quand même. / Elle est quand même toujours souriante.
Ne t’inquiète pas, on va y arriver quand même ! / On va quand même y arriver !
Merci quand même.
Ce n’est pas dangereux mais fais attention quand même.

Il arrive que dans une phrase, en fonction du ton employé, il y ait une nuance différente. Il y a une très légère pause entre quand même et le reste de la phrase. C’est presque la même idée que précédemment, mais c’est comme si on donnait son avis, pour apporter une modulation à ce qui a été dit juste avant.

Quand même 2

Elle est polie, quand même. Quand même, elle est polie.
Je suis d’accord avec toi, il y a des problèmes avec elle, mais on doit reconnaître qu’elle est polie.

Quand même, il est gentil. / Il est gentil, quand même.
Je suis d’accord avec toi, il a fait quelque chose de déplaisant, mais dans le fond, il est gentil.

Il est fatigant, quand même. / Quand même, il est fatigant.
Je suis d’accord avec toi, il fait du bon travail mais reconnais qu’il est également fatigant.

On peut aussi exprimer une critique, avec un ton agacé:

Quand même3

Tu pourrais faire un effort quand même !
Tu ne vas pas rester sans rien faire quand même !

2- Dans la langue familière, on emploie souvent juste l’expression, comme une exclamation, pour réagir à ce qui se passe ou à ce que quelqu’un a dit. Le ton est très important. Voici un petit catalogue de toutes les nuances auxquelles j’ai pensé:

la surprise ou l’admiration ou le fait qu’on est impressionné:

Quand même 4

R: Nous avons eu -20 la nuit dernière.
A: Ah, quand même !
( = impressionnant, je n’aurais pas cru qu’il avait fait si froid.)

R: Tu sais, il ne leur reste que 10 euros à la fin du mois.
A: Ah, quand même !
(= Je ne pensais pas qu’ils avaient de telles difficultés financières.)

l’incrédulité : cela ne paraît pas possible.

Quand même 5

R: Il ne veut plus voir ses parents.
A: Oh, quand même !
( = Tu exagères, ou il exagère.)

R: Arrivés à la fac, ils ne savent toujours pas les verbes irréguliers.
A: Oh, quand même !

R: Regarde, j’ai terminé ! Tu vois, je t’avais dit que j’y arriverais.
A: Quand même, je te jure !
(avec une petite nuance attendrie souvent)

Une sorte de protestation :

Quand même 6

R: C’est sympa d’avoir pensé à mon anniversaire.
A: Bah quand même !
( = Je n’allais quand même pas oublier!)

R: Merci pour votre aide.
A: Bah quand même !
( = C’est la moindre des choses.)

On l’emploie aussi quand quelqu’un finit par faire quelque chose mais en retard. C’est comme si on disait : Ah, enfin !

Quand même 6

R: Voici mon rapport.
A: Ah, quand même !
(Il peut y avoir une nuance ironique, ou de soulagement)

R: Les voilà ! On va pouvoir passer à table.
A: Ah, quand même !

Voilà. Cela ressemble plutôt à un catalogue. J’espère que c’est assez clair quand même 😉 et que cela rendra service à certains d’entre vous. Merci à Marcos Antonio et Edelweiss qui m’avaient posé la question de ces nuances. Il y aurait sûrement d’autres choses à dire sur la place de ces mots dans les phrases, puisqu’il y a des déplacements possibles. Je vous laisse observer ça dans ce que vous lisez ou écoutez !

Et si vous avez d’autres exemples, d’autres nuances (ou des questions), laissez un commentaire ! A bientôt.