Neige et pagaille à Perpignan !

Cette fois, c’est la neige qui est tombée à nouveau en quantité sur la partie sud de la France, là où on n’a pas trop l’habitude de la voir. Certes, Perpignan est au pied des Pyrénées mais elle est surtout au bord de la Méditerranée. Alors, cinquante centimètres de neige en quelques heures, il y a de quoi mettre la pagaille sur les routes de la région et dans les rues de la ville !
Petits témoignages de Nadia, Cyril et Raphaël.

Et l’occasion d’écouter l’accent de Raphaël ! C’est vraiment un accent du sud de la France !
Ecoutez comment il dit « pelles », « dégage », « vehicules », « place » : on entend vraiment la fin de ces mots, c’est-à-dire le « e » de la dernière syllabe.
Dans « identifications », le son « on » est typique aussi. Et dans « sont ».
Il est très reconnaissable aussi dans « monde ».
Dans « matériellement » : Raphaël prononce bien toutes les syllabes.
Et dans « on n’a pas le temps », il dit bien clairement « le », sans l’avaler.

Joli accent, non?

Transcription :
J’essaye de la remettre sur la route pour la faire démarrer et pour repartir, quoi !
La voiture de Nadia est bloquée par cinquante centimètres de neige à proximité du rond-point. Avec son copain Cyril, ils se débrouillent avec les moyens du bord (1).
Bah on fait avec la boîte de la chaîne, quoi ! Parce qu’on n’a pas… on n’est pas habitué à Perpignan à avoir de la neige comme ça, hein ! C’est la catastrophe. Puis là, maintenant, c’est de la glace, hein. Merci Perpignan, bravo la Mairie ! Ils auraient pu le faire avant.

Parce qu’en plus, sinon la fourrière elle veut nous récupérer les voitures. Parce que moi, j’étais en plein milieu du rond-point en fait. Et quand j’ai appelé la police, et ben ils m’ont dit que si… si je la déplaçais pas, la fourrière (2), elle viendrait chercher la voiture.

La police également mobilisée : une vingtaine d’agents municipaux (3) enlèvent la neige autour des véhicules les plus ensevelis. L’un d’eux, Raphaël :
On est équipé de pelles et on dégage les véhicules. Dès que le propriétaire arrivera sur place, le… c’est dégagé, il pourra partir. On n’a pas le temps de faire des identifications. Il y a trop de véhicules qui sont en travers sur le territoire de la commune et ça nous laisse pas le temps matériellement de contacter tout le monde.

La fourrière a aussi été réquisitionnée pour prêter main forte (4). Elle a déplacé les voitures gênantes sans aucune verbalisation (5).

Quelques détails :
1. avec les moyens du bord : comme on peut, avec du matériel pas adapté, avec ce qu’on trouve.
2. la fourrière : c’est l’organisme qui enlève les voitures qui sont mal garées. Ensuite, on récupère sa voiture à la fourrière, en payant une amende. Et c’est cher !
3. les agents municipaux : les employés de la Mairie. La Mairie gère la commune.
4. prêter main forte : aider, apporter une aide supplémentaire.
5. verbalisation : une amende. La police verbalise, c’est-à-dire met des amendes en cas d’infraction.

Les petits bonheurs tout simples, quoi !

Il est né à Marseille. Il a grandi dans un quartier populaire de la ville. Alors, bien sûr, le foot est entré très tôt dans sa vie, en France puis en Angleterre, jusqu’au plus haut niveau. Le talent, le succès, la célébrité, d’autres passions, d’autres horizons.
Mais au fond, qu’est-ce que ça a changé pour Eric Cantona ? C’est ce qu’il expliquait à Rébecca Manzoni, l’autre jour, sur France Inter.
Avec son accent du sud, immuable, malgré des séjours sous d’autres latitudes !
Cantona, quoi !

Transcription:
C’est votre quartier, ici, vous ? C’est votre coin, vous, le Seizième (1)?
Mon coin, moi, c’est… je suis plus Vincennes, tout ça, moi. Là on se retrouve depuis quelque temps, depuis deux…trois mois ici, quoi. […](2)
Vous aimez le quartier ici, ou pas ?
C’est un beau quartier. Mais on est un peu en dehors des réalités, quoi.
C’est-à-dire ?
Quand on a des enfants, quoi, et les enfants, c’est important qu’ils grandissent un peu dans la réalité, quoi, des choses, quoi. Mais il y a beaucoup d’autochtones(3) , quoi, ici, hein ! Voilà. Donc c’est… c’est bien, c’est aéré, c’est tout ce que vous voulez, quoi.
Il y a de très belles maisons.
Il y a… Il y a de très jolies maisons, il y a… Voilà, c’est… c’est… Après, après non ! Ça… Non, ça va. Ça marche pas.
Vous vous sentez pas ici chez vous, quoi…
Et j’ai pas franchement envie de me sentir chez moi ici, quoi. Non.
Vous venez d’où, vous, alors ?
Moi, de Marseille !
Ouais, d’accord.
Bah on est sur un autre truc, nous, quoi. Moi, mes grands-parents étaient espagnols du côté de ma mère, mes grands-parents maternels espagnols, catalans. Et de mon…
Républicains ?
Oui, bien sûr. Et de mon père, sarde. Et voilà, on a tout… Un Catalan, un Sarde qui se marient pour faire des enfants. Et puis nous, on grandit là-dedans. Et puis… Puis le football, c’est un sport très populaire(4) où on se mélange très vite, à la première vague d’immigration. Nous, avant les autres, quoi, on sait tous comment ça se passe, quoi. Et puis on rit, on pleure ensemble. Et… Et puis… Et puis on n’a pas envie de sortir de ça, quoi. Voilà.
 Après comme je vous disais, il y a un équilibre à trouver dans tout ça, quoi. Bah, on a réussi… plus ou moins réussi notre vie, on a réussi à avoir un peu d’argent. Voilà, on va pas non plus vivre sous les ponts, quoi (5). Non. Mais on peut rester dans la réalité aussi, quoi. Voilà.
 Et surtout quand on a des enfants. Nous, quand on était petits, on n’avait rien alors. Et puis on pouvait pas faire des caprices parce que de toute façon, tu pouvais faire le caprice que tu voulais, tu avais vite compris qu’il y avait rien ! Voilà.
Nous, nos enfants, ils savent qu’il peut y avoir quelque chose. Et donc ils peuvent ne pas comprendre à un moment donné. Alors oui, ils peuvent pas avoir la vie qu’on a eue, nous. Non, c’est pas pareil. Mais… mais qu’ils restent quand même dans une… dans une réalité, quoi. Et si on a réussi ça, on a… on a tout réussi, quoi. En tant que parents, quoi. Et c’est compliqué d’être parents, hein ! Et c’est compliqué de réussir certaines choses. Mais ça, ça me semble être l’essentiel, quoi, les valeurs essentielles de la vie, quoi.
Voilà, se… se satisfaire d’un petit rien, quoi, aussi, quoi. Voilà, les petits bonheurs tout simples, quoi. Ne serait-ce qu’être en famille (6), avec les amis, et rire et chanter, manger, et cuisiner et sentir les odeurs des… Voilà. Ça, c’est… c’est… C’est pas… c’est pas grand-chose (7) mais c’est beaucoup, quoi.
 
Quelques détails :

  1. le 16ème = le 16ème arrondissement de Paris. ( Quartier très chic et riche )
  2. quoi : Cantona ponctue toutes ses phrases ou presque de « quoi ». C’est un tic de langage assez fréquent. ( Rébecca aussi en place quelques-uns… )
  3. les autochtones : les gens qui sont issus de ce quartier, de cet endroit. ( Pas des gens qui viennent d’ailleurs. ) C’est de l’humour à la Cantona, sur les Parisiens et les Parisiens plutôt riches !
  4. populaire = pratiqué et apprécié par les gens des milieux populaires. Ce n’est pas un sport de riches.
  5. vivre sous les ponts : comme les sans-abris, dans la misère.
  6. Ne serait-ce que… : juste ça / au moins ça.
  7. Ce n’est pas grand-chose : C’est comme ça qu’on dit plus naturellement « ce n’est pas beaucoup ».