Mon coeur !

Petite scène ordinaire que beaucoup d’ados vivent à un moment ou un autre !
La mère du pauvre Raphaël n’a pas vu son fils grandir… Ce sont des choses qui arrivent avec les mères – surtout les mères – quand elles sont un peu trop inquiètes et possessives ! Le problème, c’est le regard des copains et des copines qui, eux, ont la chance d’avoir des parents qui ne dépassent pas les limites, ou avec plus de subtilité !
Et le problème aussi, encore une fois, c’est l’utilisation des téléphones portables et les forfaits miraculeux qui sont proposés: vraiment aucune excuse pour ne pas donner de nouvelles. Difficile dans ces conditions de couper le cordon ombilical !

Pour regarder, c’est ici.

Transcription:
Raphaël ! Raphaël ! Tu nous écris (1), mon amour (2). Tu nous écris, mon coeur (2).

– Hein ? Tu… Tu m’appelles, hein (3) !
– Oui.

Tu nous écris ! Tu nous écris !

Tu m’appelles en arrivant ! Tu m’appelles en arrivant !

– Et donc avec le doublement de crédit et les textos illimités (4), tu peux nous appeler et nous écrire encore plus.
– Youpi ! (5)
– Tu es content ?

Quelques détails:
1. Tu nous écris / Tu m’appelles : c’est un ordre, une demande très pressante. Mais elle n’est pas formulée à l’impératif (Ecris-nous / Appelle-moi), ce qui lui donne encore plus de force: ce garçon n’a pas le choix ! Tout au moins dans la tête de sa mère…
2. Mon amour – Mon coeur : ce sont des termes affectueux pour s’adresser à ses enfants ou son conjoint.
3. hein: c’est le moyen de solliciter une réaction de la part de celui à qui on parle.
4. les textos illimités: on emploie indifféremment le terme texto ou SMS. On dit par exemple: J’ai les SMS / les textos illimités.
5. Youpi!: cette exclamation (plutôt enfantine) exprime normalement l’enthousiasme. Raphaël aurait pu dire « Super! », « Génial« . En disant « Youpi », il est ironique évidemment et fait exprès d’utiliser ce terme qu’il n’utiliserait plus, vu son âge, en réponse à sa mère qui continue à le traiter comme un bébé.

Petit catalogue de quelques « p’tits noms » utilisés dans l’intimité de deux personnes. (parents et enfants ou amoureux ou conjoints)
– Chéri(e) – Mon chéri / Ma chérie (Grand classique bien sûr)
– Mon trésor / Trésor
– Mon lapin
– Ma puce (et sa variante: Pupuce)
– Mon canard
– Mon poussin / Poussin
– Mon chaton / Chaton

Liste non exhaustive bien sûr car dans ce domaine, chacun est créatif et apporte sa touche personnelle ! Mais vous avez vu, il y a beaucoup d’animaux. Peut-être un reste de l’enfance où nous étions entourés par toutes sortes d’animaux en peluche.

Il y en a que ça énerve d’entendre les autres s’appeler par ces petits noms en public. C’est ce que chante Anaïs, très méchante avec ces couples !
Pour écouter, c’est ici.
Et les paroles sont là.

  • Et pour conclure, que se dit Raphaël tout bas ? Ça doit donner quelque chose comme ça. (Version pas très polie)
    – Ma mère, elle est gonflante.
    – Mais qu’est-ce qu’elle est chiante !
    – Mais lâche-moi deux minutes / trente secondes ! Je suis plus un bébé.
    – Lâche-moi les baskets !
    – Tu me gonfles !
    – Trop la honte !

    Internes et heureux

    La semaine dernière, c’était la rentrée des classes. Retour à l’école pour des millions de petits Français à l’école maternelle, à l’école primaire, au collège ou au lycée.
    En général, leur établissement scolaire n’est pas trop loin de chez eux. Mais pour certains, ce n’est pas le cas. Alors pas question de rentrer chez eux tous les soirs après les cours. Ce sont les internes, qui vivent pendant la semaine dans leur école, à l’internat. Certains trouvent ça un peu dur. D’autres s’y sentent parfaitement bien. Petits témoignages de rentrée dans un collège du sud de la France.


    Transcription:
    – Ben l’an dernier, en fait, déjà (1), en cours, je travaillais pas trop. Donc vu que… vu que je travaillais pas, les notes, c’était pas ça (2). Et j’avais un but précis pour mon avenir, quoi, je veux faire infirmier (3). Donc le seul moyen pour moi, c’était de… de me prendre en main (4). Alors, c’était soit je me mets à… à étudier et le meilleur moyen pour moi, c’était de venir à l’internat. Ou soit (5) je restais chez moi à… à regarder la télé, quoi, et… et à pas travailler, quoi.
    Par exemple, quoi, l’an dernier, j’avais 7 de moyenne (6). Cette année, je suis passé à 13, quoi. C’est doublé, donc… Ouais, je me suis… ouais habitué. Et je m’y suis fait (7), ouais.

    Pour vous, c’était… c’était s’éloigner des tentations ? C’est ça ?
    – Non, du tout ! Au contraire, aller vers d’autres ! Moi, ce qui m’attirait le plus, c’était les discussions, les copines, enfin tout ce que… La collectivité, en fait. Avant, quand je rentrais chez moi, c’était… Il y avait la télé, mon petit frère… enfin, il y avait plein de… d’éléments extérieurs pour me déconcentrer. Et là, en étude (8), je suis obligée de… de rentrer dans ce que je fais… enfin dans mon travail.

    – Ben en fait, cette case (9), c’est encore plus (10) chez nous que… que notre chambre de notre… dans notre maison, parce que on est vraiment que toutes les trois. On a fait notre déco (11) vraiment qu’à nous (12). Et moi je trouve que ça nous caractérise.
    Il y a pas d’adultes.
    – Ouais, il y a que nous.
    Et vous arrivez à avoir une certaine intimité, avec ces grandes portes ouvertes ?
    Ben d’un côté, quand on vit en internat, c’est pas trop ce qu’on cherche, l’intimité, hein ! Enfin on cherche pas à… à pouvoir lire notre BD (13) toute seule dans notre coin (14).

    – Le soir, on parle des choses intimes, garçons, ce qu’on pense.
    Est-ce que vos parents vous manquent (15) quand même là le soir, quand vous allez vous coucher ?
    – Non !

    – Je pense que l’internat, ça a apporté que… que du… que du positif, quoi, enfin. Les… les parents, je les vois plus (16) pour passer de bons moments avec eux que pour me disputer avec eux.

    Quelques explications:
    1. déjà: ce mot a le sens de « premièrement » ici.
    2. les notes, c’était pas ça: ça signifie que ses résultats scolaires n’étaient pas bons. = ça n’allait pas.
    3. faire infirmier: façon familière de dire: « être infirmier« .
    4. se prendre en main: réagir et se comporter de manière responsable.
    5. ou soit: normalement, on dit juste « Soit… Soit… »
    6. 7 de moyenne: les élèves français sont notés sur 20. Donc Benoît n’avait pas la moyenne générale. (la moyenne de toutes les matières étudiées.)
    7. se faire à quelque chose: s’habituer à quelque chose.
    8. en étude: après les cours, les internes vont faire leur devoirs, leur travail personnel en étude, c’est-à-dire une salle où ils sont surveillés et aidés par des enseignants ou des surveillants.
    9. une case: c’est le nom que donne les internes à leur coin dans la chambre qu’ils partagent avec deux ou trois autres élèves en général.
    10. c’est plus chez nous = c’est davantage chez nous. (Dans ce cas, on prononce le « s » à la fin de « plus ».)
    11. notre déco = notre décoration. Elles ont décoré leur chambre librement.
    12. qu’à nous = seulement à nous. (familier)
    13. une BD = une bande dessinée.
    14. dans notre coin: isolé des autres, à part.
    15. vos parents vous manquent ? = Etes-vous tristes parce que vos parents ne sont pas là ? Elles répondent que leurs parents ne leur manquent pas. Mais on peut imaginer qu’elles manquent un peu / beaucoup à leurs parents !
    16. plus = davantage. (On prononce le « s ».)