Les vacances

Batz
Vendredi, les lycéens de terminale ont découvert les résultats du bac. C’était aussi le dernier jour de classe pour les écoliers et les collégiens. Début des grandes vacances, bien nommées puisqu’elles vont durer huit semaines: rentrée des classes le 3 septembre pour les élèves. Certains adultes trouvent ça trop long ! Mais pas leurs enfants !

Transcription
– Moi, je vais aller chez ma mamie (1) à Lyon et puis après, je vais aller… Mes parents vont venir me chercher et après, ils vont m’emmener chez mon autre mamie, à Dijon.
– J’ai hâte (2) parce que l’école, quand même (3), hein ! Des fois, c’est bien parce qu’on fait des choses drôles. Mais à un moment, ça devient chiant (4) et si il y avait pas de vacances, eh ben, j’irais pas à l’école tous les jours.
– Des fois, c’est un peu ennuyeux, par exemple les évaluations, les dictées.
– On passe son temps à sortir (5) plutôt que de rester chez nous. Voilà. On voit des amis, on sort.
– Vu que pendant les cours, il faut que je bosse (6), j’ai pas le temps de faire du vélo, bah je compense avec les vacances. Donc je fais du vélo tout le temps, voilà. Je me suis mis un but (7) sur certaines figures que je réussisse (8) et voilà. Alors je suis à fond (9) dedans.
– Du roller et aller avec les autres pour rouler. C’est le mieux. Après, je reste chez moi, je joue à la Play (10).

Quelques détails :
1. ma mamie : c’est comme ça que beaucoup d’enfants appellent leur grand-mère.
2. J’ai hâte : je suis impatient. (Mais on utilise beaucoup plus souvent l’expression avoir hâte qu’être impatient) Cette expression est souvent suivie d’un verbe à l’infintif introduit par de : J’ai hâte d’être en vacances. / J’ai hâte de partir en vacances.
Si on parle de quelqu’un d’autre, cette expression est suivie de que et du subjonctif : J’ai hâte que les vacances commencent. / J’ai hâte que nous fassions les valises. / J’ai hâte que les enfants soient en vacances.
3. Quand même : on utilise souvent cette expression pour sous-entendre une restriction. Ici, il veut dire que bien sûr, l’école fait partie de la vie mais malgré tout, ça ne lui déplairait pas s’il n’y en avait pas !
4. Chiant : pénible, ennuyeux. Très familier, à ne pas employer dans n’importe quelle situation. D’ailleurs, si les parents de ce garçon étaient là, ils lui diraient probablement de surveiller son langage pour répondre à un adulte qui lui pose des questions.
5. Sortir : cela signifie sortir avec les copains et copines, donc s’amuser.
6. Bosser : travailler (familier)
7. je me suis mis un but : normalement, on dit plutôt : Je me suis fixé un but.
8. Des figures que je réussisse : ce n’est pas très bien dit non plus. Mais ça passe à l’oral. Il faudrait dire par exemple: certaines figures que je veux réussir.
9. Être à fond dans une activité : passer beaucoup de temps à faire cette activité, avec intensité et passion.
10. La Play : abréviation très courante de la Play Station.

Trop de profs ?

En période électorale, les candidats ne sont pas à court de bonnes idées ! Evidemment, certaines touchent à l’enseignement et à notre système éducatif.

En voici une qui va, paraît-il, résoudre tous les problèmes du collège ! Pour que les petits sixièmes réussissent, il faudrait que leurs professeurs enseignent plusieurs matières, afin que les enfants de 11-12 ans n’aient pas trop d’enseignants différents en face d’eux. Solution miracle, d’après notre président, pour qu’ils s’adaptent mieux… En fait, solution pour gérer plus facilement, entre autres, la pénurie de professeurs remplaçants, supprimés au fil des années.

Moi, j’ai d’autres idées plus simples: mettons devant nos enfants assez d’enseignants pour que les classes ne soient pas surchargées, arrêtons de dimninuer le nombre d’adultes chargés de les encadrer, de les entourer, acceptons de dépenser l’argent nécessaire pour former les jeunes professeurs. Mais pour cela, il faudrait que nos dirigeants soient convaincus de la nécessité d’offrir un vrai service public d’éducation, à tous ! il faudrait qu’ils cessent de démanteler ce qui existe. Il faudrait qu’ils y consacrent les moyens nécessaires. Tout le reste, c’est du blablabla !
Alors, des profs polyvalents ? Voici ce qu’en pensent les intéressés, côté profs et côté élèves.

Transcription:
Pour Nicolas Sarkozy, il faut réduire le nombre d’enseignants intervenant auprès des élèves de sixième et cinquième (1). Cela faciliterait la transition CM2 (2) – collège où les élèves passent d’un maître (3) à plusieurs enseignants. Ce système, c’est la polyvalence. Un même prof enseignerait le français, l’histoire et la géographie (4). Un autre enseignerait à la fois les maths et les sciences (5). Une proposition qui n’enthousiasme pas cette enseignante en histoire:
– Moi, a priori (6), je suis plutôt opposée à ce genre de bivalence parce que chaque… chaque matière demande quand même une certaine spécialisation, et le fait d’être bivalent ou polyvalent réduit obligatoirement, hein, cette spécialisation. Et on peut pas enseigner correctement toutes les matières, même deux matières. C’est déjà difficile de dominer correctement une discipline. En dominer plusieurs, c’est quelque chose d’extrêmement difficile.

De l’autre côté de l’estrade, (7) les élèves. Dans l’ensemble, ils apprécient d’avoir un prof par matière, comme Juliette, en classe de 6è:
– Chaque professeur a une personnalité qui est bien collée à sa matière. Par exemple, mon prof d’histoire est vraiment passionné par ce qu’il raconte. La prof de français tient vraiment à la langue française. Elle l’aime beaucoup. Donc, non, moi je pense qu’un professeur par matière, c’est vraiment bien. Et c’est mieux aussi parce que quand on change tout le temps de… de personne, on s’endort pas en fait, ça nous réveille à chaque fois toutes les heures. Donc par rapport au CM2, de voir toujours la même tête, c’est un peu ennuyeux !

Quelques détails:
1. la sixième et la cinquième: ce sont les deux premières classes au collège, après l’école primaire.
2. le CM2: abréviation de Cours Moyen 2è année. Mais plus personne n’utilise cette expression complète. C’est la dernière classe de l’école primaire.
3. un maître: c’est le maître d’école, ou l’instituteur. (au féminin: la maîtresse ou l’institutrice). Normalement, le terme aujourd’hui, c’est professeur des écoles. Mais tout le monde utilise encore ces mots.
4. Il y avait une catégorie de profs comme ça avant. Mais ensuite, ils ont disparu. Donc on est prof de français (ou de Lettres) par exemple. (Certains de ces enseignants enseignent aussi le latin ou / et le grec, en tant que langues mortes) Pour l’histoire et la géographie, c’est un même enseignant qui enseigne ces deux disciplines.
5. Les sciences: ce qui est groupé actuellement, c’est la physique et la chimie, deux disciplines enseignées par un même professeur. Toutes les autres sciences sont séparées.
6. a priori: au premier abord.
7. l’estrade: il y en avait souvent une dans les classes autrefois, pour que l’enseignant « domine » sa classe: c’est une sorte de plancher un peu plus haut que le reste du sol dans la classe, en-dessous du tableau.

Vous pouvez aussi aller écouter Enzo qui parle de son entrée en sixième sur france bienvenue1 avec Eve.