Plus un radis !

En France, si vous ne savez pas qu’il faut manger des légumes et des fruits, si possible frais, tous les jours, c’est que vous vivez sur une autre planète ! Les campagnes nationales de santé, les publicités à la télé vous le rappellent sans cesse. Et il en faut cinq, hein ! Ne trichez pas !
Mais vous savez aussi que les petits producteurs sont en conflit avec la grande distribution qui cherche les prix les plus bas pour faire le plus de bénéfices possible. La conséquence, c’est que beaucoup d’agriculteurs ne s’en sortent plus et ne peuvent plus vivre de leur travail; et qu’on nous fait manger des produits insipides, formatés, récoltés trop tôt, gavés d’engrais et de pesticides… Bon, j’arrête de rêver de vraies bonnes tomates, de vraies bonnes prunes, de vraies bonnes pommes !

Alors, une très grande chaîne de supermarchés française fait sa pub sur ces deux aspects et ça donne cette affiche vue ce matin dans un de ses magasins à Marseille. Et comme avec l’humour, on fait passer beaucoup de choses, ils ont trouvé un jeu de mots de circonstance :
Quand on dit qu’on n’a plus un radis, en argot, ça veut dire qu’on n’a plus un sou, plus d’argent.

Alors merci C. de ne pas gagner un radis sur ce que nous allons mettre dans nos assiettes ! Et merci de penser à ceux qui nous nourrissent !

Mais bon, entre nous, rien ne vaut en général un beau petit marché local le samedi matin ou un autre jour pour trouver de vrais beaux fruits et légumes ! Et ça fait encore partie des petits plaisirs ! (Très français, tout ça, hein!)

Fraîcheur et saveur garanties

Aujourd’hui, on peut manger des fruits exotiques qui viennent du bout du monde.
On fait voyager des salades dans des camions à travers la France.
On fait pousser des tomates sans soleil et sans terre pour leur faire traverser l’Europe.
On développe des variétés de légumes et de fruits dont la principale qualité, c’est de résister au transport.
Le tout, bien gavé de cochonneries.
Et il y a des enfants qui ne savent même plus à quelle saison on peut récolter des fraises, des vraies, des belles, qui poussent quand c’est le moment et qui ont le goût de fraise !
Et surtout, à l’heure où le Ministère de la Santé fait sa campagne sur « 5 fruits et légumes par jour », de nombreuses familles n’ont même pas les moyens d’acheter de bons produits à un prix correct.

Alors, de petits producteurs régionaux se regroupent en AMAP. Une AMAP, c’est une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne.
Ils font pousser des vrais légumes et des vrais fruits, sans donner dans le rendement industriel. Et ils vendent tout ça chaque semaine sous la forme de paniers à des clients qui se sont engagés à leur acheter leur production. Pas d’intermédiaires, une production qui redevient raisonnable, au fil des saisons, et pleine de saveurs oubliées ! Un lien direct entre le producteur et ses clients.


Transcription:
– Là, vous êtes en train de préparer les paniers, les paniers qui vont être distribués à l’AMAP en soirée.
Tout à l’heure, ouais.
– Alors expliquez-nous. Qu’est-ce que vous y mettez aujourd’hui ?
Ben le panier, il y a un quart de courge, donc c’est des grosses, donc ça fait des grosses parts. Un kilo de pommes de terre…
– Des oignons.
Il y a sept poireaux, une botte de radis rouges, une salade, une poche d’épinards où il y a 700 grammes d’épinards. Et des oignons. Et voilà.
– Et le panier…
Et le panier est fait.
– A quel prix ?
Le panier, 16 euros. Toutes les semaines. Donc là vous avez… Je coupe des parts de courge parce qu’on a des courges qui sont assez grosses. Donc on les partage en deux ou en quatre. Donc après je les emballe juste pour la distribution. Aujourd’hui, vu la conjoncture dans l’agriculture, voilà, pour moi, c’était une obligation de passer par les paniers pour voilà, le… le soutien financier que ça implique.
– Vous pensez que dans un système traditionnel, agriculture intensive, vente aux grandes surfaces (1), etc…, vous… vous vous en seriez pas sorti (2)?
Ah non, non. Déjà (3) j’aurais pas pu m’installer, premièrement. Après, s’en sortir, le circuit des grandes surfaces aujourd’hui, je pense pas qu’il y en ait qui s’en sortent.

Quelques détails :
1. les grandes surfaces : les supermarchés et les hypermarchés (par opposition aux petits commerces)
2. s’en sortir : réussir.
3. Déjà : la première raison, c’est que… (C’est comme « premièrement »)