Temps maussade

Mauvais temps Marseille

Mauvais temps le chene

Il fait mauvais temps aujourd’hui. Ciel très chargé, pluie, vent et même un ou deux coups de tonnerre, plutôt inhabituels en hiver.
C’est l’occasion de prendre quelques photos aux teintes assez rares ici.

Et également de faire un petit tour de ce que nous disons quand le temps est si maussade. Parce que dans le fond, c’est un peu compliqué pour un non-francophone de savoir quand utiliser: Il fait…, Il y a…, C’est…, dans des conversations ordinaires.
(Je ne parle pas des bulletins météo, qui ont leur style propre, ni de descriptions rencontrées dans des romans, donc à l’écrit.)

Les nuages :
On ne dit pas: Il fait nuageux.
Mais on dit: C’est nuageux. / C’est très nuageux aujourd’hui.
Et plus naturellement encore: Le temps est couvert. / Nous avons un temps très couvert aujourd’hui. / C’est légèrement couvert aujourd’hui.

La pluie:
On ne dit pas: C’est pluvieux. / Il fait pluvieux.
Mais on dit: Il pleut. / Nous avons de la pluie.
On dit aussi: Nous avons un temps très pluvieux. C’est une journée pluvieuse.
Et si la pluie n’est pas encore tout à fait là mais que le ciel ne trompe pas: Il va pleuvoir. / Le temps est à la pluie.

L’orage:
On ne dit pas: Il fait orageux.
Mais en attendant l’orage, on dit: C’est orageux. / Le temps est orageux. / Le temps est à l’orage.
Et quand l’orage a éclaté: Nous avons de l’orage. / Il y a de l’orage. / Il y a un bel orage, un gros orage.

Le vent:
On ne dit pas: Il fait venteux. / Et rarement: C’est venteux.
Mais on dit: Il y a du vent. / Il y a beaucoup de vent. / Il y a un peu de vent. / Nous avons du vent, beaucoup de vent, un peu de vent.

Et à Marseille, quand le vent du nord souffle, on dit:
Nous avons du mistral, un fort mistral / Il y a du mistral. / Le mistral souffle.
Sinon, le vent qui amène en général la pluie, c’est le vent d’est. Et les Marseillais disent:
C’est vent d’est. / On a vent d’est.

La conclusion, c’est qu’il fait mauvais temps, qu’il fait gris, tout gris aujourd’hui ! Il ne fait vraiment pas beau. Mais il ne fait pas froid. (Pour un mois de janvier)
Avec le verbe faire cette fois.

Et si vous voulez écouter comment on dit tout ça :

Le peuple de l’arbre

L'arbre

Les grands arbres sont fascinants. Ils sont faits pour remplir l’imaginaire des enfants. J’ai commencé à les aimer avec ces histoires où la cime d’un arbre ouvre la porte d’un autre univers, où les branches se ramifient en un monde à explorer et où se perdre. A travers des mots qui transportaient ailleurs. A travers des images comme dans L’arbre sans fin.

Tobie  LolnessAlors, comment ne pas se laisser emporter par l’histoire de Tobie Lolness et du grand chêne où vit tout son peuple ? A nouveau se laisser emporter, par la beauté des mots de Timothée de Fombelle et des dessins de François Place.

L’histoire commence ainsi:Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n’était pas grand pour son âge. Seul le bout de ses pieds dépassait du trou d’écorce. Il ne bougeait pas. La nuit l’avait recouvert comme un seau d’eau.
Tobie regardait le ciel percé d’étoile. Pas de nuit plus noire ou plus éclatante que celle qui s’étalait par flaques entre les énormes feuilles rousses.
Quand la lune n’est pas là, les étoiles dansent. Voilà ce qu’il se disait. Il se répétait aussi: « S’il y a un ciel au paradis, il est moins profond, moins émouvant, oui moins émouvant… »
Tobie se laissait apaiser par tout cela. Allongé, il avait la tête posée sur la mousse. Il sentait le froid des larmes sur ses cheveux, près des oreilles.
Tobie était dans un trou d’écorce noire, une jambe abîmée, des coupures à chaque épaule et les cheveux trempés de sang. Il avait les mains bouillies par le feu des épines, et ne sentait plus le reste de son petit corps endormi de douleur et de fatigue.

Tobie Lolness, tome 1, La vie suspendue.

Promesse de l’aventure. Plaisir de lire, plaisir d’enfance. Comment pourrait-il en être autrement avec un auteur qui dit ceci:
« Les livres sont pour moi des cabanes, un peu loin du monde. Je m’évade dans l’imaginaire où je peux bricoler. J’aime le bricolage, cette dimension d’artisanat, j’aime fabriquer des objets, et le livre en est un parmi d’autres. Je me souviens de ces bateaux que je construisais, enfant, avec un bout d’écorce et un cure-dents, j’y mettais toute ma foi. Je veux garder cela dans ce que j’écris. A aucun moment je ne me demande : « Qu’est-ce que je vais leur écrire à ces gamins ? » J’écris pour moi aujourd’hui, pour moi hier, pour moi demain ; ce qui me ressemble vraiment. »

Un peu plus sur Tobie Lolness et Timothée de Fombelle
(On en vient presque à se demander quel est le nom du personnage et quel est celui de l’auteur !)

Les univers de François Place, où j’aime vraiment me perdre.