Au jardin


Faire son jardin… Quand on voit le nombre de jardineries, de foires aux fleurs, de livres, tous plus beaux les uns que les autres, sur les potagers en tout genre, on se rend compte que ce n’est pas une activité dépassée, juste réservée aux retraités campagnards.
Faire son jardin ou le plaisir de voir prospérer de bons légumes pleins de saveurs et d’odeurs.
Plaisir de voir revenir chaque année les vivaces qu’on a su peu à peu choisir et installer au bon endroit.
Plaisir de voir grandir ce qu’on a planté (soi-même) tout petit.
Plaisir de ce travail régulier qui façonne un petit bout de nature au fil des saisons et des ans.

Un jardin vide et remplit la tête tout à la fois.
Il donne de la consistance au temps qui passe.


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Transcription:
– Jusqu’à présent, il avait pas fait tellement beau. Il faisait froid, il pleuvait. C’était pas… C’était pas la peine (1), quand il fait pas chaud, ça pousse pas. C’est pas la peine de s’énerver.

– Ça fait que deux jours qu’il fait super beau. On attend, on attend la chaleur depuis longtemps. C’est… c’est compulsif (2). Je… C’est vers le jardin que j’ai envie d’aller de toute façon.

– Hier, j’ai planté des choux, du céleri, des aubergines, des tomates.
– Betteraves, poireaux, carottes…
– Un peu de tout, des haricots, des radis, j’ai semé.
– Et puis après, le petit bout de serre, là, où… et on fait épinards, mâche, roquette, salades. On peut vivre toute l’année.
– J’y ai passé la journée hier. A mon aise, tranquille.

– Le jardinage, en fait, c’est un automatisme. Tu vois, planter, bêcher, ça demande… Chaque année, c’est pareil. Alors, tu as le temps de réfléchir (3), et avec les… les mains dans la terre, c’est incroyable (3) qu’est-ce qui (4) sort dans ta tête. Je sais qu’ici, je peux vider mon agression (5). Si je suis en colère, j’arrache mes herbes.

– Ça coule !
– Eh beh mais là, il faut brancher un tuyau, là ! C’est pas un problème. Non, mais je changerai la vanne si il faut. J’ai l’impression que ça tourne dans le vide, ça.
– Je te donnerai des salades pour repiquer. J’en ai des belles.
– Ah ouais ?
– Ah oui. Tu vois, il faut que le bec, ça dépasse, là. Ouais bah tu diras à ma soeur qu’elle sait pas planter les cèbes ! L’oignon, on appelle ça une cèbe.

– Pas besoin d’outils, du tout. Je fais tout à la main. Et j’ai juste à… soit à semer soit à repiquer et j’ai remis une autre couche de paillage par dessus. Voilà, du coup, le paillage, c’est pour… pour éviter que la terre ne se dessèche trop vite.

– Je crois qu’on utilise de moins en moins de désherbant, oui. Ma femme, elle est contre le désherbant, elle, contre tout ça.

– Je me mets pieds nus, enfin, j’adore être pieds nus dans la terre et je sens que… Bon, avec la fougère, c’est moins fun (6) ! Une fois qu’on a mis la fougère en paillage, on ne vient plus pieds nus parce que ça fait mal aux pieds.

– Il y en a de plus en plus, des gens qui jardinent quand même. Il y avait beaucoup de jardins qui avaient été abandonnés et les gens s’y remettent (7). Ça cultive plus que quinze ans en arrière.

– Ces pavots, là., c’est des pavots doubles, roses. Les gendarmes, ils viennent le voir un peu parce que ils pensent que c’est le opium (8) mais… Mais voilà, chaque année, je vais trouver là (10), je vais trouver là.

– Et voilà.

– Et c’est beau le matin quand même, hein. Vous savez que […]

– Tout le monde est au jardin aujourd’hui, voyez, un peu partout. Il faut profiter du soleil. Beh oui, bien sûr.

Quelques explications:
1. ce n’est pas la peine (de faire quelque chose): c’est inutile. (Ou aussi: ce n’est pas nécessaire)
2. compulsif: c’est quand on ne peut pas s’empêcher de faire quelque chose.
3. réfléchir / c’est incroyable: cette femme n’est pas française d’origine. Elle est en fait anglophone. On reconnaît cet accent à la façon dont elle prononce les R par exemple.
4. qu’est-ce qui… : ici, il faut dire: ce qui…
5. mon agression: elle n’emploie pas le bon mot. Elle veut dire: mon agressivité, c’est-à-dire le fait d’être agressif. Une agression, c’est quand on se fait agresser, attaquer par quelqu’un. D’autre part, on dit: évacuer mon agressivité plutôt que « vider ».
6. c’est moins fun: c’est moins amusant, moins agréable. (anglicisme)
7. se remettre à faire quelque chose: recommencer / reprendre une activité qu’on avait laissé tomber.
8. il faut dire: c’est de l’opium.
9. je vais trouver là: je pense qu’elle dit: je va (ce qui est faux). Et pour être parfaitement correcte, la phrase devrait être la suivante: Je vais en trouver là. (« En » remplace les pavots)

Des vacances pour tous les enfants

C’est le début des grandes vacances: la rentrée des classes aura lieu début septembre. Mais que font donc les enfants en juillet et août ?
Ils partent avec leurs parents. Mais cela ne représente en général que trois semaines de cette longue période sans école. Alors, pour certains, les grands-parents prennent le relais. Pour d’autres, ce sont des journées bien occupées au centre aéré du quartier ou un séjour en camp de vacances.
Mais il y a aussi plusieurs millions d’enfants qui ne partent pas du tout. C’est pour cette raison que des associations se démènent tous les ans pour leur organiser de petits séjours dans des familles bénévoles, prêtes à donner de leur temps, partager leur maison et leur quotidien pour offrir une pause à ces enfants.
Voici le témoignage touchant d’une petite fille qui mérite elle aussi des vacances et sait les apprécier.


Transcription:
C’était tellement bien que je me suis… Pfou là là ! Tellement c’était bien, je sais pas quel mot mettre dessus ! Je trouve pas le mot. Au moins, j’avais quelques chose à raconter. Il y a plein de filles, elles sont parties en vacances et tout ça. Elles disaient: « Moi, je suis partie (1) à la plage, je suis partie à la piscine (1), je suis partie chez ma tante (2). » Des fois, je pleurais parce que je voyais tous les enfants en train de partir, et moi, comme de par hasard (3), c’était moi je partais pas (4). On faisait du vélo, on partait… On est partis au zoo (5). J’ai pu connaître des autres enfants (6), que je connaissais pas. Tu es comme leur propre fille. Et du coup, c’est ça qui m’a… que j’ai bien aimé. En plus, c’était grand, on avait notre chambre toutes seules et tout ça. C’était bien ! Je me rappellerai toute ma vie de ces vacances (7).
Le seul bémol (8), sa mère, restée à la maison.
Elle est courageuse! Tous les efforts qu’elle fait pour nous ! C’est tellement difficile. C’est un peu injuste que il y en a (9) qui ont (10) de la chance et qui peuvent partir et que il y en a qui ont (10) pas de chance et qui peuvent pas partir.
Sauf que sa maman vit avec 1000 € par mois.

Quelques détails:
1. je suis partie à la plage / je suis partie à la piscine: ce n’est pas correct ici. Il faut dire: Je suis allée à la plage / à la piscine. Beaucoup d’enfants se trompent dans l’utilisation de partir et aller.
2. Je suis partie chez ma tante: là, ça peut marcher, car c’est comme dire: Je suis partie en vacances chez ma tante. On peut dire aussi: Je suis allée chez ma tante.
3. comme de par hasard: « de » est en trop. C’est simplement: Comme par hasard.
4. c’était moi je partais pas: il faudrait dire soit: C’était moi qui ne partais pas, soit: Moi je partais pas.
5. on est partis au zoo: il faut dire « On est allés au zoo. »
6. des autres enfants: il faut contracter et dire: d’autres enfants.
7. se rappeler de quelque chose: ce n’est pas la bonne construction. Il n’y a pas « de » après ce verbe. En fait, la faute est fréquente car on dit: se souvenir de quelque chose, avec « de », d’où la confusion entre les deux verbes.
8. le seul bémol: un bémol est un signe en musique qui baisse une note. Au sens figuré, cela veut dire qu’il y a un élément qui empêche que la situation soit parfaite. On pourrait employer une autre image: La seule ombre au tableau, c’est que…
9. que il y en a qui… : il faudrait dire: Qu’il y en ait qui
10. qui ont: elle fait une liaison interdite entre qui et ont, en rajoutant le son « z », comme s’il y avait un « s » au bout de « qui ». C’est une faute qu’on entend notamment chez les enfants, qui mélangent avec « ils ont », où on est obligé de faire la liaison.