Le beau monde

Le beau monde. C’est exactement l’inverse du milieu dans lequel vit Alice, en Normandie, un milieu simple, où les fins de mois peuvent être difficiles, où les petits boulots sont nécessaires. Alice travaille dans une pâtisserie. Elle travaille aussi la laine, les tissus, les matières, les teintures, pour son plaisir, toute seule. Elle rêve d’entrer dans une école d’arts appliqués, à Paris, pour y apprendre les métiers de la couture, de la broderie. Le beau monde, c’est celui d’Antoine, un monde aisé et dans lequel on parle avec aisance, et beaucoup, dans lequel on sait quelles écoles il faut choisir, dans lequel on voyage, se cultive, où on apprend très tôt à être à l’aise partout. Cela n’empêche pas qu’Antoine cherche lui aussi sa place, en photographiant un monde qui n’est pas le sien, en aimant Alice, en suscitant son amour. Mais peut-on vraiment passer d’un milieu social à un autre comme ça ? Et que deviennent ces amours de jeunesse où chacun est en train de se construire ?

Je trouve ce film très beau, porté par Ana Girardot, au jeu si subtil. Quelle magnifique jeune femme elle incarne ici ! Elle rend très émouvant cet apprentissage tenace du monde que fait Alice. Elle rend aussi très juste son apprentissage dans son école parisienne – c’est passionnant de la suivre dans ses explorations, en regardant ses mains et en écoutant les mots qu’elle apprend à poser sur son cheminement, guidée dans ses créations par des professeurs sans complaisance et des amis bienveillants.

Comme la bande annonce ne me semble vraiment pas donner une idée juste de ce film, j’ai eu envie de garder plutôt quelques passages, parmi d’autres, qui me touchent. Dans cette histoire, les mots et les émotions sont justes, les relations sociales, amicales, amoureuses sont finement observées et dépeintes, les images sont belles, sans tape à l’oeil, aux couleurs de l’océan, des fleurs mais aussi du quotidien ordinaire, que ce soit dans un HLM ou une demeure bougeoise. Une histoire simple. Alice, à la fois fragile et forte, qui pose des questions essentielles. Je n’aime pas trop ce mot devenu cliché, mais ici, il prend tout son sens : lumineuse, Alice est lumineuse.

– Quoi, c’est pour moi ? Qu’est-ce que c’est ? Oh !
– Ça m’a beaucoup aidée, la lettre (1). J’ai… Je suis rentrée dans mon école.
– Vraiment ? Je suis ravie (2) pour vous. Il fait un peu chaud pour la porter maintenant, mais merci beaucoup, c’est très gentil. Et ce sont vos amis, dehors, dans la voiture ?
– Oui, oui. Ils m’attendent.
– Alors c’est bien. Paris, l’année prochaine! Ça va vous changer. (3)
– Bah oui!
– Vous avez trouvé un logement ?
– Non, pas encore. J’aurais jamais dû amener cette écharpe. C’est horrible !

– Alice, c’est terrible. Elle est béate (4), on dirait qu’elle ne vit qu’à travers ton frère.
– Moi, je l’aime bien. Je trouve qu’elle a quelque chose d’intense. Et puis, faut voir d’où elle vient. Ça doit pas être évident. Ah, je te jure, si tu voyais sa mère (5) !
– Dieu merci (6), on n’a pas encore eu droit (7) aux présentations.
– J’aime pas que tu dises ça.
– Non. Non, non. Je veux bien voir sa famille. Mais déjà Alice, je sais pas quoi lui dire. Elle me regarde toujours comme si c’était la première fois qu’elle me voyait. Tu sais, je fais de mon mieux pour l’aider. Je suis sûre qu’elle fera une excellente petite main (8).
– Il a besoin d’une fille douce, Antoine. Maya, elle le rendait dingue.

– Antoine ? Vous êtes là ?
– Ça va, je me suis pas fait mal.
– Tant mieux. Tu es rentrée seule ?
– Antoine s’est arrêté à côté pour faire des photos. Je vais le rejoindre.
– Tu veux que je t’accompagne ?
– Non, non, c’est gentil. Je vais prendre un vélo.
– Alice, regarde ta mère. Ne bougez plus. Super. Christiane, vous pouvez me regarder ?

  1. la lettre : il s’agit d’une lettre de motivation où Alice devait expliquer son intérêt pour l’école d’art où elle souhaitait entrer.
  2. ravie : très contente (dans un style soutenu)
  3. ça va vous changer : ça va être un grand changement.
  4. être béat(e) : rester sans rien dire tellement on admire quelqu’un. C’est plutôt péjoratif à cause de cette implication de passivité.
  5. Si tu voyais sa mère ! : cette remarque est péjorative = Tu ne peux même pas imaginer comment est sa mère! (La mère d’Alice incarne le milieu modeste qui est le sien.)
  6. Dieu merci : langage très précieux, typique d’un milieu social aisé, cultivé et traditionnel.
  7. on n’a pas encore eu droit à… : cela ne s’est pas encore produit. Ici, elle veut dire qu’elle n’a pas encore été obligée de rencontrer la famille d’Alice.
  8. une petite main : cette expression désigne une couturière qualifiée mais qui est au service d’un grand couturier, une exécutante.

– J’aime bien les fleurs au bord des champs. C’est le bordel (1). Ça donne l’impression que c’était comme ça avant qu’on y soit.
– Qui, on ?
– Les humains.
– Ah ! Les humains. Nos amis les humains… Quoi ?
– C’est comme tu le dis (2).
Rodolphe m’a dit que tu étais à HEC (3). C’est bien, non ?
– Ah ouais, c’est bien. Mais je suis pas très heureux en vérité (4).
– Pourquoi ?
– Je fais de la photo depuis longtemps et j’ai envie d’en faire vraiment. Et tu vas en faire quoi, de tes fleurs ?
– Je vais essayer de les interpréter. On nous demande ça tout le temps, de dire ce qu’on aime et traduire ce qu’on ressent.
– Ça te plaît ?
– Ouais. Mais j’ai l’impression que c’est comme si une porte s’était ouverte sur un monde immense.

  1. le bordel : le bazar, le désordre (très familier)
  2. c’est comme tu le dis = c’est la façon dont tu le dis qui me fait sourire
  3. HEC : une grande école de commerce française, Hautes Etudes Commerciales.
  4. en vérité : en fait (langage plus soutenu)

– Rouge géranium ? C’est un rouge orangé. C’est beau ! Les mains, c’est le plus important si tu veux avoir l’air chic, si tu veux faire bien (1) devant ta belle-mère. C’est beau, alors, à leur maison ?
– Tout est beau. Ils ont l’air de trouver ça normal. Moi, j’aimerais juste m’asseoir, regarder. Et écouter.
– Il est canon (2), Antoine !
– Hum. Et Kevin, ça va ?
– Je sais pas. C’est vrai qu’il était pas bien (3), ces derniers temps (4). On se voit pas mal (5), en fait.
– Et il m’en veut ? (6)
– On sait pas au juste (7) ce qu’il ressent, je dirais. Mais ces derniers temps, c’est vrai, il picolait (8) pas mal.
– Ah bon ?
– En fait, Alice, on a une histoire (9) ensemble. Mais tu sais, c’est pas très… sérieux, hein. De temps en temps. On s’en est même pas rendu compte, c’était déjà arrivé. On aime bien coucher ensemble en fait. Et toi, tu es amoureuse ! Tu as les mains bouillantes. C’est le signe.

  1. faire bien : faire bonne impression
  2. il est canon : il est super beau ! (familier). On peut le dire aussi d’une femme : Elle est canon.
  3. il n’était pas bien = il n’allait pas bien, il était malheureux
  4. ces derniers temps : récemment
  5. on se voit pas mal : on se voit souvent (familier)
  6. en vouloir à quelqu’un : être fâché contre quelqu’un, ne pas lui pardonner quelque chose
  7. on ne sait pas au juste = on ne sait pas vraiment
  8. picoler : boire de l’alcool, trop d’alcool (argot)
  9. avoir une histoire avec quelqu’un : sortir avec quelqu’un, avoir des relations amoureuses, envisagées comme passagères, pas nécessairement très durables.

Ce film est disponible sur France TV, jusqu’au 30 avril. (Vous devrez subir plusieurs longues secondes de pub avant !)
Il existe aussi en DVD.





Vengeance

Aller au cinéma me manque. Je ne sais même plus dire quel est le dernier film que j’ai vu, dans notre petit cinéma à l’Estaque ! Et j’ai l’impression que j’ignore tout des quelques films qui ont réussi à sortir depuis un an. Mais nous avons eu aussi la chance de voir ou revoir des films plus anciens, même si, pour moi en tout cas, les regarder sur un écran d’ordinateur ou de télévision n’a rien à voir avec ce que l’on vit dans une salle obscure**.

Voici un de ces films dont j’ai emprunté le DVD à la médiathèque de mon quartier. Je l’avais manqué lors de sa sortie. Quel plaisir de découvrir l’histoire de la vengeance terrible d’une femme blessée dans son amour ! Vengeance impitoyable, qui nous fait passer tour à tour d’un sentiment d’empathie pour cette incroyable Madame de La Pommeraye, à une admiration fascinée pour la façon par exemple dont elle obtient des aveux du Marquis mais aussi à une interrogation sur sa détermination à tramer un complot aussi diabolique. Tout est parfaitement construit, beau, très bien filmé. Et comme je suis fan de Cécile de France, tout à fait crédible en femme du 18è siècle, c’est désormais un des films que je range dans la catégorie de ceux qui comptent pour moi.

Film en costumes, dans une belle langue qui n’est plus tout à fait la nôtre aujourd’hui, mais peinture de sentiments intemporels, qui fait aussi écho à nos préoccupations actuelles sur la place des femmes. (Emmanuel Mouret est un cinéaste de notre temps bien sûr!)

Et pour couronner le tout, une bande annonce très réussie, grâce à un florilège de répliques judicieusement posées sur des scènes du film. Il y a un art de la bande annonce !

Transcription de la bande annonce
(car sans surprise, la transcription automatique n’est pas encore au point** pour le français et donne des sous-titres truffés d’erreurs**.)

Marquis, que vous importe (1) que mon nom apparaisse dans la liste de vos conquêtes !
J’ai bon espoir.
Son orgueil est tel qu’il n’ose rentrer à Paris sans avoir vaincu sa proie.
Dois-je comprendre que vous vous êtes abandonnée (2) au Marquis ?
Toutes les passions ne se ressemblent pas. La nôtre est intense sans être excessive. Nos sentiments sont aussi pleins de tendresse que de raison.
M’est-il possible de connaître ces pensées qui m’éloignent de vous ?
J’ai peur qu’elles ne vous fâchent (3) autant qu’elles me fâchent.
Vous vous souvenez de Madame de Joncquières ?
Ce n’est pas qu’elle (4) ne soit belle comme un ange, qu’elle n’ait de la finesse, de la grâce, mais elle n’a aucun esprit de libertinage.
Pourquoi le Marquis s’attacherait-il à cette fille, alors qu’il ne s’attache à aucune autre ?
Parce que le Marquis ne résiste pas à ce qui lui résiste.
Madame, rendez-moi un service.
Lequel ?
Ayez compassion de moi (5). Je veux la revoir.
Quel est l’état de votre coeur ?
Il faut que j’aie cette fille-là. Ou que j’en périsse (6).
Je vous en supplie, madame. Il sacrifie la moitié de ma fortune. N’est-ce pas assez ?
Pour moi, le compte n’y est pas. (7)
Je crains (8) cependant que votre entreprise (9) soit excessive.
Mon entreprise est en-deçà (10) de ma douleur et du coup que le Marquis m’a porté.
Je mettrai dix hommes à leurs trousses (11), mais je les retrouverai. Je forcerai leur porte. Je ne sais ce que je ferai mais vous avez tout à craindre de l’état de violence dans lequel je suis.
Si aucune âme juste ne tente de corriger les hommes, comment espérer une meilleure société?

Des explications sur cette langue, c’est-à-dire ce qu’on dirait aujourd’hui:

  1. Que vous importe ! = pourquoi est-ce important pour vous ? / Qu’en avez-vous à faire ?
  2. s’abandonner à quelqu’un : lui céder, devenir sa maîtresse.
  3. fâcher quelqu’un : contrarier quelqu’un
  4. ce n’est pas qu’elle ne soit belle… : je reconnais qu’elle est belle… mais…
  5. Ayez compassion de moi : ayez pitié de moi.
  6. périr : mourir
  7. le compte n’y est pas : cela ne me suffit pas
  8. Je crains que : je trouve vraiment que…
  9. votre entreprise : ce que vous faites, ce que vous avez décidé de faire
  10. en deçà de : pas du tout à la hauteur de
  11. être aux trousses de quelqu’un : à la poursuite de quelqu’un

**J’ai employé quelques expressions que voici :

  • les salles obscures : c’est le nom qu’on donne aux salles de cinéma.
  • ne pas être au point : ne pas être parfait, donc ne pas bien fonctionner.
  • être truffé d’erreurs : être plein d’erreurs, de fautes

Ce film trouve sa source dans un passage de Jacques le Fataliste et son maître, de Denis Diderot. Voici un lien vers le texte original sur Gallica.

Et comme ce texte est un des classiques étudiés au lycée, on trouve de multiples analyses sur cette époque, sur le libertinage et sur cette oeuvre. En voici un exemple.
Personnellement, ce film m’a donné envie de relire ce texte, avec des yeux d’adulte cette fois !

Et pour finir, si vous avez envie de m’écouter :

Mais quand même, vivement qu’on puisse retourner au cinéma !

Un amour impossible

Me voici à nouveau pour partager avec vous ce très beau film que j’ai vu il y a quelque temps. Certains d’entre vous le connaissent probablement puisqu’il est sorti en 2018. Tout est réussi pour servir cette histoire adaptée du roman de Christine Angot (que je vais lire) sur l’amour impossible entre ses parents.
Virginie Effira est magnifique dans ce rôle d’une femme digne, malmenée parce que issue d’une autre classe sociale que celle de celui qu’elle aime, parce que femme, parce que née à dans une certaine époque. Malmenée, mais ce qu’on retient d’elle, c’est l’image d’une femme qui a la tête haute, qui élève sa fille (désirée et chérie) hors mariage en un temps où cela ne se faisait pas et qui reste debout, quels que soient les obstacles sur son chemin. Les sentiments sont forts mais exprimés avec une grande sobriété et une profonde justesse. L’histoire de Rachel, de Philippe, de Chantal leur fille est bouleversante. C’est l’histoire éternelle et banale d’amours difficiles, pour ne pas dire impossibles, entre une femme et un homme, entre une mère et sa fille, une fille et son père, entre cette jeune fille et elle-même.

La bande annonce est ici. C’est une très belle bande annonce car elle donne exactement l’ambiance du film, avec cette chanson qui va et vient, pour incarner cet amour entre Rachel et Philippe, avec cette belle lumière qui enveloppe une histoire où se mêlent beauté et laideur. Et elle sait ne pas dire tout de ces vies qu’on va suivre sur de longues années. Mais comme d’habitude, les sous-titres automatiques sont ratés ! Donc en voici la transcription.

Transcription :
Ma mère et mon père se sont rencontrés à Châteauroux, dans la cantine qu’elle fréquentait.
– Il y a trois sortes d’amours : l’amour conjugal, c’est celui que tout le monde veut. Ensuite, il y a la passion. Et ensuite, il y a ce que j’appelle la rencontre inévitable.
– Tu veux être une femme ?
– Oui.
– Pourquoi ?
– Parce que je suis à toi.
Mon histoire, c’est l’histoire d’un amour…
Il était rentré dans sa vie. Elle ne le voyait pas en sortir.
– Je t’aime, Rachel.

– Tu veux te marier ?
– Je sais pas. Et toi ?
– Moi ? Non. Moi, je veux pouvoir faire ce que je veux.
C’est l’histoire d’un amour, éternel et banal*…
– Je sais que tu es enceinte, Rachel, mais ça ne change rien. Tu sais très bien que je ne t’épouserai pas. Je te l’ai toujours dit. Evidemment, si tu avais été riche, ça aurait été différent.
celle où l’on se dit adieu.
– J’aimerais bien que tu reconnaisses Chantal. Je demande pas d’argent, ça m’intéresse pas.
– Votre fils Philippe et moi avons un bébé de six mois.
– Oui, je sais.
– Et je voudrais pouvoir lui donner des nouvelles de sa fille.
– Olé, hop là !

– Tu as pas peur que ça te fasse mal de le revoir ?
– Non, puis c’est pour Chantal. Je voudrais qu’il la reconnaisse.
– Je veux pas reconnaître Chantal. Je me suis marié.

– C’est trop dur, la vie ! C’est trop dur.
– J’élève ma fille seule depuis qu’elle est petite. Quand elle était petite, elle connaissait quasiment pas son père. Il a repris contact avec elle.
– Ça fait longtemps !
– C’est un homme cultivé qui lui apporte beaucoup de choses. Il l’emmène en weekend.
– Tu te rends compte, si j’avais vécu avec lui, tout ce que j’aurais appris !
– On n’est pas une famille ! Deux personnes dans une maison, c’est pas une famille !

– Et nous, tu sais ce que c’est ?
– C’est une passion.
– Non. C’est une rencontre inévitable.
C’est l’histoire d’un amour.

Evidemment, quand le film s’achève, on reste longtemps avec cette chanson dans la tête !
Il ne reste plus qu’à se replonger dans les multiples versions de cet air qui fait partie de ceux que nous avons tous entendus un jour, quelque part, dans une langue ou une autre.
Deux fameuses versions classiques, ici, ou ici, ou reprise par les plus jeunes, comme Zaz ici.
Alors, ça y est, elle vous trotte dans la tête ? 😉

* Question de français :
Je me suis demandé comment écrire: c’est l’histoire d’un amour éternel et banal.
Faut-il accorder avec amour ou avec histoire, et dans ce cas écrire : éternelle et banale ? Je penchais pour cet accord féminin qui me semblait avoir plus de sens. Mais sur tous les sites de paroles, c’est le masculin qui a été choisi.
Je ne sais pas si la version d’origine en espagnol permet de trancher. Peut-être savez-vous ?

Le 03 février: mise à jour.
Merci à Eduardo d’avoir expliqué qu’en espagnol, c’est bien l’amour qui est éternel et banal et de partager avec nous l’interprétation de Luis Miguel.

A bientôt.

De beaux portraits de jeunes femmes

J’avais aimé Tomboy. Céline Sciamma sait faire des portraits qu’on oublie pas. Elle a aussi collaboré à la naissance de Courgette, dans Ma vie de Courgette, ce si beau film d’animation. Portraits d’enfants, d’adolescents.
Cette fois-ci, ce sont les portraits de trois jeunes femmes – et de la mère de l’une d’elle – à la fin du 18è siècle. Certaines sont enfermées, prisonnières de la condition qu’on faisait aux femmes, d’autres ont des libertés qu’on n’imagine pas forcément quand on pense à cette période de notre histoire. Toutes sont passionnées. C’est un film sur les amours impossibles, les libertés entravées, l’art et la création. Les images sont de toute beauté, véritables tableaux. La façon de filmer les visages, les gestes, les émotions, les lieux est magnifique. On est transporté par le cinéma de Céline Sciamma et sa manière de nous raconter des histoires éternelles. Quel plaisir !

La bande annonce est à regarder ici.

Transcription
– L’homme intéressé par ma fille est milanais.Nous partirons là-bas si le portrait lui plaît.
– Vous partirez.
– Il faut que vous sachiez une chose. Elle a épuisé déjà un peintre avant vous. Elle a refusé de poser. Il n’a jamais vu son visage.
– Pourquoi refuse-t-elle d’être peinte?
– Parce qu’elle refuse ce mariage. Vous allez devoir la peindre sans qu’elle le sache. Elle pense que vous êtes une compagne de promenade pour quelques jours.
– Elle pense que je suis là pour la surveiller.
– Et vous, vous la regardez. Vous vous sentez capable de faire le tableau de cette manière ?
– Je suis venue pour vous peindre.
– C’était donc ça, vos regards.
– Quel en est le titre ?
– Portrait de la jeune fille en feu.

Voilà. Les sous-titres automatiques sont loin d’être parfaits. Une transcription s’imposait donc.
A bientôt ! Je suis toujours là, même si c’est de loin en loin. Sinon, vous pouvez toujours aller faire un tour sur France Bienvenue, que nous remettons à flot avec la nouvelle équipe d’étudiants. Travail régulier, qui m’a l’air bien parti cette année !

Connaissez-vous cette jeune fille ?


J’ai découvert en juin un film d’animation à nul autre pareil et il faut que je vous en parle ! La jeune fille sans mains est une adaptation d’un conte de Grimm. Comme tous les contes, on peut y lire énormément de choses sur la nature humaine, les rapports familiaux, la place des femmes et leurs relations avec les hommes. L’histoire elle-même a la puissance des contes, où se côtoient cruauté, violence, peur, cupidité, amour, débrouillardise, sincérité, pureté. Il y a un Diable qui est vraiment… diabolique bien sûr.

Mais surtout, l’animation est incroyable. C’est comme si les dessins se faisaient sous nos yeux, avec des couleurs et des traits qui s’animent, sans jamais être figés ni finis. Cela donne une plongée dans une aventure toujours mouvante, qui décrit parfaitement la fuite de la jeune fille, son parcours vers la liberté et le choix qu’elle devient capable de faire de sa vie. On a peur avec elle, on est heureux avec elle, on palpite avec elle.

Si vous avez accès à Arte TV, vous pouvez regarder ce film ici jusqu’au 9 septembre. Dépêchez-vous !

Bref, une histoire qui nous emporte, dans un ailleurs qui parle à nos sentiments humains et nous fascine par la façon dont elle a été créée par Sébastien Laudenbach. Parce que ça aussi, c’est incroyable !

Voici une très belle interview de Sébastien Laudenbach, où il explique la genèse de ce film et sa façon de travailler, dessin par dessin. Tout y est passionnant, sur la couleur, l’animation, les voix des comédiens choisis, la façon dont les enfants et les adultes reçoivent les contes. J’en ai choisi – avec difficulté !- quelques passages.
C’est à regarder ici, dans la dernière vidéo tout en bas de la page.

La jeune fille sans nom – interview – extraits

Transcription de deux extraits:
(à partir de 3’55)
– Et puis…Bah et alors, je m’étais dit : «  Bon, il faut que tu te préserves parce que vraisemblablement, ce film peut-être va pas se faire »… enfin bon, je redoutais (1), donc je me suis dit : « Ne mets pas tes tripes (2) sur la table », parce que sinon, tu vas beaucoup souffrir si le film ne se fait pas. Donc quand le film a été arrêté, je n’ai pas beaucoup souffert mais j’y repensais quand même régulièrement…
– Il ne vous quittait pas, il voulait pas vous quitter.
– Voilà, il y avait quelque chose d’assez… d’assez profond. Il faut dire que (3) ce conte m’avait particulièrement touché aussi, dans toutes ses versions. Et alors, en fait, moi, j’ai continué à faire des courts-métrages (4) et puis j’ai continué à mener une sorte de recherche théorique et esthétique parallèlement à ça. Et en 2012, je fais, à l’initiative (5) d’un de mes anciens élèves et d’un producteur à Toulouse, une expérience assez singulière où j’arrive à produire un film de douze minutes en dix jours, d’animation, en mettant en place, issue de ces recherches théoriques, une écriture particulière, pas forcément nouvelle mais où… avec une direction assez affirmée. Bon, c’est un film très étrange, hein, qui a pas du tout marché (6) en festivals, mais qui est très intéressant et qui est en fait une sorte de prémices (7) à ce que va devenir La Jeune fille Sans Nom, mais à cette époque-là, je ne le sais pas encore.
– C’est ça.
– Et la même année, ma …
– Quel est le substrat qui va tout à coup émerger dans cette expérience, disons, un peu secrète ?
– Alors, qu’est-ce qui émerge ? En fait, il y a une direction assez importante, c’est de me dire : « je peux faire un film fini à partir de dessins qui sont tous pas finis. » Partant de l’idée que le cinéma, c’est une succession d’images fixes et que c’est le cerveau qui va donner le mouvement là où il y en a pas, le cerveau reconstitue, par l’intermédiaire du mouvement, des formes qui n’existent pas en fait. – Alors, ça, c’est quand même génial ! (8)
– C’est quand même génial, mais c’est quand même effectivement… la genèse, là, elle est là.
– Voilà. C’est une genèse en terme d’écriture, de production et en termes techniques aussi enfin, parce que c’est très concret.
– Et d’un appel à une certaine liberté.
– Oui, parce que, résultat (9), donc quelques mois après, ma femme, qui est cinéaste (10), passe le concours de la Villa Médicis (11) et donc m’annonce que nous allons partir pendant un an…
– En résidence.
– En résidence. Alors c’est elle qui part en résidence et moi, je la suis avec les enfants et tout ça, mais résultat, j’ai une plage de temps incroyable, que je n’ai jamais eue.
– Et un confort, disons, matériel relatif… Voilà, c’est pas la peine de ramener l’argent à la maison. On est à la maison, qui n’est pas une vilaine maison d’ailleurs, la Villa Médicis !
– Exactement. Donc c’était un moment extraordinaire, exceptionnel et sans doute unique et que je ne revivrai sans doute (12) jamais. Et donc je me suis dit : «  Bah voilà, mon gars, c’est le moment. Ressors la jeune fille et… » Mais alors, j’avais plus les droits d’Olivier Py, j’avais pas de producteur, et j’avais un an et il fallait que je fasse toute l’animation en un an. Quand on sait que…
– Ah oui, c’était un grand pari.
– Voilà, donc il fallait que je fasse quinze secondes d’animation par jour.
– Alors qu’en général, c’est…
– C’est trois.
– Oui, c’est ça.
– Voilà.
– Oui, c’est énorme.
– Quelque chose comme ça, oui, à peu près (13). Enfin ça dépend de la complexité de l’animation et du style graphique, mais…
– C’est un pari fou,tout ça, au départ, c’est un pari fou.
– Oui, mais je l’ai pas vécu comme ça. Je l’a vécu comme un désir. Je l’ai vécu en fait… En fait, résultat, c’est là où j’ai mis mes tripes sur la table !
– Voilà.
– Et je me suis jeté complètement…
– C’est maintenant ou jamais.
– Exactement. Et j’avais une vraie nécessité. Je me sentais comme un sprinter, voyez, j’étais vraiment sur les starting blocks. Et on était à peine arrivés en Italie que je me suis mis à dessiner comme un fou. Et résultat, j’ai pas utilisé le scénario, j’ai pas utilisé la pièce d’Oivier Py, j’ai pas utilisé les recherches graphiques, j’ai pas utilisé le story board et j’ai improvisé le film du premier plan jusqu’au dernier. Et donc c’est un film écrit avec des dessins, ce qui est très singulier (14), et c’est vrai qu’il y a pas d’autres longs métrages d’animation, je crois, à ma connaissance (15), qui aient été faits comme ça.
– Non mais c’est ce qui donne cette vie. Chaque dessin, même s’il est inachevé, appelle l’autre et donc le mouvement se crée, et voilà, et on le suit.
– Résultat, ça met le geste, en fait mon geste finalement au coeur du processus d’écriture visuelle et cinématographique, j’étais pris dans le film, j’étais pris dans son rythme, donc je… j’avais juste deux plans d’avance dans la tête. Quand je faisais un plan, je me disais : «  Bon, après je vais faire ça, puis après, voilà, c’était un peu comme aux échecs, voyez, puis après, on verra, quoi. » Et en même temps évidemment, tout le travail, toute cette année a nourri et donc moi, je portais cette histoire, j’étais la jeune fille, j’étais le prince, j’étais le meunier (16), j’étais le Diable, j’étais un peu tout le monde. Et d’ailleurs, ce qui est assez curieux (17), c’est que finalement, on m’a coupé les mains au bout de sept ans en me disant : «  Tu vas pas t’occuper de cet enfant que tu as commencé à faire grandir » et il a fallu, comme la jeune fille, que je m’isole, il a fallu, comme la jeune fille, que je fasse avec mes propres moyens et il a fallu, comme la jeune fille, que je fasse pousser mon propre jardin qui, de fait, n’appartient qu’à moi.

(à partir de 14’57) Et pour rebondir (18) sur ce que vous disiez tout à l’heure (19) sur la couleur des personnages, moi, ce qui m’intéresse dans l’animation, on en parlait tout à l’heure, c’est que, bon, il y a pas de visages, il y a pas la puissance des visages, il y a pas la puissance du corps humain, mais on est obligé de passer donc par des chemins de traverse (20). Et moi, l’animation m’intéresse à partir du moment où elle parle de choses profondément humaines – et les contes parlent de la psyché et de choses profondément humaines qu’on traverse tous, en prenant justement des chemins de traverse. Et j’aime bien parler du corps – j’ai fait beaucoup de courts-métrages qui mettent le corps au centre – j’aime bien parler du corps avec l’animation justement parce qu’il y a pas de corps. Et la couleur, pour moi, fait partie de ça, c’est-à-dire que la couleur, c’est un moyen de transmettre des sensations et que je suis… que je n’ai pas une approche, en tout cas pour ce film, je n’ai pas une approche de la couleur descriptive (21). Mes arbres n’ont pas un tronc brun avec un feuillage vert. C’est des arbres qui véhiculent de la sensation.
– Oui, et qui sont très, très importants.
– Oui. Oui, oui. J’aime beaucoup dessiner les arbres. C’est très agréable à dessiner. Et… Non mais en fait, je me suis fait plaisir (22), hein, sur le film. Le film est guidé par un désir extrêmement fort…

Des explications :
1. redouter quelque chose : avoir peur de quelque chose par anticipation
2. les tripes : normalement, ce sont les viscères, l’intérieur du ventre. Donc l’expression (familière) « mettre ses tripes sur la table » signifie qu’on expose ses sentiments, sa sensibilité.
3. Il faut dire que = c’est important de dire que…
4. un court-métrage : un film court, par opposition aux films qui font 1h30 ou plus, qui sont donc des longs-métrages.
5. À l’initiative de : cela veut dire que c’est son élève qui a lancé l’idée, qui a pris l’initiative de travailler sur ce film. C’est lui qui est à l’origine de ce projet.
6. Ne pas marcher : être un échec, ne pas avoir de succès
7. les prémices de quelque chose : un prélude à quelque chose, des signes qui annoncent quelque chose
8. génial : super, merveilleux
9. résultat : employé seul de cette manière, ce mot indique la conséquence de quelque chose.
Par exemple : Il n’a pas assez plu. Résultat, le jardin est très sec. On entend aussi très souvent: Résultat des courses, …, qui est plus familier.
10. un(e) cinéaste : quelqu’un qui fait des films
11. la Villa Médicis : c’est une institution artistique française installée dans la Villa Medicis à Rome, qui accueille des artistes en résidence pour des périodes allant de 6 à 18 mois. Le site est ici.
12. sans doute : probablement
13. à peu près : environ
14. singulier : original, jamais vu ou fait avant
15. à ma connaissance : d’après ce que je sais
16. un meunier : un homme qui fait fonctionner un moulin. (Dans ce conte, le père de la jeune fille est meunier.)
17. c’est curieux = c’est bizarre, surprenant
18. rebondir sur quelque chose (qui a été dit) : en reparler et aller plus loin
19. tout à l’heure = précédemment. Cette expression, selon le contexte, peut renvoyer à un passé très proche ou à un futur proche, mais toujours dans une même journée. C’est le temps du verbe qui indique le sens.
Par exemple : Je l’ai vu tout à l’heure = il n’y a pas longtemps aujourd’hui. / Je le vois tout à l’heure = un peu plus tard dans la journée.
20. Des chemins de traverse : des chemins qui ne sont pas directs, qui ne sont pas les chemins principaux
21. descriptive : cet adjectif porte sur le nom « approche », pas sur « couleur ». On peut dire aussi : Je n’ai pas une approche descriptive de la couleur, ce qui enlève toute ambiguïté.
22. Je me suis fait plaisir : j’ai vraiment fait ce qui était important pour moi.

La bande annonce, qui est ici, ne rend pas justice à cette histoire. Centrée sur une partie de ce conte, elle est trop réductrice, alors que le film est d’une très grande richesse. Donc il faut absolument que vous voyiez le film en entier, en vous laissant emporter par les couleurs, les mouvements et les voix !

Et ici, vous trouverez un dossier complet et des outils d’analyse de ce film.

A bientôt!

En retard… Non, en avance !

Oui, je suis très en retard ! Je n’ai rien publié ici depuis le mois de mai. Mais me voici de retour, et même, le croirez-vous, avec une longueur d’avance côté cinéma ! Vous qui me connaissez, vous savez que je vous parle en général des films plusieurs semaines, ou même plusieurs mois après leur sortie en salle. Eh bien, cette fois-ci, je suis en avance de quelques semaines. Une fois n’est pas coutume.

J’ai vu le nouveau film de Cédric Klapisch en avant-première, début août, dans une petite salle en Bretagne, donc avant sa sortie partout en France mi-septembre. Et j’ai passé un très bon moment, en compagnie de ces jeunes (trentenaires) que sait bien filmer et faire parler Cédric Klapisch. Un film qui ressemble à un conte, et pourtant il y est dans le fond question de solitude, de mal-être, de difficulté à se trouver. Mais c’est délicatement raconté et mis en mots – avec juste un ou deux moments pas forcément nécessaires à mon avis -, délicatement joué par les acteurs, pleins de charme, qui incarnent Mélanie et Rémy, délicatement drôle et parfois mélancolique. Il y a Paris, mais pas celui des touristes. Il y a un chat, un épicier, un DRH, des psys, de la musique, de la danse. Il y a des scènes qu’on attend et qui font du bien quand elles arrivent. Il y a de la légèreté et la légèreté, ça ne peut pas faire de mal. Une jolie histoire, pour ceux qui aiment le cinéma de Cédric Klapisch. C’était la conclusion parfaite d’une bonne journée d’été entre amies.

La bande annonce est à regarder ici.

Transcription :
– Bonjour. J’ai un problème de sommeil. Je sais pas ce que j’ai (1) en ce moment,je dors tout le temps.
– Bonjour. Je dors pas bien du tout.

– La position dans laquelle vous vous sentez le mieux, c’est la position de leader ? De suiveur ?
– D’accord…
– C’est une question.

– Vous vous dites que c’était une vraie rencontre ?
– Mais c’est quoi, pour vous, une vraie rencontre ?

– Comment vous vous expliquez cette crise de panique dans le métro ?
– Une dépression ?
– Peut-être…

– C’est quand même dingue (2) de tomber sur quelqu’un (3) qui a vraiment, vraiment mais (4) rien à dire ! Il a pas parlé pendant une heure. Si ! (5) A un moment donné, il m’a dit : J’ai l’impression que ça fait des années que je te cherche, quoi.
– L’angoisse ! (6)

– Tu te rappelles pas Tournaire. Karine… Karine Pélisson, la grande…
– Ah, elle était grande. D’accord. Alors…
– Brune, brune.
– Ouais, ouais.
– Elle avait les… Tu sais, elle avait les… les…
– Ah, des boucles !
– Non, non, les… les…
– Ah, des…
– Non ! Des soucis, dans sa tête.

– Ah, c’est pas vous, ça !
– C’est quoi, moi, alors ?
– Il y a pesto et pesto.

– Il ne suffit pas d’avoir compris le problème pour pouvoir régler le problème. Et en même temps, il est absolument nécessaire d’avoir compris le problème pour pouvoir le régler. Le problème.

– Ah non, pas ça ! Ça, c’est pas vous, ça.

– Faites confiance à la vie.
– Vous avez le droit d’être heureux.
– Vous avez le droit d’être heureuse.
– Bah oui, tu vois, hein, tout arrive ! (7)

Quelques détails
1. Je sais pas ce que j’ai = Je ne sais pas ce qui m’arrive, ce qui se passe. En français, on emploie le verbe avoir pour décrire l’état psychologique ou physique dans lequel on se trouve. Par exemple, quand on demande : Qu’est-ce que tu as ? à quelqu’un, cela ne signifie jamais qu’on veut savoir ce que la personne possède, mais comment elle se sent, ou pourquoi elle a une réaction particulière.
2. dingue : fou. (familier)
3. tomber sur quelqu’un : rencontrer quelqu’un par hasard. Ici, il y a une nuance négative. Elle cherchait à rencontrer quelqu’un de sympa, d’intéressant et elle est tombée sur un gars plutôt bizarre.
4. Mais : cet adverbe qui marque d’habitude l’opposition, le contraste, est utilisé ici pour renforcer ce qui est dit. (familier)
5. Si : on emploie « si » lorsqu’on a fait une phrase négative avant et qu’on veut la contredire.
6. L’angoisse ! : une angoisse est une peur intense. Ici, cette exclamation indique qu’elle trouve le comportement de ce garçon très étrange, quasiment anormal. (familier)
7. Tout arrive : cette expression souligne le fait que quelque chose finit par se produire alors que c’était vraiment inattendu ou inespéré.

Et ce film, ça a été aussi l’occasion de revoir un petit extrait de ce si beau documentaire que Cédric Klapisch a réalisé sur la danseuse étoile Aurélie Dupont! Eh oui, il nous en glisse un petit passage : le moment si émouvant du ballet d’Angelin Preljocaj où Aurélie Dupont tourne suspendue aux lèvres de Manuel Legris. J’en avais parlé ici il y a quelques années. La répétition guidée par Angelin Prejlocaj et Laurent Hilaire me touche toujours avec la même intensité que lorsque j’ai découvert ce documentaire de Cédric Klapisch. Vous en souvenez-vous ?

A bientôt.