On sort ?

Même en confinement, cette fois-ci, en France, c’est possible de sortir s’aérer sans se poser trop de questions sur ce qu’on a le droit de faire ou pas. C’était même une recommandation du gouvernement lors de l’annonce des nouvelles restrictions mises en place il y a un mois. Fin de la limite de temps et allongement des distances pour les balades, parce que l’an dernier, une heure de sortie autorisée et pas plus d’un kilomètre, c’était vraiment difficile, peu motivant et même stressant !

Donc en ce mois d’avril confiné, nous avons pu continuer à mettre le nez dehors, même s’il fallait rester dans un rayon de 10 kilomètres autour de chez soi. Selon l’endroit où on habite, cela laisse des possibilités d’exploration et permet de ne pas trop tourner en rond.

Mettre le nez dehors, c’est sortir prendre l’air. On emploie souvent cette expression familière dans des phrases négatives, pour dire qu’on ne sort pas de chez soi. On dit par exemple :
– Il faisait tellement mauvais qu’on n’a pas mis le nez dehors de tout le weekend.
– Il ne fait pas un temps à mettre le nez dehors. On est bien chez soi, au chaud !
– Depuis qu’elle est tombée dans son jardin, elle n’ose plus mettre le nez dehors.

Au lieu de passer ta journée sur un écran, tu ferais bien de mettre un peu le nez dehors !

Pendant ce confinement-ci, voulu plus « sain » par nos dirigeants, les jardineries sont même restées ouvertes, comme d’autres commerces dits « essentiels », afin que les Français puissent continuer à s’occuper de leur jardin, de leur balcon, ou de leur terrasse. D’où des publicités printanières comme celle-ci, pour qu’ils aient envie de fleurs, de légumes et de grand air. Donc mettons le nez dehors, avec la bénédiction des médecins, des virologues et des politiques, puisque nous y sommes apparemment moins exposés à ce virus qui n’a pas encore décidé de nous laisser souffler !

Pour écouter :

Et puisque nous sommes le 1er mai, voici un peu de muguet porte-bonheur !

Plus vite que la musique

A écouter :

Ou à lire :

Depuis un an, tous, nous nous sommes mis à compter encore plus qu’avant sur internet : pour télétravailler, communiquer avec nos proches ou nos amis, faire nos courses en ligne du fait de (1) la fermeture récurrente des commerces dits non-essentiels, regarder les films que nous ne pouvons plus aller voir au cinéma, visiter des musées virtuellement, assister de chez nous aux spectacles dont nous sommes privés (2). La liste est longue. Le problème s’est donc vite posé de l’efficacité de nos connexions. Et ce n’est pas parce qu’on habite une grande ville qu’on est mieux loti (3).

Alors la question, légèrement apitoyée : « Tu n’as pas la fibre ? » est devenue un grand classique (4). LA fibre, et même, comme dans la publicité ci-dessus, la Fibre avec une majuscule ! Pas besoin d’expliquer, LA Fibre, tout le monde sait de quelle fibre il s’agit, même si personne ne saurait vraiment expliquer comment ça fonctionne. L’assurance que ça ne va pas ramer (5), pas bugger, pas se déconnecter, que ça va aller vite. Plus vite que la musique, comme le dit cette pub, détournant, comme souvent, une expression de notre langue.

L’expression habituelle, c’est : On ne peut pas aller plus vite que la musique, qui signifie qu’on ne peut pas toujours accélérer et qu’il faut donc être patient et prendre le temps nécessaire, qu’il faut accepter certaines lenteurs. On dit souvent à celui qui agit dans la précipitation : Eh, pas plus vite que la musique ! / Pas la peine d’aller plus vite que la musique ! / Pourquoi tu veux aller plus vite que la musique ?

Donc voilà un slogan bien trouvé, qui nous promet que c’en est fini de la lenteur inévitable et exaspérante de nos connexions escargots. Nous ne nous impatienterons plus sur internet ! Mais si vous regardez bien les dates de l’offre tout en bas de ma photo, vous verrez qu’elle remonte à fin 2017. C’était dans mon quartier, à Marseille, pas au bout du monde du tout. Eh bien, il a fallu encore trois ans et demi pour qu’enfin, LA fibre arrive dans ce coin de notre ville ! (Et entre temps, l’abonnement est devenu plus cher!) Désormais, nous profitons donc du confort de la vitesse. Un an plus tôt, cela nous aurait rendu un immense service, lorsque dans l’urgence, tous nos cours sont passés en visioconférence et que certains de mes collègues, mieux connectés dans leur quartier, compatissaient (6) !

Pour finir, avez-vous remarqué comme certains mots sont employés avec LE ou LA, sans avoir besoin de préciser quoi que ce soit, alors qu’ils ne sont qu’un élément infime d’un ensemble et qu’on devrait dire plutôt UN ou UNE ? LA fibre. Mais aussi, en ce moment, LE masque : on porte LE masque, pas un masque. LE virus : LE virus a bouleversé nos habitudes. Comme un signe, probablement, de nos préoccupations actuelles – obsessionnelles – qui ont fait passer tant d’autres choses en arrière-plan.

Quelques explications:

  1. du fait de : à cause de
  2. être privé de quelque chose : ne plus avoir droit à quelque chose
  3. être mieux loti : être dans une meilleure situation que quelqu’un d’autre. On dit aussi : Il sont mal lotis / Ils sont bien lotis. / Il s’estime mal loti.
  4. c’est un grand classique : cette expression signifie que c’est quelque chose qui arrive très souvent, que ça n’a rien de surprenant.
  5. ramer : peiner, mal fonctionner (familier). On peut aussi employer ce verbe pour une personne: Je ne comprends rien à cet exo. Je rame vraiment!
  6. compatir : plaindre quelqu’un. On dit souvent : « Je compatis ! », mais ça peut être ironique.

Bon début de semaine !

Il fallait prévoir

Le verbe falloir n’est pas simple, à conjuguer d’une part, avec ses formes impersonnelles et d’autre part, avec ses nuances qui varient selon le temps employé. C’est le cas à l’imparfait : il fallait… Il ne fallait pas…

L’idée de ce nouvel article m’est venue à cause de la situation que nous vivons en ce moment en France : un troisième confinement, pendant tout le mois d’avril, et qui sait, peut-être plus long. On nous a bien donné des dates. Mais nous avons tous appris à ne plus jurer de rien (1) !

Ce retour à la case départ (2) est le résultat d’une étrange gestion de l’épidémie, repartie en flèche (3) depuis janvier, du pari raté d’Emmanuel Macron persuadé qu’on réussirait à « freiner sans enfermer », d’un variant apparemment plus contagieux et d’un terrible cafouillage (4) de la vaccination annoncée mais si lente à se déployer. Il y a un an, nous n’avions pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, pas assez de respirateurs. Aujourd’hui, ce sont les vaccins qui manquent !

En mars 2020, il fallait donc se protéger comme on pouvait. Il fallait se coudre des masques. Il fallait partir à la chasse (5) aux petits flacons de ce gel aux vertus devenues extraordinaires ! Il fallait rester chez soi, remplir des attestations étranges pour s’autoriser soi-même à sortir un peu, apprendre à travailler « en distanciel ». Il ne fallait plus aller au cinéma, il ne fallait plus faire de sport, se serrer la main, se faire la bise, s’asseoir à une terrasse de café. En mars 2020, il a fallu tout changer, du jour au lendemain (6).

Tout cela, c’est le premier sens de « Il fallait » : je viens de vous raconter notre quotidien, nos habitudes, celles auxquelles nous avons dû renoncer et celles que nous avons été obligés de prendre. Ce quotidien du printemps dernier, répétitif, fait de contraintes et d’interdits, c’est l’imparfait qui le dépeint avec tous ces Il fallait, il ne fallait pas.

Et voici un nouveau reconfinement, un an plus tard, comme si on n’avait pas avancé . Alors, la pillule passe mal (7) et on entend beaucoup de voix s’élever pour dire qu’il fallait reconfiner dès janvier, qu’il fallait être beaucoup plus strict il y a quelques semaines. Il ne fallait pas laisser les écoles, les collèges, les lycées ouverts. Il fallait avoir le courage de demander de nouveaux sacrifices aux Français juste après les vacances de Noël. Il ne fallait pas laisser les chiffres s’emballer (8), il ne fallait pas rouvrir les universités. Il ne fallait pas tout miser sur une vaccination impossible à réaliser rapidement.

Cet imparfait-là ne dépeint pas une réalité passée. Il fallait / Il ne fallait pas sont synonymes de Il aurait fallu…, Il n’aurait pas fallu…, et donc de On aurait dû… on n’aurait pas dû…. Des formulations qui expriment toutes un reproche, une critique de la façon dont les choses se sont passées. Mais je dirais que Il fallait est plus fort et exprime davantage nos sentiments. C’est se dire désabusé, déçu : Tu vois, c’est bien ce que je disais, il fallait réagir tout de suite. Ou par exemple dans un autre contexte : Mais pourquoi tu ne m’as rien dit ? Il fallait m’en parler !

Des explications:

  1. ne jurer de rien : c’est être bien conscient que rien n’est certain. On dit : Il ne faut jurer de rien.
  2. retour à la case départ : c’est revenir à une situation antérieure, comme si rien n’avait évolué
  3. repartir en flèche : recommencer à augmenter très fortement et très vite
  4. un cafouillage : un très mauvais fonctionnement. Cafouiller signifie que les choses se font de manière désordonnée et que le résultat est raté. (familier)
  5. partir à la chasse à quelque chose : se mettre à chercher quelque chose par tous les moyens
  6. du jour au lendemain : très rapidement, sans transition
  7. la pillule passe mal : on emploie cette expression quand les gens ont du mal à accepter quelque chose qu’ils n’ont pas du choisi. (familier)

A écouter, si vous préférez :

Je vous souhaite une bonne fin de weekend pascal.
Avec une petite touche d’humour qui circule sur internet, parce que quand même, on ne va se laisser abattre !

Jeter l’éponge ?

Dans la stratégie du gouvernement français, fermer les écoles pour freiner l’épidémie n’est plus à l’ordre du jour (1) depuis la rentrée de septembre : beaucoup de parents ont tellement mal vécu le premier confinement à la maison avec leurs enfants que le gouvernement a posé comme priorité l’ouverture coûte que coûte (2) des écoles. Il faut bien reconnaître que c’était très compliqué de jongler entre télétravail ou travail normal pour certaines professions et garde des enfants. Et il faut ajouter que c’est catastrophique pour les enfants de ne plus aller à l’école, que cela renforce les inégalités sociales et nuit aux apprentissages.

Donc les écoles ont rouvert, avec des protocoles sanitaires (3), comme on dit, très difficiles à mettre en place, très lourds : nombre d’élèves, organisation de l’espace dans les classes et les cours de récréation, contraintes dans les cantines, circulation des enfants dans les couloirs, port du masque, etc. Des pages et des pages de protocole ! Les directeurs d’école sont des enseignants, chargés de faire aussi la classe et parfois déchargés (4) si l’école est vraiment une grosse école. Alors, déjà débordés par les tâches administratives habituelles qu’on leur demande de faire en les payant au lance-pierre (5), les pauvres, ils se sont retrouvés submergés par tout ce qu’on leur a demandé de mettre en place, souvent sans moyens, sans délais (6), juste en s’appuyant sur leur conscience professionnelle dans le fond.

Mais à un moment donné, trop, c’est trop !(7) Et puis, tout simplement, les enseignants, mal protégés, pas encore prioritaires pour la vaccination, en ont assez de travailler dans ces conditions dégradées, notamment dans les régions où la troisième vague devient actuellement incontrôlable. Voici le témoignage de deux directrices d’école, entendues à la radio l’autre matin.

Transcription
– Là, actuellement, avec l’accumulation des missions, on a l’impression d’être surmenés en permanence (8), de devoir tout gérer en même temps. On a des injonctions (9) qui arrivent les unes à la suite des autres, parfois en se contredisant. On est sur la brêche (10) tout le temps. On a l’impression de devoir bâcler (11) certaines choses pour réussir à tenir les délais (12). On est directeur, mais on est enseignant également. C’est compliqué parfois de cumuler (13) les deux.
Beaucoup de directeurs pensent à quitter leurs fonctions. Amaya Bernard, directrice d’une école maternelle en Seine- Saint Denis et du syndicat SE- UNSA songe (14) même de plus en plus à quitter l’Education Nationale. Et elle n’est pas la seule à vouloir jeter l’éponge (15).
– Mes collègues vraiment qui sont tout autour de mon école, j’en ai déjà deux qui m’ont dit : « Vraiment, là, je réfléchis à repartir dans la classe parce que là, j’en peux plus (16)! On m’en demande trop et ça devient trop compliqué pour moi et au moins, en classe, eh ben j’étais plus tranquille, entre guillemets (17), avec mes 25-30 élèves, quoi ! »

Des explications:

  1. être à l’ordre du jour : être d’actualité, être quelque chose qu’on envisage de faire.
  2. coûte que coûte : à tout prix, même si c’est difficile.
  3. un protocole sanitaire : une liste de mesures à respecter, où on définit ce qu’il faut faire et ne pas faire.
  4. déchargé : les directeurs déchargés n’ont plus la charge d’enseigner en même temps qu’ils sont directeurs. On dit qu’ils ont une décharge.
  5. payer quelqu’un au lance-pierre : très mal payer quelqu’un.
  6. un délai : c’est une période de transition avant de devoir faire quelque chose. Donc sans délai(s) signifie ici sans leur laisser le temps de se retourner, dans l’urgence.
  7. Trop, c’est trop ! : c’est ce qu’on dit quand on en a vraiment assez de quelque chose.
  8. en permanence : constamment, tout le temps
  9. une injonction : un ordre
  10. être sur la brêche : être dans une situation où il faut sans cesse lutter, agir, prendre des décisions. On n’a pas de répit.
  11. bâcler (une tâche, un travail) : mal faire quelque chose parce qu’on n’a pas le temps de faire du bon travail.
  12. tenir les délais : respecter les dates, ne pas dépasser le temps qu’on nous donne pour faire quelque chose
  13. cumuler plusieurs tâches, activités : ces tâches, ces activités s’additionnent. On les fait en même temps.
  14. songer à faire quelque chose : penser à faire quelque chose, envisager de faire quelque chose. On dit par exemple: Démissionner ? J’y songe sérieusement.
  15. jeter l’éponge : renoncer, décider que trop, c’est trop et donc cesser de faire quelque chos
  16. J’en peux plus : ça suffit, je suis épuisé, je ne supporte plus cette situation. (familier)
  17. entre guillemets : si on peut dire / en quelque sorte. Elle utilise cette expression parce que bien sûr, un enseignant n’est jamais vraiment tranquille en classe ! Ce n’est pas un métier de tout repos.

Et on attend maintenant de savoir ce qui va être décidé demain côté écoles, collèges et lycées, lieux de circulation active du virus, contrairement à ce que le gouvernement soutient depuis le début de l’année scolaire. Et ce sera peut-être l’annonce d’un troisième vrai confinement… ☹

Le silence

La première chose qui m’a frappée quand nous sommes entrés dans cette période de confinement, c’est, très vite, la qualité du silence retrouvé. Pas le silence complet bien sûr mais un silence dans lequel s’était tu le bruit de fond de la ville. Je n’habite pas une rue passante. Néanmoins, il y a cette rumeur, comme en arrière-plan, plus ou moins audible selon le sens du vent et selon les heures du jour et de la nuit. Mais là, brusquement avec l’arrêt de la circulation au loin, c’était comme un temps suspendu et une quiétude d’ordinaire perceptible hors des villes. C’était à la fois bizarre et agréable.

C’était le thème de cette très courte émission à la radio, dont voici un extrait:

Transcription
– Les effets inattendus du coronavirus.
– Nicolas, il m’est arrivé un truc de dingue (1) hier après-midi !
– Racontez-nous !
– Ouais, j’étais en train de promener ma chienne, ma chienne d’ailleurs que je peux vous louer à la demi-journée, hein, si vous avez besoin de prendre l’air (2) ! Bon donc j’étais en train de marcher et tout d’un coup, un type est passé en voiture, et je ne sais pas pourquoi, s’est mis à klaxonner. Vous imaginez, le son d’un klaxon, Nicolas ! Ça fait des jours que j’en avais pas entendu ! J’étais tellement surpris que j’ ai sursauté en manquant d’écraser (3) la patte de mon canidé (4) ! Ma propre réaction m’a sidéré (5), eh oui, car cela signifie que nous nous sommes déjà déshabitués des sons habituels de la ville, et tout le monde l’a constaté, pour cause de coronavirus, le printemps est devenu silencieux. Même les sirènes des véhicules d’urgence ne hurlent plus et cette diminution du bruit est vraiment très impressionnante. Et depuis la mise en place du confinement, les émissions sonores ont chuté progressivement. Les appareils ont enregistré une baisse quotidienne moyenne de cinq à sept décibels, ce qui représente 66 à 80 % de bruit en moins. Les pics sonores habituellement générés par les deux-roues (6), les sirènes, les chantiers, les vols d’avions (7) mais aussi par les bars ou les restaurants ont presque totalement disparu du paysage. Désormais, tout n’est plus que silence et rues dépeuplées à Paris comme en province. Cette situation acoustique est totalement inédite (8).

Quelques détails :
1. dingue : fou (familier) Donc un truc de dingue, c’est quelque chose de fou.
2. Prendre l’air : sortir pour respirer et se détendre
3. en manquant d’écraser  = j’ai failli écraser…
4. un canidé : un chien (terme scientifique qu’on n’emploie jamais en parlant de son chien)
5. sidérer : étonner très fortement. C’est un terme très fort.
6. Les deux-roues : les motos et surtout les scooters qui ont colonisé les villes
7. les vols d’avions : c’est un peu bizarre de dire ça. Il suffit de dire : les avions
8. inédit : jamais vu avant, complètement nouveau

J’ai aussi pensé à cet album de Rébecca Dautremer : Le Bois dormait, dans lequel toute une petite ville s’est figée dans le sommeil de ses habitants, tous mystérieusement atteints par un endormissement inexpliqué. Ils ont été comme saisis dans leurs occupations, aussi ordinaires que les nôtres, même si leur univers est féérique. Comment, en ce moment, ne pas nous identifier à eux dans cet état de suspension et d’attente qui est le leur depuis si longtemps et le nôtre depuis peu !

Je vous emmène faire un petit tour dans cet univers, sans vous en dévoiler la fin !
(Vous vous souvenez sans doute de Rebecca Dautremer.)

Transcription:
Cet album est vraiment un très bel album, par les couleurs, par l’histoire, mais aussi tout simplement par sa taille, parce que comme vous voyez, il est assez grand. C’est pas tout à fait un carré mais il fait donc 30 sur 34 centimètres, et ça permet d’avoir des illustrations qui sont très, très lisibles, très belles, très grandes, sur un papier vraiment de qualité. Les illustrations se trouvent sur la page de droite, et sur la page de gauche en fait, en général, donc il y a deux petits personnages qui vont nous conduire dans cette histoire. Et vous voyez qu’il y a un des personnages qui est un personnage plus âgé qui parle en fait à un jeune homme – et ce jeune homme parfois a l’air de s’ennuyer – et c’est lui qui va en fait être essentiel dans l’histoire. Donc on les voit s’en aller vers ce Bois qui dort, guidés par le personnage plus âgé et ce qui est assez amusant, c’est ça, c’est la façon dont les paroles de chacun sont écrites. Ce ne sont pas des bulles, ce sont des petits textes au-dessus, au-dessous de ces personnages, ça fait penser à des BD beaucoup plus anciennes, du début du vingtième siècle. Et voilà, donc c’est un style très particulier.

Et pour emplir ce silence, Bach. Et un magnifique pianiste.
De quoi nous réconcilier avec notre condition d’humains (qui est racontée par mes étudiants sur France Bienvenue ! 😉 )