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A la soupe !

Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Question classique !
Comme le temps n’est pas encore tout à fait printanier, une bonne soupe est encore la bienvenue !
Quand mange-t-on de la soupe en général ? Chez nous, c’est effectivement plutôt le soir, notamment quand il s’agit d’une soupe de légumes. Donc c’est au dîner.

Dîner, souper, déjeuner.
L’emploi de ces mots (aussi bien les verbes que les noms) a varié au fil du temps.
Il n’est pas non plus le même selon les régions en France.
Et pour compliquer les choses, il change aussi en fonction des pays où on parle français.

Alors voici ce qu’on dit chez moi (comme chez beaucoup de Français) en 2018 :
– On déjeune à midi et on dîne le soir.
– On n’emploie jamais le verbe souper, qui était utilisé autrefois et continue à l’être dans certaines régions.
– Mais la soupe reste un plat important !
Quand on est petit, les adultes disent : Mange ta soupe, ça fait grandir.
Pour dire que c’est l’heure de manger (à midi ou le soir), on dit de façon familière : A la soupe !

Cette publicité pour une célèbre marque de soupes toutes prêtes joue donc sur les mots, pour nous inciter à mettre ses préparations à nos menus du soir.

Mais quand même, entre une soupe maison et une soupe industrielle, le choix est vite fait ! C’est tellement facile à faire, une soupe ! Et le parfum de la soupe qui cuit! Il suffit d’avoir pensé à acheter des légumes et d’avoir un peu le temps de la laisser cuire.

Alors, ce soir, nous allons nous régaler avec une soupe encore un peu hivernale, en attendant de passer bientôt aux soupes au pistou ou aux soupes froides et rafraîchissantes de la belle saison :
notre dernière courge butternut et des poireaux, coupés en petits morceaux et revenus dans un peu d’huile d’olive, des gousses d’ail, une ou deux feuilles de laurier et des pois cassés, pour changer des pommes de terre. Que demander de mieux ? 😉

Bon appétit !

Il a déjà été question de soupe sur mon site, ici.

N’oubliez pas de lire les commentaires ajoutés à cet article, pour savoir ce qu’on dit ailleurs ! Merci à La Culturothèque du Masque, en direct de la Belgique et à Anne Jutras, en direct du Québec.

En cuisine

Un château du Moyen-Age, un très vieux pont en pierre, une rivière tranquille, un très beau village. Et un restaurant excellent où on est si bien accueilli. Voici Belcastel, dans l’Aveyron. Nous y avons dîné entre amis l’été dernier car c’est tout près de là où nous avons notre maison aveyronnaise. Nous y retournerons.
Pour vous faire une idée de ce que nous avons dégusté, vous pouvez aller sur le site du restaurant du Vieux Pont.

Mais vous allez aussi vous régaler en regardant l’émission de Julie Andrieu qui est passée à la télévison il y a quelques semaines et consacrée à la cuisine aveyronnaise. Ses émissions, les Carnets de Julie, sont bien agréables car elles mêlent cuisine et visite des régions de France, avec Julie donc, vraiment parfaite dans son rôle de guide et qui sait questionner les cuisiniers, les producteurs et tous les gens qu’elle rencontre et met à l’honneur. C’est vivant et vous entendrez un français absolument naturel, avec des accents différents selon les régions choisies. C’est comme si on accompagnait Julie Andrieu dans ses voyages. Tellement plus agréable que ces émissions de cuisine à la mode où cuisiner est mis en scène et scénarisé comme une compétition, un affrontement entre candidats. Je ne supporte pas!

Là, c’est comme si on partait avec une copine sympathique, à la découverte des belles et bonnes choses de la vie.

L’émission entière est ici.

J’en ai transcrit juste un petit passage qui me plaisait bien, parce que Nicole Fagegaltier y raconte son histoire. Accent aveyronnais pour dire ses débuts et son amour pour son village. Mais tout le reste était bien. (Je suis devenue un peu chauvine!)

Cet extrait commence à 5’20, dans la cuisine de Julie. Mais regardez dès le début quand même pour vous plonger dans l’ambiance ! Et continuez ! 🙂
(Si vous avez des questions sur d’autres passages, n’hésitez pas à me les poser bien sûr)

Voici juste le son, si ça vous rend service:
Nicole Fagegaltier

Transcription :
– Alors Nicole, raconte-moi, donc cet établissement (1), c’est un établissement familial ?
– Tout à fait. C’était ma maman donc qui avait le restaurant avant moi, même ma grand-mère encore avant.
– Ah oui, donc c’est trois générations.
– Oui, voilà, c’est ça. Mon père et mon grand-père avaient aussi la ferme. Donc j’ai grandi dans cet univers de bons produits, d’une bonne cuisine, voilà, où la convivialité (2) …
– Où il y avait les produits de la ferme qui alimentaient le restaurant ?
– Tout à fait. Voilà.
– Et la convivialité, tu disais ?
– Et la convivialité, parce que j’avais un papa qui avait vraiment le goût… le sens de l’accueil et qui aimait recevoir, et notre maison était toujours remplie et toujours ouverte à tout le monde.
– C’est toujours un peu le cas, hein. On a l’impression d’arriver chez quelqu’un quand on arrive chez toi, chez vous.
– Bah oui, c’est notre maison.
– C’est ça. Eh oui, parce que vous habitez à l’étage !
– Voilà, tout à fait. On reçoit chez nous.
– Eh oui !
– Par contre, j’ai besoin d’aide pour allumer le feu.
– Alors, ça, je peux faire. Attends. On allume celui-là ?
– Oui.
– On tourne.
– Parfait.
– Voilà.
– Donc je vais mettre un peu d’huile, faire… laisser chauffer.
– Oui, donc huile d’olive.
– Oui. Peu importe. Oui.
– Je te sens pas à cheval (3). Et tu t’es toujours destinée à la cuisine ?
– Disons qu’au départ, quand, à l’âge de 15-16 ans, quand il faut commencer à prendre une première voie, moi j’ai senti que j’avais envie de rester à Belcastel et donc j’ai dit je sais pas ce que ça va donner (4), mais je veux rester à Belcastel. Et donc j’ai choisi de rentrer à l’école hôtelière.
– D’accord.
– J’étais pas très forte en cuisine, même pas du tout !
– Ah bon !
– Les premiers mois ont été très laborieux, difficiles.
– Ah oui ? C’est vrai ?
– Mais bon, moi, mon souci, c’était de revenir dans mon village. Je savais que la cuisine m’amènerait à y revenir. Et donc c’est ce qui m’a…
– Oui, c’est ça. D’accord.
– … encouragée à rester à l’école hôtelière.
– Je comprends. Quel que soit finalement le moyen, tu voulais en tout cas vivre dans ce cadre (5).
– Voilà, tout à fait.
– Je peux mettre les légumes tout de suite ou il faut faire rissoler les os ?
– J’aurais préféré mettre les os à rissoler. Mais ça fait rien, c’est bon, c’est bon.
– C’est pas grave. Donc je mets pas tous les légumes dedans.
– Non mais là, c’est bien, déjà. Après, tu vois, il y a de la viande aussi comme tu disais.
– Ouais, c’est bien ! C’est bien.
– Bah disons que pour faire un bon jus quand même, il est important d’avoir les os et la viande.
– Alors, moi je te propose qu’on aille visiter ta région ensemble, cette belle région.
Bah c’est avec plaisir.
– Mais oui. Ce sera toi notre guide et voilà. Départ pour l’Aveyron.

– C’est là où je suis née et tous les jours, je suis émerveillée, suivant (6) la lumière, les moments de la journée, tout me plaît ici et je suis contente d’y être restée et d’avoir fait ce choix il y a bien longtemps.

Le château féodal du 9è siècle, autour duquel les maisons se sont construites, constitue l’âme du village. Abandonné par le dernier héritier au 16è siècle, il est tombé en ruine au fil du temps. Il faudra (7) attendre le 20è siècle pour que la citadelle reprenne vie.

– Il y a souvent de la sérénité qui se dégage d’ici hein, de la douceur. La rivière apporte beaucoup. Elle rythme la vie du village aussi. Ce que j’aime bien, c’est qu’ il suffit de se promener, puis on découvre toujours quelque chose à… qu’on peut… qu’on peut cueillir, ou les violettes ou les nombrils de Vénus pour mettre dans les salades. Délicieux ! De la mâche (8), c’est super bon ! Je peux pas m’empêcher quand je me promène, de penser à certaines recettes ou comment je pourrais améliorer tel plat. Voilà comment on construit des fois aussi une assiette. On va aller voir un de nos petits jardins, tout petits jardins. Bon, les herbes (9) sont encore un peu sous terre, mais bon, on a l’oseille quand même, le thym. Hum , ça sent bon, le thym ! Les plantes principales dont on a besoin en cuisine se situent dans ce jardin. Belcastel est comme ça : chacun a sa maison avec un petit bout de terrain, des tout petits jardins, tout petits.

Des explications :
1. un établissement : ici, il s’agit du restaurant de cette cuisinière, donc de son entreprise.
2. La convivialité: le sens de l’accueil.
3. Être à cheval sur quelque chose : estimer que quelque chose est très important et qu’on ne peut pas faire autrement. Par exemple : être à cheval sur la qualité des produits. / être à cheval sur la ponctualité = estimer qu’être ponctuel est essentiel et ne pas accepter que les gens soient en retard. Ici, elle veut dire qu’elle n’a pas l’impression que pour Nicole Fagegaltier, ce soit fondamental d’utiliser de l’huile d’olive.
4. Je ne sais pas ce que ça va donner : je ne sais pas quel sera le résultat.
5. ce cadre: cet environnement, ce lieu
6. suivant la lumière : selon la lumière, en fonction de la lumière
7. il faudra attendre… : il s’agit du futur que, bizarrement, on emploie souvent en français pour raconter des faits historiques ! (Cependant, beaucoup d’historiens critiquent cet usage du futur qu’on appelle futur historique.) En fait, il donne la sensation de l’enchaînement des événements.
8. la mâche : c’est une variété de salade
9. les herbes: il s’agit des herbes aromatiques, qu’on utilise pour parfumer les plats, comme le thym; la sarriette, le persil, etc.

L’été dernier à Belcastel

A la cantine

Je suis étonnée par le nombre croissant de jeunes qui ne déjeunent plus à la cantine de leur collège ou de leur lycée, mais dans la rue. De plus en plus de boulangeries proposent sandwiches et boissons, des camions pizza s’installent près des établissements scolaires, reflétant et accompagnant cette désaffection pour la restauration collective. Les raisons sont multiples, avec entre autres cette montée d’un individualisme qui fait que chacun veut choisir tout seul jusqu’à la gestion de ses repas. Mais il faut dire aussi que la nourriture servie dans les cantines scolaires n’est pas toujours de qualité! (C’est un euphémisme.) Rien n’est plus cuisiné par des cuisiniers, on décongèle des aliments industriels, qu’on choisit les moins chers possible. Alors, payer pour ça ?

Dans certaines communes, les maires et les élus ont donc décidé de réagir pour donner le meilleur aux enfants dans les cantines des écoles, pour les nourrir comme des enfants le méritent, pour qu’ils grandissent en bonne santé. Et aussi pour qu’ils aient plaisir à manger de bonnes choses, appétissantes et qui sentent bon, plaisir à découvrir des plats variés, sans gaspiller. Et plaisir aussi à partager les repas avec les copains! Tout cela redonne du travail à ceux qui cultivent localement et correctement nos légumes et nos fruits. Voici un petit reportage enregistré dans le sud-est de la France et entendu un matin à la radio en décembre dernier. J’aurais bien aimé que mes fils aient la chance de manger dans une telle cantine quand ils étaient enfants puis ados ! On compensait au dîner mais quand même…

Cantine bio

Transcription :
On arrive à l’heure de pointe (1), les enfants sont en train d’arriver à la cantine. Les plateaux d’abord, avec les couverts, le dessert. Ensuite, il y a du fromage, un petit peu de salade à des proportions plus ou moins grosses. Et puis là-bas, il y a le point chaud.
– Qu’est-ce que tu manges ?
– Des pâtes avec de la viande.
– C’est quoi, la viande ?
– De l’agneau.
– Au début, ils goûtent et puis des fois, ça leur plaît, et puis ils reviennent en chercher. Il y a pas de souci, on redonnne, hein.
– Je m’appelle Badi Gan.(?)
– Tu as tout mangé, toi !
– Ouais. C’est bon. Bio, c’est… Ça donne des vitamines. McDo, c’est pas pareil, c’est pas bon.
– Qu’est-ce que tu aimes comme légumes ?
– J’aime les épinards.
– Alors c’est rare, les enfants qui aiment les épinards !
– Ouais. Parce que tu manges et… et ta langue, ils (2) donnent des goûts et tu re-goûtes et tu aimes.
– Merci !
– Bon après-midi !
– On va passer à la télé ou à la radio ?
– A la radio.

On vient de finir de manger, c’était très bon et là, maintenant, direction la cuisine.
– Quel est votre plat favori ?
– Bah ce que j’ai fait à midi : le gigot d’agneau, qui est confit un peu avec des légumes comme ça entiers au four. En principe (3), l’agneau, ils sont pas trop fans. Et là, à midi, bah j’en ai sorti au fur et à mesure (4) parce que j’avais pas assez. En légumes, ce que j’aime bien cuisiner, le gratin de blettes avec le riz dedans.
– En cantine (5), c’est un défi, hein, pour faire manger les enfants, hein !
– Bah là, quand on fait des gratins de blettes, donc on va faire 42 kilos de blettes et en principe, il y a plus rien (6).
– Je peux avoir votre petit prénom (7) peut-être et votre qualification ?
– Alors, c’est Michèle mais on m’appelle Michou.
– Alors vous, vous avez vu l’évolution de cette cantine.
– Ah oui ! On jette dix fois moins ! Ah oui, oui. Moi, je me souviens, c’était une horreur (8), hein, oui, oui !
– Gilles Perole, vous êtes adjoint au maire ici, et vous êtes artisan (9) de ce passage au bio. Est-ce que ça coûte plus cher ?
– On est à 2,04 euros de coût aliments. Acheter du bio, même si on l’achète plus cher, conduit à rechercher des sources d’économies qui sont très vertueuses. Par exemple, nous, pour financer le bio, on était à 145 grammes de gaspillage alimentaire par repas en 2010. On est aujourd’hui à 30 g. Le plus aberrant (10), c’est que dans toutes les cantines de France, on jette un tiers de ce qu’on produit !

– D’où viennent les aliments pour fabriquer ces repas, Béatrice ?
– Eh bien, la totalité des produits sont régionaux. Les légumes, eux, viennent du jardin communal (11), où je vous emmène. Domaine de Haute Combe ici, c’est là que, Sébastien Jourde, vous cultivez ce qui finit dans les assiettes.
– C’est ça, ouais. Je suis maraîcher (12) communal, donc fonctionnaire (13) et agriculteur.
– Et des belles mâches, là, non ? C’est ça ?
– Ouais. De la mâche (14), des choux chinois. Après, il y a des choux pointus sous les voiles (15). Ici, on a des poireaux. Voilà, on a récolté des patates douces qu’on a stockées, là, il y a pas longtemps. Plus haut, il y a les céleris, blettes… enfin, il y a pas mal de légumes. Que la collectivité (16) s’occupe de la production et de l’alimentation des enfants, je trouve ça plutôt bien. Puis au-delà de ça, bah tout ce qui est préservation des terres agricoles en péri-urbain (17), c’est l’essentiel pour… enfin, les années à venir. Puis… enfin moi, je mange à la cantine aussi, donc je vois que les enfants sont plutôt enthousiastes. Donc voilà, ça aussi, c’est gratifiant.
– Alors, voilà les serres.
– Des oignons aussi.
– Coriandre.
– Ça, c’est quelque chose qu’on trouve très peu en restauration collective (18), les herbes aromatiques.
– Ah bah oui, ça a pas de goût (19), c’est sûr !
– Parce que c’est cher. Donc là, il y en a toujours et on y tient (20).

Des explications
1. l’heure de pointe : le moment où il y a la plus forte affluence. Normalement, on utilise cette expression plutôt à propos des transports ou de la circulation sur les routes.
2. Ils donnent ( ou il donne?) : en fait, la langue est féminin, donc ça devrait être : elle donne.
3. En principe : ici = en général.
4. Au fur et à mesure : peu à peu, en fonction de la demande
5. en cantine : c’est un peu étrange de dire ça comme ça. Elle veut dire : dans le domaine des repas de cantine.
6. Il n’y a plus rien = il ne reste rien / Il n’y a plus rien à la fin
7. votre petit prénom : d’habitude, on dit : votre petit nom, pour parler du prénom, dans un style familier.
8. C’était une horreur : la quantité jetée était horrible. On était horrifié quand on voyait tout ce qui était gaspillé.
9. être artisan de quelque chose / être l’artisan de quelque chose : en être le responsable, jouer un rôle décisif, prendre l’initiative de faire quelque chose, comme un artisan, qui fabrique quelque chose de ses mains.
10. aberrant : absurde et révoltant. Ce terme est fort.
11. communal : qui appartient à la commune, c’est-à-dire la ville
12. un maraîcher : il cultive des légumes
13. fonctionnaire : parce qu’il est employé par la municipalité au lieu d’être à son compte, comme les agriculteurs normalement
14. la mâche : c’est une sorte de salade. On dit : de la mâche, pas des mâches. Mais elle a utilisé le pluriel sans doute parce que cette salade est faite de petits bouquets.
15. Les voiles : pour protéger les légumes du froid, du gel.
16. La collectivité : la communauté. C’est lorsque les gens se regroupent pour atteindre un objectif commun au lieu d’agir individuellement. Les repas des enfants à l’école sont l’affaire de la commune, pas de chaque famille séparément.
17. En péri-urbain : dans les zones péri-urbaines, c’est-à-dire juste autour des villes
18. la restauration collective : le secteur qui s’occupe des repas dans les cantines
19. ça a pas de goût : elle parle des repas habituels dans les cantines, qui sont souvent insipides parce qu’on privilégie le bas coût au lieu d’essayer de fournir des repas simples mais de qualité parce que vraiment cuisinés, avec beaucoup de produits locaux.
20. On y tient : on y est attaché, c’est important pour nous, donc on le fait. A venir très bientôt : un petit article sur cette expression ! 😉
Mise à jour : Pour en savoir plus sur cette expression, cliquez ici.

Ce court reportage est à écouter en entier ici. Vous trouverez aussi détails et photos sur leur page.

Voici les miennes chez mon frère qui cultive de bonnes choses.

On observe depuis un peu plus longtemps la même chose chez les étudiants, qui boudent le resto U. Certains apportent leur repas, c’est la mode du bento ou de la lunch box. J’en avais parlé avec trois de mes étudiantes sur France Bienvenue. C’est ici, si vous n’aviez pas écouté.

Des lacunes en légumes

Un peu d’humour, avec cette publicité pour une chaîne de supermarchés. (qui comme tous les vendeurs ne perd pas une occasion de tirer parti des tendances de notre société.)
En même temps, on voit qu’il y a un peu de travail à faire pour revenir à une alimentation moins industrielle ! Et que ça commence petit.
Et que c’est bien gentil de parler d’alimentation saine, si on continue à produire et vendre de la m*** et à servir ça dans la plupart des cantines de nos enfants !

Cette publicité est ici. (Avec un peu de chance, il n’y a pas de pub avant !)

Transcription
Eléphant.
Eléphant.
Et ça, qu’est-ce que c’est ?
Un crocrodile*. (1)
Un ninoré… Un ninocéros*. (2)
Et est-ce que vous connaissez ça ? Vous avez pas d’idées ?
Une asperge.
Non, un artichaut.
Ça peut être des oignons.
Ah ! Ça sent l’ail !
On le trouve où, ça ?
Dans les magasins.
Ça peut pousser où ?
Dans les arbres.
Et ça, c’est un concombre. Et ça, c’est un concombre.
Courgette.
Concombre.
Bah sinon, ça c’est grand, le concombre, et celui-là, il est petit.
Courgette ! C’est une courgette, voyons !
Bah oui, c’est un chou-fleur. J’ai envie de manger.
C’est un chou-fleur, ça ?
Oh mais… Oh mais c’est pas cuit.
Une asperge. Non.
Bah une asperge, c’est pas comme ça.
Vous connaissez les patates douces ?
Bah oui, c’est des patates. Douces. Ça, c’est pas doux, hein !
Ça, c’est quoi ?
C’est des frites.
C’est des frites ?
Ouais.
C’est du céleri.
Mais non !
Pour faire les frites, c’est avec de la patate (3) !
Ah, touche ! Ça, c’est une patate douce.
C’est de l’oignon.
C’est une courgette.
Ah, du poireau.
Je sais vraiment pas. Mais c’est très beau.
C’est un panais. Vous avez déjà entendu parler du panais ?
Non.
Jamais ?
A part le poisson pané. (4)

Quelques détails :
1. un crocrodile : beaucoup d’enfants ont du mal à dire un crocodile !
2. Un ninocéros : je n’avais jamais entendu ça pour dire un rhinocéros ! Très mignon.
3. Une patate : c’est l’autre mot qu’on emploie pour les pommes de terre. (un peu plus familier)
4. un panais / pané : il y a encore beaucoup de gens, sans parler des enfants, qui ne connaissent pas les panais. C’est redevenu à la mode assez récemment en fait. Evidemment, ce petit garçon rapporte ce mot à son expérience : il a mangé plus de poisson pané que de panais ! Mais dans beaucoup de régions, on ne prononce pas ces deux mots de la même façon. Le son « ai » n’est pas comme le « é » en fin de mot, sauf pour les gens du sud par exemple.

Ils sont marrants, ces petits ! Et pleins de fraîcheur.
Il faudrait juste qu’ils aillent plus souvent faire le marché avec leurs parents ou jardiner !

A propos du rôle des parents justement, il faut regarder la petite vidéo de Camille Lellouche, humoriste ! Je suis tombée dessus par hasard aujourd’hui. Heureuse coïncidence !
.
C’est ici. Elle prend tous les rôles et c’est plus vrai que nature !

Transcription:
Ils ont fait une pub, tu sais, avec les gosses (1) qui doivent deviner différents légumes. Et donc tu as quelqu’un qui leur montre, tu vois, des courgettes, du céleri, etc. Et les mômes (1), ils connaissent rien, quoi ! Ils sont débiles (2) ! Vraiment, c’est des tebes (3) ! Mais la faute à qui ?
Toi, tu es parent. Tu regardes le casting, tu dis : « Alors on cherche abruti (4) qui connaît pas les légumes à 12 ans. » C’est bon, c’est mon fils !
Ça veut dire que toi, en tant que parent, tu sais que ton fils ne connaît pas les légumes. A cause de toi. Bah tu es un peu con, con (5), hein ! Ouais. C’est horrible, tu sais que ton fils est bête. Genre (6) dès que tu arrives, tu vois le directeur du casting : « Alors, il est vraiment stupide, mon fils ! Si il connaît les courgettes ? Ah non, il croit que c’est du chou-fleur. J’ai tout inversé… tout inversé à la naissance. Ouais ouais, c’est… il est complètement tebe, ouais. »
Pauvres enfants ! Il y a des parents, au niveau de la têtasse (7), vous êtes un peu… un peu cucul (8). Ouais. Je suis complètement dépitée (9). Merde, le môme, à un an, deux ans, fais-lui goûter, là ! Fais-lui des purées ! Normalement, à trois, quatre ans, le môme, si tu lui as montré un peu les légumes, tu vois, un peu le marché, les trucs, bah il reconnaît, quoi ! Pauvre gosse !
Je lui fais manger que de la merde (10), hein : Moi, c’est frites, patates ou rien, hein ! Et tout surgelé, congelé, ouais. Si je sais ce que c’est une courgette ? Ah non ! Non, non. C’est un féculent ?

Quelques explications :
1. les gosses / les mômes : les enfants. Môme est un peu plus familier que gosse.
2. débile : idiot, stupide. Traiter quelqu’un de débile est une insulte.
3. Tebé : c’est du verlan, c’est-à-dire les mots dits à l’envers. Ici, c’est donc le mot : bête, synonyme de débile, idiot, stupide.
4. Abruti : un abruti est quelqu’un qui est complètement stupide. C’est une insulte.
5. Con : stupide, idiot. Terme vulgaire.
6. Genre : on emploie ce mot pour donner un exemple de situation. (familier)
7. la têtasse : la tête. Ce mot n’existe pas, mais le fait de rajouter -asse au bout donne un côté péjoratif. Elle veut dire qu’ils n’ont pas de tête, pas d’intelligence.
8. Cucul : pas très intelligent. (familier) C’est comme dire : « con con » en fait, mais en moins vulgaire. A propos de « con con », le fait de répéter ce mot l’adoucit un tout petit peu. C’est un peu moins brutal de dire : Il est con con, que de dire : Il est con. On fait un peu la même chose avec : Il est bête et Il est bebête (un peu moins méchant).
9. Dépité : abattu, très déçu
10. de la merde : des choses pas bonnes du tout (vulgaire)

Ah bon ? Y a foot ce soir ?

A Marseille, le foot, on connaît. Difficile d’y échapper. Et on s’en est bien rendu compte avec les violences des hooligans déchaînés ce weekend au centre-ville. Une chose est sûre, il est partout et sert à tout, même là où il paraît le plus incongru.

Et comme le foot et la gastronomie ne vont pas tout à fait ensemble et qu’il faut se nourrir – à défaut de boire – pendant les matches, les marques de surgelés n’allaient pas laisser passer l’occasion.

Donc voici une pub reçue par mail, avec, comme souvent, jeux de mots, expressions, formules. Bref du français en action. C’est le bon côté des pubs !

Foot et surgelés

C’est foot, alors restons dans le registre du foot : à l’heure du coup d’envoi du match, il faut être prêt devant sa télé. Donc c’est aussi l’heure du coup d’envoi – un peu avant – pour les commandes par internet de bonnes pizzas surgelées.

Les enfants regardent aussi (davantage de garçons que de filles en France) . Ambiance familiale. Tout le monde vit à l’heure du foot. (Il paraît qu’on est parti pour une cinquantaine de matches, en un mois…)

Foot et glaces pour enfants

Alors, voici des glaces pour les enfants, qui ne resteront pas sur la touche, c’est-à-dire pour nos petits qu’on n’oublie pas, qu’on fait participer à l’événement. Rester sur la touche, c’est regarder ses coéquipiers courir sur le terrain lorsqu’on est le joueur puni pour faute ou le joueur remplaçant qui attend son heure sur le banc de touche. Des jolies glaces comme des ballons de foot bien sûr.

Mais le foot s’est glissé dans un tout autre univers, sur un compte instagram qu’on pouvait penser imperméable à cet événement sportif ! Humour, second degré, téléscopage de deux mondes.

Foot et musée Rodin

Mais aussi téléscopage des styles : je n’aurais pas pensé à employer le qualificatif de « beaux mecs » à propos des sculptures de Rodin ( et pas forcément non plus à propos des footballeurs!) , même s’il a effectivement travaillé certains de ses modèles comme des athlètes. Terme un peu trop familier ! Tout comme le ton, oral, du « Y’a » qui nous interpelle au début de la phrase. Humour décalé, pour « dépoussiérer » les musées ?

A ce propos, je ne sais pas pourquoi on trouve très souvent écrit : Y’a, avec cette apostrophe qui n’a pas de sens, et qui tend probablement à restituer le côté oral de « Il y a » prononcé ainsi quand on parle de façon familière. L’apostrophe sert en général à indiquer qu’on a supprimé une lettre, comme par exemple « que » qui devient qu’. Mais ici, il ne manque rien entre Y et a.

Bon, en attendant, y a 80 minutes que le match du jour est commencé et les beaux mecs de l’équipe de France ne brillent pas en face des beaux mecs de l’équipe albanaise au stade Vélodrome de Marseille ! A l’heure où j’écris, y a toujours 0-0. Mais qu’est-ce qu’ils font, tous ces beaux mecs avec leur ballon rond ?

Le jeune papa qui voulait apprendre à cuisiner

CuisinerC’est très à la mode de raconter des histoires de la vie des gens ordinaires. C’est ce qu’ont compris les entreprises pour se faire de la publicité, poussant ainsi plus loin la vieille idée de mettre en scène des utilisateurs de leurs produits. Maintenant, ce sont de véritables petits films, à regarder sur leur site ou les réseaux sociaux. Et la cuisine est partout ! Je suis donc tombée sur de nouvelles vidéos qui mettent en scène un cuisinier plein d’énergie et des apprentis-cuisiniers, avec en arrière-plan cette fois-ci une marque d’huile qu’on trouve partout. (Mais ils ne passent pas leur temps à mentionner le nom de cette huile. Donc c’est regardable comme une petite tranche de vie.)

Fred et CédricEncore de la cuisine, allez-vous dire ! Oui, mais c’est surtout parce que j’ai trouvé que les échanges entre Fred et ceux qui ont besoin de ses conseils étaient une belle leçon d’oral, pleine de naturel, de mots familiers, la vraie vie donc! Et accessoirement, j’ai retenu une astuce pour faire une excellente mayonnaise, que je testerai un de ces jours !

Voici donc l’un de ces épisodes, en cliquant ici, où Fred apprend à Cédric comment s’y prendre et épater sa compagne en lui cuisinant de bons petits plats.

Transcription
Vous savez quoi ? Pour moi, la cuisine populaire, c’est à la fois des plats simples et gourmands. Bah ça, c’est tout ce que j’adore. Mais cuisiner au quotidien, c’est parfois compliqué pour ceux qui manquent de temps, d’expérience ou encore d’idées. C’est pourquoi j’ai décidé d’aller à leur rencontre, pour partager avec eux toutes les petites astuces que j’ai pu glaner au cours de ma vie de cuistot (1) tout terrain (2). Parce que après tout, cuisiner sans en faire tout un plat (3), croyez-moi, c’est possible.

– Oui, oui, non non, t’inquiète pas, non, non, je t’attends, non, non. Je suis juste à la sortie du métro. Non, non, prends ton temps. Tout va bien, à toute (4), ciao.
Là, j’étais en ligne avec Cédric. Il est toujours à la bourre (6). Ça, on m’avait prévenu. En fait, il est éditeur de jeux vidéo, il bosse comme un dingue (7), et en plus de ça, il vient d’avoir un petit bébé avec sa compagne (8) Malène. Alors, jusqu’à présent, c’était elle qui était la préposée aux fourneaux (8). Mais là, depuis l’arrivée du petit, franchement, il a décidé de mettre la main à la pâte (9).

Lire la Suite…

Six ans

Comme certains le savent, j’ai commencé à écrire ce blog il y a six ans, le 14 février (sans qu’il y ait aucun rapport avec la Saint Valentin, qui faisait alors encore moins partie de notre environnement qu’aujourd’hui.) Pas de bilan, juste l’étonnement d’être capable de persévérer, avec parfois des doutes, des absences. Et finalement, toujours un commentaire, un message, une question, qui font que je continue ! Alors, il y a aussi l’étonnement de voir que certains ne se sont pas encore lassés de lire, écouter, regarder ce qui m’intéresse. Pourtant, à force, je suis très prévisible ! Mais on dit aussi qu’un blog doit avoir une certaine unité, alors je me rassure de cette manière ! Parce qu’au-delà des thèmes récurrents dans mes billets, il y a toujours ce français que je partage avec vous qui l’apprenez à travers le monde, vous qui trouvez probablement ici un petit quelque chose qui vous rend notre langue et notre culture plus désirables.

Qui dit anniversaire, dit gâteau d’anniversaire !
Voici donc la recette d’un gâteau… invisible. J’ai succombé à la dernière mode mais surtout à un joli livre de cuisine, plein de couleurs et de recettes qui m’ont paru tenir la route. (A la longue, on sait dire si une recette devrait être bonne ou pas !) Elles sont toutes basées sur le principe qu’il y a peu de pâte et beaucoup de fruits coupés en fines lamelles – pommes, poires, mangues, etc. – pour donner la texture de ces gâteaux. (Il y a aussi des variantes salées, avec des légumes, tout aussi appétissantes.)

Oui, ce blog est un fourre-tout ! Donc voici la recette écrite pour ceux qui veulent juste faire les gourmands – je pense à mes amies instagram – et également la recette enregistrée et illustrée pour ceux qui veulent aussi « manger » du français.
Bon appétit !


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Ou juste l’enregistrement :
Le gâteau invisible citron myrtilles

Les ingrédients :
800 grammes de pommes coupées en lamelles régulières de 1 mm d’épaisseur
150 g de myrtilles (surgelées quand ce n’est pas la saison)
1 citron non traité
2 œufs
90 g de sucre en poudre
40 g de beurre fondu
120 g de farine
80 ml de lait
20 g + 10 g de sucre roux

La recette :
– Préchauffez le four à 180°C.
– Fouettez les œufs avec le sucre, en mélangeant bien pour que le sucre soit bien fondu.
– Ajoutez le beurre fondu, puis la farine, puis le zeste du citron râpé.
– Délayez avec le lait et le jus de citron. (un demi citron si le citron est vraiment gros)
– Epluchez les pommes, coupez-les en quartiers et faites de fines lamelles de 1 mm d’épaisseur (bien régulières.) On peut utiliser une mandoline ou un couteau qui coupe bien.
– Incorporez les lamelles à la pâte, en faisant attention pour qu’elles restent entières.
– Beurrez un moule et saupoudrez le fond avec 20g de sucre roux. Choisissez un moule juste à la bonne taille pour avoir une certaine épaisseur de pâte. (un moule rond de 24 cm de diamètre par exemple)
– Versez la moitié de la préparation dans le moule.
– Recouvrez avec les myrtilles, puis versez le reste de la pâte dessus, avec précaution pour que les myrtilles ne se mélangent pas avec le reste.
– Saupoudrez avec 10g de sucre roux.
– Faites cuire au four pendant 50 minutes.
– Laissez refroidir avant de démouler. On peut décorer avec des myrtilles et des morceaux de zeste de citron.

Bonne dégustation ! Et si vous ne mangez pas tout le jour même, mettez ce gâteau au réfrigérateur. Il est très bon frais également !

La petite touche de français: le temps des recettes
Les recettes de cuisine, qui sont des instructions, s’écrivent soit à l’infinitif, soit à l’impératif.
– l’infinitif donne un côté plus distant, plus neutre : Verser la pâte dans le moule.
– l’impératif a une tonalité plus directe, plus vivante, comme si quelqu’un était en train de vous guider dans cette recette. On vouvoie le lecteur : Versez la pâte dans le moule.
– Et dans les livres de cuisine pour les enfants – mieux vaut commencer tôt, fille comme garçon ! – on utilise la 2è personne du singulier: Verse la pâte dans le moule.

– Bien sûr, il faut être attentif à ne pas mélanger infinitif et impératif, notamment avec les verbes du 1er groupe, qui se prononcent de la même façon mais prennent soit -er, soit -ez.
– Et on n’oublie pas que les verbes du 1er groupe ne prennent jamais de « s » à la 2è personne du singulier à l’impératif : Verse, mélange, ajoute, fouette, beurre, démoule, laisse refroidir, etc.

Vous en reprendrez bien un peu !

Bonnes résolutions de janvierJ’ai d’abord vu ce panneau publicitaire dans la rue. Puis chez les marchands de journaux, impossible d’échapper à tous ces magazines qui parlent de régime après-fêtes, de bonnes résolutions diététiques et sportives, de détox de janvier. C’est la saison. Une des saisons, puisqu’il y aura nécessairement une autre offensive, printanière celle-là.

Pub IAlors, j’ai immanquablement pensé à cette publicité !

Un chien patapouf – légèrement retouché, espérons-le ! – et son maître sympathique, qui l’encourage sans relâche : « Allez ! Va chercher ! » et ne renonce jamais à s’occuper du bien-être de son compagnon à quatre pattes. Un garçon sympathique aussi parce qu’il aime recevoir ses amis !
Une vraie petite histoire, presque sans paroles, où tout est raconté en quelques plans et une chute réussie.

Et cette chute m’a rappelé une émission de cuisine comme il en fleurit à la télévision. Pas dans la catégorie des émissions culinaires qui mettent l’eau à la bouche dans une atmosphère conviviale, mais dans la catégorie des émissions compétition, évaluation, élimination des mauvais élèves et critiques permanentes et directes. Tout y est scénarisé et monté bien sûr pour créer cette atmosphère de défi qui apparemment est nécessaire pour faire revenir à la cuisine ceux qui ne cuisinaient pas. (C’est le seul avantage que j’y trouve mais personnellement, c’est ce qui fait que j’éteins la télé au bout de cinq minutes!)

Donc ce gentil maître qui aime faire à manger pour ses amis devrait probablement aller voir Norbert !

affreux fondant
Le concept de l’émission, comme on dit, c’est que Norbert dit leurs quatre vérités à des gens ordinaires qui font semblant d’être très satisfaits de leurs talents culinaires et qui découvrent grâce au franc parler de Norbert qu’ils étaient en fait absolument nuls. Et si on aime le style de l’émission, on apprend comment bien faire, grâce à plein de trucs et astuces.
Mais ça pourrait vous plaire aussi parce que c’est une vraie leçon de français oral!
Voici un petit extrait de cette émission en cliquant ici.

Ou juste le son si ce n’est pas accessible de votre pays ou quand ça aura disparu du site de l’émission. (Mais il manquera le gâteau, les couleurs et les mimiques. Dommage!)
Affreux fondant

Transcription :
– Bleu.
– Toi, ça te rappelle un peu le côté Arts Plastiques (1), non ? Bah c’est comme quand tu es sur ta palette et que tu mélanges tes couleurs.
– Voilà. La coloration, c’est vraiment mon truc (2), ma touche perso (3). On me reconnaît dans mes gâteaux.Quand il y a de la couleur, on sait que c’est moi.
– Et quand il y a du chewing gum en guise de (4) dressage (5) aussi. C’est carrément de l’élastique au sucre, son glaçage ! Tu m’étonnes (6) que son pote (7) Olivier en ait ras le bol (8) de s’en coller plein les dents.
– Juste à l’étaler (9), un peu… voilà, un peu à l’arrache (10).
– Là, ça te plaît, là !
– Là, ça me plaît, c’est bien lisse, c’est joli, donc là, j’aime bien. Le glaçage que j’ai réalisé, là pour le coup (11), il était vraiment bien. Il coulait un petit peu, c’était joli. Il était épais mais pas trop et le bleu était bien soutenu. Donc c’est exactement ce que je voulais.
– Ton gâteau, c’est un tableau…
– Voilà.
– … blanc.
– Ouais, là je peux…
– Là, tu vas pimper (12), là !
– Ouais, là, je vais… Ça va exploser, là !
– Là, c’est quel courant artistique, là ?
– Là, c’est un gâteau surréaliste. Voilà, puis on peut y voir ce qu’on veut. C’est le concept du surréalisme.
– Surréaliste (13), c’est ça ! J’aurais pas dit mieux.
– Donc là, il me reste juste à écrire un petit message. Je vais juste écrire : Mangez-moi. Voilà, comme ça, ça donnera encore plus envie.
– Ah, tu as mal fait le « i » quand même, hein ! Correctement, correctement.
– Il est très bien ! Donc là, c’est prêt.
– Ça fait… Il y a un mai. Mangez mai.
– Mais non, c’est un O ! Mon œuvre est terminée.
– Ouah ! Elle a même coloré de la crème anglaise (14) en rose !
– J’ai fait un joli raccord de couleurs entre les roses. Je suis plutôt satisfaite de moi. Je trouve ça joli. L’idée, c’était vraiment de faire un gâ[…] … un dessin qui se mange en fait. Sur le dressage, je pense vraiment que j’ai été épatante (15), que c’était, voilà, très coloré et très joli. Voilà, bon, ça a un petit peu bavé (16), c’est pas très grave (17). Non, il est très bon ! Il est bien fondant donc l’oeuvre est parfaite. Mon gâteau, là, c’est mon bébé. Il peut pas décevoir normalement. Si moi je le trouve bon, il est universellement bon, je dirais !
– Eh bien, goûtons l’oeuvre alors ! C’est sec et farineux. C’est la sécheresse dans ma bouche. Il me faudrait dix litres de sa crème trop liquide pour rattraper ça ! Et puis c’est beaucoup trop sucré, le glaçage est super dur et très désagréable à manger. Ah, et j’ai failli (18) m’étouffer avec sa déco !(19)

Quelques détails :
1. les Arts Plastiques : ce terme désigne la peinture, la sculpture, le dessin, etc.
2. c’est mon truc : cette expression familière montre que c’est quelque chose qu’on aime faire et qu’on pense faire correctement.
3. Perso : abréviation familière et orale de personnelle.
4. En guise de = comme. Mais en guise ajoute l’idée que c’est quelque chose qui remplace, qui est utilisé à la place d’autre chose.
5. Le dressage : en cuisine, c’est la façon dont on termine un plat, la façon dont on le dispose dans l’assiette ou dont on le présente.
6. Tu m’étonnes : cette exclamation exprime précisément l’inverse. Cela signifie que Norbert n’est absolument pas étonné, tellement c’est mal fait. Cela n’a en fait rien de surprenant.
7. Son pote : son copain (familier et oral)
8. en avoir ras le bol de quelque chose : en avoir assez, ne plus supporter. (très familier)
9. juste à l’étaler : il manque le début de la phrase, à cause du montage de cette vidéo d’extraits significatifs. Elle a dû dire : Il (me) reste juste à l’étaler.
10. À l’arrache : elle veut dire qu’elle fait comme elle peut. (très familier). Normalement, cette expression orale signifie qu’on termine quelque chose au dernier moment, comme on peut.
11. Là pour le coup : on entend sans cesse cette expression actuellement, même si elle ne signifie pas grand chose ! Elle veut dire en gros : dans cette situation-là.
12. pimper : dans certains magazines, ce verbe est employé entre guillemets (car angliscisme ?) pour indiquer qu’on donne un aspect plus attirant à quelque chose, qu’on renforce un effet.
13. surréaliste : cet adjectif peut faire référence au surréalisme. Mais familièrement, on l’emploie aussi pour décrire quelque chose de tellement incroyable que ça paraît irréel. Quand on dit : C’est surréaliste !, on veut dire que ce n’est pas possible, qu’on n’y croit pas. C’est en général péjoratif. C’est ce qu’exprime Norbert.
14. La crème anglaise : c’est le nom français d’une crème sucrée faite avec du lait et des œufs.
15. épatante : excellente, parfaite.
16. Ça a bavé : ça a coulé
17. c’est pas grave : ce n’est pas important. (familier)
18. j’ai failli m’étouffer: je me suis presque étouffé
19. la déco : abréviation orale de décoration.

Cardamome, cannelle, aneth et enfance

Cuisiner

Elle parlait de cuisine avec une telle gourmandise l’autre jour à la radio !
Et à travers la cuisine, elle parlait de son pays natal et de son enfance.
Un petit morceau de Finlande à travers ses mots, à travers des noms de plats inconnus et ça sentait bon les épices dans son restaurant parisien.
Et un accent un peu traînant, proche des accents qu’on entend dans l’est de la France.

Saveurs de la cuisine finlandaise

Transcription :
– On sait pas vraiment d’où on vient finalement, les Finlandais, car on a une langue à part. On a aussi notre sauna. Ici, on dit sauna, hein, mais c’est sauna, voilà. Donc c’est un peu notre hammam. On est un peu comme les Arabes, quoi, du nord, quoi. Beaucoup de cannelle, on utilise de la cardamome, on fait des petits gâteaux avec, du pullat, qui est délicieux, c’est comme un pain au lait, avec de la cardamome. C’est hyper bon ! Moi, je peux pas concevoir de faire des boulettes de viande finlandaises sans mettre le piment de Jamaïque dedans. Ah non, ce serait pas des lihapullat.
Ah, la cloche ! Ça , c’est […]*. Gratin au saumon. En Finlande et en Scandinavie, on utilise énormément de l’aneth (1). On en met partout. Que quand l’été arrive, le printemps, on a des nouvelles pommes de terre (2), c’est comme une fête, hein. Donc c’est des petites pommes de terre et on les fait cuire avec de l’aneth, dans l’eau (3). Puis après qu’on a mangé ça, on est bien, quoi ! C’est de la cuisine qui vous pouponne (4) un peu.
Mes parents sont très gourmands, et ma mère est espagnole. C’est un peu un mélange. Et mon père est finlandais. Et toujours mes parents, entre eux, parlaient qu’est-ce qu’on va manger demain (5). Vous voyez. Ça faisait partie de la famille. Et je trouve que c’est très bien, car je trouve que… Je sais pas, je m’entends pas tellement bien avec des gens qui s’en foutent (6) de la bouffe (7). Je trouve que c’est triste. Mais maintenant, ça m’arrangerait (8) quelqu’un qui s’en fout de manger, comme ça, on reste mince, vous voyez.
– Vous y retournez souvent, en Finlande ?
– Au moins une fois par an. Je vais dans les lieux où j’allais avant, où mon grand-père m’amenait, dans des bons cafés. J’aime bien les vieux cafés à l’ancienne (9). Retrouver des goûts un peu d’enfance, quoi. Perunalebos*, le gâteau à la pomme de terre. C’est un petit gâteau sucré, quoi. Mais ils le font plus maintenant. C’est triste ! Tarte aux myrtilles, car il y a beaucoup de myrtilles en Finlande. Et ça fait partie de l’été, comme les fraises aussi, car les fraises en Finlande sont beaucoup plus rouges que les fraises qu’on trouve ici. C’est comme du sang.

Quelques détails :
1. énormément de : après énormément, il ne faut pas utiliser le, la ou l’. Donc il faut dire Enormément d’aneth. C’est comme Beaucoup d’aneth. Mais on dit bien : J’utilise de l’aneth.
2. Des nouvelles pommes de terre : en cuisine, on dit : Des pommes de terre nouvelles, pour parler des pommes de terre qui viennent d’être récoltées.
3. Dans l’eau : en cuisine, on dit plutôt : On les fait cuire à l’eau.
4. Pouponner : ce verbe signifie qu’on s’occupe d’un bébé avec tendresse et beaucoup d’attention. Donc ici, elle veut dire que cette nourriture vous fait du bien, comme si on vous dorlotait comme un bébé.
5. parlaient… : il vaudrait mieux dire : Ils parlaient de ce qu’on allait manger le lendemain. Ou alors, Ils se demandaient : Qu’est-ce qu’on va manger demain ?
6. S’en foutre de quelque chose : ne pas y attacher d’importance. (très familier)
7. la bouffe : la nourriture (argot)
8. ça m’arrangerait : ce serait bien / mieux pour moi.
9. À l’ancienne : comme autrefois, traditionnel.

L’émission entière est ici, avec ce petit reportage vers la fin.

* Si des lecteurs finnois passent par ici et écoutent leur compatriote, peut-être pourront-ils me donner les mots que je ne sais pas écrire !

Petites douceurs

Petits moelleux crème de marron

Il me restait de la crème de marron car les pots qu’on achète sont un peu gros. J’avais des petits moules que je n’avais jamais essayés. Et j’avais envie de quelque chose de moelleux, avec un petit cœur fondant. On va donc appeler ces petites douceurs toutes simples des Petits moelleux à la crème de marron. Essai réussi !

Voici la recette:
Il faut 250 grammes de crème de marron, 2 œufs, 60 grammes de beurre et 30 grammes de farine. Pas de sucre, la crème de marron suffit.

On allume le four à 180°.
On casse les œufs dans un saladier et on les bat avec un fouet.
On fait fondre le beurre à feu très doux.
Puis on ajoute 200 g de crème de marron aux oeufs, on mélange bien.
Ensuite, on ajoute le beurre fondu et on mélange le tout.
Pour finir, on incorpore la farine et on obtient une jolie pâte bien lisse.
On remplit des petits moules à tartelettes et au milieu, on dépose un tout petit peu de la crème de marron qui reste.
On fait cuire 11 à 12 minutes. Et on démoule tout de suite. J’ai obtenu 22 petits moelleux, parfaits pour grignoter sans se sentir lourd après !

La prochaine fois, je me suis dit que je mettrai au milieu de chaque gâteau un peu de compote de pommes à la place de la crème de marron. Il me semble que ça devrait être bon aussi !

La seule chose, c’est que j’ai utilisé des petits moules souples en silicone (en plaque). C’est efficace. Mais j’espère aussi que c’est respectueux de notre santé.

Magie, chimie et gourmandise

Gâteau magique

J’aime beaucoup les livres de cuisine. La semaine dernière, j’en ai trouvé un auquel je n’ai pas pu résister. Joli titre, jolie couverture, jolies photos toutes plus appétissantes les unes que les autres et simplicité des recettes : Gâteaux magiques, par Aurélie Desgages. ( 33 recettes-variations, pour moins de 8€ !)
J’avais déjà lu la recette classique sur le blog de cuisine de Laurence que j’aime bien suivre: Plaisir et équilibre. (Tout un programme, qui me convient bien !) Cette histoire de « magie » avait donc retenu mon attention…

Mais bien sûr, ce n’est pas le tout* de rêver devant des recettes. Il faut passer à l’action, passer du futur (Hum, ça a l’air bien bon, je vais faire ça) au présent et produire du concret ! C’est chose faite depuis le weekend dernier. Gâteau confectionné, réussi, testé et totalement approuvé par la famille.

Et effectivement, c’est bien magique : on fait une seule pâte qu’on verse dans un moule et on obtient, après cuisson, sans aucune manipulation spéciale, un gâteau avec une couche de flan onctueux, une couche de crème, et une couche de biscuit léger et moelleux par dessus. Les couches se font toutes seules ! Magique. Enfin presque… Car maintenant, j’ai appris pourquoi ça marche. La cuisine, c’est aussi de la chimie.

Voici donc d’abord la recette. Honnêtement, rien de plus simple.
Puis le pourquoi du comment.
Et quelques avis.
Si après ça, vous ne faites pas ce gâteau…

La recette du gâteau magique à la vanille

Transcription :
Donc voici la recette du gâteau magique à la vanille. Gâteau magique parce que en fait, à la fin de la cuisson, il présente trois couches superposées, alors qu’on a mis une seule et même pâte dans le moule. Donc c’est vrai que ça paraît magique ! Et ça marche !

Pour les ingrédients, il faut :
125 grammes de beurre, 1 gousse de vanille, 4 œufs, 150 g de sucre en poudre, 115 g de farine, 1 cuillerée à soupe d’eau, 50 centilitres de lait et une pincée de sel. Voilà.
Et on pèse bien les ingrédients parce que, comme toujours en pâtisserie, c’est précis. Et si on veut être sûr de réussir (contrairement à d’autres plats en cuisine), pour être sûr de réussir les gâteaux, les pâtisseries, il faut absolument respecter parfaitement les proportions.

– Alors, on allume le four à 150°. (Ou thermostat 5.)
– Pendant ce temps-là, on fait fondre le beurre à feu doux, dans une casserole.
– Par ailleurs, on sépare les blancs des jaunes et dans un saladier, on fouette les jaunes avec le sucre.
– Ensuite, dans ces jaunes, on verse le beurre fondu.
– On ajoute les graines de vanille qu’on a sorties de la gousse de vanille. (Il faut fendre la vanille, la gousse de vanille en deux et gratter l’intérieur avec un couteau ou une petite cuillère.)
– Ensuite on ajoute la farine.
– Puis l’eau et le lait.
– Et on mélange bien tout ça au fur et à mesure, et ça fait une pâte qui ressemble un peu à une pâte à crêpes, liquide, en fait, plutôt liquide.
– Par ailleurs, on met la pincée de sel dans les blancs et on monte les blancs en neige très ferme, à l’aide d’un batteur électrique ou d’un robot. Et on ajoute les blancs dans la préparation. Alors, contrairement à d’habitude, on n’essaie pas d’incorporer parfaitement les blancs. On les ajoute et on laisse des morceaux. Donc ça fait une pâte un petit peu grossière, liquide, avec les blancs qui surnagent, qui flottent.
– Ensuite, on verse la préparation dans un moule, un moule assez haut et pas trop grand, pour qu’il puisse y avoir assez d’épaisseur ne fait, pour qu’il y ait bien les trois couches. Donc le moule, on peut le beurrer, ou alors, on met du papier de… papier cuisson, du papier sulfurisé au fond.
– Et donc on verse la préparation dans le moule et on met au four pendant 50 minutes à 1 heure.(50 minutes si le four est à chaleur tournante et 1 heure si le four est… traditionnel, disons.)
– Ensuite on sort le gâteau au bout du temps de cuisson et on laisse refroidir. Et on met au réfrigérateur au moins 3 heures.

Et ensuite, quand on va couper le gâteau, on verra apparaître les différentes couches. Et ensuite, bah le gâteau, on le conserve au réfrigérateur, s’il n’est pas mangé d’un coup ! Et ça ressemble un petit peu à un flan, avec une génoise par dessus. Et c’est vraiment très réussi.

Comment ça marche :

Le gâteau magique expliqué

Transcription
Un, deux, trois. Vous avez trois textures. Quand vous mettez cette pâte dans votre four, dans votre moule, vous avez une séparation naturelle des ingrédients, par densité, par leur poids, si vous voulez. Au fond, on a de la farine qui va gonfler en chauffant, comme vous avez des particules d’eau, ça va faire un flan. Au milieu, on va avoir le lait, les œufs, le sucre, et ça, ça va faire une texture crème prise, juste prise d’ailleurs, comme ça, ça va rester bien tendre. En haut, on a la matière grasse qui est très légère, avec les blancs en neige montés, un peu de farine. Et ça, ça va faire une texture un peu génoise. D’où les 1, 2, 3 couches. Ce sont les blancs en neige mal mélangés qui remontent à la surface. Et la cuisson très lente, 50 minutes, laisse le temps aux ingrédients de se séparer en fonction de leur densité.
Gâteau magique vanille
– Ça, c’est bon ! C’est bon, ça ! Là, c’est crémeux comme la crème pâtissière. Là, c’est le biscuit et là, c’est un peu plus…
– Plus dur.
– Comme le flan.
– Ouais. C’est ça.
– Non, franchement, c’est pas mal ! Moi, j’aime beaucoup.
– Ouais. C’est surprenant en fait.
– Ça a un côté fondant, là. La génoise aussi. Non, franchement, c’est bon !
– Franchement ouais. La consistance est agréable. C’est un peu comme une… une sorte de mousse. Non, c’est… c’est très bon ! Ouais.
– Entre île flottante et meringue dans… dans la bouche. C’est assez… C’est assez surprenant.

* Ce n’est pas le tout : ça ne suffit pas. (familier)

Etude de genre

Cette fois-ci, c’était les pommes de terre qui avaient retenu mon attention: photos appétissantes de recettes simples pour un aliment de base. De quoi nous redonner des idées pour varier les menus et les plaisirs. (« Nous », parce qu’à la maison, la cuisine est une activité partagée.)

Je n’avais pas remarqué le dossier spécial, consacré à la Saint Valentin. Commerçants, magazines et pubs reviennent à la charge tous les ans avec cette fête qui ne fait pas vraiment partie des traditions françaises.

J’ai donc lu le dossier spécial :

1SaintValentin le dossier
Des cœurs, du rose, du rouge, des fleurs. Rien que de très normal sans doute pour la « fête des amoureux ». Une tonne de conseils pour réussir ce jour si particulier.

2Introasexuée
Mais qui est aux commandes ? Qui va « sortir le grand jeu* » et préparer « des repas qui titillent ses papilles et eveillent ses sens » ? Jusque-là, aucun signe qui permette de savoir si ces conseils s’adressent plutôt aux hommes ou aux femmes. Bien sûr, me direz-vous, qui achète plutôt des magazines de cuisine ? Mais la plupart du temps, les recettes sont assez neutres pour être lisibles aussi bien par des cuisiniers que des cuisinières, puisque la cuisine est à la mode et qu’elle fait vendre.

3Maintenantc'est clair
Mais ensuite, tout devient parfaitement clair. Déjà, il y avait ce titre : « Je séduis » qui pouvait nous mettre la puce à l’oreille*. Eh oui, qui a été programmée pour plaire ?
Et plus loin, qui va tout faire pour profiter « de sa bonne humeur lorsqu’il rentre à la maison » ? (Il rentre bien sûr plus tard et attention, il pourrait être de mauvaise humeur car il a travaillé.)
Et qui lui prépare son déjeuner tous les jours – sa lunchbox, soyons modernes – et qui va s’appliquer le 14 février, comme ça « il fera des envieux parmi ses collègues » ? (Et vous, mesdames, comment épatez-vous vos collègues de travail à l’heure du déjeuner ?)

4Séduirepar la cuisine
Puis viennent les trucs de grand-mère et la sagesse populaire, les talents culinaires des femmes « bonnes à marier », les aphrodisiaques au service de la séduction féminine, le tout renforcé par des philtres d’amour. Rappelez-vous, on nous a promis le grand jeu ! Eh bien, le voilà, c’est sûr !
Alors, de l’humour à 100% ? Une parodie des conseils qu’on donnait à la femme au foyer parfaite dans des années pas si lointaines que ça ? Du second degré* ?

5Quicuisine
Certes, sur les photos, on voit que porter un tablier n’est pas exclusivement féminin. Mais en y regardant de plus près, qui fait goûter sa cuisine à l’autre, plein d’admiration ? Qui découpe la viande ? Bref, qui est le chef dans le fond ? Petit paradoxe dans un dossier destiné aux cuisinières, pas aux cuisiniers ! Paradoxe ou stéréotypes en action ?

6Une fille trèscool
Conclusion: vous saurez comment être « une fille très cool« , bien dans le rôle que la nature lui a prévu, parce que tout ça, c’est naturel, non ?

En ce moment, en France, il est question de chasser les stéréotypes sur les rôles féminins et masculins dans les manuels scolaires, dans les livres pour enfants, dans l’éducation que nous donnons à nos petits. Pour les plus grands, il ne faudra pas oublier, entre autres, les magazines de cuisine !

Allez visiter le site du gouvernement sur ce sujet, pour ne pas laisser la place aux idées fausses véhiculées par certains. C’est clair, c’est simple et c’est incontestable.

Remarque: Avec tout ça, nous n’avons pas encore testé les recettes de pommes de terre ! J’en ai retenu deux:
– un gratin aux deux pommes et au chèvre
– un paillasson de pomme de terre à la coriandre et crevettes sautées au gingembre.
Il va falloir que je retourne à mes fourneaux !

Des expressions:
* sortir le grand jeu: déployer de grands moyens pour arriver à son but, pour impressionner quelqu’un.
* mettre la puce à l’oreille: c’est lorsqu’un détail nous alerte sur quelque chose, éveille notre attention ou nos soupçons.
* c’est au second degré / c’est du second degré: cela signifie qu’il faut interpréter des paroles ou une remarque à l’opposé de ce que les mots ont l’air de dire. Normalement, il s’agit d’humour. Il ne faut pas en rester au sens littéral de ce qui a été dit.

C’est un choix

Courses et cuisine

Passer le moins de temps possible à faire les courses ? Et donc aller au supermarché afin de tout trouver au même endroit ?
Passer le moins de temps possible à cuisiner ? Et donc acheter essentiellement des plats tout prêts, des conserves, des surgelés afin de ne pas avoir à réellement préparer ce qu’on met dans son assiette ?

Chacun a sa propre façon d’aborder la question.
Chacun a ses priorités, en fonction de son budget, de son temps, de ses goûts, de son âge, de son éducation, des traditions familiales.
C’est aussi une question de partage des tâches domestiques !

les courses de Patrick Viméo
Pour aller faire les courses avec Patrick et Christine dans leur quartier à Paris, chez le boucher, le pâtissier et au marché, voici cette petite vidéo:

Transcription :
– Je m’organise avec ma femme, là.
– Ouais, ouais.
– Il y a du collier d’agneau (1). Je prends du collier ou pas ?… Si, si (2), il y en a. Filet mignon (3), alors.
– Il y a une liste. Il y a une pré-liste si tu veux, et Patrick me téléphone pour me dire ce qu’il a acheté comme viande et en fonction de (4) ce qu’il a acheté comme viande, j’achète les légumes. Voilà.

– Alors, à qui le tour (5) ? Bonjour.
– C’est à moi. Bonjour. Alors, je voudrais trois kilos d’oranges pour faire du jus. Merci. C’est parfait.

– A la base, l’organisation, c’est parce qu’on a des commerçants (6)… certains commerçants à certains endroits, d’autres commerçants à d’autres endroits.
– Je peux pas acheter la viande sur le marché (7), par exemple. C’est pas terrible (8).
– Je dirais pas que c’est le meilleur boucher de Paris mais il travaille très bien et il a de la très bonne viande. Et il est pas loin de la maison, donc on en profite (9). Bouche à oreille (10), chez les commerçants. Justement tu leur dis : « Vous, vous allez où ? » Donc tu fais un essai. Et c’est comme ça que tu arrives à trouver des bons commerçants, quoi.

– J’ai quatre variétés. J’ai de la Lisbonne, Conférence, la Beurré Hardy et la Williams (11).
– Mettez (12) quatre Conférence … Ouais, quatre Conférence.

Par rapport à la grande surface (13), c’est que tu as un conseil (14) par rapport à ce que tu achètes, tu vois. Bon, même si tu as du fromage à la découpe (15) en grande surface, tu as pas forcément la connaissance du produit que… que la personne vend. C’est un employé, on lui dit : « Tu vends ça. » Il est pas forcément fromager de formation (16). Donc il te donne ce que tu lui demandes, en terme de (17) quantité, mais en terme de qualité de produit, il est pas forcément à même (18) de te conseiller comme tu peux être conseillé là.

A Paris, tu peux trouver dans tous les quartiers (19) des bons commerçants. Moi, je me souviens dans le 17è … bon, j’étais… c’est vrai que ça remonte un petit peu à loin (20), mais il y avait un excellent boucher qui faisait venir des veaux de Corrèze (21), donc les veaux sous la mère de Corrèze, déjà quand j’étais tout gamin (22) à Paris. A côté de Bastille… de République, je veux dire, il y avait un marché où il y avait aussi de très bons produits frais. Pareil, j’avais fait le tour (23) un petit peu et j’avais fini par trouver des… des bons commerçants, hein.

La pâtisserie, c’est le petit plaisir du weekend. Petit plaisir du weekend, avec un petit gâteau… un petit gâteau pour le repas du samedi soir.

Des explications :
1. le collier d’agneau : ce sont les morceaux au niveau du cou de l’agneau. Il faut faire mijoter cette viande. Pour apprendre à connaître tous ces termes bouchers, si vous êtes plutôt carnivore, cliquez ici. Vous saurez quoi choisir si vous faites vos courses en France !
2. Si, si : c’est la réponse qu’on fait à une question négative. Voici ce que sa femme a dû lui demander : Il n’y a pas de filet mignon ? / Et du filet mignon ? Il n’y en a pas ?
3. Un filet mignon : c’est un morceau de porc ou de veau, bien tendre.
4. En fonction de la viande qu’il a achetée : selon la viande… Ils marient donc bien sûr légumes et viande.
5. A qui le tour ? : c’est ainsi que les commerçants demandent qui ils doivent servir, dans quel ordre. Parfois, ce n’est pas très clair, notamment au marché où les gens font souvent la queue de façon pas très organisée. Et on répond donc : C’est à moi. Si ce n’est pas notre tour, on indique à qui c’est : C’est à ce monsieur / C’est à cette dame.
A Marseille, on entend souvent une question synonyme : Ça vient à qui ? Et on répond : ça vient à moi.
6. Les commerçants : quand on utilise ce mot, c’est qu’on veut parler des petits commerces.
7. Sur le marché : on peut dire aussi (plus souvent) : au marché. Par exemple: Je fais mes courses au marché. / Je trouve ma viande au marché.
8. C’est pas terrible : ce n’est pas vraiment bien. / La viande n’est pas très bonne. (C’est une remarque négative)
9. on en profite : cette expression montre qu’on a conscience qu’on a un avantage, qu’on est dans une situation favorable. Par exemple : Il fait beau. On en profite ! La semaine prochaine, ils annoncent du froid. / Il y a des prix intéressants dans ce magasin aujourd’hui. Il faut en profiter.
10. Le bouche à oreille : c’est lorsque des infos, des nouvelles se propagent parce que les gens en parlent aux autres, sans passer par des journaux officiels, par exemple. Les gens se transmettent ça directement, par les réseaux sociaux par exemple.
11. Conférence, Beurré Hardy, etc… : Ce sont quelques unes des variétés de poires.
12. Mettez quatre poires : on peut dire aussi : Mettez-moi 4 poires. / Je vais prendre 4 poires.
13. Une grande surface : c’est un supermarché ou un hypermarché, par opposition aux petits commerces. On dit par exemple: Il font leurs courses en grande surface. / Les grandes surfaces n’ont pas le droit d’ouvrir le dimanche.
14. Tu as un conseil : on peut dire aussi : Tu as des conseils. Au singulier, ici, c’est le moyen de généraliser, pour parler de la fonction de conseil en quelque sorte.
15. Du fromage à la découpe: on dit plus souvent du fromage à la coupe : cela signifie que le fromage est coupé devant vous, par opposition au fromage pré-emballé par les entreprises qui les vendent.
16. Être fromager de formation : avoir été formé à ce métier spécifique et donc avoir des compétences précises dans ce domaine.
17. En terme de = en ce qui concerne
18. être à même de faire quelque chose : être capable de faire quelque chose / avoir la possibilité de faire quelque chose. Par exemple : Il s’y connaît en informatique. Il sera à même de t’aider à acheter un nouvel ordinateur.
19. Les quartiers : ce sont les différents endroits dans une ville, avec leurs caractéristiques propres. Pour les désigner à Paris par exemple, on utilise le numéro de l’arrondissement (le 17è par exemple) ou leur nom. Par exemple, on dit : J’habite à Nation / à République, etc… / Je travaille dans le 17è.
20. Ça remonte à loin : c’était il y a longtemps. On peut dire aussi par exemple : ça remonte à l’année dernière / ça remonte à longtemps / ça remonte à il y a dix ans.
21. La Corrèze : c’est un département rural du centre de la Fance, où il y a des agriculteurs et des éleveurs.
22. Un veau sous la mère : c’est un veau qui est resté avec sa mère et a été nourri à son lait, et non pas avec des aliments industriels. La viande est donc meilleure.
23. Quand j’étais tout gamin : quand j’étais encore tout petit, quand j’étais enfant.
24. Faire le tour : c’est explorer un lieu. Ici, cela signifie qu’il avait fait le tour des commerçants, qu’il était allé dans différents commerces pour comparer leurs produits.

Pour entrer dans d’autres vies quotidiennes, toutes les vidéos sont ici :
portraits, façon de faire les courses et de cuisiner.
Tous les âges et des styles de vie variés.
Je vais en explorer d’autres et partagerai avec vous celles qui m’accrochent !

Vous pouvez aussi écouter Romain sur France Bienvenue.
Il a une autre méthode pour ses courses.

Deux fois dix minutes

Biscuits la pâte

Biscuits qui refroidissent

Biscuits dans la boîte

Juste le temps de sortir un œuf, 100 gr de sucre, du gingembre, de la cannelle ou de l’anis en poudre, des pépites de chocolat et de mélanger ces ingrédients à la main, avec un fouet.
Juste le temps d’ajouter 250 gr de farine et de transformer le tout en une pâte qui a l’aspect du sable.
Juste le temps d’incorporer 120 gr de beurre en petits morceaux et de pétrir le tout à la main pour former une boule.
Juste le temps d’en faire un rouleau qu’on place au réfrigérateur, emballé dans du papier de cuisson.

Une heure plus tard:
Juste le temps de découper le rouleau de pâte en petits gâteaux et de les placer sur la grille du four recouverte de papier de cuisson.
Juste dix minutes de cuisson à 180°, pas une de plus.

C’est simple comme bonjour !
(A conserver dans une boîte en fer. Mais en général, la boîte est vide en un rien de temps ! Alors, il ne reste plus qu’à recommencer !)

Pour écouter cette recette:

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