Juste une petite question

Que fait un enfant plein de vivacité que tout intéresse autour de lui ? Il pose des questions toute la journée – dès 6h43 du matin! De très jolies questions, qui nous embarquent dans toutes sortes de directions.

Auprès de qui cherche-t-il des réponses? De ses parents, bien sûr. Et ses parents sont formidables car ils ont réponse à tout. Ils ne sont jamais vraiment pris de court. Sauf…
Sauf soumis à la dernière question, qui les laisse perplexes! Il faut dire que cette question est fondamentale, au moins une fois par jour, dans les familles françaises. Voici une publicité sympathique, pleine du charme d’une vie quotidienne toute simple.
(Et la musique est empruntée au film de François Truffaut, Les quatre cents coups. Alors…)

Cette publicité est à regarder ici. (Version longue)

Transcription
L : Maman. Maman !
M : Oui ?
L : Juste une petite question. Comment ils font, les hippopotames*, pour se gratter ?
P : Ils demandent à un autre hippopotame.
L : D’accord.

L : Au tout début, sur internet, il y avait rien du tout ?
L : Comment on sait qu’on n’est pas tout le temps en train de rêver ?
L : Est-ce que les chauves-souris, elles* trouvent qu’on dort à l’envers (1) ?
L : Les chiffres, ça va jusqu’où ?
M : Ça va jusqu’à l’infini. Ça s’arrête jamais. Un peu comme toi !
L : Pourquoi le premier monsieur (2) qui a applaudi, il* a tapé dans ses mains ?
P : En fait, il s’est dit : « Tiens, qu’est-ce que j’ai au bout de mes bras, hein. »
L : La mer, elle* va où quand elle descend (3) ?
L : Et pourquoi  on met pas des grands parachutes sur les avions ?
P : Même avec un très grand parachute, l’avion serait quand même trop lourd, chéri.

Malheureusement, toutes les questions ne sont pas aussi simples.
L : Qu’est-ce qu’on mange ce soir ?
P : Qu’est-ce qu’on mange ce soir…

Des explications
1. à l’envers : on pourrait dire aussi la tête en bas
2. le monsieur : on emploie souvent ce terme à la place de « homme ». Par exemple : On va demander au monsieur là-bas. / C’est qui le monsieur à côté de toi, là ? (sur une photo par exemple). Au féminin, il faut utiliser : la dame. Cela donne un côté moins impersonnel que les termes homme / femme.
3. la mer descend : elle se retire lors des marées basses. Elle monte à marée haute.

* Des questions orales :
– On utilise le nom et le pronom qui le remplace dans la même phrase, en commençant par l’un ou l’autre:
Comment ils font, les hippopotames?
Est-ce que les chauves souris, elles… ?
Pourquoi le premier monsieur, il…
La mer, elle va où?
On pourrait dire aussi : Elle va où, la mer ?
Les pronoms sont inutiles mais on fait ça très souvent oralement, dans un style familier.

– On n’est pas obligé d’utiliser « Est-ce que… » ou de faire une inversion sujet-verbe.
C’est le ton de la voix qui change une phrase à la structure affirmative (= sujet en premier puis verbe) en question.

Qu’est-ce qu’on mange ?
Eh oui, ça peut être une vraie question, puisque dans la majorité des familles françaises, on partage au moins un repas par jour – le dîner par exemple – assis autour de la même table, surtout quand on a des enfants. Alors, choix des menus, courses, et préparation (plus ou moins rapide), tout cela fait partie de ce rituel. Et ça revient souvent! Beaucoup s’en sont bien rendu compte pendant le confinement… 😉

A la soupe !

Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Question classique !
Comme le temps n’est pas encore tout à fait printanier, une bonne soupe est encore la bienvenue !
Quand mange-t-on de la soupe en général ? Chez nous, c’est effectivement plutôt le soir, notamment quand il s’agit d’une soupe de légumes. Donc c’est au dîner.

Dîner, souper, déjeuner.
L’emploi de ces mots (aussi bien les verbes que les noms) a varié au fil du temps.
Il n’est pas non plus le même selon les régions en France.
Et pour compliquer les choses, il change aussi en fonction des pays où on parle français.

Alors voici ce qu’on dit chez moi (comme chez beaucoup de Français) en 2018 :
– On déjeune à midi et on dîne le soir.
– On n’emploie jamais le verbe souper, qui était utilisé autrefois et continue à l’être dans certaines régions.
– Mais la soupe reste un plat important !
Quand on est petit, les adultes disent : Mange ta soupe, ça fait grandir.
Pour dire que c’est l’heure de manger (à midi ou le soir), on dit de façon familière : A la soupe !

Cette publicité pour une célèbre marque de soupes toutes prêtes joue donc sur les mots, pour nous inciter à mettre ses préparations à nos menus du soir.

Mais quand même, entre une soupe maison et une soupe industrielle, le choix est vite fait ! C’est tellement facile à faire, une soupe ! Et le parfum de la soupe qui cuit! Il suffit d’avoir pensé à acheter des légumes et d’avoir un peu le temps de la laisser cuire.

Alors, ce soir, nous allons nous régaler avec une soupe encore un peu hivernale, en attendant de passer bientôt aux soupes au pistou ou aux soupes froides et rafraîchissantes de la belle saison :
notre dernière courge butternut et des poireaux, coupés en petits morceaux et revenus dans un peu d’huile d’olive, des gousses d’ail, une ou deux feuilles de laurier et des pois cassés, pour changer des pommes de terre. Que demander de mieux ? 😉

Bon appétit !

Il a déjà été question de soupe sur mon site, ici.

N’oubliez pas de lire les commentaires ajoutés à cet article, pour savoir ce qu’on dit ailleurs ! Merci à La Culturothèque du Masque, en direct de la Belgique et à Anne Jutras, en direct du Québec.

En cuisine

Un château du Moyen-Age, un très vieux pont en pierre, une rivière tranquille, un très beau village. Et un restaurant excellent où on est si bien accueilli. Voici Belcastel, dans l’Aveyron. Nous y avons dîné entre amis l’été dernier car c’est tout près de là où nous avons notre maison aveyronnaise. Nous y retournerons.
Pour vous faire une idée de ce que nous avons dégusté, vous pouvez aller sur le site du restaurant du Vieux Pont.

Mais vous allez aussi vous régaler en regardant l’émission de Julie Andrieu qui est passée à la télévison il y a quelques semaines et consacrée à la cuisine aveyronnaise. Ses émissions, les Carnets de Julie, sont bien agréables car elles mêlent cuisine et visite des régions de France, avec Julie donc, vraiment parfaite dans son rôle de guide et qui sait questionner les cuisiniers, les producteurs et tous les gens qu’elle rencontre et met à l’honneur. C’est vivant et vous entendrez un français absolument naturel, avec des accents différents selon les régions choisies. C’est comme si on accompagnait Julie Andrieu dans ses voyages. Tellement plus agréable que ces émissions de cuisine à la mode où cuisiner est mis en scène et scénarisé comme une compétition, un affrontement entre candidats. Je ne supporte pas!

Là, c’est comme si on partait avec une copine sympathique, à la découverte des belles et bonnes choses de la vie.

L’émission entière est ici.

J’en ai transcrit juste un petit passage qui me plaisait bien, parce que Nicole Fagegaltier y raconte son histoire. Accent aveyronnais pour dire ses débuts et son amour pour son village. Mais tout le reste était bien. (Je suis devenue un peu chauvine!)

Cet extrait commence à 5’20, dans la cuisine de Julie. Mais regardez dès le début quand même pour vous plonger dans l’ambiance ! Et continuez ! 🙂
(Si vous avez des questions sur d’autres passages, n’hésitez pas à me les poser bien sûr)

Voici juste le son, si ça vous rend service:
Nicole Fagegaltier

Transcription :
– Alors Nicole, raconte-moi, donc cet établissement (1), c’est un établissement familial ?
– Tout à fait. C’était ma maman donc qui avait le restaurant avant moi, même ma grand-mère encore avant.
– Ah oui, donc c’est trois générations.
– Oui, voilà, c’est ça. Mon père et mon grand-père avaient aussi la ferme. Donc j’ai grandi dans cet univers de bons produits, d’une bonne cuisine, voilà, où la convivialité (2) …
– Où il y avait les produits de la ferme qui alimentaient le restaurant ?
– Tout à fait. Voilà.
– Et la convivialité, tu disais ?
– Et la convivialité, parce que j’avais un papa qui avait vraiment le goût… le sens de l’accueil et qui aimait recevoir, et notre maison était toujours remplie et toujours ouverte à tout le monde.
– C’est toujours un peu le cas, hein. On a l’impression d’arriver chez quelqu’un quand on arrive chez toi, chez vous.
– Bah oui, c’est notre maison.
– C’est ça. Eh oui, parce que vous habitez à l’étage !
– Voilà, tout à fait. On reçoit chez nous.
– Eh oui !
– Par contre, j’ai besoin d’aide pour allumer le feu.
– Alors, ça, je peux faire. Attends. On allume celui-là ?
– Oui.
– On tourne.
– Parfait.
– Voilà.
– Donc je vais mettre un peu d’huile, faire… laisser chauffer.
– Oui, donc huile d’olive.
– Oui. Peu importe. Oui.
– Je te sens pas à cheval (3). Et tu t’es toujours destinée à la cuisine ?
– Disons qu’au départ, quand, à l’âge de 15-16 ans, quand il faut commencer à prendre une première voie, moi j’ai senti que j’avais envie de rester à Belcastel et donc j’ai dit je sais pas ce que ça va donner (4), mais je veux rester à Belcastel. Et donc j’ai choisi de rentrer à l’école hôtelière.
– D’accord.
– J’étais pas très forte en cuisine, même pas du tout !
– Ah bon !
– Les premiers mois ont été très laborieux, difficiles.
– Ah oui ? C’est vrai ?
– Mais bon, moi, mon souci, c’était de revenir dans mon village. Je savais que la cuisine m’amènerait à y revenir. Et donc c’est ce qui m’a…
– Oui, c’est ça. D’accord.
– … encouragée à rester à l’école hôtelière.
– Je comprends. Quel que soit finalement le moyen, tu voulais en tout cas vivre dans ce cadre (5).
– Voilà, tout à fait.
– Je peux mettre les légumes tout de suite ou il faut faire rissoler les os ?
– J’aurais préféré mettre les os à rissoler. Mais ça fait rien, c’est bon, c’est bon.
– C’est pas grave. Donc je mets pas tous les légumes dedans.
– Non mais là, c’est bien, déjà. Après, tu vois, il y a de la viande aussi comme tu disais.
– Ouais, c’est bien ! C’est bien.
– Bah disons que pour faire un bon jus quand même, il est important d’avoir les os et la viande.
– Alors, moi je te propose qu’on aille visiter ta région ensemble, cette belle région.
Bah c’est avec plaisir.
– Mais oui. Ce sera toi notre guide et voilà. Départ pour l’Aveyron.

– C’est là où je suis née et tous les jours, je suis émerveillée, suivant (6) la lumière, les moments de la journée, tout me plaît ici et je suis contente d’y être restée et d’avoir fait ce choix il y a bien longtemps.

Le château féodal du 9è siècle, autour duquel les maisons se sont construites, constitue l’âme du village. Abandonné par le dernier héritier au 16è siècle, il est tombé en ruine au fil du temps. Il faudra (7) attendre le 20è siècle pour que la citadelle reprenne vie.

– Il y a souvent de la sérénité qui se dégage d’ici hein, de la douceur. La rivière apporte beaucoup. Elle rythme la vie du village aussi. Ce que j’aime bien, c’est qu’ il suffit de se promener, puis on découvre toujours quelque chose à… qu’on peut… qu’on peut cueillir, ou les violettes ou les nombrils de Vénus pour mettre dans les salades. Délicieux ! De la mâche (8), c’est super bon ! Je peux pas m’empêcher quand je me promène, de penser à certaines recettes ou comment je pourrais améliorer tel plat. Voilà comment on construit des fois aussi une assiette. On va aller voir un de nos petits jardins, tout petits jardins. Bon, les herbes (9) sont encore un peu sous terre, mais bon, on a l’oseille quand même, le thym. Hum , ça sent bon, le thym ! Les plantes principales dont on a besoin en cuisine se situent dans ce jardin. Belcastel est comme ça : chacun a sa maison avec un petit bout de terrain, des tout petits jardins, tout petits.

Des explications :
1. un établissement : ici, il s’agit du restaurant de cette cuisinière, donc de son entreprise.
2. La convivialité: le sens de l’accueil.
3. Être à cheval sur quelque chose : estimer que quelque chose est très important et qu’on ne peut pas faire autrement. Par exemple : être à cheval sur la qualité des produits. / être à cheval sur la ponctualité = estimer qu’être ponctuel est essentiel et ne pas accepter que les gens soient en retard. Ici, elle veut dire qu’elle n’a pas l’impression que pour Nicole Fagegaltier, ce soit fondamental d’utiliser de l’huile d’olive.
4. Je ne sais pas ce que ça va donner : je ne sais pas quel sera le résultat.
5. ce cadre: cet environnement, ce lieu
6. suivant la lumière : selon la lumière, en fonction de la lumière
7. il faudra attendre… : il s’agit du futur que, bizarrement, on emploie souvent en français pour raconter des faits historiques ! (Cependant, beaucoup d’historiens critiquent cet usage du futur qu’on appelle futur historique.) En fait, il donne la sensation de l’enchaînement des événements.
8. la mâche : c’est une variété de salade
9. les herbes: il s’agit des herbes aromatiques, qu’on utilise pour parfumer les plats, comme le thym; la sarriette, le persil, etc.

L’été dernier à Belcastel

A la cantine

Je suis étonnée par le nombre croissant de jeunes qui ne déjeunent plus à la cantine de leur collège ou de leur lycée, mais dans la rue. De plus en plus de boulangeries proposent sandwiches et boissons, des camions pizza s’installent près des établissements scolaires, reflétant et accompagnant cette désaffection pour la restauration collective. Les raisons sont multiples, avec entre autres cette montée d’un individualisme qui fait que chacun veut choisir tout seul jusqu’à la gestion de ses repas. Mais il faut dire aussi que la nourriture servie dans les cantines scolaires n’est pas toujours de qualité! (C’est un euphémisme.) Rien n’est plus cuisiné par des cuisiniers, on décongèle des aliments industriels, qu’on choisit les moins chers possible. Alors, payer pour ça ?

Dans certaines communes, les maires et les élus ont donc décidé de réagir pour donner le meilleur aux enfants dans les cantines des écoles, pour les nourrir comme des enfants le méritent, pour qu’ils grandissent en bonne santé. Et aussi pour qu’ils aient plaisir à manger de bonnes choses, appétissantes et qui sentent bon, plaisir à découvrir des plats variés, sans gaspiller. Et plaisir aussi à partager les repas avec les copains! Tout cela redonne du travail à ceux qui cultivent localement et correctement nos légumes et nos fruits. Voici un petit reportage enregistré dans le sud-est de la France et entendu un matin à la radio en décembre dernier. J’aurais bien aimé que mes fils aient la chance de manger dans une telle cantine quand ils étaient enfants puis ados ! On compensait au dîner mais quand même…

Cantine bio

Transcription :
On arrive à l’heure de pointe (1), les enfants sont en train d’arriver à la cantine. Les plateaux d’abord, avec les couverts, le dessert. Ensuite, il y a du fromage, un petit peu de salade à des proportions plus ou moins grosses. Et puis là-bas, il y a le point chaud.
– Qu’est-ce que tu manges ?
– Des pâtes avec de la viande.
– C’est quoi, la viande ?
– De l’agneau.
– Au début, ils goûtent et puis des fois, ça leur plaît, et puis ils reviennent en chercher. Il y a pas de souci, on redonnne, hein.
– Je m’appelle Badi Gan.(?)
– Tu as tout mangé, toi !
– Ouais. C’est bon. Bio, c’est… Ça donne des vitamines. McDo, c’est pas pareil, c’est pas bon.
– Qu’est-ce que tu aimes comme légumes ?
– J’aime les épinards.
– Alors c’est rare, les enfants qui aiment les épinards !
– Ouais. Parce que tu manges et… et ta langue, ils (2) donnent des goûts et tu re-goûtes et tu aimes.
– Merci !
– Bon après-midi !
– On va passer à la télé ou à la radio ?
– A la radio.

On vient de finir de manger, c’était très bon et là, maintenant, direction la cuisine.
– Quel est votre plat favori ?
– Bah ce que j’ai fait à midi : le gigot d’agneau, qui est confit un peu avec des légumes comme ça entiers au four. En principe (3), l’agneau, ils sont pas trop fans. Et là, à midi, bah j’en ai sorti au fur et à mesure (4) parce que j’avais pas assez. En légumes, ce que j’aime bien cuisiner, le gratin de blettes avec le riz dedans.
– En cantine (5), c’est un défi, hein, pour faire manger les enfants, hein !
– Bah là, quand on fait des gratins de blettes, donc on va faire 42 kilos de blettes et en principe, il y a plus rien (6).
– Je peux avoir votre petit prénom (7) peut-être et votre qualification ?
– Alors, c’est Michèle mais on m’appelle Michou.
– Alors vous, vous avez vu l’évolution de cette cantine.
– Ah oui ! On jette dix fois moins ! Ah oui, oui. Moi, je me souviens, c’était une horreur (8), hein, oui, oui !
– Gilles Perole, vous êtes adjoint au maire ici, et vous êtes artisan (9) de ce passage au bio. Est-ce que ça coûte plus cher ?
– On est à 2,04 euros de coût aliments. Acheter du bio, même si on l’achète plus cher, conduit à rechercher des sources d’économies qui sont très vertueuses. Par exemple, nous, pour financer le bio, on était à 145 grammes de gaspillage alimentaire par repas en 2010. On est aujourd’hui à 30 g. Le plus aberrant (10), c’est que dans toutes les cantines de France, on jette un tiers de ce qu’on produit !

– D’où viennent les aliments pour fabriquer ces repas, Béatrice ?
– Eh bien, la totalité des produits sont régionaux. Les légumes, eux, viennent du jardin communal (11), où je vous emmène. Domaine de Haute Combe ici, c’est là que, Sébastien Jourde, vous cultivez ce qui finit dans les assiettes.
– C’est ça, ouais. Je suis maraîcher (12) communal, donc fonctionnaire (13) et agriculteur.
– Et des belles mâches, là, non ? C’est ça ?
– Ouais. De la mâche (14), des choux chinois. Après, il y a des choux pointus sous les voiles (15). Ici, on a des poireaux. Voilà, on a récolté des patates douces qu’on a stockées, là, il y a pas longtemps. Plus haut, il y a les céleris, blettes… enfin, il y a pas mal de légumes. Que la collectivité (16) s’occupe de la production et de l’alimentation des enfants, je trouve ça plutôt bien. Puis au-delà de ça, bah tout ce qui est préservation des terres agricoles en péri-urbain (17), c’est l’essentiel pour… enfin, les années à venir. Puis… enfin moi, je mange à la cantine aussi, donc je vois que les enfants sont plutôt enthousiastes. Donc voilà, ça aussi, c’est gratifiant.
– Alors, voilà les serres.
– Des oignons aussi.
– Coriandre.
– Ça, c’est quelque chose qu’on trouve très peu en restauration collective (18), les herbes aromatiques.
– Ah bah oui, ça a pas de goût (19), c’est sûr !
– Parce que c’est cher. Donc là, il y en a toujours et on y tient (20).

Des explications
1. l’heure de pointe : le moment où il y a la plus forte affluence. Normalement, on utilise cette expression plutôt à propos des transports ou de la circulation sur les routes.
2. Ils donnent ( ou il donne?) : en fait, la langue est féminin, donc ça devrait être : elle donne.
3. En principe : ici = en général.
4. Au fur et à mesure : peu à peu, en fonction de la demande
5. en cantine : c’est un peu étrange de dire ça comme ça. Elle veut dire : dans le domaine des repas de cantine.
6. Il n’y a plus rien = il ne reste rien / Il n’y a plus rien à la fin
7. votre petit prénom : d’habitude, on dit : votre petit nom, pour parler du prénom, dans un style familier.
8. C’était une horreur : la quantité jetée était horrible. On était horrifié quand on voyait tout ce qui était gaspillé.
9. être artisan de quelque chose / être l’artisan de quelque chose : en être le responsable, jouer un rôle décisif, prendre l’initiative de faire quelque chose, comme un artisan, qui fabrique quelque chose de ses mains.
10. aberrant : absurde et révoltant. Ce terme est fort.
11. communal : qui appartient à la commune, c’est-à-dire la ville
12. un maraîcher : il cultive des légumes
13. fonctionnaire : parce qu’il est employé par la municipalité au lieu d’être à son compte, comme les agriculteurs normalement
14. la mâche : c’est une sorte de salade. On dit : de la mâche, pas des mâches. Mais elle a utilisé le pluriel sans doute parce que cette salade est faite de petits bouquets.
15. Les voiles : pour protéger les légumes du froid, du gel.
16. La collectivité : la communauté. C’est lorsque les gens se regroupent pour atteindre un objectif commun au lieu d’agir individuellement. Les repas des enfants à l’école sont l’affaire de la commune, pas de chaque famille séparément.
17. En péri-urbain : dans les zones péri-urbaines, c’est-à-dire juste autour des villes
18. la restauration collective : le secteur qui s’occupe des repas dans les cantines
19. ça a pas de goût : elle parle des repas habituels dans les cantines, qui sont souvent insipides parce qu’on privilégie le bas coût au lieu d’essayer de fournir des repas simples mais de qualité parce que vraiment cuisinés, avec beaucoup de produits locaux.
20. On y tient : on y est attaché, c’est important pour nous, donc on le fait. A venir très bientôt : un petit article sur cette expression ! 😉
Mise à jour : Pour en savoir plus sur cette expression, cliquez ici.

Ce court reportage est à écouter en entier ici. Vous trouverez aussi détails et photos sur leur page.

Voici les miennes chez mon frère qui cultive de bonnes choses.

On observe depuis un peu plus longtemps la même chose chez les étudiants, qui boudent le resto U. Certains apportent leur repas, c’est la mode du bento ou de la lunch box. J’en avais parlé avec trois de mes étudiantes sur France Bienvenue. C’est ici, si vous n’aviez pas écouté.

Des lacunes en légumes

Un peu d’humour, avec cette publicité pour une chaîne de supermarchés. (qui comme tous les vendeurs ne perd pas une occasion de tirer parti des tendances de notre société.)
En même temps, on voit qu’il y a un peu de travail à faire pour revenir à une alimentation moins industrielle ! Et que ça commence petit.
Et que c’est bien gentil de parler d’alimentation saine, si on continue à produire et vendre de la m*** et à servir ça dans la plupart des cantines de nos enfants !

Cette publicité est ici. (Avec un peu de chance, il n’y a pas de pub avant !)

Transcription
Eléphant.
Eléphant.
Et ça, qu’est-ce que c’est ?
Un crocrodile*. (1)
Un ninoré… Un ninocéros*. (2)
Et est-ce que vous connaissez ça ? Vous avez pas d’idées ?
Une asperge.
Non, un artichaut.
Ça peut être des oignons.
Ah ! Ça sent l’ail !
On le trouve où, ça ?
Dans les magasins.
Ça peut pousser où ?
Dans les arbres.
Et ça, c’est un concombre. Et ça, c’est un concombre.
Courgette.
Concombre.
Bah sinon, ça c’est grand, le concombre, et celui-là, il est petit.
Courgette ! C’est une courgette, voyons !
Bah oui, c’est un chou-fleur. J’ai envie de manger.
C’est un chou-fleur, ça ?
Oh mais… Oh mais c’est pas cuit.
Une asperge. Non.
Bah une asperge, c’est pas comme ça.
Vous connaissez les patates douces ?
Bah oui, c’est des patates. Douces. Ça, c’est pas doux, hein !
Ça, c’est quoi ?
C’est des frites.
C’est des frites ?
Ouais.
C’est du céleri.
Mais non !
Pour faire les frites, c’est avec de la patate (3) !
Ah, touche ! Ça, c’est une patate douce.
C’est de l’oignon.
C’est une courgette.
Ah, du poireau.
Je sais vraiment pas. Mais c’est très beau.
C’est un panais. Vous avez déjà entendu parler du panais ?
Non.
Jamais ?
A part le poisson pané. (4)

Quelques détails :
1. un crocrodile : beaucoup d’enfants ont du mal à dire un crocodile !
2. Un ninocéros : je n’avais jamais entendu ça pour dire un rhinocéros ! Très mignon.
3. Une patate : c’est l’autre mot qu’on emploie pour les pommes de terre. (un peu plus familier)
4. un panais / pané : il y a encore beaucoup de gens, sans parler des enfants, qui ne connaissent pas les panais. C’est redevenu à la mode assez récemment en fait. Evidemment, ce petit garçon rapporte ce mot à son expérience : il a mangé plus de poisson pané que de panais ! Mais dans beaucoup de régions, on ne prononce pas ces deux mots de la même façon. Le son « ai » n’est pas comme le « é » en fin de mot, sauf pour les gens du sud par exemple.

Ils sont marrants, ces petits ! Et pleins de fraîcheur.
Il faudrait juste qu’ils aillent plus souvent faire le marché avec leurs parents ou jardiner !

A propos du rôle des parents justement, il faut regarder la petite vidéo de Camille Lellouche, humoriste ! Je suis tombée dessus par hasard aujourd’hui. Heureuse coïncidence !
.
C’est ici. Elle prend tous les rôles et c’est plus vrai que nature !

Transcription:
Ils ont fait une pub, tu sais, avec les gosses (1) qui doivent deviner différents légumes. Et donc tu as quelqu’un qui leur montre, tu vois, des courgettes, du céleri, etc. Et les mômes (1), ils connaissent rien, quoi ! Ils sont débiles (2) ! Vraiment, c’est des tebes (3) ! Mais la faute à qui ?
Toi, tu es parent. Tu regardes le casting, tu dis : « Alors on cherche abruti (4) qui connaît pas les légumes à 12 ans. » C’est bon, c’est mon fils !
Ça veut dire que toi, en tant que parent, tu sais que ton fils ne connaît pas les légumes. A cause de toi. Bah tu es un peu con, con (5), hein ! Ouais. C’est horrible, tu sais que ton fils est bête. Genre (6) dès que tu arrives, tu vois le directeur du casting : « Alors, il est vraiment stupide, mon fils ! Si il connaît les courgettes ? Ah non, il croit que c’est du chou-fleur. J’ai tout inversé… tout inversé à la naissance. Ouais ouais, c’est… il est complètement tebe, ouais. »
Pauvres enfants ! Il y a des parents, au niveau de la têtasse (7), vous êtes un peu… un peu cucul (8). Ouais. Je suis complètement dépitée (9). Merde, le môme, à un an, deux ans, fais-lui goûter, là ! Fais-lui des purées ! Normalement, à trois, quatre ans, le môme, si tu lui as montré un peu les légumes, tu vois, un peu le marché, les trucs, bah il reconnaît, quoi ! Pauvre gosse !
Je lui fais manger que de la merde (10), hein : Moi, c’est frites, patates ou rien, hein ! Et tout surgelé, congelé, ouais. Si je sais ce que c’est une courgette ? Ah non ! Non, non. C’est un féculent ?

Quelques explications :
1. les gosses / les mômes : les enfants. Môme est un peu plus familier que gosse.
2. débile : idiot, stupide. Traiter quelqu’un de débile est une insulte.
3. Tebé : c’est du verlan, c’est-à-dire les mots dits à l’envers. Ici, c’est donc le mot : bête, synonyme de débile, idiot, stupide.
4. Abruti : un abruti est quelqu’un qui est complètement stupide. C’est une insulte.
5. Con : stupide, idiot. Terme vulgaire.
6. Genre : on emploie ce mot pour donner un exemple de situation. (familier)
7. la têtasse : la tête. Ce mot n’existe pas, mais le fait de rajouter -asse au bout donne un côté péjoratif. Elle veut dire qu’ils n’ont pas de tête, pas d’intelligence.
8. Cucul : pas très intelligent. (familier) C’est comme dire : « con con » en fait, mais en moins vulgaire. A propos de « con con », le fait de répéter ce mot l’adoucit un tout petit peu. C’est un peu moins brutal de dire : Il est con con, que de dire : Il est con. On fait un peu la même chose avec : Il est bête et Il est bebête (un peu moins méchant).
9. Dépité : abattu, très déçu
10. de la merde : des choses pas bonnes du tout (vulgaire)

Ah bon ? Y a foot ce soir ?

A Marseille, le foot, on connaît. Difficile d’y échapper. Et on s’en est bien rendu compte avec les violences des hooligans déchaînés ce weekend au centre-ville. Une chose est sûre, il est partout et sert à tout, même là où il paraît le plus incongru.

Et comme le foot et la gastronomie ne vont pas tout à fait ensemble et qu’il faut se nourrir – à défaut de boire – pendant les matches, les marques de surgelés n’allaient pas laisser passer l’occasion.

Donc voici une pub reçue par mail, avec, comme souvent, jeux de mots, expressions, formules. Bref du français en action. C’est le bon côté des pubs !

Foot et surgelés

C’est foot, alors restons dans le registre du foot : à l’heure du coup d’envoi du match, il faut être prêt devant sa télé. Donc c’est aussi l’heure du coup d’envoi – un peu avant – pour les commandes par internet de bonnes pizzas surgelées.

Les enfants regardent aussi (davantage de garçons que de filles en France) . Ambiance familiale. Tout le monde vit à l’heure du foot. (Il paraît qu’on est parti pour une cinquantaine de matches, en un mois…)

Foot et glaces pour enfants

Alors, voici des glaces pour les enfants, qui ne resteront pas sur la touche, c’est-à-dire pour nos petits qu’on n’oublie pas, qu’on fait participer à l’événement. Rester sur la touche, c’est regarder ses coéquipiers courir sur le terrain lorsqu’on est le joueur puni pour faute ou le joueur remplaçant qui attend son heure sur le banc de touche. Des jolies glaces comme des ballons de foot bien sûr.

Mais le foot s’est glissé dans un tout autre univers, sur un compte instagram qu’on pouvait penser imperméable à cet événement sportif ! Humour, second degré, téléscopage de deux mondes.

Foot et musée Rodin

Mais aussi téléscopage des styles : je n’aurais pas pensé à employer le qualificatif de « beaux mecs » à propos des sculptures de Rodin ( et pas forcément non plus à propos des footballeurs!) , même s’il a effectivement travaillé certains de ses modèles comme des athlètes. Terme un peu trop familier ! Tout comme le ton, oral, du « Y’a » qui nous interpelle au début de la phrase. Humour décalé, pour « dépoussiérer » les musées ?

A ce propos, je ne sais pas pourquoi on trouve très souvent écrit : Y’a, avec cette apostrophe qui n’a pas de sens, et qui tend probablement à restituer le côté oral de « Il y a » prononcé ainsi quand on parle de façon familière. L’apostrophe sert en général à indiquer qu’on a supprimé une lettre, comme par exemple « que » qui devient qu’. Mais ici, il ne manque rien entre Y et a.

Bon, en attendant, y a 80 minutes que le match du jour est commencé et les beaux mecs de l’équipe de France ne brillent pas en face des beaux mecs de l’équipe albanaise au stade Vélodrome de Marseille ! A l’heure où j’écris, y a toujours 0-0. Mais qu’est-ce qu’ils font, tous ces beaux mecs avec leur ballon rond ?