Petites échappées au musée

Berthe Morisot – Julie Manet, sa fille

Echappées quotidiennes au musée Marmottan, avec de courtes vidéos sur instagram : c’était une des bonnes surprises de cette période de confinement. Dans ce musée, tout est beau, Les Nymphéas bien sûr, mais aussi tout ce qui est consacré à Berthe Morisot. (Un musée à taille humaine et qui restait assez accessible quand j’y suis allée il n’y a pas si longtemps.) Alors je suis bien contente de revoir ces tableaux de cette jolie manière.

Voici une sélection de ce que nous ont dit Kathleen Evin et Marianne Mathieu, au fil de leurs gracieuses conversations quotidiennes qui nous emmènent dans quelques-uns des tableaux de ce musée. Et apparemment, elles continuent pendant le déconfinement, en attendant la réouverture des musées probablement. (L’une dans sa cuisine et l’autre depuis son salon).

Avec le premier, nous partons sur la plage de Trouville. Cliquez sur ce lien et pensez à mettre en plein écran si vous regardez sur votre ordinateur. (Et il y a des sous-titres en anglais.)

Puis à l’île de Wight.

Puis en promenade près d’Argenteuil.

Et puis voici Berthe Morisot. Son portrait par Manet et son autoportrait.

J’espère que c’est accessible, même si vous n’avez pas de compte instagram.
Sinon, voici à quoi ça ressemble.

A bientôt

Ces chiffres inimaginables

Voici les chiffres officiels présentés par Public Sénat sur leur compte instagram.
C’est direct, sans discours et terriblement glaçant.
Cela se passe en France, au XXIè siècle.
Cela se passe partout dans le monde.
Encore et toujours.

Violences faites aux femmes – les chiffres

Ce n’est pas inéluctable. Ce n’est pas le destin des femmes, dans aucun pays.

Je pense souvent à une de mes petites étudiantes dont je ne sais pas ce qu’elle est devenue et pour qui j’espère que la vie a repris le bon chemin. Elle était arrivée un jour en cours le bras en écharpe et avait fini par nous faire savoir par ses amies qu’elle avait été frappée par son jeune compagnon. Avec ses amies et ma collègue Julie, nous avions essayé de la convaincre que ce n’était pas acceptable, qu’elle était en danger et que des femmes et des hommes dans des associations pouvaient l’aider à partir, parce que ce n’est jamais facile, qu’on ait 19 ans ou ou qu’on en ait 50. Qu’il n’y avait pas de « c’est juste arrivé une ou deux fois », « il s’est excusé et ça va maintenant », « il regrette son geste »,  » on s’aime » qui tiennent. Que ce n’était pas de sa faute à elle et qu’il s’agissait bien de violence, pas d’un simple différend – différend familial comme on l’entend encore. C’était la fin de l’année universitaire, elle a bifurqué vers d’autres études, nous avons perdu le contact. J’espère qu’elle va bien et qu’elle se sent plus forte, épaulée par ce mouvement qui a pris de l’ampleur, enfin.


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En tout cas, si vous suivez l’actualité en France, vous avez donc dû entendre parler du Grenelle des violences conjugales. C’était dans tous les journaux hier, sur toutes les chaînes.

Etrange expression qui s’est vraiment imposée depuis une quinzaine d’années, pour désigner l’organisation d’un grand débat sur un problème majeur de notre société, avec l’idée que des mesures concrètes doivent en découler.
Un Grenelle de l’environnement, un Grenelle des retraites, un Grenelle de la santé, etc.

L’origine de cette expression très à la mode aujourd’hui remonte à mai 1968, lorsque des accords avaient été trouvés entre le Gouvernement et les syndicats sur les salaires et la durée du temps de travail notamment. Ces négociations, au coeur des grandes grèves de mai 68, avaient eu lieu au Ministère du Travail, rue de Grenelle à Paris et sont restés dans notre histoire sous le nom des Accords de Grenelle.

Les mesures du Grenelle des violences conjugales 2019…
Peut mieux faire. Il y a du pain sur la planche !

A quoi bon ?

C’est dans l’air du temps : ne pas polluer, respecter la planète.
Alors, publicitaires et entreprises adaptent leur messages et adoptent ce discours, pour continuer à vendre.
Ils jouent la carte de la sécurité de leurs produits, qu’on espère effectivement plus « propres », moins nocifs pour notre environnement et nous-mêmes.

Parce que sinon, c’est sûr, A quoi bon?
Cette expression signifie toujours qu’on se demande à quoi ça sert.

A quoi cela sert-il de nettoyer sa maison de fond en comble si les produits qu’on nous vend pour ça sont dangereux pour l’air, l’eau, la terre ? Il paraît que l’intérieur de nos maisons est très pollué. Tant mieux si cela change !

Dans d’autres contextes, cette expression, qui pose toujours la question de l’utilité et du sens de nos actions, apparaît dans la bouche de ceux qui se disent et nous disent qu’on ne pourra rien changer : les défaitistes. Les à-quoi-bonistes ou aquoibonistes.
Elle exprime le découragement, un sentiment d’impuissance.
Elle est souvent un alibi pour ne rien tenter. Dire A quoi bon, c’est avoir renoncé, pour toutes sortes de raisons.
C’est baisser les bras.

Dans d’autres situations, elle peut aussi exprimer la position de ceux qui ne veulent pas créer davantage de problèmes:
A quoi bon remuer toutes ces vieilles histoires de famille ?
– A quoi bon revenir là-dessus ? Nous ne serons jamais d’accord.

Et ces derniers jours, ce terme, aquoibonisme, est revenu en force dans les médias français, à propos des femmes qui se sont longtemps dit :
A quoi bon porter plainte contre le harcèlement masculin, contre les viols, contre les violences conjugales ? A quoi bon ?
Adèle Haenel, l’actrice qu’on a vue dans Portrait de la jeune fille en feu, magnifique Héloïse, a cessé, il y a quelques jours, de se dire : A quoi bon ?

Allez, sur une note plus légère, j’espère en tout cas que vous ne vous direz jamais :
A quoi bon continuer à apprendre le français ! C’est trop difficile. C’est trop long. Je n’y arriverai jamais.
L’ampleur de la tâche peut parfois sembler trop grande, c’est certain, mais on avance tous les jours quand on apprend une autre langue, tranquillement, patiemment, et c’est passionnant !

A bientôt