On s’habille comment aujourd’hui ?

Il y a des tenues vestimentaires adaptées à tout: pour faire du sport ou son jardin, pour décompresser à la maison, pour aller au travail. Dans les entreprises françaises, le code vestimentaire varie plus ou moins selon la fonction qu’on occupe et selon le secteur dans lequel on travaille. Mais globalement, ce n’est pas particulièrement décontracté. Pour les hommes, c’est souvent costume et cravate de rigueur*, si on est cadre ou si on a affaire à des clients. Du lundi ou vendredi. Toute l’année. Qu’il pleuve ou qu’il vente*.
Alors, certaines pratiques venues des Etats-Unis peuvent rencontrer un écho chez certains.
Présentation humoristique de l’une d’entre elles.
(Pas sûr que ça change grand-chose ! )


Transcription:
– Bon, si je vous ai réunis aujourd’hui, c’est pour vous communiquer une décision très, très importante.
– Ah !
– Bah on vous écoute, Bertrand.
– Voilà, j’ai longuement réfléchi, et c’est quelque chose qui se pratique beaucoup aux States, hein.
– Aux States ?
– Oui, aux Etats-Unis.
– J’avais compris.
– Bon alors, comme vous le savez, mon séjour là-bas a été très fructueux et j’ai donc décidé d’instaurer une nouvelle méthode dans l’entreprise.
– Ah ! On va enfin passer au Management participatif.
– Ah non, non, c’est pas du tout ça, non, non. Pour le moment, pas de participation, non, non. On reste comme on est, hein.
– Dirigiste (1), quoi !
– Voilà, c’est ça. Donc j’ai décidé que nous allions instaurer chaque fin de semaine le Friday Wear (2).
– Le Friday… ?
– Oui, le vendredi.
– Oh bah j’avais compris. On fait quoi le… le vendredi wear ?
– Eh ben on s’habille comme en weekend.
– Eh ben voilà, c’est exactement ça, hein. Ça va tout changer ! Qu’est-ce que vous en pensez ?
– Ah oui, ça, fallait y penser(3) ! Such a good idea ! Quelle bonne idée !
– Oui, bon bah j’avais compris.

(le vendredi suivant)
– Ah, bonjour Bertrand.
– Bonjour Catherine. Ça va comme vous voulez ?
– Ça va, ça va, comme en fin de semaine, hein.
– Ah bah oui, c’est vrai qu’on est déjà vendredi, hein.
– Ben oui. Vous l’avez pas oublié ?
– Ah bah non. Mais pourquoi vous me dites ça ?
– Ah non, non. Bah… A cause de la tenue (4), quoi. Je… Comme l’autre jour en réunion, vous aviez dit Friday wear, alors moi, j’ai…
– Bah oui, mais écoutez, je suis… je suis Friday wear à mort (5), là ! J’ai mis une cravate de couleur et regardez, pas de boutons de manchettes (6) !
– Ah oui ! Tout est relatif, hein.
– Ah ouais. Par contre, vous, Catherine, vous êtes quand même limite « garden Friday wear » (7).
– Oui, j’aime beaucoup le jardinage. Ça me détend.
– Bah Cédric ! Mais enfin, vous êtes fou ! Qu’est-ce que c’est que cette tenue ?
– Bah quoi, c’est comme chez moi le weekend (8), hein. Friday wear attitude. A donf ! (9)

Quelques explications:
1. dirigiste: autoritaire, qui ne délègue pas de pouvoir
2. le Friday wear: en anglais, ça fait mieux, mais avec un bel accent français !
3. fallait y penser : c’est une façon de dire que c’est une idée originale. (Mais ici, c’est ironique bien sûr.)
4. une tenue: les vêtements.
5. à mort: à l’extrême, totalement
6. les boutons de manchettes: ils servent à fermer le poignet d’une manche de chemise. (Tous les hommes qui portent des chemises n’en portent pas !)
7. limite garden Friday wear: il trouve que sa tenue est un peu limite, qu’elle va un peu trop loin dans la décontraction.
8. le weekend chez Cédric: c’est sport à la télé, bière et pizza.
9. à donf = à fond, en verlan, c’est-à-dire en lisant le mot à l’envers. Cette expression signifie « totalement », « carrément ».

* de rigueur: obligatoire
* qu’il pleuve ou qu’il vente: par tous les temps / tout le temps.

Harmonie dans l’équipe !

TGV refletTGV pro: dernier épisode de la saga d’Eric et de ses collaborateurs.
Où on apprend les effets des pizzas sur Jack.
Où on voit Eric sous un autre jour.
Où on observe les relations entre Virginie et Sonia.
Où on constate que le stagiaire n’a toujours pas son mot à dire*.

Pour regarder, cliquez ici.

Transcription:
– La grande nouveauté de cette plateforme, qu’est-ce que c’est ? Une immersion totale et en trois dimensions pour le joueur ainsi qu’une grande précision du mouvement.
– Il a pas les bonnes bottes.
– Ouais, j’avoue, il y a pas les lacets qui dépassent sur le côté.
– Ils ont pas dû avoir la licence tout simplement.
– Psst ! Psst ! C’est bien ?
(rires)
– De quoi ? (1)
– Non, non, c’est pas ça. C’est que c’est juste un peu bizarre que vous ayez choisi le troll, Eric.
– Mais non, mais ils ont dû échanger leurs costumes parce que Jack rentrait (2) plus dedans.
– Ça va (3), j’ai un peu forci (4) depuis les essayages. Le stress.
– Ouais, et les pizzas.
– Bon, ça a rien à voir, non, non, non. C’est le stress, ça m’ouvre l’appétit.
– Eh ben pourquoi tu es souvent stressé, alors !
– Bon, c’est pas la question. Alors ?
– J’ai mangé qu’une pizza cette semaine. C’était une végétarienne en plus. Ah non, je suis désolé, ça…
– Stop !
– Qu’est-ce… Qu’est-ce que vous en pensez, hein ?
– Non, c’est bien, c’est super.
– Vous êtes sûrs ?
– Ouais.
– Ça vous va très bien.
– Très bien.
– On est d’accord, hein, alors. Je démarre par la prés (5). Ensuite, vous enchaînez tous les deux avec la démo.
– Pff ! Il se fatigue jamais, lui ? Ça fait […] Il va nous faire rater notre train si il continue.
– Eric, excusez-moi, mais les trolls, ils portent pas de montre.
– Euh ouais, ils ont un petit sablier (6) qu’ils retournent pour voir le temps qui passe.
– Je suis désolé, c’est une précision importante sur le costume.
– Ah, eh, Virginie ! Les fées non plus, elles ont pas de montre.
– Il veut vraiment nous faire rater notre train, hein!
– C’est pas grave (7), j’appelle la SNCF.
– Non, c’est bon, je vais le faire. On prendra le prochain.
– Ou celui d’après.
– Ou le suivant.
– Ou celui encore d’après.
– Bon ça va, c’est pareil.
– Non c’est pas pareil.
– Chut ! (8)
– Ouais, on vous remboursera. C’est possible que pour vous. Moi, par exemple, je dis ça. Je dis rien mais… Non, non, mais du coup, je… enfin, je me suis dis que je pourrais peut-être y aller (9), quoi. Comme ça, vous perdez pas votre temps et on se retrouve sur Paris (10). C’est vrai que j’ai quand même pas grand chose à faire ici et… Je… je… Je vais rester.

Quelques explications:
1. De quoi ? = Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? (familier, et un peu agressif)
2. rentrer dans un vêtement (ou des chaussures): pouvoir le / les mettre car c’est la bonne taille. On dit souvent: « Je ne rentre pas dedans ».
3. ça va: on dit ça quand on voit que les autres sont critiques par rapport à nous. On dit ça sur un ton agacé en général, pour dire: « Arrêtez de me critiquer » / « Arrêtez de vous moquer de moi. »
4. j’ai un peu forci: c’est une façon atténuée de dire carrément: « J’ai grossi ».
5. la prés.: abréviation de « présentation », mais utilisée seulement dans certains milieux professionnels.
6. un sablier: un petit objet avec du sable qui s’écoule quand on le retourne et qui permet de mesurer une durée.
7. C’est pas grave: ça ne fait rien, pas de problème. (très fréquent)
8. Chut: onomatopée pour demander à quelqu’un de se taire.
9. je pourrais y aller: je pourrais m’en aller / Je pourrais partir. Y, ici, ne désigne pas un lieu précis. C’est comme quand on dit: « Bon, j’y vais. »
10. sur Paris: à Paris. Ce n’est pas correct d’utiliser « sur » dans ce cas mais beaucoup de gens le font…

* avoir son mot à dire: avoir le droit d’exprimer son opinion