Ambiance professionnelle

Ambiance confortable, préservée de l’agitation de la gare ».
C’est comme ça que la SNCF vend son service « Salon grands voyageurs », réservé aux professionnels qui se déplacent pour leur travail et qui n’ont pas envie d’attendre sur le quai, au milieu de la foule. Un avantage auquel sont habitués les clients des compagnies aériennes mais récent dans les TGV.

Voici donc le troisième épisode des aventures d’Eric et de ses collaborateurs, qui attendent tranquillement leur TGV à la Gare de l’Est à Paris. Tranquillement… Enfin, presque !

Pour regarder, c’est ici.

Transcription:
– Chéri, tu as oublié ça.
– Oh non !
– Bah ouais.
– Bon bah écoute, c’est pas grave (1). Je t’envoie un coursier.
– Et je te mets tes gâteaux préferés aussi avec, hein, d’accord.
– OK. Bon, je dois aller… Je dois te laisser. Je t’embrasse, ma puce (2). Je t’aime.

– Eh Mat. Pour combien tu vas voir Eric ? Tu lui tires les cheveux.
– 20 €.
– Tu es sérieux, là ?
– Bah ouais. Pourquoi ?
– C’est… C’est… c’est rien, 20€ ! C’est pas ça, le jeu. Même moi, je peux te les donner.
– Franchement, ça vaut pas plus, hein.
– Bon d'[…]… d’accord. Tu vas le voir. Tu lui claques son ordi sur les doigts, mais genre trop fort (3), tu vois. Tu prends ses écouteurs, tu lui mets dans le pif (4). Pour combien tu fais ça ?
– 25, allez 25.
– 25… 25 €, c’est rien du tout ! C’est… C’est nul (5) de jouer avec toi.
– Chut ! (6)
– Comment c’est tout pourri (6) de jouer avec vous, franchement !
– Et… Et vous, Virginie ? Vous, Virginie.
– Fais gratuit, je sais que je ne risque rien.
– Modestie. Modestie.
– Ciao.

– Et voilà ! D’une main, je l’ai éclaté, Gossbo75 !
– Ah !
– Ça va, Eric ?
– Non, j’étais sur mon rapport. Un bug (7).
– Mathieu ?
– Hm ?
– Vous connaissez un certain Megageek ?
– De nom (8), ouais.
– Il fera un bon testeur (9), non ?
– Ouais, faut voir. Gossbo75 (10).
– Ouais, bon bah ça va ! C’est le pseudo de mon fils.
– Ouais, et en même temps, il a cinq ans, votre fils, Eric.
– Bon bah Vincent, allez me chercher un café.
– Toujours moi !

Quelques explications:
1. c’est pas grave = ça ne fait rien. On dit ça tout le temps pour dire que ce n’est pas un problème.
2. ma puce: surnom affectueux très courant, pour les enfants, ou les femmes. Pourtant, une puce, c’est plutôt un parasite !
3. mais genre trop fort: style très familier, utilisé par les jeunes surtout. Vincent veut juste dire: »Très fort ».
4. le pif: le nez (argot)
5. c’est nul de jouer avec toi: ce n’est vraiment pas bien. (familier)
6. Chut!: onomatopée pour demander à quelqu’un de se taire.
7. pourri: synonyme de « nul ». (familier)
8. un bug: c’est le terme anglais. On a essayé de nous imposer « bogue » pour ne pas utiliser de l’anglais. Mais personne ne dit « bogue ». Et il y a aussi le verbe bugger, qu’on prononce « beuguer »: Mon ordi a buggé.
9. connaître quelqu’un de nom: c’est quand on n’a jamais rencontré cette personne. On en a juste entendu parler.
10. un testeur: celui qui teste les jeux vidéos par exemple.
11. Gossbo75: dans ce pseudo, il y a 75, qui est le numéro de Paris, sur les plaques d’immatriculation des voitures. (Eric est parisien). Il y a aussi « gossbo », qui vient de l’expression « beau gosse », à l’envers et avec une orthographe plutôt phonétique. Un beau gosse, c’est beau jeune homme, dans un style familier. (Ce n’est jamais un enfant dans ce cas.)
Ce qui les fait rire, c’est qu’Eric s’est choisi ce peudo, avec beaucoup de modestie ! Et c’est pour ça qu’il dit que c’est celui de son fils et qu’il s’énerve: il est démasqué !

Et pour finir, voici les portraits d’Eric, Vincent et Mathieu qu’on trouve sur le site, avec quelques expressions sympas:

Vincent. Ne s’investit pas que dans les photocopies. Le stagiaire type: vingtaine boutonneuse*, style négligé, gamer dans l’âme* et grand copain de Mathieu. Malgré sa bonne volonté évidente, Vincent passe le plus clair de son temps* à voyager en 2nde, ce qui le prive de côtoyer Virginie qu’il considère comme la femme parfaite.
Des expressions:
*la vingtaine boutonneuse: il a à peu près 20 ans et encore des boutons, comme les ados.
*gamer dans l’âme: les jeux vidéo, c’est sa passion.
* passer le plus clair de son temps à faire quelque chose: passer la majorité de son temps à faire ça.

Mathieu, le concepteur. A la pointe* en matière de références. Le geek* de l’équipe pour qui la naissance du monde a commencé avec l’invention du tout premier personal computer. De son cerveau fécond, peuplé de trolls et de robots, émergent tous les jours des nouveaux concepts de jeux.
Des expressions:
*être à la pointe: être très moderne, être à l’avant-garde, connaître les évolutions les plus récentes dans un domaine, souvent technologique.
* le geek: dans le domaine de l’informatique et des jeux vidéos, ce sont les termes anglais qui sont utilisés tout le temps.

Eric, le directeur général. Sérieux, connaît ses dossiers sur le bout des doigts*. Patron d’une petite entreprise de jeux vidéo, il est de la génération ante-nerd*. Il est fasciné par la technologie à laquelle il ne comprend pas toujours tout. Il admire ceux qui la font et la pensent. Convivial et souriant, il n’en reste pas moins un homme à poigne* qui dirige sa PME* d’une main de fer*.
Des expressions:
* connaître quelque chose sur le bout des doigts: connaître quelque chose parfaitement.
*ante-nerd: antérieure aux « nerds », ces fous d’informatique.
* un homme à poigne: un homme qui dirige ses affaires avec autorité et une grande fermeté.
* une PME: une entreprise qui fait partie de la catégorie des  petites et moyennes entreprises.
* diriger quelque chose d’une main de fer: diriger quelque chose de façon très autoritaire.

J’adore les réunions !

Selon vous, les réunions à votre travail sont:
□ nécessaires
□ productives
□ efficaces
□ stimulantes
□ interminables
□ trop fréquentes
□ inutiles
□ une perte de temps

Si vous avez coché les derniers adjectifs, si vous en avez assez d’aller à des réunions qui ne débouchent pas sur grand-chose, si vous ne supportez plus de voir votre agenda encombré, si votre entreprise est atteinte de réunionite*, vous allez vous reconnaître dans cette petite vidéo. De l’humour, mais comme dans toute caricature un fond de vérité !


Transcription:
– Bon alors, on se réunit aujourd’hui pour fixer la prochaine date de réunion, hein.
– Hm. Oui, c’est important, hein.
– Moi je suis partisan de (1) la fixer à lundi en huit (2).
– Lundi en huit… Ouais. Une idée, oui.
– Oui, c’est pas mal (3).
– Et alors, le thème de la réunion ?
– Justement, on a réunion demain pour en parler.
– Ah bah oui, c’est vrai.
– Au fait, c’est à quelle heure demain, la réunion ?
– Je te rappelle qu’on a réunion cet après-midi pour fixer l’heure de la réunion de demain.
– Ah oui, c’est vrai.
– Eh oui, bien sûr.

– Bon alors, vous notez sur vos plannings (4): réunion du lundi en huit, hein.
– On sera le 9.
– Oui. Donc lundi en huit, le 9. Ah, vous mettez un point d’interrogation, hein, parce qu’on connaît pas encore le pourquoi de la réunion, hein. Ah, notez aussi: réunion demain pour le thème de la réunion du 9. OK, c’est clair ?
– Clair.
– Clair.

– Ah ! Ah bah flûte (5) ! Je peux pas demain. J’ai déjà une réunion avec le Marketing.
– A quelle heure ?
– Bah, je sais pas. J’ai une réunion à 18 heures pour le savoir.
– Bah tu peux pas la déplacer ?
– Oh bah oui, mais alors faut (6) qu’on se réunisse pour trouver une autre date de réunion.
– Oh, écoute, ils sont gonflants (7) au Marketing ! Ils nous pondent des réunions (8) sans arrêt, là ! Appelle-les. Décommande.
– Ouais, ça nous arrangerait (9), ouais.
– OK.
– Allo ? Oui, c’est Linda. Oui, non (10) mais je comprends bien mais est-ce qu’on ne peut pas déplacer la réunion de 18h pour décider de l’heure de la réunion de demain? Oh bah… Oh bah oui, ça c’est super alors. Oui. Génial (11)! Merci, hein, merci. Ça y est ! (12) No problemo. (13)
– Ah bah super !
– Oh ouais, ils sont sympas (14), hein. Ils l’ont mis (15) lundi en huit, le 9.
– Bah non, Linda. On a déjà notre réunion.
– Ah bah oui ! Je suis bête !(16)
– Ça , on savait, oui…
– Oui, ça pour ça, pas besoin de réunion, hein…
– Hein ? (17)
– Non, non. Rien.

Quelques explications:
1. être partisan de quelque chose / de faire quelque chose: être pour quelque chose / pour faire quelque chose. Y être favorable.
2. lundi en huit: pas lundi prochain mais le lundi de la semaine suivante.
3. c’est pas mal: c’est plutôt une bonne idée.
4. un planning: c’est l’emploi du temps où on indique tout ce qui est prévu.
5. Flûte! : c’est une exclamation comme « Zut! », ou « Mince! », quand on réalise que quelque chose pose problème. Ce sont les versions polies. La version plus vulgaire serait: « Merde ».
6. Faut que: Il faut que… A l’oral, on ne dit pas « il », quand c’est un style familier.
7. gonflant: pénible, casse-pieds. (très familier). On peut dire aussi: Ils nous gonflent.
8. pondre des réunions: c’est péjoratif. Cela sous-entend qu’ils organisent des réunions pour un oui, pour un non, sans réel besoin, et sans arrêt. (familier)
9. ça nous arrangerait: ce serait bien pour nous / ce serait plus pratique.
10. oui non mais… : à l’oral, on emploie souvent ces mots contradictoires quand on veut dire qu’on comprend le problème ou la situation mais qu’on voudrait quand même faire autrement.
11. Génial! : c’est comme « Super ». (familier)
12. ça y est: on dit ça quand on a atteint un but, quand on a fini quelque chose, pour dire que c’est fait.
13. no problemo: c’est la version pseudo espagnole de « Pas de problème », que certains emploient parfois.
14. sympa: gentil. C’est la version courte et familière de « sympathique ». On emploie presque toujours la forme abrégée à l’oral.
15. Ils l’ont mis: il faudrait dire « Ils l’ont mise », en accordant au féminin, car il s’agit de la réunion. Mais beaucoup de Français ratent cet accord, un peu difficile, avec le complément placé avant le verbe, c’est-à-dire l’ qui remplace « la réunion ». On dit: ils ont mis la réunion le 9. (Pas d’accord car réunion est après le verbe). Mais on doit dire: Ils l’ont mise. (Accord car l’ est avant le verbe)
16. bête: stupide, idiot(e). On dit ça quand on se rend compte qu’on a fait une petite erreur.
17. hein ? : on peut dire ça quand on a mal entendu, pour faire répéter. Mais ce n’est pas considéré comme très poli. (C’est comme « Quoi? ») On apprend aux enfants qu’ils faut dire « Comment ? » dans ces cas-là.

* la réunionite: c’est la tendance à organiser trop de réunions, qui en général ne donnent pas de vrais résultats. Ce mot est fabriqué sur le modèle des noms de maladies (une bronchite, une laryngite, une tendinite, une phlébite, etc…) pour donner l’idée que c’est un des maux dont souffrent certaines entreprises. Et si c’est très grave, on parle même de réunionite aiguë !