Ça saute aux yeux

La soif

La laisse rose

Bavardages au  Vieux Port

Promenons-nous dans la ville… à la recherche des couleurs assorties.
Vous voyez ?

Rien n’est laissé au hasard – ça saute aux yeux – dans le mariage des couleurs qu’a choisies cette petite fille coquette et sautillante.
C’est beaucoup plus fortuit et furtif sur la deuxième photo; une laisse rose, en écho à l’un des motifs de la tunique que porte la maîtresse de ce petit chien patient ! Cette promeneuse doit aimer le rose, mais j’en déduis surtout que son chien est une chienne. (J’exagère ?)
Et comme le monde est vraiment bien fait, la tache colorée d’un long t-shirt, comme s’il avait pris le turquoise des rebords et du fond de la barque qui vient de passer devant cette jeune fille qui ne regarde pas les bateaux passer.

Le soleil est revenu. Lumière et couleurs.
Nous flânons. Les enfants courent.

* Ça saute aux yeux: on utilise cette expression quand quelque chose est tellement évident qu’on ne peut pas ne pas le voir. Evidemment, on dit souvent aussi que ça ne saute pas aux yeux: Il dit qu’il fait des efforts mais ça ne saute pas aux yeux ! / Des couleurs assorties ? Mais qu’est-ce que tu racontes ? Franchement, ça ne saute pas aux yeux !

Ça tombe bien !

Fin d’un long weekend pour beaucoup de Français. C’est que cette année, par le hasard des dates, deux jours fériés se suivaient dans la même semaine: le 8 mai et l’Ascension. Et comme c’était un mercredi et un jeudi, c’était l’occasion de faire ce que nous appelons Faire le pont, c’est-à-dire prendre aussi le vendredi pour enchaîner avec le weekend. Cette année, c’est bien tombé !

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Mais bien sûr, tous les ans, invariablement, il y en a pour nous expliquer que ça tombe très mal. Rendez-vous compte, l’économie est en danger, avec tous ces Français qui ne pensent qu’à se reposer. Quelle calamité, ces jours fériés qui tombent en mai-juin ! Eh oui, le 1er mai, fête du travail et le 8 mai tombent toujours en mai, et qui plus est, le même jour de la semaine … L’Ascension est toujours un jeudi, le lundi de Pentecôte – sans surprise un lundi – est (plus ou moins) férié aussi, en mai ou juin selon les années.

Ces gardiens de notre productivité oublient en général de dire que cela s’équilibre au fil du temps et que certaines années, le 1er et le 8 mai tombent le weekend. Tout comme Noël et le Jour de l’An.
Ils oublient aussi de mentionner que de plus en plus de Français travaillent ces jours-là, dans les magasins et les supermarchés, parce que ce serait dommage quand même de ne pas pouvoir consommer, acheter, dépenser !
Ils oublient aussi que la terre ne va pas s’arrêter de tourner pour ça.

Long weekend donc, et beaucoup de monde à Marseille, touristes (c’est bon pour l’économie!) et Marseillais, pour flâner du côté des nouveaux musées de la ville, installés dans des lieux rendus au public ou du côté du Vieux Port, qui vient de faire peau neuve, avec son ombrière aux multiples reflets.

Musée

Marseille L' Ombrière du Vieux Port

Une chose est sûre, c’est que ces jours fériés sont d’abord des jours de congé ! Certains et certaines sont un peu dans le vague quant au pourquoi de ces dates. (Ce qui reflète la place de la religion catholique et montre que les Français n’ont pas tous retenu les cours d’histoire !) A écouter ici:Transcription :
– Je me suis pas posé la question, je vous avouerais !
– Non non, je suis pas au courant (1). Il y a un jour férié ?
– Ben oui. C’est l’Ascension.
– Oui, oui, c’est l’Ascension, non ?
– Bien sûr, le 8 mai, c’est la fin de la deuxième guerre mondiale. Comme d’habitude, depuis toujours (2), un défilé et un hommage, sous l’Arc de Triomphe, au Soldat Inconnu.
– Le 8 mai ? L’Ascension !
– Alors, attendez, le 8 mai 45, c’était la Libération de Paris (3).
– C’est la Pentecôte, c’est ça ? Ou l’Ascension. Je sais plus. Je sais pas exactement.
– Moi, je sais pas. Tout ce que je sais, c’est que je bosse (4) pas !
– Bah, la Libération de 45. On fête la victoire, de l’arrêt de la guerre entre l’Allemagne et les pays alliés.
– Ça représente d’abord des souvenirs personnels puisque à cette époque-là, j’avais neuf ans et je venais de recevoir, sur les maisons que j’habitais, à deux reprises (5), des obus qui venaient de je ne sais où et où j’ai failli (6) perdre ma grand-mère d’une part et ma petite sœur d’autre part. Pour moi, c’est fondamental, d’une part parce que j’ai vécu cette période et puis d’autre part pour les jeunes générations. Ils ont besoin – et j’ai une petite fille qui a dix ans et qui a besoin de savoir – et donc il est important pour les générations qui viennent derrière nous que ces cérémonies se poursuivent dans le temps.

Quelques détails :
1. ne pas être au courant : ne pas savoir
2. depuis toujours : en fait, le 8 mai n’a plus été un jour férié pendant longtemps. Il a été rétabli en 1981.
3. la Libération de Paris : c’est en fait en août 1944. Le 8 mai 45 est le jour où a été annoncée la capitulation de l’Allemagne.
4. bosser : travailler (familier)
5. à deux reprises : deux fois
6. j’ai failli (+ verbe) : c’est presque arrivé mais finalement, non. Par exemple : J’ai failli l’appeler. Mais finalement, je me suis débrouillée toute seule. / Il a failli perdre la vie en faisant l’ascension de l’Everest. On emploie ce verbe (faillir) au passé composé uniquement aujourd’hui. (Parfois au plus-que-parfait: il avait failli… et au passé simple dans les romans: il faillit…)