Paris

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Oui, nous apprendrons à nos enfants le plaisir de marcher libres dans les rues, de s’asseoir aux terrasses des cafés, de danser et de chanter. Nous remplirons leurs têtes de tout ce qui est du côté de la vie, de l’intelligence et de la beauté. Nous ferons en sorte qu’ils grandissent avec la certitude que tous les rêves et les espoirs leur sont permis, dans cette vie, sur cette terre. Nous leur permettrons d’imaginer que lorsqu’on a vingt ans, tout est à construire, rien n’est à détruire dans la haine et la barbarie.

Entendus ce matin à la radio, quelques échos tout simples, le jour d’après :
Vendredi 13 novembre 2015

Transcription:
– Ça en fait beaucoup de peine. Voilà. J’ai beaucoup de peine (1). Très bizarre. Même si j’ai… j’ai perdu personne et tout ça, mais je me dis… ça aurait pu arriver à ma fille, mes enfants qui devaient être… voilà, quoi, ça aurait pu arriver à eux (2), quoi. Je suis retourné (3). Je sais pas comment j’agirais si un jour, ça arrivait un truc comme ça.

– Dans ma tête, il y a un tas de choses qui se passent mais voilà, après, voilà, c’est triste. C’est juste je trouve pas les mots pour exprimer le… ce que ça… parce que c’est douloureux aussi. Franchement, moi je comprends pas ce qui se passe. On est dans un monde… dans un monde noir. C’est terrifiant, c’est…
Vous êtes en état de choc ?
Ouais, ouais, comme tout le monde, hein. Comme tout… voilà. Comme tous les Parisiens et comme tous les êtres humains. Nous surtout, les Parisiens, parce qu’on vit ici, c’est horrible. Personne n’est à l’abri (4), après, voilà. Pourquoi tuer comme ça, gratuitement ? Mais pourquoi (5) ? Mais pourquoi ? Franchement, c’est pour quoi ? Voilà.

– Malgré tout, vous, toutes les trois, vous avez tenu à (6) venir, un samedi soir, prendre un verre ici (7). Pourquoi c’est important pour vous ?
– On voulait pas rester enfermées chez nous, pour… enfin, à rien faire, on se serait senties mal. Enfin, moi, je sais que je… déjà, d’être toute seule, j’avais pas envie d’être toute seule. Rester chez nous ce soir, c’était leur donner un peu raison (8), et avoir peur et rester cloîtré (10), c’était leur donner raison et on n’a pas envie de leur donner raison, même si ça nous touche beaucoup forcément et que c’était un peu dur, oui, de sortir… enfin, on n’était pas rassurées quand on est sorties mais tout ne s’arrête pas parce que… parce qu’ils ont décidé de semer la terreur un peu partout.

Quelques explications :
1. avoir beaucoup de peine : avoir beaucoup de chagrin, être profondément triste. L’expression de base, c’est avoir de la peine. Et donc on peut nuancer : avoir un peu de peine – avoir beaucoup / énormément de peine.
2. Arriver à eux : normalement, on dit : ça aurait pu leur arriver. Pour insister, on dit : ça aurait pu leur arriver à eux. C’est ce qu’il voulait dire mais à à l’oral, et dans l’émotion, il s’est concentré sur « à eux » uniquement.
3. être retourné : être bouleversé.
4. Être à l’abri : être en sécurité, à l’écart du danger, protégé.
5. Mais pourquoi ?/ Mais pour quoi ? : on peut le comprendre et donc l’écrire de deux manières différentes. La deuxième question signifie qu’on se demande au nom de quoi, au nom de quelle cause de tels actes sont commis.
6. Tenir à faire quelque chose : vouloir vraiment le faire, juger que c’est nécessaire de le faire.
7. Prendre un verre : cette expression exprime l’idée de se retrouver à plusieurs dans un café, pour partager un bon moment ensemble.
8. Leur donner raison : ici, elle veut dire que cela signifierait qu’on se laisse dominer par eux, qu’on ne réagit pas.
9. Rester cloîtré : rester enfermé, sans sortir du tout.

Alors, chantons:
rien ne vaut la vie
« La vie ne vaut rien, Mais moi quand je tiens dans mes deux mains éblouies les deux jolis petits seins de mon amie, alors là je dis, rien, rien, rien, rien ne vaut la vie. »
Alain Souchon

Bleu blanc rouge

Bleu blanc rouge

Bleu, blanc, rouge, dans cet ordre, ce sont les couleurs du drapeau français. Donc j’ai des tasses très patriotiques ! Fête Nationale oblige ! Nous sommes le 14 juillet.

Le 14 juillet :
– c’est la date de la prise de la Bastille, pendant la Révolution Française. Tous les petits Français connaissent cette histoire, de façon plus ou moins caricaturale. Cela fait partie de notre mythologie: symbole de la fin de la monarchie absolue et de l’arbitraire royal, pour simplifier.
– c’est un des jours fériés en France. On dit juste « Le 14 juillet ». (Au passage, je n’ai jamais bien compris pourquoi les Américains l’appellent « Bastille Day ». Ils pourraient dire The 14th of July, comme nous disons Le 4 juillet en parlant de leur Fête Nationale.)
– Pour un certain nombre de Français, cette date coïncide avec le début de leurs vacances d’été, pour une durée variable, deux ou trois semaines en général. En fait, maintenant, les vacances ne sont plus aussi homogènes qu’il y a quelques années où en gros, elles s’étalaient du 14 juillet au 15 août. Désormais, c’est plus variable et plus fractionné.
– Cette année, comme c’est un lundi, ça tombe bien ! Les weekends prolongés sont appréciés par ceux qui ne sont pas encore ou plus en vacances.
– C’est une journée marquée par des défilés militaires dans certaines villes et à Paris sur les Champs Elysées. (Je n’y suis jamais allée.)
– C’est le jour où sont tirés des centaines de feux d’artifice dans tout le pays. (Dans certaines communes, le feu d’artifice du 14 juillet est tiré dans la nuit du 13 au 14 !)
– Et dans beaucoup de villes et villages, il y a ensuite un bal dans la rue. On dit toujours « le Bal du 14 juillet », comme autrefois, alors qu’il n’y a plus beaucoup de bals par ailleurs.

Et pour ceux qui auraient envie, voici un enregistrement où je vous parle un peu plus de cette fête : (Mais toute seule, alors c’est peut-être un peu plus ennuyeux !)

Le 14 juillet

Transcription :
Alors, le 14 juillet, donc, c’est la Fête Nationale en France, et après les défilés et les commémorations de la journée, le soir, bah il y a donc le feu d’artifice, le feu d’artifice du 14 juillet et ça fait vraiment partie des traditions françaises. Ils sont tirés partout en France, dans toutes les communes, à des horaires variables parce que en fait, il faut qu’il fasse nuit.
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