Parisien, célibataire et carnivore

Côté repas, il est à l’opposé de Patrick et Christine.
Mais comme eux, il trouve tout ce qu’il faut pour manger à Paris.
Et à Paris comme dans beaucoup de grandes villes du monde entier, on peut voyager dans son assiette !
Il s’appelle Julien, il est le seul maître à bord dans son appartement et il n’aime pas les poivrons.

Il raconte sa vie avant Paris et ses nouvelles habitudes parisiennes:

Julien à Paris

Transcription:
Deux, trois fois par semaine, elle rentrait à 9 heures, des trucs comme ça (1), quoi. Et dans ces cas-là, là c’est moi qui faisais à manger pour mes frangins (2) mais c’était, voilà, des patates (3) et des nuggets (4) au four, un plat de pâtes. Enfin, voilà, fallait (5) que ça… Je faisais pas la cuisine, quoi. Et puis en même temps, c’est aussi depuis que j’habite à Paris, disons que dans le sens, là où j’ai grandi chez ma mère, il y avait rien. Je pouvais pas aller manger dehors (6) sans prendre ma voiture. Et j’avais pas la voiture (7), donc c’était soit j’allais avec des amis qui avaient la voiture, on allait au McDo (8), des trucs comme ça, mais qui était au bled (9) d’à côté, quoi. Donc quand je suis arrivé à Paris, il y avait un truc, je trouvais ça génial, c’est : tu descends (10), tu prends à bouffer (11), tu remontes, c’est super, quoi ! Parce que moi, toute ma jeunesse… Enfin même ma mère, jamais elle pouvait dire : « Oh, ce soir, j’ai la flemme (12) de faire à bouffer, on va prendre une pizza. » Non. Enfin, la pizza, tu l’attends une demi-heure. On mangeait tout le temps, tout le temps à la maison. Donc c’est du fait que j’ai vécu seul parce… Mais c’est quand je suis arrivé à Paris, enfin, ces deux choses en même temps, et je trouvais ça vachement (13) bien, quoi, qu’on me fasse à manger en bas. Bah, je suis dans le quartier africain de Paris, enfin, je suis… Elle est… Tu as… Moi, je suis vraiment dans les rues du quartier africain. Juste derrière, c’est… tu as le quartier maghrébin (14). Enfin, moi, je suis Afrique noire. Juste derrière, tu as le quartier maghrébin. Tu vas un peu vers Gare du Nord (15), qui est à cinq-dix minutes à pied à peine (16), là, tu as tous les Pakistanais, les Indiens et tout. Et puis, bon, tu as pas mal de Chinois au milieu de tout ça, quoi. Donc c’est assez exotique, ouais. C’est… Moi (17), tu peux prendre du mafé à emporter en bas, quoi. Donc tu vas avoir tout ça à Paris, quoi.
Bah j’aime bien les voyages. Après, l’Inde, c’est le premier voyage que j’ai fait, et puis j’ai vraiment apprécié. Je sais qu’à chaque fois que j’y retournerai, je serai – enfin, à moins que ça change beaucoup – mais j’y serai toujours bien. Après, l’Inde, par exemple pour la bouffe (18), c’est que tu as 80 % de végétariens en Inde et que moi, c’est l’inverse, alors que j’adore la viande et les légumes, j’ai plutôt du mal (19), quoi. Donc c’était un truc, bon, fallait s’adapter un peu. Et bon, ça m’est arrivé d’avoir du riz au citron et aux poivrons – A la base (20), le poivron, j’aime pas, je mangerais pas du poivron. Tu me donnes un truc avec du poivron, j’aime pas – Je peux pas dire que j’ai adoré, mais ça allait, ça allait, tu vois, c’est… bon… Il y a pas mort d’homme (21), quoi ! C’est… c’est pas mauvais (22), c’est… Mais j’aurais su ce que c’était, je l’aurais pas commandé, tu vois. Le riz, le citron, ça va. Le poivron, ça m’emmerde (23).
Enfin, j’allais dire j’espère… Je pense qu’un jour… enfin, si un jour, j’ai une vie de famille, etc… je pense que ça changera, par… par la force des choses (24) de toute façon. Mais en plus, je pense que ça… Je le ferai de bon cœur (25), dans le sens où ça me changera, quoi. Mais tant que j’ai pas de raisons, bah ça me convient comme ça, quoi. Tout simplement.

Des explications :
1. des trucs comme ça : cette formule très orale et familière est très vague. Ici, cela signifie qu’il pense à des situations identiques, où sa mère n’était pas là au moment des repas.
2. Un frangin : un frère (argot) Au féminin, c’est une frangine, donc une sœur.
3. les patates : ce sont les pommes de terre (familier)
4. des nuggets : les Français ont adopté le terme américain car c’est ce qui est écrit sur les paquets de surgelés. (ou quand on mange au MacDo). Des nuggets en français, ce sont des pépites, mais pour nous, en cuisine, ce terme désigne des pépites de chocolat qu’on met dans les gâteaux.
5. Fallait : il manque le sujet du verbe : Il fallait… (tournure uniquement orale et familière)
6. manger dehors = manger ailleurs qu’à la maison. On dit aussi : Manger à l’extérieur.
7. J’avais pas la voiture : normalement, on dit Je n’avais pas de voiture. Mais souvent, à l’oral, on dit « la voiture» pour généraliser et paradoxalement, avec ce « la », on ne pense pas à une voiture en particulier.
8. Aller au McDo : les Français abrègent toujours ce nom. Et on emploie « au », comme lorsqu’on dit : je vais au restaurant / au café.
9. Un bled : une petite ville / un village, avec l’idée que c’est un endroit qui n’est pas très passionnant. (argot)
10. tu descends : il emploie ce verbe pour dire qu’on sort dans la rue en bas de chez soi. (car on habite en appartement, donc souvent en étage). Et ensuite, on remonte chez soi.
11. bouffer : manger (argot, très familier)
12. avoir la flemme : ne pas avoir l’énergie de faire quelque chose et donc ne pas avoir envie. (familier) : Il faudrait que j’aille courir. Mais j’ai la flemme. On peut dire aussi : je n’ai pas le courage.
13. Vachement : très (très familier)
14. maghrébin : on emploie ce mot pour désigner les pays du Maghreb, donc d’Afrique du nord. (Tunisie, Algérie, Maroc.)
15. vers Gare du Nord : Il ne dit pas: vers la Gare du Nord. Très souvent, on ne met pas les articles devant les noms de lieux à Paris car en fait, pour se repérer, on pense d’abord aux stations de métro : Tu vas à Champs Elysées / Tu descends à Châtelet / J’habite à Bastille. / Je travaille vers République.
16. C’est à 5 minutes à peine : ce n’est même pas à 5 minutes. Il faut 5 minutes grand maximum, normalement un petit peu moins.
17. Moi : il veut dire dans mon cas, donc ici, dans mon quartier.
18. La bouffe : la nourriture (argot)
19. j’ai du mal : c’est difficile pour moi => je n’apprécie pas.
20. À la base : on entend beaucoup cette expression maintenant, comme s’il y avait une influence de l’anglais avec basically. Cela signifie Au départ. On parle d’une situation qui est la base et on va montrer qu’elle évolue en quelque sorte.
21. Il y a pas mort d’homme : cette expression familière signifie que ce n’est pas grave dans le fond, qu’il n’y a pas de conséquences si importantes que ça.
22. C’est pas mauvais : quand on utilise cette expression à propos de nourriture, cela veut dire que c’est mangeable, mais qu’on n’apprécie pas tant que ça.
23. Ça m’emmerde : ça m’énerve, ça ne me plaît pas. (vulgaire)
24. par la force des choses : obligatoirement, sans qu’on ait vraiment le choix.
25. De bon cœur : avec envie, sans rechigner.

Detail personnel et de prononciation:
à la maison, nous aimons tous les poivrons. (Prononcez tous avec son « s », parce que je veux parler de tous les membres de la famille, pas de tous les poivrons. A l’écrit, c’est ambigu !) Donc nous aimons les poivrons. Mais sans la peau !

Parce que crus et avec la peau, franchement, c’est très moyen. Donc il faut prendre le temps de les placer juste sous le grill du four, puis quelques minutes dans un sac en plastique et ensuite, c’est un jeu d’enfant de les éplucher. Comment résister alors à des poivrons tout fondants ?

Les poivrons à griller

Bricolons !

OutilsJ’ai dit récemment dans un autre billet que la première personne du pluriel à l’impératif était rarement employée. Et voici qu’une publicité en use et abuse ! Mais bon, c’est de la publicité: attirons l’attention et marquons les esprits !

En tout cas, grâce à cette petite série en plusieurs volets, vous saurez tout sur le bricolage, vous saurez tout sur les prix, vous serez prêts pour les travaux (d’été) dans la maison.
Et vous saurez tout sur la vie de couple ! Ces dames mettent ces messieurs au travail, c’est bien connu… Mais il paraît aussi que les femmes bricolent de plus en plus. (Les chaînes de magasins de bricolage l’ont bien compris.) Même plus besoin des hommes !
(Enfin si, un peu, quand même.)

On trouve le début ici pour le moment.

Cliquez ici pour voir la première partie. Puis continuez en cliquant sur les unes après les autres.

Juste le son (mais c’est moins bien sans les images bien sûr):

Transcription :
Vidéo 1 :
Cassons, coupons, scions, démolissons, décollons, perçons, défonçons, arrachons, trouons, éclatons, abattons !
Castorama invente le Système C, comme Castorama, tout un système de solutions, prix, produits.
Alors changeons tout chez nous ! Réalisons tous nos projets ! Tout est enfin* permis, tout est enfin* possible.
Castorama, c’est castoche*.

Vidéo 2: (la cuisine)
– Vous avez des projets pour cet été ?
– On refait (1) du kayak.
– Et nous, la cuisine (2) !
– Mais enfin Jacqueline, ça coûte une tonne (3), une cuisine !
– Mais non ! Système C, comme Castorama !
– Pas comme kayak.
Deux cent cinquante-neuf euros plus tard, une cuisine design + un logiciel intuitif (4) gratuit pour la concevoir. C’est ça, le Système C…

Vidéo 3: (le sol)
Bonjour, c’est madame Duval. Je voulais juste annuler notre demande de prêt. Non, non, on renonce pas ! On va refaire le sol de la chambre de Thomas et puis peut-être la terrasse… Comment ça (5), avec quoi ? Système C…
Quatre-vingt dix-neuf euros plus tard, des lames de stratifié clipsables avec sous-couche + des plinthes et des angles prédécoupés assortis, c’est ça le système C…

Vidéo 4 : (la terrasse)
– J’aimerais tellement avoir une terrasse ! Mais bon, on n’a pas les moyens (6).
– Eh bah profitons-en  (7)! Faisons-là, cette terrasse !
– Mais avec quoi ?
– Système C , comme C. Et je vais te dire, non seulement on va la faire, mais on va en faire une belle !
Trois cent quatre-vingt dix-neuf euros plus tard, des lames de terrasse + des plots béton pour une pose facile sans dalle à couler, c’est ça le système C.

Vidéo 5 : (le dressing)
– J’avais une idée.
– Ouh là ! (8)
– Faire un dressing (9), avec toutes mes affaires (10)… et les tiennes.
– A moins de vendre toutes tes fringues (11), je vois pas comment on va se le payer.
– Système C… Et puis de toute façon, toi, tu as pas besoin de beaucoup de place.
– Bah, un peu !… Non.
Quatre cent quarante euros plus tard, un dressing facile à monter + un logiciel intuitif gratuit pour le concevoir.

Mise à jour: il y en a d’autres qui ont été ajoutées depuis. Mais je ne les ai pas transcrites. Demandez-moi si vous avez besoin.

Quelques explications :
1. refaire du kayak : cela signifie qu’ils en ont déjà fait aux vacances précédentes par exemple. Ils vont en faire de nouveau / à nouveau.
2. Refaire la cuisine : on utilise le verbe refaire pour parler des travaux de rénovation dans une maison: refaire la salle de bains, refaire les peintures, refaire le papier peint, refaire le carrelage, refaire le sol, etc…
3. ça coûte une tonne = ça coûte très cher. (Je n’avais jamais entendu cette expression !)
4. intuitif : facile à comprendre (sans avoir à lire un mode d’emploi compliqué)
5. Comment ça ? : cette expression sert à exprimer la surprise et l’incompréhension .
6. On n’a pas les moyens = on n’a pas assez d’argent pour se le payer = on ne peut pas se le permettre.
7. Profitons-en ! : il faut saisir l’occasion.
8. Ouh là ! : cette exclamation sert en général à montrer qu’on est un peu inquiet, qu’on se dit que ce qui va suivre n’est pas forcément parfait. Elle exprime la méfiance.
Par exemple : J’ai une grande nouvelle à t’annoncer.
Hou là !
( = Je crains le pire.)
9. un dressing : les anglophones vont rire de voir comment, encore une fois, la langue française incorpore un mot étranger en le transformant ! C’est comme : un parking, du shampoing, etc…
10. mes affaires = tout ce qui m’appartient. (les vêtements, mais pas seulement)
11. Les fringues : les vêtements, les habits (familier)

* Le jeu de mots dans le slogan : C’est castoche.
Ce mot n’existe pas. Normalement, on dit :C’est fastoche, qui est le mot familier pour dire que c’est facile. Donc avec ce magasin, le bricolage est un jeu d’enfant. (enfin presque…)

* Un peu de prononciation : Les deux liaisons dans Tout est enfin permis !
– La première entre Tout et est est obligatoire. Tout le monde la fait.
– La seconde, entre est et enfin est moins courante. Personnellement, je ne la fais pas de façon spontanée, probablement parce qu’il y a déjà une liaison avec un autre « t » juste avant.
En revanche, je dirai sans problème: C’est enfin terminé ou encore: Il est enfin permis de rêver en faisant la liaison, alors que certains ne la font pas. C’est une question de dosage !