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La dictée du jour

Alors, aujourd’hui, on va jouer à l’école:
Prenez une feuille et un stylo. On va commencer par une petite dictée.

Dictée du jour
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C’est bon? Vous vous êtes bien relu ?

Bon, maintenant, posez vos stylos. On ne joue plus.
On est sur internet et on tombe sur de vrais commentaires laissés sur des sites ou des réseaux sociaux. Et voici ce qu’on lit :
– Il va sans sortir.
– Sa femme qu’il attend soutenu.
– Quand pensez-vous ?

* Il va sans sortir.
Alors, ça veut dire qu’il reste à la maison ?

* Sa femme qu’il attend soutenu.
C’est bien connu, les femmes se font toujours attendre !

* Quand pensez-vous ?
Euh, jamais en fait. (Surtout quand j’écris.)

C’est plutôt drôle. C’est presque poétique !
Le problème, c’est que

– ça n’est pas volontaire.
– ça n’est pas un usage poétique des mots par leurs auteurs.
– c’est écrit par des Français, dans leur langue maternelle.
– ça devient presque incompréhensible.
Il faut quasiment se dire ces phrases à voix haute, et elles redeviennent alors pleines de sens :
= Il va s’en sortir.
(Il a beaucoup de travail, ou bien la situation est compliquée mais il va y arriver.)

= Sa femme, qu’il a tant soutenue…
(comme il s’y est engagé, en termes équivalents, par les voeux prononcés lors de leur mariage religieux.)

= Qu’en penses-tu ?
(Allez, donne-moi ton avis, ta position sur cette question ou sur ce que je te propose.)

La prononciation est exactement la même, c’est vrai. D’où ces erreurs.
Mais quand même !
Le remède se trouve peut-être – en partie – là :

Cette publicité joue sur les mots, des mots qui sont normalement écrits sur les paquets de cigarettes et associés à des photos peu poétiques des maladies causées par le tabagisme : Fumer nuit gravement à la santé. Avertissement solennel. Tentative de disuasion. (assez hypocrite, il faut bien le dire !)

En lisant, je crois moi aussi qu’on a davantage de chance de devenir moins ignorant en orthographe et en grammaire, de ne pas être un âne ! (Petite parenthèse : pauvres ânes ! En français, être un âne n’est pas flatteur.)
Lire, donc. Pas simplement pour le plaisir d’être bon en orthographe ou en grammaire, mais pour comprendre et se faire comprendre ! Et pour accéder au monde.
Parce que voilà, comme c’est écrit sur ce trottoir de Montmartre :

Connaissez-vous ce compte instagram ?
Allez jouer avec les mots de son auteure, tracés à la craie dans la rue !
Syntaxe et orthographe bousculées.
Poésie, humour et vérité.

Peur du noir ?

J’ai trouvé que cette publicité pour nous encourager à lire des romans policiers était bien trouvée, avec sa rime et son jeu de mots sur noir, même si pour les spécialistes, entre littérature policière – les polars – et romans noirs, il y a des différences. (Voici ce qu’en disait Jean-Patrick Manchette, un des maîtres français du roman noir : « Le bon roman noir est un roman social, un roman de critique sociale, qui prend pour anecdote des histoires de crimes, mais qui essaie de donner un portrait de la société.« )

Normalement, on a peur du noir quand on est enfant. Avoir vraiment peur ou jouer à se faire peur dans l’obscurité fait partie de l’enfance, comme le prouve le nombre d’albums pour les enfants, écrits, imaginés et dessinés sur ce thème, avec leurs monstres nocturnes, leurs sorcières inquiétantes, leurs créatures entrevues, leurs loups au coeur de sombres forêts.

Voici un livre que j’ai gardé. Avec mes fils petits, nous avons lu et relu, à l’heure d’aller au lit, cette histoire toute simple et somme toute très terre à terre. Succès durable pour ce livre, feuilleté, manipulé, ouvert, refermé, abimé et réparé plusieurs fois !

Donc n’ayons plus peur du noir et plongeons-nous dans des romans policiers ! Je n’ai lu aucun des titres récents mis en avant par cet éditeur dans sa publicité. Mais me reviennent maintenant à l’esprit les romans de Didier Daeninckx, que j’ai lus dans les années 80-90, notamment Meurtres pour mémoire, vrais romans noirs. En fait, je m’aperçois que j’ai surtout lu des policiers en anglais, d’autres venus du nord – victime de la mode, n’est-ce pas Edelweiss? – et assez peu de policiers français. A explorer donc !

Pour finir, et si je vous lisais Qui a peur du noir, histoire de retourner en enfance !


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Le jeu, répété, c’était de démasquer le géant menaçant, les oiseaux malfaisants et le monstre tapi dans un coin, en regardant les dessins avec un oeil nouveau une fois qu’on était arrivé au bout. Et de dire à propos des parents : Mais qu’est-ce qui leur prend ?, en ajoutant : Ils sont devenus complètement fous !

Ce que je me demande tout d’un coup, c’est s’il s’agit toujours d’une petite fille dans cette série de petits livres sur les peurs ! Nous en avions un autre, sur la peur de l’orage, avec une fille aussi. Les filles, des trouillardes ? 🙂

Une petite tisane ?

Comme annoncé, voici la suite de mon dernier billet, avec, pour commencer, une tisane bien de saison puisqu’on se gèle en France en ce moment !

Un mélange de plantes réputées protéger contre les coups de froid, contre les rhumes. C’est pour ça qu’elle s’appelle Lady Glagla ! Glagla est une onomatopée qu’on utilise en français pour donner l’idée qu’on grelotte de froid.
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Alors comme on est en hiver, on peut rêver du parfum d’une bonne pêche. Ce serait miraculeux effectivement ! Le jeu de mots ici porte sur les deux sens du mot pêche : l’expression une pêche miraculeuse ne concerne jamais les fruits mais les poissons, quand ils sont ramenés en très grande quantité par les pêcheurs.
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Et pour bien dormir, pas d’excitant, donc du rooibos avec du miel, ce qui donne ces sachets de Miel et une nuit… ou… les Mille et une nuits, comme les contes qui portent ce nom ! La prononciation de miel et mille est bien sûr différente mais assez proche pour nous faire sourire.

Plutôt bien trouvé, tout ça. De quoi mettre de la couleur et un zeste d’humour dans les rayons des supermarchés. (Je suis à la recherche de deux autres tisanes de la gamme que je trouve mignonnes aussi ! A suivre.)

Happy ou comment nager dans le bonheur

Voici une publicité croisée sur mon chemin (dans le sens travail-maison), avec bien sûr un jeu sur les mots et sur les expressions.

Si vous buvez cette infusion en sachets, elle vous garantit non seulement le retour au calme, l’apaisement de vos tensions ou comme indiqué sur la boîte colorée, un lâcher-prise, mais aussi carrément le bonheur : vous allez nager dans le bonheur. Cette expression est très forte. Normalement, on nage dans le bonheur pour plus que ça ! On pense au bonheur des jeunes mariés, des nouveaux parents par exemple, bref tous ces moments intenses de la vie pendant lesquels on a l’impression que tout ce qui nous arrive est parfait.

Et là, tout cela comment ? En buvant une tasse de cette infusion quand le besoin se fait sentir. Ce qui attire l’attention sur cette boisson somme toute banale et un peu vieillotte, c’est que le slogan repose sur l’expression boire la tasse. Or, boire la tasse, c’est avaler de l’eau en nageant (dans l’eau, pas dans le bonheur), et ça, ce n’est pas très agréable parce qu’on a l’impression qu’on va se noyer. C’est aussi, au sens figuré, connaître un échec. Donc un slogan qu’on retient à cause de ce téléscopage des mots et de ces expressions revisitées. Ou comment boire la tasse devient la clé du bonheur.

A suivre dans un prochain billet car cette entreprise (née autrefois à Marseille et développée dans la région avant d’être rachetée par Unilever) a trouvé d’autres noms amusants pour rajeunir l’image des tisanes et celle de la marque comme on dit. Je vous en reparle !

Celle-ci s’appelle Happy, parce qu’en anglais, ça fait mieux que le simple Heureux français. Mais je laisse nos amis anglophones imaginer la prononciation des Français: pas de H, c’est sûr!

Sans voix

Ce poisson bleu se promenait dans Toulouse la rose il y a quelque temps. Poisson publicitaire pour un centre de remise en forme aquatique qui offrait des réductions sur ses tarifs. Et jeu de mots puisque pour montrer que cette offre valait vraiment la peine, ils avaient utilisé l’expression muet comme une carpe.

Une carpe est un poisson et comme chacun sait, les poissons ne parlent pas. Quand on est muet comme une carpe, on garde le silence, on ne veut pas parler, pour une raison ou une autre. Donc dans cette situation, c’est un peu bizarre quand même, même si le contexte aquatique explique la carpe !
Par exemple :
Quand ils l’ont interrogé sur son emploi du temps de la veille, il est resté muet comme une carpe.
A: C’est un secret. Tu sais garder les secrets?
B: Ne n’inquiète pas. Je serai muet comme une carpe
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En fait, ce qu’ils veulent dire, c’est plutôt que vous resterez sans voix à l’idée d’obtenir de telles réductions. Vous ne trouverez plus les mots tant les conditions d’inscription sont décrites comme particulièrement alléchantes. Et donc affaire à saisir ! De la pub, donc !

Etre sans voix ou rester sans voix : c’est, au sens figuré, lorsque quelque chose vous surprend tellement que vous ne savez plus quoi dire. Cela peut être un événement positif ou au contraire négatif. L’effet est le même.
Lorsqu’il l’a demandée en mariage, elle est d’abord restée sans voix. Puis elle a dit oui ! (Oui, oui, vous avez remarqué, 😉 difficile d’échapper aux annonces de fiançailles princières pour l’inspiration du moment…)
Lorsqu’il l’a accusée de n’exprimer que de la colère ou de la déception à son égard, elle est restée sans voix face à tant d’absurdité.
Alors là, je suis sans voix !

Lorsqu’on n’a vraiment plus de voix, au sens propre, c’est-à-dire quand aucun son ne sort de votre bouche, on dit qu’on a une extinction de voix, ou qu’on est aphone, ou encore qu’on n’a plus de voix. Il ne reste plus qu’à mettre ses cordes vocales au repos. C’est ce qui m’arrive aujourd’hui. Je n’ai plus de voix du tout ! Donc je n’enregistrerai pas ces exemples. Dur métier de prof, parfois, en période de virus promeneurs ! On verra demain. Ou après-demain.

Des lacunes en légumes

Un peu d’humour, avec cette publicité pour une chaîne de supermarchés. (qui comme tous les vendeurs ne perd pas une occasion de tirer parti des tendances de notre société.)
En même temps, on voit qu’il y a un peu de travail à faire pour revenir à une alimentation moins industrielle ! Et que ça commence petit.
Et que c’est bien gentil de parler d’alimentation saine, si on continue à produire et vendre de la m*** et à servir ça dans la plupart des cantines de nos enfants !

Cette publicité est ici. (Avec un peu de chance, il n’y a pas de pub avant !)

Transcription
Eléphant.
Eléphant.
Et ça, qu’est-ce que c’est ?
Un crocrodile*. (1)
Un ninoré… Un ninocéros*. (2)
Et est-ce que vous connaissez ça ? Vous avez pas d’idées ?
Une asperge.
Non, un artichaut.
Ça peut être des oignons.
Ah ! Ça sent l’ail !
On le trouve où, ça ?
Dans les magasins.
Ça peut pousser où ?
Dans les arbres.
Et ça, c’est un concombre. Et ça, c’est un concombre.
Courgette.
Concombre.
Bah sinon, ça c’est grand, le concombre, et celui-là, il est petit.
Courgette ! C’est une courgette, voyons !
Bah oui, c’est un chou-fleur. J’ai envie de manger.
C’est un chou-fleur, ça ?
Oh mais… Oh mais c’est pas cuit.
Une asperge. Non.
Bah une asperge, c’est pas comme ça.
Vous connaissez les patates douces ?
Bah oui, c’est des patates. Douces. Ça, c’est pas doux, hein !
Ça, c’est quoi ?
C’est des frites.
C’est des frites ?
Ouais.
C’est du céleri.
Mais non !
Pour faire les frites, c’est avec de la patate (3) !
Ah, touche ! Ça, c’est une patate douce.
C’est de l’oignon.
C’est une courgette.
Ah, du poireau.
Je sais vraiment pas. Mais c’est très beau.
C’est un panais. Vous avez déjà entendu parler du panais ?
Non.
Jamais ?
A part le poisson pané. (4)

Quelques détails :
1. un crocrodile : beaucoup d’enfants ont du mal à dire un crocodile !
2. Un ninocéros : je n’avais jamais entendu ça pour dire un rhinocéros ! Très mignon.
3. Une patate : c’est l’autre mot qu’on emploie pour les pommes de terre. (un peu plus familier)
4. un panais / pané : il y a encore beaucoup de gens, sans parler des enfants, qui ne connaissent pas les panais. C’est redevenu à la mode assez récemment en fait. Evidemment, ce petit garçon rapporte ce mot à son expérience : il a mangé plus de poisson pané que de panais ! Mais dans beaucoup de régions, on ne prononce pas ces deux mots de la même façon. Le son « ai » n’est pas comme le « é » en fin de mot, sauf pour les gens du sud par exemple.

Ils sont marrants, ces petits ! Et pleins de fraîcheur.
Il faudrait juste qu’ils aillent plus souvent faire le marché avec leurs parents ou jardiner !

A propos du rôle des parents justement, il faut regarder la petite vidéo de Camille Lellouche, humoriste ! Je suis tombée dessus par hasard aujourd’hui. Heureuse coïncidence !
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C’est ici. Elle prend tous les rôles et c’est plus vrai que nature !

Transcription:
Ils ont fait une pub, tu sais, avec les gosses (1) qui doivent deviner différents légumes. Et donc tu as quelqu’un qui leur montre, tu vois, des courgettes, du céleri, etc. Et les mômes (1), ils connaissent rien, quoi ! Ils sont débiles (2) ! Vraiment, c’est des tebes (3) ! Mais la faute à qui ?
Toi, tu es parent. Tu regardes le casting, tu dis : « Alors on cherche abruti (4) qui connaît pas les légumes à 12 ans. » C’est bon, c’est mon fils !
Ça veut dire que toi, en tant que parent, tu sais que ton fils ne connaît pas les légumes. A cause de toi. Bah tu es un peu con, con (5), hein ! Ouais. C’est horrible, tu sais que ton fils est bête. Genre (6) dès que tu arrives, tu vois le directeur du casting : « Alors, il est vraiment stupide, mon fils ! Si il connaît les courgettes ? Ah non, il croit que c’est du chou-fleur. J’ai tout inversé… tout inversé à la naissance. Ouais ouais, c’est… il est complètement tebe, ouais. »
Pauvres enfants ! Il y a des parents, au niveau de la têtasse (7), vous êtes un peu… un peu cucul (8). Ouais. Je suis complètement dépitée (9). Merde, le môme, à un an, deux ans, fais-lui goûter, là ! Fais-lui des purées ! Normalement, à trois, quatre ans, le môme, si tu lui as montré un peu les légumes, tu vois, un peu le marché, les trucs, bah il reconnaît, quoi ! Pauvre gosse !
Je lui fais manger que de la merde (10), hein : Moi, c’est frites, patates ou rien, hein ! Et tout surgelé, congelé, ouais. Si je sais ce que c’est une courgette ? Ah non ! Non, non. C’est un féculent ?

Quelques explications :
1. les gosses / les mômes : les enfants. Môme est un peu plus familier que gosse.
2. débile : idiot, stupide. Traiter quelqu’un de débile est une insulte.
3. Tebé : c’est du verlan, c’est-à-dire les mots dits à l’envers. Ici, c’est donc le mot : bête, synonyme de débile, idiot, stupide.
4. Abruti : un abruti est quelqu’un qui est complètement stupide. C’est une insulte.
5. Con : stupide, idiot. Terme vulgaire.
6. Genre : on emploie ce mot pour donner un exemple de situation. (familier)
7. la têtasse : la tête. Ce mot n’existe pas, mais le fait de rajouter -asse au bout donne un côté péjoratif. Elle veut dire qu’ils n’ont pas de tête, pas d’intelligence.
8. Cucul : pas très intelligent. (familier) C’est comme dire : « con con » en fait, mais en moins vulgaire. A propos de « con con », le fait de répéter ce mot l’adoucit un tout petit peu. C’est un peu moins brutal de dire : Il est con con, que de dire : Il est con. On fait un peu la même chose avec : Il est bête et Il est bebête (un peu moins méchant).
9. Dépité : abattu, très déçu
10. de la merde : des choses pas bonnes du tout (vulgaire)

L’ouvrir ou pas ?

louvrir

Non, non, je ne vais pas vous parler de bière – je ne suis vraiment pas spécialiste – ni des qualités esthétiques de cette pub – assez sommaires !
Sa principale qualité, c’est donc bien sûr de jouer sur les mots.

Vous savez ce que signifie le verbe ouvrir. On peut effectivement ouvrir une bouteille de bière.
Mais l’ouvrir, comme ça, tout seul ?

L’ouvrir, en langage très familier, c’est parler alors qu’on devrait se taire, c’est donner son avis alors qu’on devrait se faire discret :
Il m’énerve ! Il ne peut pas s’empêcher de l’ouvrir quand je lui fais des remarques !
Je te conseille de ne pas l’ouvrir ! Tu as compris ?
C’est plutôt agressif – et même vulgaire – de demander à quelqu’un de ne pas l’ouvrir.

Le contraire, en langage tout aussi familier et abrupt, c’est la fermer, ce qui laisse deviner que le pronom la ou l’ évoque la bouche, par où sortent les paroles.

Et donc, parfois, c’est vrai, il faut savoir l’ouvrir, c’est-à-dire oser exprimer son opinion, même si elle n’est pas la bienvenue, revendiquer au lieu de ne rien dire.

Pour en revenir à cette bière, ce n’est pas trop compliqué de l’ouvrir. C’est écrit (sans le pronom) sur la capsule.

Ah bon ? Y a foot ce soir ?

A Marseille, le foot, on connaît. Difficile d’y échapper. Et on s’en est bien rendu compte avec les violences des hooligans déchaînés ce weekend au centre-ville. Une chose est sûre, il est partout et sert à tout, même là où il paraît le plus incongru.

Et comme le foot et la gastronomie ne vont pas tout à fait ensemble et qu’il faut se nourrir – à défaut de boire – pendant les matches, les marques de surgelés n’allaient pas laisser passer l’occasion.

Donc voici une pub reçue par mail, avec, comme souvent, jeux de mots, expressions, formules. Bref du français en action. C’est le bon côté des pubs !

Foot et surgelés

C’est foot, alors restons dans le registre du foot : à l’heure du coup d’envoi du match, il faut être prêt devant sa télé. Donc c’est aussi l’heure du coup d’envoi – un peu avant – pour les commandes par internet de bonnes pizzas surgelées.

Les enfants regardent aussi (davantage de garçons que de filles en France) . Ambiance familiale. Tout le monde vit à l’heure du foot. (Il paraît qu’on est parti pour une cinquantaine de matches, en un mois…)

Foot et glaces pour enfants

Alors, voici des glaces pour les enfants, qui ne resteront pas sur la touche, c’est-à-dire pour nos petits qu’on n’oublie pas, qu’on fait participer à l’événement. Rester sur la touche, c’est regarder ses coéquipiers courir sur le terrain lorsqu’on est le joueur puni pour faute ou le joueur remplaçant qui attend son heure sur le banc de touche. Des jolies glaces comme des ballons de foot bien sûr.

Mais le foot s’est glissé dans un tout autre univers, sur un compte instagram qu’on pouvait penser imperméable à cet événement sportif ! Humour, second degré, téléscopage de deux mondes.

Foot et musée Rodin

Mais aussi téléscopage des styles : je n’aurais pas pensé à employer le qualificatif de « beaux mecs » à propos des sculptures de Rodin ( et pas forcément non plus à propos des footballeurs!) , même s’il a effectivement travaillé certains de ses modèles comme des athlètes. Terme un peu trop familier ! Tout comme le ton, oral, du « Y’a » qui nous interpelle au début de la phrase. Humour décalé, pour « dépoussiérer » les musées ?

A ce propos, je ne sais pas pourquoi on trouve très souvent écrit : Y’a, avec cette apostrophe qui n’a pas de sens, et qui tend probablement à restituer le côté oral de « Il y a » prononcé ainsi quand on parle de façon familière. L’apostrophe sert en général à indiquer qu’on a supprimé une lettre, comme par exemple « que » qui devient qu’. Mais ici, il ne manque rien entre Y et a.

Bon, en attendant, y a 80 minutes que le match du jour est commencé et les beaux mecs de l’équipe de France ne brillent pas en face des beaux mecs de l’équipe albanaise au stade Vélodrome de Marseille ! A l’heure où j’écris, y a toujours 0-0. Mais qu’est-ce qu’ils font, tous ces beaux mecs avec leur ballon rond ?

Comme par enchantement

Navette magique

En fin de compte, Paris est très proche de Marseille : en TGV, il faut environ trois heures de gare à gare, c’est-à-dire du centre-ville de Marseille à Paris intra-muros. Et pas besoin d’arriver des heures à l’avance : on peut monter dans le TGV au dernier moment (entre deux et cinq minutes juste avant que les portes se ferment). Pas besoin non plus d’enregistrer ses bagages : ils voyagent dans le même wagon que vous. Pas besoin de se ruiner non plus : en s’y prenant bien – traduisez par à l’avance – on trouve des tarifs intéressants.

Alors, pour concurrencer le train, les avions doivent offrir la même sensation de facilité : c’est ce que nous vend cette publicité rencontrée hier dans la rue sur un abri-bus.

On ne monte plus dans un avion pour partir en voyage, on prend une navette, c’est-à-dire un moyen de transport quotidien qui fait la navette entre le nord et le sud. Et bien sûr, il y a plusieurs vols allers-retours par jour, à des heures pratiques pour partir et revenir.
Donc, hop, on part pour Paris ! Vous êtes à Marseille, et d’un coup de baguette magique… Pardon, d’un coup de navette magique, hop, en une heure, vous voilà à Paris ! ( Enfin presque, parce qu’il faut aller à l’aéroport, arriver en avance. Et côté prix, ce n’est pas toujours aussi magique que les 49€ annoncés : tout est dans le « à partir de… ». Et parce que vous atterrissez à Orly, bien relié à Paris, mais quand même. )

En tout cas, la pub est jolie, avec son jeu de mots basé sur les sonorités proches de navette et de baguette. Un bon slogan, qui met un peu de féérie dans notre quotidien où parfois, au milieu de la frénésie des transports pour aller à droite, à gauche, on se prend à rêver de télétransportation ! Vive les navettes magiques !

L’expression « d’un coup de baguette magique / en un coup de baguette magique » signifie que quelque chose se fait très facilement, sans effort.
Par exemple, on dit : ça ne se fera pas d’un coup de baguette de magique.
Tu crois que tu vas réussir à trouver un appartement comme ça, en un coup de baguette magique ?

Vous en reprendrez bien un peu !

Bonnes résolutions de janvierJ’ai d’abord vu ce panneau publicitaire dans la rue. Puis chez les marchands de journaux, impossible d’échapper à tous ces magazines qui parlent de régime après-fêtes, de bonnes résolutions diététiques et sportives, de détox de janvier. C’est la saison. Une des saisons, puisqu’il y aura nécessairement une autre offensive, printanière celle-là.

Pub IAlors, j’ai immanquablement pensé à cette publicité !

Un chien patapouf – légèrement retouché, espérons-le ! – et son maître sympathique, qui l’encourage sans relâche : « Allez ! Va chercher ! » et ne renonce jamais à s’occuper du bien-être de son compagnon à quatre pattes. Un garçon sympathique aussi parce qu’il aime recevoir ses amis !
Une vraie petite histoire, presque sans paroles, où tout est raconté en quelques plans et une chute réussie.

Et cette chute m’a rappelé une émission de cuisine comme il en fleurit à la télévision. Pas dans la catégorie des émissions culinaires qui mettent l’eau à la bouche dans une atmosphère conviviale, mais dans la catégorie des émissions compétition, évaluation, élimination des mauvais élèves et critiques permanentes et directes. Tout y est scénarisé et monté bien sûr pour créer cette atmosphère de défi qui apparemment est nécessaire pour faire revenir à la cuisine ceux qui ne cuisinaient pas. (C’est le seul avantage que j’y trouve mais personnellement, c’est ce qui fait que j’éteins la télé au bout de cinq minutes!)

Donc ce gentil maître qui aime faire à manger pour ses amis devrait probablement aller voir Norbert !

affreux fondant
Le concept de l’émission, comme on dit, c’est que Norbert dit leurs quatre vérités à des gens ordinaires qui font semblant d’être très satisfaits de leurs talents culinaires et qui découvrent grâce au franc parler de Norbert qu’ils étaient en fait absolument nuls. Et si on aime le style de l’émission, on apprend comment bien faire, grâce à plein de trucs et astuces.
Mais ça pourrait vous plaire aussi parce que c’est une vraie leçon de français oral!
Voici un petit extrait de cette émission en cliquant ici.

Ou juste le son si ce n’est pas accessible de votre pays ou quand ça aura disparu du site de l’émission. (Mais il manquera le gâteau, les couleurs et les mimiques. Dommage!)
Affreux fondant

Transcription :
– Bleu.
– Toi, ça te rappelle un peu le côté Arts Plastiques (1), non ? Bah c’est comme quand tu es sur ta palette et que tu mélanges tes couleurs.
– Voilà. La coloration, c’est vraiment mon truc (2), ma touche perso (3). On me reconnaît dans mes gâteaux.Quand il y a de la couleur, on sait que c’est moi.
– Et quand il y a du chewing gum en guise de (4) dressage (5) aussi. C’est carrément de l’élastique au sucre, son glaçage ! Tu m’étonnes (6) que son pote (7) Olivier en ait ras le bol (8) de s’en coller plein les dents.
– Juste à l’étaler (9), un peu… voilà, un peu à l’arrache (10).
– Là, ça te plaît, là !
– Là, ça me plaît, c’est bien lisse, c’est joli, donc là, j’aime bien. Le glaçage que j’ai réalisé, là pour le coup (11), il était vraiment bien. Il coulait un petit peu, c’était joli. Il était épais mais pas trop et le bleu était bien soutenu. Donc c’est exactement ce que je voulais.
– Ton gâteau, c’est un tableau…
– Voilà.
– … blanc.
– Ouais, là je peux…
– Là, tu vas pimper (12), là !
– Ouais, là, je vais… Ça va exploser, là !
– Là, c’est quel courant artistique, là ?
– Là, c’est un gâteau surréaliste. Voilà, puis on peut y voir ce qu’on veut. C’est le concept du surréalisme.
– Surréaliste (13), c’est ça ! J’aurais pas dit mieux.
– Donc là, il me reste juste à écrire un petit message. Je vais juste écrire : Mangez-moi. Voilà, comme ça, ça donnera encore plus envie.
– Ah, tu as mal fait le « i » quand même, hein ! Correctement, correctement.
– Il est très bien ! Donc là, c’est prêt.
– Ça fait… Il y a un mai. Mangez mai.
– Mais non, c’est un O ! Mon œuvre est terminée.
– Ouah ! Elle a même coloré de la crème anglaise (14) en rose !
– J’ai fait un joli raccord de couleurs entre les roses. Je suis plutôt satisfaite de moi. Je trouve ça joli. L’idée, c’était vraiment de faire un gâ[…] … un dessin qui se mange en fait. Sur le dressage, je pense vraiment que j’ai été épatante (15), que c’était, voilà, très coloré et très joli. Voilà, bon, ça a un petit peu bavé (16), c’est pas très grave (17). Non, il est très bon ! Il est bien fondant donc l’oeuvre est parfaite. Mon gâteau, là, c’est mon bébé. Il peut pas décevoir normalement. Si moi je le trouve bon, il est universellement bon, je dirais !
– Eh bien, goûtons l’oeuvre alors ! C’est sec et farineux. C’est la sécheresse dans ma bouche. Il me faudrait dix litres de sa crème trop liquide pour rattraper ça ! Et puis c’est beaucoup trop sucré, le glaçage est super dur et très désagréable à manger. Ah, et j’ai failli (18) m’étouffer avec sa déco !(19)

Quelques détails :
1. les Arts Plastiques : ce terme désigne la peinture, la sculpture, le dessin, etc.
2. c’est mon truc : cette expression familière montre que c’est quelque chose qu’on aime faire et qu’on pense faire correctement.
3. Perso : abréviation familière et orale de personnelle.
4. En guise de = comme. Mais en guise ajoute l’idée que c’est quelque chose qui remplace, qui est utilisé à la place d’autre chose.
5. Le dressage : en cuisine, c’est la façon dont on termine un plat, la façon dont on le dispose dans l’assiette ou dont on le présente.
6. Tu m’étonnes : cette exclamation exprime précisément l’inverse. Cela signifie que Norbert n’est absolument pas étonné, tellement c’est mal fait. Cela n’a en fait rien de surprenant.
7. Son pote : son copain (familier et oral)
8. en avoir ras le bol de quelque chose : en avoir assez, ne plus supporter. (très familier)
9. juste à l’étaler : il manque le début de la phrase, à cause du montage de cette vidéo d’extraits significatifs. Elle a dû dire : Il (me) reste juste à l’étaler.
10. À l’arrache : elle veut dire qu’elle fait comme elle peut. (très familier). Normalement, cette expression orale signifie qu’on termine quelque chose au dernier moment, comme on peut.
11. Là pour le coup : on entend sans cesse cette expression actuellement, même si elle ne signifie pas grand chose ! Elle veut dire en gros : dans cette situation-là.
12. pimper : dans certains magazines, ce verbe est employé entre guillemets (car angliscisme ?) pour indiquer qu’on donne un aspect plus attirant à quelque chose, qu’on renforce un effet.
13. surréaliste : cet adjectif peut faire référence au surréalisme. Mais familièrement, on l’emploie aussi pour décrire quelque chose de tellement incroyable que ça paraît irréel. Quand on dit : C’est surréaliste !, on veut dire que ce n’est pas possible, qu’on n’y croit pas. C’est en général péjoratif. C’est ce qu’exprime Norbert.
14. La crème anglaise : c’est le nom français d’une crème sucrée faite avec du lait et des œufs.
15. épatante : excellente, parfaite.
16. Ça a bavé : ça a coulé
17. c’est pas grave : ce n’est pas important. (familier)
18. j’ai failli m’étouffer: je me suis presque étouffé
19. la déco : abréviation orale de décoration.

Je peux pas !

Un jeune homme timide qui n’est pas sûr du tout de son charme et qui n’en croit pas ses yeux – ni ses oreilles – quand une femme fatale irrésistible semble n’avoir d’yeux que pour lui.
Un grand-père indigne à première vue, mais qui dans le fond ne l’est pas du tout.
Une jeune femme qui ne se laisse pas embêter par une voiture capricieuse et qui réussit à se mettre tout le monde – tous les automobilistes – dans la poche au lieu de se les mettre à dos !
Probablement pas très réaliste, tout ça. Quoique…

De l’humour et de la légèreté dans ces pubs pour le tennis qui a connu son heure de gloire mais n’attire plus autant, en France du moins. C’est bien fait, drôle et bien vu. Et bien dit ! Donc parfait pour entendre comment nous parlons tous les jours.

Tennis Femme fatale
La première pub est ici.

Transcription :
– Excusez-moi, ça vous dirait (1) de prendre un café ?
– Je peux pas, j’ai tennis. (2)

Tennis papyCliquez ici pour regarder la deuxième pub.

– Bonjour papa.
– Bonjour papy.
– Je vous attendais pas !
– Bah oui, on voulait te faire la surprise. Hugo veut passer la journée avec toi.
– Je peux pas, j’ai tennis.
– Toi aussi, tu vas aller au tennis ?
– Ah ! Bah dis donc (3), on voit que tu as eu un bon professeur, hein !
– Merci papy.

tennis en panneEt le troisième volet de cette campagne est ici.

– Oh ça va ! (4) Allez, démarre s’il te plaît ! S’il te plaît, s’il te plaît ! (5)
OK bah très bien, tu le prends comme ça ? (6) Parfait, je te laisse !
– Oh oh (7), qu’est-ce que vous faites ?
– Ah ! Bah tenez, garez-la moi. Je reviens dans deux heures.
– Mais revenez ! Vous bloquez toute la rue. Déplacez votre voiture !
– Je peux pas, j’ai tennis !
– Allo ?
– Oui, allo, bonjour. Madame Tessier est là ? C’est parce que j’ai garé sa voiture et je viens lui rendre les clés.
– Oui, mais elle peut pas vous répondre. Elle a tennis.

Des explications :
1. ça vous dirait de… ? : C’est la manière très courante de proposer quelque chose à quelqu’un. On peut utiliser le conditionnel présent comme ici. On peut aussi employer le présent de l’indicatif. Par exemple : Ça te dit / dirait de venir avec nous au ciné ce soir ? / J’ai fait un gâteau au chocolat pour le dîner. Ça te dit ? On peut répondre juste : Oui. Ou alors : Oui, ça me dit / dirait bien ! En général, on pose cette question directement à quelqu’un. Mais on peut aussi l’employer avec d’autres pronoms : Tu crois que ça lui / leur dirait ?
2. J’ai tennis : on n’emploie jamais d’article devant le nom tennis dans cette phrase qui sert à indiquer quelle activité on va faire, sport ou autre, à condition que ce soit une activité organisée : J’ai entraînement de foot. / J’ai dessin toutes les semaines. / J’ai chorale demain. / Je te laisse, j’ai piscine, là. On l’emploie aussi à propos des cours qu’on a si on est étudiant ou élève: J’ai anglais le lundi matin. / Quand est-ce que tu as maths ? En revanche, on dit: Je fais du tennis. / Il fait de la natation.
3. Bah dis donc : la plupart du temps, on ne prononce pas le « c » à la fin de donc dans cette exclamation, contrairement à ce qu’on fait quand on l’emploie dans son sens de conséquence : Il faisait froid. Donc j’ai mis un pull. (Le « c » est prononcé.) Cette exclamation exprime en général la surprise, l’incrédulité: Bah dis donc, c’est incroyable, ça ! / Eh bah dis donc ! J’en reviens pas ! / Eh bah dis donc ! Tu aurais imaginé un truc pareil ?Bah dis donc

4. Ça va ! : cette exclamation très courante exprime l’agacement, l’énervement, en réponse à quelqu’un qui fait ou dit quelque chose qui nous contrarie. Le ton est important, pour faire la différence avec son emploi dans d’autres situations, comme par exemple : Comment tu vas ? Ça va, merci.
ça va

5. S’il te plaît : un bel exemple de la façon dont on peut contracter ces mots à l’oral, dans certaines régions notamment. Cela devient quelque chose comme : « Steuplaît ». On trouve parfois cette façon de l’écrire – qui n’existe pas bien sûr – dans les commentaires sur les réseaux sociaux, pour donner un côté plus oral et plus vivant à des commentaires écrits.
6. Tu le prends comme ça ? : on répond ça à quelqu’un qui a une réaction plutôt hostile à laquelle on ne s’attendait pas. On peut dire aussi : Franchement, je comprends pas pourquoi tu le prends comme ça. / Mais pourquoi tu le prends comme ça ? Tu n’as pas compris ce que je voulais dire. / Ne le prends pas comme ça !
7. Oh oh ! : c’est comme ça qu’on peut appeler quelqu’un si cette personne n’est pas juste à côté de nous. Par exemple : Oh oh, il y a quelqu’un ? / Oh oh, tu peux venir m’aider ? On peut aussi interpeller comme ça quelqu’un qui ne nous écoute pas, pour attirer son attention : Oh oh, tu m’écoutes ? L’intonation est toujours la même.
Oh oh

Des expressions:
je n’en crois pas mes yeux: je suis totalement surprise. Dans sa version plus familière et orale, on dit: Je (ne) le crois pas !
Je n’en crois pas mes oreilles: c’est la même chose mais par rapport à quelque chose qu’on entend, donc ce que quelqu’un dit.
Il n’a d’yeux que pour elle : il est complètement sous son charme, complètement amoureux d’elle. Il ne remarque personne d’autre.
se mettre quelqu’un dans la poche: faire en sorte que cette personne nous soit totalement favorable, alors que ce n’était pas du tout évident. Par exemple: Avec sa gentillesse, il s’est mis tout le monde / tous ses collègues dans la poche.
se mettre quelqu’un à dos: c’est le contraire de l’expression précédente. Cela signifie qu’on fait ou dit quelque chose qui provoque l’hostilité des autres. Par exemple : Par son comportement grossier, cette étudiante s’est mis tout le monde à dos. (« mis » est invariable.) / Tu vas te mettre tout le monde à dos si tu continues comme ça. / Il a réussi à se mettre tous ses copains à dos ! / Elle accepte ça parce qu’elle ne veut pas se mettre toute sa famille à dos.

Un Parisien à la campagne

Ce soir, rugby à la télé – la France joue. Donc les pubs d’avant-match tournent autour des déodorants pour homme, de leurs sous-vêtements et des voitures. Les pubs pour les voitures jouent sur plusieurs registres: certaines exaltent la liberté, les grands espaces et personnellement, me laissent juste le souvenir de belles images, pas de la marque. D’autres racontent de petites histoires plus ordinaires, des histoires de famille. Côté pratique des voitures. En voici une sympathique et pleine d’humour. Chacun est dans son rôle, papa s’occupe du feu, maman étend le linge et le copain de Paris transplanté temporairement à la campagne est comme un ovni incrédule au milieu des salades. Petit clin d’œil aussi à ces citadins qui ont déserté la ville pour emmener leur famille pousser plus près de la nature.

Ford PubCette publicité est ici.

Transcription :
– Oh ouais, tu as eu raison de quitter Paris. Vous êtes bien ici.
– Vous avez pas de salade en sachet ?
– Votre père, il va pas au lavage automatique !
– Non.
– Et donc vous avez pas de sèche-linge !
– Oh ! Vous avez pas de console de jeux! Pfff…
– Et pour les œufs, vous… vous allez pas au supermarché ?
– Hop, tiens. Vous avez pas de charbon de bois non plus.
– Ah, tu as ça sur ta Ford !
– Ça, c’est super pratique. Surtout quand on se sert pas de ses mains. Tu viens ?
Ford Kuga avec hayon mains libres. Une autre façon de voir la vie.

Côté français, c’est parfait pour illustrer certaines petites transformations que nous faisons sans y penser mais qui peuvent gêner ceux qui apprennent le français:
A Paris, on a un sèche-linge. A la campagne, on n’a pas de sèche-linge.
A Paris, les enfants ont une console de jeux pour s’occuper. A la campagne, les enfants n’ont pas de console de jeux.
Un Parisien a du charbon de bois pour allumer un barbecue. Un expatrié en province n’a pas de charbon de bois.

Côté prononciation, on dit un hayon sans faire la liaison.
Quel luxe ! Il fallait y penser, le coffre qui s’ouvre en entier tout seul ( ou presque)!

Les mains dans les poches donc. Une expression à prendre au sens propre, quand on voit le Parisien au tout début, dans le potager: oui, il a bien les mains dans les poches. Et ensuite, il les garde tout le temps dans ses poches ! Pas le moindre petit coup de main pour passer les pinces à linge, ou pour frotter la voiture, ou ramasser du petit bois.

Alors, on en vient à l’autre sens de cette expression, son sens figuré : quand on dit de quelqu’un par exemple qu’il est là, les mains dans les poches, c’est qu’il ne fait rien. Ou encore, si on obtient quelque chose les mains dans les poches, on l’obtient sans faire d’effort, sans rien faire.

Il m’arrive de demander à certains étudiants pourquoi ils viennent en cours les mains dans les poches… Vous savez, ces étudiants qui ont oublié d’apporter de quoi travailler (leur matériel, leur tête et leur motivation) !

Et pour finir, juste le son, si vous n’accédez pas à cette publicité, pour le ton incrédule du visiteur qui va de surprise en surprise – Mais enfin, comment est-ce possible ? Et pour la petite pique de la fin pour celui qui « ne se sert pas de ses mains »:
Les mains dans les poches

Pot de rentrée

On a fait un pot

Comme cette entreprise fête les 20 ans d’existence de sa marque de laitages bio, on trouve cette affiche dans nos rues. Le bio est à la mode car de plus en plus en gens en ont assez de manger de la nourriture industrielle et ont envie d’avoir (ou de retrouver) une alimentation plus « vraie ». Vrai est donc la marque des laitages bio qu’on trouve en grande surface, c’est-à-dire dans les supermarchés.

Alors pour nous rappeler qui ils sont, ils ont imaginé cette publicité, qui joue sur les mots :
– Ils font des pots tous les jours puisque nous achetons tous les jours des pots de yaourt, des pots de fromage blanc, des pots de crème dessert.

– Mais faire un pot, c’est aussi une expression qui signifie qu’on célèbre quelque chose avec ses amis, ses collègues, autour de bonnes choses à boire et à manger. On peut faire un pot pour son anniversaire, pour la naissance d’un enfant, pour son arrivée dans un nouveau poste, pour son départ à la retraite, pour une promotion ou une mutation, un pot de fin d’année, bref, pour tout ce qui mérite qu’on partage un moment particulier avec son entourage.

En cette période de retour des vacances d’été, ce sont les pots de rentrée qui sont d’actualité.
Je vous souhaite une bonne rentrée !

Boisson fraîche

Les citrons
Il fait chaud.
Besoin de se rafraîchir et de se désaltérer.
Besoin de ne rien faire du tout.
Donc piscine, boissons fraîches et paresse au programme.

Voici une pub très estivale et très courte mais qui nous dit des choses sur le français et sur la France !

Cette publicité est ici.

Transcription
– Hum ! Super bonne, ta citronnade ! (1)
– Merci ! C’est moi qui l’ai pas faite. (2)
– Ah bon ? Et tu l’as pas faite comment ?
– Bah j’ai pas pressé de citrons, j’ai pas mis l’eau de source (3) et j’ai pas mis le sucre (4) non plus.
– Non mais tu as dû te lever hyper pas tôt ! (5)
– T’inquiète. (6)

Les citrons déjà pressés pour vous, de l’eau de source et une pointe de sucre (7). Pulco citronnade, la paresse a du bon. (8)

Juste le son:
La citronnade

Des explications :
1. de la citronnade : ce terme a un petit côté ancien. Avant toutes les boissons disponibles aujourd’hui, il y avait de la citronnade et de l’orangeade, mélanges de jus de citron ou d’orange avec de l’eau et du sucre.
2. C’est moi qui l’ai… : normalement, on dit : C’est moi qui l’ai faite. C’est ce à quoi tout le monde s’attend. De plus, comme c’est une phrase orale, il n’y a pas « ne » de la négation. Mais tout d’un coup, on entend la forme négative, ce qui nous fait sourire, d’autant plus qu’elle n’est pas vraiment correcte. (On dit normalement: Ce n’est pas moi qui l’ai faite.) Et on comprend sur quoi est basée cette publicité, tout entière à la forme négative de façon inattendue.
3. J’ai pas mis l’eau de source : la première chose, c’est qu’ils insistent sur le fait que c’est de l’eau très naturelle, pour donner un côté très sain à cette boisson industrielle. La deuxième chose, c’est qu’ils utilisent l’article « l’ », au lieu de dire : j’ai pas mis d’eau de source. Cela donne l’impression qu’il est évident que la boisson est à base d’eau de source. C’est comme si tout le monde connaissait la recette.
4. Le sucre : même remarque que précédemment. (le sucre au lieu de dire : j’ai pas mis de sucre)
5. hyper pas tôt : normalement, on n’emploie jamais hyper avec une forme négative.
6. T’inquiète ! : cette phrase, très orale, est fréquente. Normalement bien sûr, on dit : Ne t’inquiète pas (forme normale) / T’inquiète pas (familier). Mais depuis quelques années, on entend souvent la forme sans la négation, avec la même signification. Donc ce qui est bien fait dans ce dialogue, c’est qu’il y a des négations là où il n’en faut pas habituellement et inversement, elles ont disparu là où il en faudrait!
7. Une pointe de sucre : cette expression permet de donner l’impression qu’il y a très peu de sucre ajouté dans cette boisson, encore une fois pour donner l’idée que cette boisson est saine et comme ce qu’on ferait soi-même, bien qu’elle soit industrielle.
8. La paresse a du bon : Quand on dit de quelque chose que ça a du bon, c’est que c’est positif, que cela a un effet bénéfique. De plus, ici, il y a un jeu sur les mots puisqu’il s’agit d’une boisson, qui est bonne.

Petite remarque sur la conjugaison: il y a des Français qui accordent mal le verbe quand la phrase commence par C’est moi qui… On entend la faute: **C’est moi qui a… Bien sûr, on accorde à la première personne du singulier:
C’est moi qui suis paresseuse. / C’est moi qui irai faire les courses / C’est moi qui voulais arrêter. / C’est moi qui ai soif.
Et à la forme négative: Ce n’est pas moi qui ai fait ça. / Ce n’est pas moi qui dirai le contraire.

Eloge de la paresse, avec l’été et les vacances qui approchent, mais aussi préoccupation pour la santé – et la ligne.(Toutes les publicités pour de la nourriture ou des boissons doivent comporter le message du Ministère de la Santé sur le fait de manger 5 fruits et légumes par jour et sur la nécessité de bouger.)

Tu as vu sa robe ?

Il y a quelques jours, j’ai lu le nouveau billet de Danah Boyd, qui publie des articles très intéressants à propos des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. (en anglais)
Le titre m’avait interpellée. Elle explique dans cet article qu’elle est partenaire d’une campagne de Dove et Twitter en faveur de la tolérance des femmes envers les autres femmes et d’une façon plus générale, en faveur d’un usage civilisé des réseaux sociaux, non pour véhiculer des commentaires agressifs mais au contraire bienveillants et positifs.

Voici pourquoi : « Plus de 5 millions de tweets négatifs sur la beauté et l’image corporelle ont été postés en 2014 et 4 sur 5 de ces messages ont été envoyés par des femmes. Nous vivons dans un monde dans lequel l’auto-critique et la méchanceté non seulement sont acceptées mais sont la norme. Tout particulièrement vis-à-vis des femmes. Et pourtant, il y a énormément de femmes qui ne se rendent pas compte que ce qu’elles disent atteint non seulement leur propre valeur mais blesse aussi les autres. Chaque fois que nous avons des propos dégradants sur une personne pour les vêtements qu’elle porte ou pour ses actes – et chaque fois que nous nous dévalorisons nous-mêmes – nous contribuons à cette culture de la cruauté dans laquelle les femmes sont systématiquement perdantes. Il faut que cela change. » (Petite traduction personnelle)

Juste après, le lendemain de la cérémonie des Oscars, voici un des gros titres qu’on pouvait lire, parfaite illustration des propos de Danah Boyd :La risée de la toile

Etre la risée d’un groupe de personnes, c’est être la cible de leurs attaques pleines de mesquinerie. Le groupe déchaîné contre une personne qu’on ridiculise. (et bien souvent pour une raison futile, comme l’apparence ou le physique.)

Oui, il y a du travail pour changer les choses !
Je le constate régulièrement, à mon humble niveau, avec certaines de mes étudiantes, qui ont ces comportements intolérants et blessants vis-à-vis d’autres étudiantes ou étudiants. Pour certaines, préoccupées avant tout par le paraître, cela devient un mode de fonctionnement systématique, à un âge où on est encore en train de se construire, face au regard des autres.

Dove fait de la publicité pour ses produits.
Mais depuis longtemps, ils ont choisi le créneau de la beauté ordinaire, au lieu de celle retouchée des mannequins ou des actrices, plus inaccessible et pourtant convoitée par beaucoup, au prix de leur santé physique (et mentale parfois).

Connaissez-vous ces petites vidéos ?
L’occasion d’écouter des témoignages très naturels.

Dove le regard de nos amiesLe regard des amies: cliquez ici.

Transcription :
Dove a demandé aux femmes quelle partie de leur corps elles aimaient le plus.
– Ah d’accord !
– Je te dis ce que…
– Ouh là ! Bonne question !
– Ben… ça, c’est dur !
– Ouais, c’est super dur.
– Ah Mireille, trouvez quelque chose quand même !
– A notre âge, hein, franchement, ils exagèrent !
– Ouais, là, maintenant…

Ensuite, nous leur avons demandé quelle partie du corps elles aimaient chez leur amie.
– J’aime bien sa bouche, un peu pulpeuse, un peu gonflée.
– Sa poitrine.
– Ses fesses.
– La forme de ses yeux.
– Sa bouche. Moi, j’aime beaucoup son sourire.
– Euh oui…
– Ses seins. Bah je suis désolée, c’est vrai, hein !
– Elle est… elle est belle en fait. Elle est naturelle.
– Ah, je vais rougir.
– Je la trouve magnifique.
– Merci.
– Pas de problème.
– J’aime bien les yeux de Joséphine. Ils sont assez grands.
– J’aimerais bien avoir la même taille qu’elle.
– On devrait faire un mix de nous deux en fait.
– Voilà.
– Beh, tout ! Elle est grande, jolie, magnifique. Elle est parfaite, voilà.
– Oh merci !
– Tout.
– Ah ! C’est beau, ça !
– Petit calin.
– Je me perds en général.
Si nous sommes capables de voir la beauté chez les autres, pourquoi ne pas la voir en nous-mêmes ?
Ensemble, nous pouvons changer la façon dont les femmes perçoivent la beauté.

Dove2
Voici la seconde vidéo. Toutes ces femmes avaient à répondre à la question suivante: Quelle est la partie de votre corps que vous aimez le moins? Le plus? Ecoutez-les ici.

Transcription
– Mes jambes. Faut que je fasse du sport.
– Les hanches*. Peut-être un peu grosses. Je veux être plus maigre.
– Mes mains, parce qu’elles sont petites, et…
– Mes seins. Ils sont un peu trop généreux.
– Mes fesses, parce qu’elles sont pas musclées et parce que mes mollets, pour le coup, sont trop musclés.
– Mon ventre, parce que j’ai pas la chance d’avoir un ventre très plat. Je fais tout pour, hein, mais voilà.
– Mes cheveux. Ils sont raides.
– Mes fesses. Elles sont plates.

– Hum… Ce que j’aime bien ?
– Heu… Pff… Je sais pas.
– J’aime bien mes… Ouais, mais non.
– Non, c’est pas l’âge.
– C’est horrible ! Je sais pas ! Je réfléchis mais… Je sais pas si j’en ai une.

*Un petit détail de prononciation : la jeune femme qui parle de ses hanches n’est pas française. Elle parle très bien français mais se trompe dans la liaison avec le mot hanche : nous ne faisons pas la liaison avec ce mot-là.

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