Les idées larges

Pub Citadine aux idées larges

C’est bien, je passe devant un abri-bus où les publicités affichées sont renouvelées chaque semaine. Certaines sont belles, d’autres sont sans grand intérêt, d’autres encore jouent avec les mots. Et ça, ça me plaît ! Les publicitaires ont des trouvailles verbales.

Avoir les idées larges, cela signifie d’habitude qu’on est ouvert d’esprit, qu’on est tolérant. Rien à voir avec une voiture. Les voitures n’ont pas d’idées.

Mais lorsque cette voiture appartient à la catégorie que les constructeurs automobiles ont baptisé « les citadines », on peut détourner le sens de l’expression, parce qu’une citadine, c’est aussi une femme qui vit en ville, et qui peut effectivement avoir les idées larges.

Alors, je retiens le message !
Avec ses idées larges :
– cette voiture doit être spacieuse.
– ses concepteurs ont dû être inventifs pour en faire une voiture bourrée d’astuces, parfaitement adaptée à sa vie en ville.

Mais j’avoue que sur le moment, je n’ai même pas retenu sa marque !
Je suis bon public pour la publicité mais médiocre consommatrice en général.

Accord ou désaccord

Forts ensemble

On est singulier. Donc il est suivi d’un verbe au singulier.
Mais ensuite, que fait-on des adjectifs ou des participes passés qui suivent ?

Les puristes extrêmes refusent un accord de pluriel :
– soit On est une sorte de neutre pour désigner quelqu’un, n’importe qui et il n’y a pas lieu de se poser la question : On n’est jamais déçu quand on n’attend rien.
– Soit il est employé improprement à la place de Nous, et dans ce cas, employons Nous, ce qui éliminera le problème : On est allé(s) au cinéma, à remplacer par Nous sommes allés au cinéma.

Mais il faut bien admettre qu’oralement, On est devenu plus fréquent que Nous. On accepte donc très souvent l’accord de pluriel ( de genre aussi : on est allées) de l’adjectif ou du participe passé.

Sur ce panneau publicitaire, on trouve donc On est forts. J’avoue que souvent, j’ai encore un petit moment de doute quand je vois ou fais cet accord singulier-pluriel. Mais ici, on a bien l’emploi parfait de On, puisqu’il s’agit de de vous, de moi, d’eux, donc de n’importe qui. En même temps, comment pourrait-on laisser fort au singulier ? Le mot ensemble implique fondamentalement un pluriel. Donc tout va bien ! (Sinon, il faudrait dire: On est fort quand on est avec les autres.)

Oui, je viens de faire la Française qui coupe les cheveux en quatre à propos de la grammaire! Oui, juste en passant dans la rue, une rue très ordinaire, et en lisant une pub, une pub sans caractère. Tout cela parce que nous avons une grammaire impossible et bizarre !