L’heure d’été

Nous sommes passés à l’heure d’été.
Joli nom. Plus joli que le très pragmatique « Daylight saving time » des anglophones.
Promesse des longues soirées à venir où le soleil tarde à se coucher.

Questions habituelles des éternels « perdus » qui se demandent tous les ans s’il faut avancer ou reculer nos montres.
Même débat chaque année depuis 1974 sur l’utilité d’une telle pratique et ses conséquences sur la santé. (Débat de moins en moins virulent avec le temps mais petit débat quand même ! )

Un premier dimanche à la nouvelle heure qui donne l’impression de filer un peu trop vite à cause de cette heure « volée » qu’on nous rendra fin octobre.
Mais au moins, maintenant, nous changeons tous d’heure au même moment en Europe !

Quelques mots qui apparaissent dans ces articles:
* râler: se plaindre (familier)
* un Français lambda: un Français ordinaire, comme tous les autres.
* la grogne: le mécontentement. On l’emploie souvent pour parler du mécontentement exprimé par des groupes. (par exemple: la grogne des infirmières face aux suppressions de postes)
* une arnaque: une tromperie. (familier)Ici, certains pensent que les arguments en faveur du changement d’heure ne sont pas valables, qu’on nous trompe, qu’on nous raconte n’importe quoi. Donc pour eux, c’est de l’arnaque.

Aujourd’hui, nous avons donc mis nos pendules et nos montres à l’heure. Alors voici une expression – familière – de saison:
Remettre les pendules à l’heure, c’est clarifier une situation, mettre les choses au point, pour repartir sur des bases saines et avancer.

Burgers festifs ! Clients rétifs…

Est-ce que vous avez déjà mangé du foie gras ? Bien sûr, il a ses opposants farouches, qui pensent que c’est cruel d’élever des canards et des oies dans ce but. Plus cruel que ce qu’on fait subir aux veaux élevés en batterie ou aux poulets produits industriellement ? Pas sûr ! (J’assume.)

En attendant, il fait vraiment partie des traditions culinaires françaises. Et du bon foie gras, bien fabriqué, dans le sud-ouest, avec des canards ou des oies bien nourris, c’est quand même un vrai régal ! Alors, dans les restaurants d’une chaîne de fast-food de cette région très réputée pour sa gastronomie, ils ont inventé des burgers d’un nouveau genre ! Ou comment essayer de réconcilier grande cuisine traditionnelle et restauration rapide venue d’ailleurs… Il fallait de l’imagination !


Transcription:
L’objet du scandale: deux tranches de pain à hamburger. A l’intérieur, un steak, de la salade roquette, le foie et une confiture d’oignons confits. Alors, forcément, ça surprend. La clientèle du Quick de Trélissac ne vient pas vraiment chercher ce genre de produit :
– Ici? Un hamburger au foie gras? A Quick ? Ah non ! On mange rapidement. Donc on n’apprécie pas les choses.

Mais derrière la méfiance, il y a aussi la curiosité, et par exemple, celle de Sébastien et Chantal, clients occasionnels du restaurant :
– Faut voir (1) ! Faut goûter ! On sait jamais (2) !
– Moi, je trouve ça un peu bizarre quand même, un hamburger au foie gras… Hamburger, on voit un peu malbouffe (3) et foie gras, c’est plutôt quelque chose de luxe. Je trouve que ça s’associe pas tellement, quoi !

Les problèmes d’association, le gérant du Quick, Thierry Gauch, ne s’en pose pas :
– On pourra le consommer donc avec des frites. On pourra le consommer accompagné d’une boisson.
– Peut-être pas un Coca, quand même !
– Un Coca, pourquoi pas ! Vous savez, la clientèle… Moi, j’ai des enfants, donc moi, ça me choque pas.

Mais évidemment, les producteurs du foie gras artisanal comme Christine Borderie à Montfaucon ne digèrent (4) pas le coup de pub (5).
– C’est détruire le nom du foie gras. Pour moi, c’est plutôt une mauvaise pub. Le foie gras reste quand même un produit noble. C’est comme le champagne. Les Quick et les McDo (6), c’est pas du grand standing (7), quoi, quand même, hein !

Allez, pour les puristes, pas trop d’inquiétudes, l’opération ne durera que trois jours. Le sandwich ne peut pas être rentable à long terme.

– Les industriels ont inventé ce qu’on appelle le bloc, et le bloc, c’est une émulsion qui permet une réincorporation de la graisse qui naturellement s’échapperait du foie. On va pas dire que le bloc, c’est un produit de voleurs parce que je vais me faire assassiner (8). Mais je suis pas loin de le penser !

Quelques explications:
1. Faut voir : on dit ça quand on est un peu sceptique sur quelque chose mais pas totalement opposé quand même. (familier)
2. On sait jamais : on dit ça quand on ne croit pas vraiment à quelque chose mais qu’on garde quand même un petit espoir.
3. la malbouffe : ce terme a été inventé dans les années 80 – c’était le titre d’un livre – pour désigner une alimentation basée sur des aliments industriels, avec beaucoup de graisses et de sucre. Ce mot est fait de « bouffe » qui signifie la nourriture en argot et de « mal« , pour parler ici d’une mauvaise nourriture.
4. digérer : ça peut être le sens physiologique. Mais on emploie aussi ce verbe quand une décision, ou une remarque, ou une critique ne nous plaisent pas du tout. Donc là, il y a un jeu de mots puisqu’il est question de publicité et de nourriture en même temps.
5. un coup de pub : un coup de publicité, c’est-à-dire une opération ponctuelle de publicité destinée à marquer les esprits.
6. les McDo : les Français ont raccourci le nom. On dit qu’on va, qu’on mange au McDo.
7. C’est pas du grand standing : elle veut dire que ce ne sont pas des restaurants luxueux qui servent de la nourriture de qualité.
8. Je vais me faire assassiner : on va le critiquer très sévèrement.

* rétif (au féminin: rétive): difficile à persuader, qui résiste.