J’adore les réunions !

Selon vous, les réunions à votre travail sont:
□ nécessaires
□ productives
□ efficaces
□ stimulantes
□ interminables
□ trop fréquentes
□ inutiles
□ une perte de temps

Si vous avez coché les derniers adjectifs, si vous en avez assez d’aller à des réunions qui ne débouchent pas sur grand-chose, si vous ne supportez plus de voir votre agenda encombré, si votre entreprise est atteinte de réunionite*, vous allez vous reconnaître dans cette petite vidéo. De l’humour, mais comme dans toute caricature un fond de vérité !


Transcription:
– Bon alors, on se réunit aujourd’hui pour fixer la prochaine date de réunion, hein.
– Hm. Oui, c’est important, hein.
– Moi je suis partisan de (1) la fixer à lundi en huit (2).
– Lundi en huit… Ouais. Une idée, oui.
– Oui, c’est pas mal (3).
– Et alors, le thème de la réunion ?
– Justement, on a réunion demain pour en parler.
– Ah bah oui, c’est vrai.
– Au fait, c’est à quelle heure demain, la réunion ?
– Je te rappelle qu’on a réunion cet après-midi pour fixer l’heure de la réunion de demain.
– Ah oui, c’est vrai.
– Eh oui, bien sûr.

– Bon alors, vous notez sur vos plannings (4): réunion du lundi en huit, hein.
– On sera le 9.
– Oui. Donc lundi en huit, le 9. Ah, vous mettez un point d’interrogation, hein, parce qu’on connaît pas encore le pourquoi de la réunion, hein. Ah, notez aussi: réunion demain pour le thème de la réunion du 9. OK, c’est clair ?
– Clair.
– Clair.

– Ah ! Ah bah flûte (5) ! Je peux pas demain. J’ai déjà une réunion avec le Marketing.
– A quelle heure ?
– Bah, je sais pas. J’ai une réunion à 18 heures pour le savoir.
– Bah tu peux pas la déplacer ?
– Oh bah oui, mais alors faut (6) qu’on se réunisse pour trouver une autre date de réunion.
– Oh, écoute, ils sont gonflants (7) au Marketing ! Ils nous pondent des réunions (8) sans arrêt, là ! Appelle-les. Décommande.
– Ouais, ça nous arrangerait (9), ouais.
– OK.
– Allo ? Oui, c’est Linda. Oui, non (10) mais je comprends bien mais est-ce qu’on ne peut pas déplacer la réunion de 18h pour décider de l’heure de la réunion de demain? Oh bah… Oh bah oui, ça c’est super alors. Oui. Génial (11)! Merci, hein, merci. Ça y est ! (12) No problemo. (13)
– Ah bah super !
– Oh ouais, ils sont sympas (14), hein. Ils l’ont mis (15) lundi en huit, le 9.
– Bah non, Linda. On a déjà notre réunion.
– Ah bah oui ! Je suis bête !(16)
– Ça , on savait, oui…
– Oui, ça pour ça, pas besoin de réunion, hein…
– Hein ? (17)
– Non, non. Rien.

Quelques explications:
1. être partisan de quelque chose / de faire quelque chose: être pour quelque chose / pour faire quelque chose. Y être favorable.
2. lundi en huit: pas lundi prochain mais le lundi de la semaine suivante.
3. c’est pas mal: c’est plutôt une bonne idée.
4. un planning: c’est l’emploi du temps où on indique tout ce qui est prévu.
5. Flûte! : c’est une exclamation comme « Zut! », ou « Mince! », quand on réalise que quelque chose pose problème. Ce sont les versions polies. La version plus vulgaire serait: « Merde ».
6. Faut que: Il faut que… A l’oral, on ne dit pas « il », quand c’est un style familier.
7. gonflant: pénible, casse-pieds. (très familier). On peut dire aussi: Ils nous gonflent.
8. pondre des réunions: c’est péjoratif. Cela sous-entend qu’ils organisent des réunions pour un oui, pour un non, sans réel besoin, et sans arrêt. (familier)
9. ça nous arrangerait: ce serait bien pour nous / ce serait plus pratique.
10. oui non mais… : à l’oral, on emploie souvent ces mots contradictoires quand on veut dire qu’on comprend le problème ou la situation mais qu’on voudrait quand même faire autrement.
11. Génial! : c’est comme « Super ». (familier)
12. ça y est: on dit ça quand on a atteint un but, quand on a fini quelque chose, pour dire que c’est fait.
13. no problemo: c’est la version pseudo espagnole de « Pas de problème », que certains emploient parfois.
14. sympa: gentil. C’est la version courte et familière de « sympathique ». On emploie presque toujours la forme abrégée à l’oral.
15. Ils l’ont mis: il faudrait dire « Ils l’ont mise », en accordant au féminin, car il s’agit de la réunion. Mais beaucoup de Français ratent cet accord, un peu difficile, avec le complément placé avant le verbe, c’est-à-dire l’ qui remplace « la réunion ». On dit: ils ont mis la réunion le 9. (Pas d’accord car réunion est après le verbe). Mais on doit dire: Ils l’ont mise. (Accord car l’ est avant le verbe)
16. bête: stupide, idiot(e). On dit ça quand on se rend compte qu’on a fait une petite erreur.
17. hein ? : on peut dire ça quand on a mal entendu, pour faire répéter. Mais ce n’est pas considéré comme très poli. (C’est comme « Quoi? ») On apprend aux enfants qu’ils faut dire « Comment ? » dans ces cas-là.

* la réunionite: c’est la tendance à organiser trop de réunions, qui en général ne donnent pas de vrais résultats. Ce mot est fabriqué sur le modèle des noms de maladies (une bronchite, une laryngite, une tendinite, une phlébite, etc…) pour donner l’idée que c’est un des maux dont souffrent certaines entreprises. Et si c’est très grave, on parle même de réunionite aiguë !

Travailler plus longtemps ?

Pour avoir le droit de prendre sa retraite en France actuellement, il faut avoir 60 ans. Si vous n’avez pas cotisé assez longtemps pendant votre vie active, c’est-à-dire si vous n’avez pas travaillé pendant les 160 trimestres réglementaires, votre retraite sera plus faible. Sinon, vous pouvez continuer à travailler plus longtemps.

Le débat actuel porte sur l’âge de départ que le gouvernement veut reculer de plusieurs années. Donc plus personne n’aura la possibilité de partir à la retraite à 60 ans, retraite complète ou pas. Cela pose le problème des métiers pénibles. Mais qu’est-ce qu’un métier pénible ? Cela pose le problème du chômage des jeunes qui ont besoin que leurs aînés prennent leur retraite pour accéder à ces postes. Cela pose le problème de l’emploi des seniors – terme stupide pour éviter de dire « vieux » – qui ont un mal fou à retrouver du travail si par malheur ils sont licenciés vers 45-50 ans… Cela pose le problème de la qualité de vie de chacun dans notre société.
Oui, je sais, il y a des tas de pays où les gens sont obligés de travailler plus longtemps…

Voici quatre Français qui expliquent comment ils voient les choses, en fonction de leur parcours personnel et professionnel:
Paul et Marie, 62 ans.
Isabelle, 45 ans.
Michel, 55 ans

(Personnellement, je me souviens que quand j’étais élève, je préférais avoir des jeunes profs ! Alors, devoir enseigner jusqu’à 65 ans ou peut-être plus ! Je plains mes futurs étudiants !)


Transcription:
Paul :
Vous savez, le métier de consultant est pas un métier difficile. C’est un métier qui… qui nécessite de pas trop dormir mais… mais tout de même, c’est pas un métier très… très usant. Moi, je peux travailler jusqu’à 70 ans, même si j’ai déjà fait un infarctus. Ma santé me le permettra sans doute. Si ça nous fatigue pas de continuer à travailler, continuons à travailler ! Ça me plaît de travailler, et voyager, de rencontrer des gens, d’écouter.

Marie:
– Je me sens capable de travailler encore huit ans s’il le fallait. Moi, je suis d’un milieu de professions libérales (1). Les avocats et les médecins dans ma famille ont tous travaillé jusqu’à 70-72 ans sans aucun problème. Je suis très en forme physiquement. Intellectuellement aussi, je l’espère. On me demanderait d’arrêter, tout de suite, je me remettrais dans une autre activité professionnelle.
– Pourquoi ? La retraite vous fait peur ?
– Sûrement. Et puis, ça donne forcément un coup de vieux (2), faut bien le dire !(3)

Isabelle:
J’ai travaillé de 18 ans à 38 ans. Ensuite, j’ai été obligée de m’arrêter de travailler pour des raisons personnelles. Et maintenant, je n’ai que 80 trimestres (4), ce qui fait que si je veux avoir une retraite convenable, il faudrait que je travaille jusqu’à 70 ans, voire plus (5). Ça sera pas possible. J’habite en banlieue , j’ai une heure et demie de transports, j’ai eu un cancer, j’ai eu des tas de choses. Entre le stress, le mal-être, entre les grèves de RER (6), les… la météo comme ce matin où on part plus tôt de peur que… C’est… c’est usant. C’est pour ça que moi, je pense pas que ça soit (7) une bonne idée de prolonger trop… Et puis bon, bah, je pense qu’on va pas travailler en sifflant (8) le matin à cet âge-là. C’est ça le problème, quoi.

Michel:
Ce qui est très surprenant quand on est demandeur d’emploi à mon âge, c’est que, en fait, tout ce que l’on pensait être des qualités, c’est-à-dire son expérience, son savoir-faire, sa connaissance de la société, ça devient en fait un handicap. Je sais pas s’il y a une ségrégation anti-vieux mais je suis à peu près sûr que dans la sélection des CV par exemple, on fait partie du premier tas des gens sortis, c’est-à-dire qu’on est sorti tout simplement à cause de notre âge, point final (9). Et très concrètement dans mon cas, en un an et demi, si j’ai eu une dizaine de contacts avec des entreprises susceptibles de me recruter, c’est le maximum. Théoriquement, ma retraite, c’est dans six ans. J’ai encore deux ans de chômage (10) et entre les deux, je sais pas ce que je ferai. Je pense très clairement que je serai au RMI (11). C’est ce que j’ai dit à mon employeur quand… quand il me licenciait. Je lui ai dit « Quand… quand on licencie une personne de 55 ans, on la met au RMI, faut le savoir. » Moi j’ai envie de travailler plus longtemps,vous savez. Je pense qu’on peut apporter un certain nombre de choses à une entreprise, mais quand vous avez au-delà de 45 ans, vous ne trouvez pas de travail, point final.

Quelques détails :
1. les professions libérales : les professions où on n’est pas salarié d’une entreprise ou employé par une administration. On dit qu’on travaille en libéral.
2. donner un coup de vieux à quelqu’un : faire sentir tout d’un coup qu’on est vieux.
3. Faut bien le dire = Il faut bien le dire  : on est bien obligé de l’admettre. On ne peut pas le nier.
4. les trimestres : la retraite se calcule en France en fonction du nombre de trimestres pendant lesquels on a travaillé et donc cotisé pour la retraite.
5. voire plus : et même davantage
6. le RER : A Paris, il y a le métro et le RER. Les lignes de RER traversent Paris et desservent les banlieues plus lointaines. (RER = Réseau Express Régional) Elles sont identifées par des lettres : ligne A, B, etc… (Les lignes de métro portent des nombres.)
7. Elle prononce « ça soye », ce qui n’est pas correct. Mais c’est très courant comme faute à l’oral.
8. en sifflant : siffler montrerait que vous êtes content, joyeux.
9. point final : un point c’est tout. Il n’y a rien à rajouter.
10. Il a encore 2 ans de chômage : il va toucher les allocations de chômage encore 2 ans et après, il n’aura plus rien s’il ne retrouve pas d’emploi.
11. le RMI : Revenu Minimum d’Insertion : c’est une allocation qu’on touche quand on n’a plus droit à aucune allocation de chômage. Mais c’est vraiment très « minimum ». Il a été remplacé récemment par le RSA, le Revenu de Solidarité Active.