Lèche-vitrines

Se promener dans le centre de n’importe quelle ville aujourd’hui, c’est tomber invariablement sur les mêmes magasins. Leur nécessaire appartenance à une chaîne les rend prévisibles et familiers jusqu’à l’ennui, quelle que soit la région, quelle que soit la ville.

Alors, l’oeil est attiré par d’autres couleurs, d’autres devantures, d’autres noms.
Et si en plus c’est fait avec humour, en jouant sur les mots et les sonorités…
Petites promenades à Toulouse et Marseille.

On n’y trouve pas l’habituel cochon d’Inde mais un Cochon Dingue, c’est-à-dire un cochon un peu fou, puisque c’est ce que signifie dingue en argot.

Les poules y ont troqué contre un M leur P dans la traditionnelle expression populaire, Quand les poules auront des dents*, détournée par ce restaurant où on mange bien sûr… des moules.

Et les poussins y changent tout simplement de couleur, pour le plaisir des amateurs de chocolat et autres douceurs.

* Quand les poules auront des dents: jamais.

Faire du lèche-vitrines, c’est se promener en regardant les vitrines des boutiques.

Le hip-hop, la boxe, Schubert, Ravel et les autres

Boxe boxe, ou comment mélanger hip-hop, combats de boxe et une musique essentiellement classique, comment mettre sur une même scène – et mettre en scène – des danseurs et un quatuor à cordes. C’est un magnifique spectacle, plein d’émotion, d’humour, où la beauté visuelle du décor et des corps, où les punching balls, les gants de boxe et les cordes du ring créent une atmosphère de rêve, au graphisme de film muet transposé dans l’énergie du hip-hop. Tout cela est né de l’imagination de Mourad Merzouki et du travail de sa compagnie de danse.
J’ai passé une très belle soirée hier, au milieu d’un public varié et conquis. Si vous avez l’occasion de croiser leur chemin, au hasard de leurs tournées, n’hésitez pas un instant !

J’aime beaucoup écouter ce que les chorégraphes ont à dire de leur travail. J’aime beaucoup les regarder travailler.
Voici ce que Mourad Merzouki veut partager avec nous.

Et à la fin de ce billet, une seconde vidéo qui présente davantage d’extraits de ce spectacle en particulier, juste pour le plaisir des yeux et des oreilles.
Comme ce serait bien si tous les spectacles de danse étaient filmés pour qu’on puisse ensuite les revoir comme on revoit un film !


Transcription:
Je suis Mourad Merzouki. Je suis chorégraphe et danseur depuis 1987-88. Et j’ai créé la compagnie Käfig (1) en 1996.
Avant d’être danseur, j’étais dans une école de cirque. En fait, j’étais acrobate à l’âge de sept ans et petits, en fait, on faisait des numéros (2) devant… devant le public. Donc j’étais d’abord passionné par le spectacle. Et la danse, je l’ai… j’ai commencé à… à la pratiquer par l’émission Hip-Hop qui passait les dimanches à l’époque de Sidney (3), c’est-à-dire qu’en fait, cétait pécher (4) de pas danser à cette époque-là. Tout le monde dansait, tout le monde le… Enfin, c’était quelque chose qui… qui faisait partie de… de notre vie. Et donc j’ai… j’ai commencé à mélanger l’acrobatie, la danse. Je m’exprimais, j’allais à la rencontre des autres et ça m’aidait, moi qui suis né à Lyon mais avec des origines d’Afrique du Nord. Donc c’était important pour moi de trouver ma place dans la société française. Et la danse m’a… m’a aidé à ça.
Au début, le hip-hop, quand il était dans la rue, il y avait une espèce de spontanéité, il y avait une espèce de… d’énergie qui était… qui était là, qui… qui est liée à la rue, que… à l’espace dans lequel on pratiquait la danse, sauf que si on était restés dans la rue, je pense qu’on serait pas là aujourd’hui à parler de la danse hip-hop, c’est-à-dire qu’à un moment donné, il fallait aller un peu plus loin avec cette… cette énergie, avec cette gestuelle: qu’est-ce qu’on en fait ? Donc j’ai commencé à… à travailler dans des studios de danse, à rentrer dans des théâtres, mais ce parcours-là était intéressant pour le hip-hop parce que du coup, ça nous a permis de bousculer cette danse et de construire cette danse avec de la lumière, des costumes, de la musique, etc…, etc…
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