Là-haut dans la montagne

Les amoureux de la haute montagne connaissent l’atmosphère des refuges où on peut passer la nuit avant de poursuivre sa route. Il y en a beaucoup dans les Alpes et bien sûr, il faut des gardiens qui les entretiennent et accueillent randonneurs, grimpeurs et alpinistes.
Des gardiens… ou des gardiennes. Hommes ou femmes, en tout cas, ils ont tous le même amour de la montagne, d’une certaine solitude et d’un mode de vie loin du grand confort des vallées.
J’ai écouté ce joli reportage et je me suis dit que vous aimeriez peut-être rencontrer Sylvie, la suivre dans ses activités quotidiennes, l’écouter accueillir un groupe d’alpinistes et raconter ce qu’elle aime dans cette vie dépourvue du superflu. De quoi s’échapper. Prenez le temps. (une dizaine de minutes)

Pour écouter Sylvie sur le site
Ou ici:

Transcription:
C’est sûr que si tu me laisses le choix, là, aujourd’hui, tu me dis: « Bon allez, tu as une journée pour toi toute seule, eh bah je vais courir en bas me rouler dans l’herbe, quoi. Mais parce que je suis tout le temps là, dans les cailloux et que c’est vrai que c’est pas facile dans les cailloux. Et les petits coins d’herbe, bah il y en a pas beaucoup, hein, qui sont autour du refuge. Je suis toujours en train de les regarder. C’est une tache de vert au milieu du minéral, c’est vrai que… Ouais, c’est quelque chose quoi. Mais de la même façon que si j’étais tout le temps dans l’herbe en bas, voire en venant de la moyenne montagne, on me dirait la même chose: « Tu as une journée de libre, tu bosses (1) pas », eh bah, je courrais en montagne, m’y perdre aussi, quoi.

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Le goût du théâtre


Marseille a la mer, son équipe de foot et… ses théâtres. Côté culture, c’est à peu près le seul point positif ! On peut se faire plaisir en prenant un abonnement. Variétés des spectacles et des répertoires selon le théâtre choisi. On y voit des classes de lycéens amenés par leurs enseignants de français qui tentent de leur donner le goût du théâtre. C’est que le théâtre, on n’y va pas comme ça ! Il faut souvent que quelqu’un vous le fasse découvrir.
Voici une toute petite conversation où une jeune femme raconte comment elle est entrée dans cet univers qu’elle n’a plus quitté ensuite.


Transcription:
– Et… et vous, du coup, vous avez eu accès au théâtre assez vite ? Vous y alliez par exemple quand vous étiez… ?
– Ouais, moi j’y allais beaucoup parce que j’avais… Ma grand-mère m’avait pris un abonnement à la Comédie Française, donc elle m’emmenait. Et j’avais la honte (1), parce qu’elle récitait les vers en même temps que les acteurs ! C’était horrible ! J’avais honte ! Mais bon… (2)
– Elle disait…
– Ouais !
– Tout haut ?
– Tout haut !
– Elle faisait l’écho.
– Ouais. Ah non, c’était atroce ! Et je pouvais pas faire semblant que j’étais venue seule (3), j’avais huit ans ! J’étais niquée (4). Et puis après, mes parents avaient une amie que j’aime beaucoup, Marie Langlois, qui tenait la librairie du Théâtre des Amandiers (5) justement. Donc là-bas, j’ai vu, à l’époque de Chéreau, j’ai vu plein de spectacles, et des ateliers d’élèves et donc ouais, j’allais beaucoup au théâtre, bien plus que je n’y vais maintenant d’ailleurs.

Quelques explications:
1. j’avais la honte: normalement, on dit juste : j’avais honte. Cette expression est plus familière et plus forte aussi. On entend aussi juste: La honte ! (avec le ton bien expressif qui va avec.)
2. Mais bon: on utilise souvent cette expression pour conclure ce qu’on vient de dire, comme si on se résignait. En disant ça, c’est comme si on acceptait la situation. Cela signifie: Mais bon, voilà, c’était comme ça, ce n’était pas si grave que ça.
3. je ne pouvais pas faire semblant que… : ce n’est pas parfaitement correct de dire ça comme ça ! Il faut dire: Je ne pouvais pas faire semblant d’être venue seule. (Ou alors: Je ne pouvais pas faire comme si j’étais venue seule.)
4. j’étais niquée: c’est très, très familier. Elle veut dire qu’elle était coincée, qu’elle ne pouvait pas  échapper à cette situation.
5. Le Théâtre des Amandiers: il se trouve à Nanterre dans la banlieue parisienne et est un des grands théâtres en France. (J’y ai vu des pièces classiques dans des mises en scène inoubliables, grâce à ma prof de français du lycée qui nous y emmenait, là et à la Cartoucherie de Vincennes, autre grand lieu théâtral. Grande découverte du théâtre !)