Au bout du rouleau

Les publicités jouent souvent avec les mots.
Avec celle-ci, le lavage des voitures perdrait presque son côté très terre à terre !

L’été qui vient de se terminer a été placé sous le signe de la sécheresse et du manque d’eau. Il était donc interdit de laver sa voiture… sauf pour certaines professions, qui continuaient à avoir accès aux stations de lavage. Chez Wash – un nom anglais, ça rend les choses plus « glamour » ! – comme chez ses concurrents, nos voitures sont nettoyées par des rouleaux qui vont et viennent sous nos yeux distraits. Oui, tout se fait sans se fatiguer, une fois notre paiement effectué. Les rouleaux se mettent en route, vont jusqu’au bout du rail et reviennent au point de départ. Et au bout du rouleau, la promesse d’une voiture pimpante et étincelante !

L’humour de cette publicité repose sur une expression qui n’a rien à voir avec le lavage des voitures. En effet, être au bout du rouleau, c’est être épuisé, moralement et physiquement, et complètement découragé. C’est ne plus avoir les ressources nécessaires pour faire face :
– Il a trop de responsabilités. Il est au bout du rouleau. Il ferait mieux de se mettre en congé maladie et de se reposer.
– Beaucoup d’infirmiers et d’infirmières ont démissionné dans les hôpitaux car ils étaient au bout du rouleau après deux ans de crise covid.

Beaucoup de parents, eux aussi, se sont plaints, ces deux dernières années, d’être au bout du rouleau pendant les confinements successifs, obligés de jongler entre télétravail et école à la maison. Cette expression est donc d’actualité. Mais il me semble qu’elle est souvent remplacée aujourd’hui par un emprunt à l’anglais : on entend beaucoup de gens dire qu’ils sont en burn-out. Et si on est jeune, on dit carrément : Je suis au bout de ma vie. (ce qui est plutôt paradoxal pour des ados qui ont la vie devant eux !)

Allez, j’espère que vous avez bien profité du weekend, pour ne surtout pas vous retrouver au bout du rouleau !

A écouter si vous préférez :

Les richesses du web (6) : l’INA

L’Institut National de l’Audiovisuel nous offre l’accès aux archives de l’audiovisuel public et c’est une immense richesse. Chaque jour, on découvre des extraits d’émissions, de reportages, de documentaires passés qui font écho à ce qui se passe dans le monde aujourd’hui. La plupart du temps, ces passages sont sous-titrés, ce qui est bien pratique quand on apprend le français. Ce qui est intéressant aussi, c’est d’entendre et se rappeler comment on parlait avant – il n’y a pas si longtemps de ça ! Nos façons de parler évoluent en fait très vite, imperceptiblement et on se retrouve quelques années plus tard à considérer comme presque bizarres et en tout cas très datés les termes utilisés, le phrasé, le timbre des voix.

Les sujets sont très variés. On redécouvre aussi des publicités qui ont fait date. Nostalgie… et étude sociologique !

J’ai choisi de vous emmener faire un petit tour en compagnie de Lucienne. C’était en 1972, elle n’était pas toute jeune. Mais ce dont elle parle est d’une surprenante fraÎcheur, avec cette diction et cette façon de rouler les R qu’ont encore aujourd’hui certaines personnes âgées dans nos campagnes.

Des explications

  1. le saindoux : de la graisse de porc
  2. avoir quelque chose sous la main : avoir quelque chose (ou parfois quelqu’un) qui est nous accessible immédiatement.
    – Je n’ai pas mon téléphone sous la main. Tu pourrais les appeler, toi ?
    – Pendant que je t’ai sous la main, tu veux bien m’aider à porter cette table ?
    Elle est un peu trop lourde pour moi. (familier)
  3. la Sologne : région du centre de la France, entre la Loire et le Cher, très connue pour ses belles forêts et ses étangs
  4. Oh non, pensez-vous ! : Oh non, bien sûr !
    Cette expression sert à nier ce que quelqu’un vient de dire. On peut l’utiliser aussi en tutoyant quelqu’un. Par exemple :
    Il va venir te voir bientôt ?
    – Penses-tu !
    On se voit juste une fois par an. ( = Bien sûr que non.)
  5. soigner les bêtes : s’occuper des animaux
  6. rapporter quelque chose : rapporter de l’argent. Quand on dit d’une activité qu’elle ne rapporte pas grand-chose, cela signifie qu’elle ne permet pas de gagner beaucoup d’argent.
  7. j’en ai des légions : j’en ai énormément.
    On peut employer ce nom dans des phrases comme celles-ci, souvent avec le verbe être. (Mais dans ce cas, légion reste au singulier) :
    Les gens vraiment motivés pour faire ce travail ne sont pas légion, je te le dis !
    Les fautes d’orthographe sont légion sur les réseaux sociaux.
  8. au petit jour : très tôt le matin, quand le jour se lève à peine
  9. une volière : une grande cage à oiseaux
  10. si je puis dire : formule polie, dans un style plutôt soutenu, pour adoucir et nuancer ce qu’on vient de dire. Cette forme du verbe pouvoir s’emploie à la première personne du singulier. On la trouve aussi dans certaines questions : Puis-je vous demander un petit service ? C’est plus soutenu que : Est-ce que je peux vous demander un petit service ?
  11. Oh et comment ! : Bien sûr ! / Evidemment !
    Cette expression indique qu’on est vraiment d’accord avec ce qui vient d’être dit. Par exemple :
    – Tu comptes prendre des vacances bientôt ?
    – Et comment !

    Dans le sud-ouest de la France, on entend, avec la même signification : Pardi !
  12. j’ai pas l’air : on ne dirait pas.
    « J’étais plutôt une révoltée. J’ai pas l’air, hein ! » = ça ne se voit pas immédiatement. On ajoute souvent « comme ça » juste après cette expression.
    Par exemple : J’ai pas l’air, comme ça, mais je suis quelqu’un de très têtu. On peut l’employer pour parler des autres : Il a pas l’air, comme ça, mais dans le fond, c’est un grand émotif !
    Il faut faire attention à la façon dont on place la voix et faire une très légère pause juste avant « comme ça » car cela signifie autre chose :
    – Tu crois qu’il va être fâché si je ne viens pas ?
    – Mais non, il n’est pas comme ça.
    Ne t’inquiète pas, il comprendra.
  13. je répondais : répondre, c’est répliquer en s’opposant. Par exemple, un enfant qui répond à ses parents est un enfant qui n’accepte pas de leur obéir sans rien dire.
  14. on peut déborder un peu : s’écarter des chemins autorisés
  15. sans tambour ni trompettes : sans se faire remarquer, discrètement, sans attirer l’attention
  16. j’ai pas mal trimbalé : normalement, on dit : se trimbaler = se déplacer, voyager (familier, et un peu vieilli)
  17. les pays où qu’il y a pas de bois : rajouter « que » après est bien sûr incorrect.
  18. je n’y resterai pas : dans les sous-titres, ils utilisent le conditionnel présent (resterais), alors qu’il faut le futur (resterai) à cause de ce qui précède : « J’espère qu’au paradis, il y aura des bois, parce que sans ça (= s’il n’y en a pas / s’il n’y a pas de bois), j’y resterai pas. »
    On met le conditionnel dans des phrases comme celles-ci : S’il n’y avait pas de bois au paradis, je n’y resterais pas.
    Pour faire la différence, cela peut aider de conjuguer à la 3è personne du singulier :
    S’il n’y a pas de bois au paradis, Lucienne n’y restera pas. (futur)
    S’il n’y avait pas de bois au paradis, Lucienne n’y resterait pas.
    (conditionnel présent)

J’ai enregistré certains des exemples ci-dessus, notamment quand l’intonation est importante :

Le site de l’INA est ici. (On prononce ce sigle comme un mot, pas lettre par lettre).
Personnellement, je suis abonnée à leur compte Instagram, ce qui est très pratique. Mais c’est juste une porte d’entrée pour le site complet qui vaut vraiment le détour !

Les richesses du web (5) : neo tv

Il y a un mois, j’avais en préparation plusieurs articles pour ce site. Puis très brutalement, l’actualité a bouleversé, encore une fois, la marche du monde, rendant futiles toutes ces petites choses qui font nos vies ordinaires. Cette fois, c’est une guerre, une de plus, une guerre qui a réveillé les souvenirs des guerres mondiales passées et a jeté, comme toujours, les civils dans la terreur et le malheur, pendant que des dirigeants, bien en sécurité, eux, font mourir les jeunes soldats, simple chair à canon, encore et toujours. Encore une fois, on voit se déployer l’arsenal de toutes ces armes conçues pour tuer et détruire – et d’ailleurs, la France peut s’enorgueillir d’être à la pointe de leur développement et de leur fabrication ! Triste gloire. Mais dans quel monde vivons-nous toujours, au XXIè siècle !

Je reviens vers vous pour continuer à partager ces sites qui peuvent vous aider dans votre pratique de notre langue. Cette fois-ci, il s’agit de Néo TV, auquel on peut accéder facilement, directement ou grâce à leur compte Instagram par exemple – sauf dans certains pays bien sûr… Toutes sortes de très courts reportages, bien sous-titrés. Je suis sûre que vous y trouverez votre bonheur car c’est c’est un regard plein de variété sur les Français.

Mais j’avais choisi, il y a environ deux semaines, ce reportage sur un jeune Français qui a des attaches familiales avec l’Ukraine, mais aussi avec la Russie depuis ses études. Beau portrait, qui témoigne de l’imbrication des peuples, des nationalités. Une petite dose d’espérance. Et comme toujours, de jolies expressions, avec mes quelques explications si cela vous aide.

Des explications :

  1. aux aurores : très tôt le matin. L’aurore, c’est le moment où le soleil se lève. On utilise souvent cette expression avec les verbes partir, se lever par exemple.
  2. des produits de première nécessité : c’est l’expression consacrée pour désigner les produits estimés indispensables pour manger, se laver, s’habiller, mais aussi pour faire marcher son ordinateur, etc. On a beaucoup utilisé ce terme pendant les différents confinement dûs au Covid, pour définir les commerces qui pouvaient rester ouverts, par rapport aux commerces dits « non-essentiels », dont les produits n’étaient pas considérés comme de première nécessité.
  3. des plaques internationales : il s’agit des plaques d’immatriculation des voitures et des camions. En les voyant, on sait de quel pays est un véhicule.
  4. ça met un peu de baume au coeur / ça met du baume au coeur : cela réconforte, cela remonte le moral
  5. une petite dizaine de km : environ 10 km, mais pas beaucoup plus en tout cas. On peut utiliser cette expression avec le mot centaine et le mot millier par exemple : une petite centaine de personnes, un petit millier de réfugiés.
  6. l’enlisement de l’armée russe : ce terme indique qu’il n’y a pas de progression décisive et que le conflit s’installe pour durer.
  7. ça me désole : ça me rend très triste
  8. des voitures de convoi : des voitures qui avancent ensemble, en formant donc un convoi
  9. des protections hygiéniques : on dit aussi des serviettes hygiéniques, que les femmes utilisent pendant leurs règles chaque mois.
  10. ça nous a fait un petit déclic : cela nous a tout d’un coup décidés à agir. (Ils ont pris conscience de ce qui se passait.) On dit souvent par exemple : Il a eu le déclic / un déclic et s’est enfin mis à travailler en classe.
  11. anxiogène : qui cause beaucoup d’angoisse
  12. faire un échange : dans le contexte scolaire, cela signifie que des élèves français sont partis passer quelque temps dans un pays étranger, puis les jeunes étrangers sont venus en France. (ou l’inverse)
  13. des amis de longue date : des amis qui se connaissent depuis longtemps
  14. une famille d’accueil : une famille qui a décidé d’accueillir, d’héberger des enfants ou des ados. On utilise ce terme dans le cadre des échanges scolaires et aussi pour désigner les familles qui sont habilitées à s’occuper d’enfants dont les parents ont perdu la garde. Et bien sûr en temps de guerre, hélas.
  15. tant que la guerre durera : aussi longtemps que la guerre durera

Pour terminer, voici aussi le lien d’un podcast de Radio France : Guerre en Ukraine.
Des journalistes de Radio France, envoyés spéciaux pour couvrir cette guerre, publient tous les jours un podcast d’une dizaine de minutes. Du beau travail de journalisme.

Et vous ?

Non, je ne vais pas vous demander comment vous allez, ni ce que vous pensez de ce monde tel qu’il tourne, ou tel que certains le font tourner, au 21è siècle, comme si nous n’avions jamais rien appris de tout ce qui nous précède.

Je vais juste modestement continuer, pour le moment, à vous parler du français et vous demander, si vous aussi, vous avez remarqué ce problème de conjugaison lorsqu’une phrase contient le pronom personnel vous et un verbe du premier groupe juste à côté. Je vous en donne seulement trois exemples que j’ai rencontrés mais si j’en parle, c’est que je pourrais vous en montrer d’autres car vraiment, cette faute devient monnaie courante (1) dans notre langue :

Cela a commencé avec cette recette. Les réseaux sociaux, il faut bien le reconnaître, ne sont pas le meilleur endroit pour apprendre l’orthographe. Donc pas de réelle surprise.

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Puis ça a continué dans un email.
Un email professionnel.

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Et maintenant, ça arrive aussi sur des sites très officiels, ou dans des journaux. Et ici, deux fois coup sur coup (2) !

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Bien sûr, le français est compliqué, avec ses conjugaisons et ses accords. Bien sûr, quand on est petit et qu’on apprend à conjuguer, en commençant par les verbes du premier groupe, on retient que le verbe prend la terminaison -ez lorsque le sujet est le pronom vous : vous donnez, vous lancez, vous souhaitez. Et on sait que le verbe avoir devient vous avez. Mais que se passe-t-il pour que certains se mettent à faire ces grossières erreurs ?

A l’origine de cette faute qui se répand, on trouve principalement deux choses :
– le même son pour la terminaison -er et la terminaison -ez
– le fait qu’en français, les pronoms compléments peuvent être avant le verbe qu’ils complètent.

Dans les exemples ci-dessus, c’est donc la présence de vous juste avant un verbe du 1er groupe ou juste avant avoir qui entraîne ce mauvais accord. Pourtant, à défaut de (3) comprendre comment les phrases sont faites et quel est le rôle de chaque mot (sujet, verbe, complément), c’est très simple d’être vigilant et de penser à faire, si on n’est pas très sûr de soi, ce qu’on apprend normalement à l’école primaire : remplacer par des termes pour lesquels il n’y a pas d’équivoque possible, ou reformuler.

  • Je vous avais posté : normalement, la prononciation entre avais et avez est différente. Mais selon la région ou on habite, l’accent peut changer. Dans le sud notamment, les gens prononcent ces deux mots comme avez, ce qui ne les aide pas à éviter cette faute. Il suffirait donc d’enlever vous et de dire simplement : J’avais posté une recette pour vous. Dans ce cas, on peut espérer que personne n’écrirait : j’avez ! (Bon, je ne n’en mettrais pas ma main à couper (4), tout est possible !)
  • pour vous souhaiter / envie de vous lancer / nous allons vous donner : il suffit de remplacer les verbes du 1er groupe par des verbes d’un autre groupe – vendre, recevoir, dire, etc. – et dire par exemple : pour vous vendre, envie de vous dire, nous allons vous recevoir, ce qui nous montre bien qu’il faut un verbe à l’infinitif.

Et si jamais c’était un problème avec des correcteurs orthographiques automatiques qui ne savent pas aussi bien réfléchir que nous pour le moment, la seule solution, c’est de se relire attentivement.

Quelques expressions :

  1. devenir monnaie courante : devenir très habituel, très fréquent. On dit aussi : C’est monnaie courante.
  2. coup sur coup : immédiatement l’un après l’autre
  3. à défaut de faire quelque chose : au cas où où on ne ferait pas quelque chose (alors qu’on devrait)
  4. Je n’en mettrais pas ma main à couper : je n’en suis pas certain(e) du tout. On dit aussi : Je n’en mettrais pas ma main au feu. (qui est d’ailleurs l’expression d’origine)

Ça commence à faire !

J’avais oublié ! Douze ans, jour pour jour, ça commence à faire !

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Je n’avais pas regardé en arrière fin décembre pour dresser un bilan de l’année écoulée comme il est d’usage, parce que je n’avais pas été très assidue sur ce site. Mais j’ai reçu aujourd’hui ce message de WordPress. Et cette fois, c’est un bilan beaucoup plus long ! Et je me suis dit : Tiens, 12 ans, ça commence à faire ! Et si en plus, je pense à certains d’entre vous qui me lisent ici depuis le début ou presque, je suis encore plus agréablement suprise ! 😉

A force, ce site a voyagé, depuis son premier jour. Elle est bien sympathique, cette carte !

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Alors, en ce jour d’anniversaire, pour ne pas faillir à l’une des idées à l’origine de ce blog, voici deux expressions courantes et plutôt familières :
ça commence à faire : familièrement, cela indique donc qu’on estime que cela fait longtemps que quelque chose existe. On en est presque étonné, c’est comme si tout d’un coup, on prenait conscience du temps écoulé.

ça commence à bien faire : il ne faut pas confondre avec cette autre expression qui semble pourtant très proche. Tout est paradoxalement dans le « bien ». Celle-ci exprime un agacement. On en a vraiment assez de quelque chose qui se prolonge ou se répète et on perd patience. Ce n’est donc pas du tout ce que j’ai pensé !

Merci à vous qui passez par ici, que ce soit depuis 12 ans ou depuis quelques jours.
Et à bientôt pour la suite ! Il y a encore de quoi faire et de quoi dire.

Faites-lui du pied, c’est permis

En deux ans de pandémie, combien de fois nous sommes-nous passé du gel hydroalcoolique sur les mains ? Au début, c’était une denrée (1) rare et convoitée ! Aujourd’hui, il y en a à l’entrée de tous les magasins : du simple flacon posé sur une table de fortune (2) à des systèmes sans contact qui détectent nos mains tendues, tout est possible. Et entre les deux, il y a les distributeurs qu’on actionne grâce à un petit levier ou mieux, en appuyant du pied sur une pédale.

Et maintenant, on fait même de l’humour pour expliquer la marche à suivre (3). Je suis tombée hier sur ce jeu de mots qui donne le mode d’emploi à ceux qui, l’espace d’un instant (4), cherchent comment faire pour se servir : Ici, il faut faire du pied pour se frotter les mains.

Cela nous fait sourire, comme l’émoji masqué qui nous accueille, parce que faire du pied à quelqu’un, c’est toucher volontairement le pied de quelqu’un sous une table, à l’insu de (5) tous les autres invités, pour lui faire des avances (6). C’est plutôt lourd si la personne draguée (7) de cette manière n’est pas vraiment d’accord ! Mais là, au contraire, à l’entrée de ce magasin, nous sommes tous autorisés à faire du pied… à ce gentil distributeur.

Ensuite, vous pourrez vous frotter les mains avec ce gel, au sens propre du terme. Et voici un autre jeu de mots puisque au sens figuré, se frotter les mains, c’est montrer sa satisfaction, en faisant ce geste ou pas. Il suffit souvent de dire juste : Je m’en frotte les mains / Il s’en frotte les mains pour dire qu’on est satisfait d’une situation, d’une décision.

De l’art de nous rappeler, avec plus de légèreté que les habituelles formules « Gel hydroalcoolique obligatoire » que nous ne devons pas encore baisser la garde (8), même si beaucoup en ont par dessus la tête (9) de ces contraintes.

Quelques explications :

  1. une denrée : un produit
  2. une table de fortune : une table improvisée, qui n’est pas réellement faite pour ça. On parle souvent par exemple d’un abri de fortune.
  3. la marche à suivre : les explications sur comment faire quelque chose, étape par étape
  4. l’espace d’un instant : pendant un très court instant
  5. à l’insu de quelqu’un : en cachette, sans que cette personne le sache
  6. faire des avances à quelqu’un : essayer de séduire quelqu’un de façon assez explicite
  7. draguer quelqu’un : c’est la même chose que précédemment. Un dragueur, c’est un homme qui passe son temps à essayer de séduire les femmes.
  8. baisser la garde : devenir moins prudent, relâcher sa vigilance
  9. en avoir par dessus la tête (de quelque chose, de quelqu’un de faire quelque chose) : en avoir vraiment assez, ne plus supporter quelqu’un ou quelque chose. Par exemple : J’en ai par dessus la tête de ses bêtises. / Il en a par dessus la tête de finir aussi tard le soir.