Sans voix

Ce poisson bleu se promenait dans Toulouse la rose il y a quelque temps. Poisson publicitaire pour un centre de remise en forme aquatique qui offrait des réductions sur ses tarifs. Et jeu de mots puisque pour montrer que cette offre valait vraiment la peine, ils avaient utilisé l’expression muet comme une carpe.

Une carpe est un poisson et comme chacun sait, les poissons ne parlent pas. Quand on est muet comme une carpe, on garde le silence, on ne veut pas parler, pour une raison ou une autre. Donc dans cette situation, c’est un peu bizarre quand même, même si le contexte aquatique explique la carpe !
Par exemple :
Quand ils l’ont interrogé sur son emploi du temps de la veille, il est resté muet comme une carpe.
A: C’est un secret. Tu sais garder les secrets?
B: Ne n’inquiète pas. Je serai muet comme une carpe
.

En fait, ce qu’ils veulent dire, c’est plutôt que vous resterez sans voix à l’idée d’obtenir de telles réductions. Vous ne trouverez plus les mots tant les conditions d’inscription sont décrites comme particulièrement alléchantes. Et donc affaire à saisir ! De la pub, donc !

Etre sans voix ou rester sans voix : c’est, au sens figuré, lorsque quelque chose vous surprend tellement que vous ne savez plus quoi dire. Cela peut être un événement positif ou au contraire négatif. L’effet est le même.
Lorsqu’il l’a demandée en mariage, elle est d’abord restée sans voix. Puis elle a dit oui ! (Oui, oui, vous avez remarqué, 😉 difficile d’échapper aux annonces de fiançailles princières pour l’inspiration du moment…)
Lorsqu’il l’a accusée de n’exprimer que de la colère ou de la déception à son égard, elle est restée sans voix face à tant d’absurdité.
Alors là, je suis sans voix !

Lorsqu’on n’a vraiment plus de voix, au sens propre, c’est-à-dire quand aucun son ne sort de votre bouche, on dit qu’on a une extinction de voix, ou qu’on est aphone, ou encore qu’on n’a plus de voix. Il ne reste plus qu’à mettre ses cordes vocales au repos. C’est ce qui m’arrive aujourd’hui. Je n’ai plus de voix du tout ! Donc je n’enregistrerai pas ces exemples. Dur métier de prof, parfois, en période de virus promeneurs ! On verra demain. Ou après-demain.

Temps estival

Il avait fait frais en septembre sur une grande partie de la France. Alors quand les températures remontent comme en été, surtout si ça se produit pendant le weekend et dans toutes les régions, les journalistes en parlent à la radio et à la télé ! Un peu de légèreté fait du bien aussi. Ce matin, on pouvait entendre aux infos le témoignage de deux étudiants installés à Marseille depuis peu et qui apprécient cette belle arrière-saison. Profitons !

L’été en octobre

Transcription:
En fait, c’est un peu bizarre parce que en septembre, il faisait froid et là, il fait chaud. Du coup, je comprends pas trop (1) ! J’aimerais bien aller à la plage, profiter un peu mais faut (2) quand même aller en cours. C’est important !

Moi, je viens de la banlieue de Paris, donc ça m’a vraiment changé de venir ici et voir le soleil tous les matins, ça met vraiment le baume au cœur (3). Et donc moi, j’ai tendance à être un peu déprimé quand il pleut, etc. Mais généralement, je me lève beaucoup plus facilement le matin.

Quelques détails :
1. Je comprends pas trop : nous employons souvent « pas trop » à la place de « pas très bien » ou de « vraiment ».
2. faut = il faut (style oral)
3. ça m’a vraiment changé = ça a été un vrai changement pour lui. De façon familière, on dit souvent : ça me change. (= c’est une nouvelle situation pour moi, qui contraste avec avant).
Par exemple : Tu ne vas plus travailler de nuit. Ça va te changer !
4. ça met le baume au cœur : normalement, on dit : ça met du baume au cœur. Cela signifie que ce qui nous arrive, ou ce que quelqu’un nous dit ou fait nous console, nous réconforte, nous fait du bien.
Par exemple : Quand on voit cet élan de solidarité, ça met du baume au cœur.

A propos du français  :
Le premier étudiant vient du Brésil. Son français oral est parfait, dans un contexte ordinaire :
– Il emploie des négations incomplètes : Je comprends pas trop au lieu de Je ne comprends pas trop trop.
– Il emploie , comme nous le faisons très souvent oralement, sans que ce mot ait son sens premier strictement géographique.
– Il omet Il dans Faut aller en cours.
– Il emploie Du coup, très fréquent à l’oral.

Il a juste un très, très léger accent sur certains sons qui nous indique que le français n’est pas sa langue maternelle. Mais c’est infime !
– il faisait. On prononce la première syllabe « fe ».
– un peu

J’ai déjà parlé d’autres accents étrangers ici et ici ou encore ici. Admiration pour tous ceux qui parlent notre langue dans le monde !