Un café, s’il vous plaît

Mamie Nova Café

Les publicitaires ont le sens de la formule. Et ils savent jouer avec les mots. Voici une publicité qui me plaît bien !

– Au restaurant, à la fin du repas, c’est l’heure du café. Le serveur ou la serveuse vous pose la question rituelle : « Vous prendrez des cafés ? » La réponse peut être oui ou non mais très souvent, on en profite pour poser l’autre question rituelle, histoire de ne pas perdre trop de temps à la fin : « Un café / Deux cafés. (petite pause) Et l’addition, s’il vous plaît. »

– Alors, « Un café et l’addiction », c’est vraiment bien trouvé dans cette publicité pour une crème dessert au café ! Car c’est vrai que les yaourts Mamie Nova sont des gourmandises auxquelles on s’habitue très facilement. (J’ai un petit faible pour ceux au chocolat, crémeux, onctueux…) Impossible de résister à Mamie Nova. (Allez, il y a des addictions plus dangereuses que celle-ci )

Mamie Nova… Drôle de nom pour une marque, vous dites-vous peut-être. Pour nous, elle fait partie du paysage français. J’ai toujours vu des yaourts Mamie Nova, même si à un moment donné, ils ont traversé une passe difficile. Mais ils occupent à nouveau une place de choix au rayon yaourts de nos supermarchés. Bel exemple de ces marques qui traversent le temps et redeviennent à la mode, en changeant un peu d’image. Je vous en parlerai un de ces jours.

En attendant, petite leçon de fin de repas au restaurant, pour ceux qui viendraient en France un de ces jours :
– Le serveur : Des cafés ? / Combien de cafés ? / Qui prendra des cafés ? / Vous prendrez des cafés ?
– Vous : Un café / Deux cafés / Trois cafés (Le soir, certains demandent : Un déca*.) Et l’addition, s’il vous plaît. / Et vous nous apporterez l’addition, s’il vous plaît. / Vous nous porterez l’addition ? (ton interrogatif ou pas) / Et on peut avoir l’addition, s’il vous plaît ?
– Le serveur : Je vous apporte ça. / Je vous apporte ça tout de suite.

Vous pouvez refuser bien sûr !
Non merci, c’est bon.
Non merci, pas de café.

(* un déca : un décaféiné. Mais personne ne dit le mot en entier.)

En tout cas, ça se passe toujours comme ça. C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison qu’ils ont pris soin d’écrire le C en plus gros dans cette publicité. Vous n’avez pas remarqué comme très souvent, quand on lit des formules toutes faites, très habituelles, on ne voit même pas les fautes de frappe ou les modifications orthographiques, volontaires ou non ?

Café

Et pour écouter :
ici :Un café et l’addition
Ou ici:

Plus ou moins (2)

Il y en a plus

Ces photos ne sont pas vraiment d’actualité ! Ni de saison !
Mais les voici bien utiles pour illustrer le deuxième sens de plus. Il y a deux ou trois ans, il avait commencé à neiger le matin. Et quelques heures plus tard, on voit qu’il y a plus de neige sur la table ! Donc à Marseille, on fait des photos de 10 cm de neige, sur une table banale, parce que c’est quand même rare. Et on les envoie même à sa famille, à ses amis, en France, en Australie, aux Etats-Unis… Ne vous moquez pas ! 😉

Mais revenons à nos moutons*, c’est-à-dire aujourd’hui au français :
Ici, plus est équivalent à davantage.
Dans ce cas-là, on prononce le S final.

Voici quelques exemples :
Où en êtes-vous avec la neige ? Eh bien, il y en a plus que tout à l’heure. Ça continue à tomber.
– Il y a plus de soleil que ce matin.
– Il faut que tu fasses plus d’efforts.
– Je suis sûre que tu peux faire plus.
– On aura plus de nouvelles demain.
– On en saura plus demain.
– Il t’en dira plus lui-même.
– lls ont plus de travail qu’avant.
– Travailler plus pour gagner plus.

C’est la même chose dans les phrases négatives. (avec ne… pas, ne… jamais)
Il ne faut pas confondre avec ne… plus. (comme dans le billet précédent)
Voici d’autres exemples :
Je n’ai pas besoin de plus d’argent.
– Je n’ai pas besoin de toujours plus. Ce que j’ai me suffit.
– Je ne veux pas faire plus d’heures.
– Je n’en sais pas plus pour le moment.
– Il n’en a pas dit plus.
– Non, tu n’en auras pas plus. Il faut en laisser aux autres.
– J’ai tout essayé. Je ne peux pas faire plus.

Pour terminer ce billet, j’en viens à ce qui se passe dans les conversations ordinaires et familières.
Vous savez que nous avons tendance à oublier « ne » dans les phrases négatives à l’oral, quand nous ne surveillons pas particulièrement notre façon de parler : Je sais pas au lieu de je ne sais pas.
Nous faisons la même chose avec ne… plus.
Je sais plus au lieu de Je ne sais plus.

La prononciation devient donc fondamentale pour le sens, et vous devez aussi bien écouter ce qu’on vous dit, sinon, vous risquez de comprendre le contraire !
J’ai plus de travail.
Avec le s prononcé, cela signifie que j’ai davantage de travail.
Avec le s muet, cela signifie à l’oral que je n’ai plus de travail, je n’ai plus rien à faire.

J’en veux plus. (Je n’en ai pas assez, j’en veux davantage.)
J’en veux plus. (ça me suffit.)

J’en ai plus. (Ce que tu vois là n’est qu’une partie de ce que j’ai.)
J’en ai plus. (Je n’ai plus rien.) Par exemple, à la boulangerie le soir :
– Je voudrais une baguette.
– Ah, je suis désolée, j’en ai plus.

Il y en a plus.
Par exemple au restaurant, au moment de commander:
– Je vais prendre le saumon, s’il vous plaît.
– Ah, excusez-moi mais il y en a plus. A la place, je peux vous proposer de la truite.

Voilà pour aujourd’hui ! Je vous en dirai plus la prochaine fois !
A suivre…

* Revenons à nos moutons: cette expression familière signifie que nous nous égarons et qu’il faut donc revenir au sujet après une digression.
Jolie expression, non ?

Pour écouter : Plus ou moins(2)

Ou ici: