C’est quoi, ce charabia !

Quel charabia

Mots nouveaux importés d’ailleurs et digérés à la sauce française, comme faire le buzz, recourir au crowdfunding, parler de bashing pour un oui pour un non.
Mots français qui (re)deviennent à la mode, sous l’influence de l’anglais bien souvent et de leur utilisation par les journalistes, comme impacter, implémenter, possiblement.
Tous ces mots qui vont et viennent, au gré des tendances, très justes et nécessaires parfois, horripilants souvent !

Parler de bashing, a l’air d’être plus évocateur pour beaucoup de journalistes que parler de dénigrement par exemple ! Parler de crowdfunding, c’est quand même mieux que dire financement participatif, non ? A écouter ici, pour la beauté de la prononciation française!Et là, on se surprend à dire: Oh là là*, c’est juste** pas possible !
* expression typiquement française.
** influence de l’anglais.

Pourtant, tout le monde ici peut deviner ce qu’il y a derrière les termes français, alors que l’anglais ne dit rien à la plupart des Français (qui ont probablement fait l’impasse sur les cours d’anglais). Et ce qui m’étonne aussi, c’est le peu de curiosité pour aller voir ce que cela signifie dans la langue d’origine. Adoption immédiate des expressions parce qu’elles sont partout dans les médias et sur internet.

Et aussi au travail, comme raconté ici avec humour:
Transcription :
– Alors, ce matin, vous jetez un sort à (1) ce globish, c’est-à-dire cette novlangue des managers qui se répand dans les entreprises.
– On peut raisonnablement parler de pandémie avec des responsables. D’abord, il y a la catégorie des collègues et des chefs tendance (2) qui adorent les expressions à la mode. Exemple : Alexandra, je reviens vers vous parce que cette émission, elle est juste (3) deceptive (4).
– Non !
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Temps maussade

Mauvais temps Marseille

Mauvais temps le chene

Il fait mauvais temps aujourd’hui. Ciel très chargé, pluie, vent et même un ou deux coups de tonnerre, plutôt inhabituels en hiver.
C’est l’occasion de prendre quelques photos aux teintes assez rares ici.

Et également de faire un petit tour de ce que nous disons quand le temps est si maussade. Parce que dans le fond, c’est un peu compliqué pour un non-francophone de savoir quand utiliser: Il fait…, Il y a…, C’est…, dans des conversations ordinaires.
(Je ne parle pas des bulletins météo, qui ont leur style propre, ni de descriptions rencontrées dans des romans, donc à l’écrit.)

Les nuages :
On ne dit pas: Il fait nuageux.
Mais on dit: C’est nuageux. / C’est très nuageux aujourd’hui.
Et plus naturellement encore: Le temps est couvert. / Nous avons un temps très couvert aujourd’hui. / C’est légèrement couvert aujourd’hui.

La pluie:
On ne dit pas: C’est pluvieux. / Il fait pluvieux.
Mais on dit: Il pleut. / Nous avons de la pluie.
On dit aussi: Nous avons un temps très pluvieux. C’est une journée pluvieuse.
Et si la pluie n’est pas encore tout à fait là mais que le ciel ne trompe pas: Il va pleuvoir. / Le temps est à la pluie.

L’orage:
On ne dit pas: Il fait orageux.
Mais en attendant l’orage, on dit: C’est orageux. / Le temps est orageux. / Le temps est à l’orage.
Et quand l’orage a éclaté: Nous avons de l’orage. / Il y a de l’orage. / Il y a un bel orage, un gros orage.

Le vent:
On ne dit pas: Il fait venteux. / Et rarement: C’est venteux.
Mais on dit: Il y a du vent. / Il y a beaucoup de vent. / Il y a un peu de vent. / Nous avons du vent, beaucoup de vent, un peu de vent.

Et à Marseille, quand le vent du nord souffle, on dit:
Nous avons du mistral, un fort mistral / Il y a du mistral. / Le mistral souffle.
Sinon, le vent qui amène en général la pluie, c’est le vent d’est. Et les Marseillais disent:
C’est vent d’est. / On a vent d’est.

La conclusion, c’est qu’il fait mauvais temps, qu’il fait gris, tout gris aujourd’hui ! Il ne fait vraiment pas beau. Mais il ne fait pas froid. (Pour un mois de janvier)
Avec le verbe faire cette fois.

Et si vous voulez écouter comment on dit tout ça :