Tombés dedans quand ils étaient petits

Le troupeau
Des vaches dans des prés.
Des vaches qui vivent tranquillement leur vie.
Des vaches qui ont des prénoms.
Et deux jeunes éleveurs qui aiment leurs vaches et leur travail. Oui, il reste des agriculteurs qui font bien leur travail pour nous nourrir correctement. (Même si cette petite vidéo ne dit pas tout des difficultés que certains – ou beaucoup – rencontrent pour continuer à vivre de la terre.)

Pour regarder ces deux jeunes agriculteurs, c’est ici.

Transcription
– Chips, Azalée, Ballerine, Bavière, Energie, Douce, Cannelle.
– C’est moi qui les baptise et c’est important. Il y a pas… C’est pas un nom au hasard. (1)
– Fraise, Effrontée. Ah, Alaska aussi, j’ai pas dit. Ah, comment elle s’appelle, elle ?
Je suis un pur produit bio. Je suis né… je suis né dans la bio puisque c’est… On est la troisième génération du coup avec Stéphane. Je suis tombé dedans, comme Obélix dans la marmite. (2)
On a retrouvé un peu dans… dans notre travail, c’est… c’est ce qu’on avait oublié avec le système productiviste. On est vraiment reparti dans une vraie démarche (3) où bah on observe vraiment tout ce qui se passe.
– Allez, venez, venez, venez ! Doucement !
– Aujourd’hui sur la ferme (4), on a… on a des prairies à fleurs variées, ce qui fait qu’on a un lait qui est un lait doux, non acide, qui se rapproche du lait des montagnes.
On n’a pas forcément un métier facile. Mais on a quand même une situation vachement (5) agréable que… Tu es… Tu vis dans la nature, tu es pas pressé par le temps. Chez nous, on court plus (6), on prend le temps de vivre et tout. Puis bah je pense qu’on est fier aujourd’hui, au bout de… d’un demi-siècle, d’être encore là, que ce soit la troisième génération et que bah on peut faire perdurer ça, quoi, c’est… C’est ça qui est… enfin moi, je trouve vraiment génial (7), quoi.
Ça fait du bien de goûter au Vrai !

Quelques détails :
1. ce n’est pas un nom au hasard : c’est un nom choisi en fonction de la vache et de sa personnalité. Donc c’est assez amusant de voir une vache qui s’appelle Ballerine. Pas tout à fait l’image qu’on se fait d’une danseuse !
2. Être tombé dedans : cette expression vient de la bande dessinée que tous les Français connaissent : Astérix et Obélix, les deux Gaulois. Obélix, dont la caractéristique principale est sa force surhumaine, doit cette qualité au fait que lorsqu’il était petit, il est tombé dans une marmite (ou un chaudron) de potion magique. Donc quand on dit de quelqu’un qu’il est tombé dedans, à propos de ce qui fait sa personnalité, cela signifie qu’on parle du moment où cette passion est née et de la force de cette passion ou de ces qualités. Au contraire, lorsqu’on dit : Il n’est pas tombé dedans, cela signifie que la personne n’est pas vraiment douée pour une activité donnée !
3. une démarche : une façon de faire
4. sur la ferme : normalement, on dit : à la ferme. Ici, « sur » indique qu’il veut parler de leurs terres dans leur ensemble.
5. vachement = très (familier et seulement oral.) Et ça tombe bien d’utiliser ce mot quand on élève des vaches !
6. plus : écoutez comment il prononce ce mot : on n’entend pas le « L ». C’est fréquent dans certaines régions en France.
7. génial : super, très bien (familier, oral)

Pour simplement les écouter:

Les vaches de Stéphane et Gaetan

Et Obélix, qui est tombé enfant dans le chaudron de potion magique:

Asterix et Obélix

Touche-à-tout

DSC_5229Des avions qui s’écrasent, des extrémistes qui massacrent des hommes et des femmes… L’actualité n’est pas joyeuse. Alors pour se redonner le moral, voici la petite histoire d’un jeune homme ordinaire, qui aime les chiens et qui essaie de mener sa vie tranquillement, avec humanité. Il m’a bien plu pour son envie de se mettre au service des autres et aussi parce qu’il rappelle à tous les parents du monde que les enfants ne font pas toujours ce qu’on avait imaginé pour eux !

Infirmier ou dresseur de chiens

Transcription :
– Elle est bien dressée. Végas ! Assis ! Assis ! Pas bouger (1). Pan, pan pan, pan (2). Je lui fais avec ma main comme si c’était un pistolet et elle se couche.
– C’est vous qui l’avez dressée comme ça ?
– Ouais. A la récompense (3), elle se couche et elle s’assoit. Elle cherche la truffe (4). J’en ai pas trouvé. Bon après, je suis pas un spécialiste non plus, mais qui ne tente rien n’a rien (5), hein ! C’est pas facile de dresser un chien quand même.
– Et vous, vous vous levez ? Vous vous couchez ?
– Oui. Je mange, je bois.
– Vous êtes bien dressé !
– Bah, le mot dressé, j’aime pas trop. C’est plutôt éduqué, on va dire. J’ai eu une bonne éducation. Oui, je sais pas, moi.
– C’est quoi, une bonne éducation ?
– Bah c’est d’essayer d’être épanoui (6), d’être heureux dans sa vie.
– Vous y arrivez ?
– J’essaye, on va dire. Donc c’est pour ça que j’ai fait plusieurs métiers. Moi j’ai touché un peu à tout (7). J’ai fait de la manutention (8), j’ai fait du jardinage, là, je vais travailler dans un centre d’handicapés, j’essaie de devenir infirmier. Moi, j’ai juste le bac, donc je fais une prépa (9) infirmier, pour me donner toutes les chances de réussir mon diplôme. Bon quand on est jeune et que on fait un peu ce qu’on a envie, les parents, souvent, on les écoute pas. Donc…
– Ils font quoi, vos parents ?
– Mes parents sont médecins. Donc bon, ils m’ont conseillé de faire des études mais quand j’ai passé le bac, après, j’ai eu envie de travailler. Mais bon, je vous cache pas que (10) ça leur aurait fait plaisir que je sois médecin. Faut avoir des capacités intellectuelles vraiment élevées. Je pense pas les avoir. Je pense plutôt qu’infirmier, ça me conviendrait parce que c’est vraiment un métier de communication, c’est-à-dire on est très proche des patients, mais en même temps, on fait des gestes techniques, c’est pas un métier anodin (11). Et vraiment c’est quelque chose qui m’a plu d’être proche des patients. Moi, j’ai toujours eu ce besoin de parler avec les gens. Donc je pense que c’est un métier qui me plairait. Et si j’y arrive pas, je ferai dresseur de chiens !

Quelques détails :
1. Pas bouger : ce genre d’ordre n’est pas utilisé, à part pour les chiens (ou les animaux qu’on peut dresser.) C’est en quelque sorte une phrase minimale, compréhensible par un animal.
2. Pan, pan, pan : c’est l’onomatopée qu’on utilise à propos des coups de feu. (donc avec une arme à feu). On la trouve par exemple dans les bandes dessinées.
3. A la récompense : sa chienne a appris à obéir car elle est récompensée (par un biscuit par exemple) si elle comprend les ordres de son maître.
4. Les truffes : ce sont des champignons qui poussent dans la terre et qui dégagent une odeur que les chiens dressés pour ça détectent. Ils grattent alors le sol et leur maître peut cueillir les truffes. Les truffes se vendent très cher !
5. Qui ne tente rien n’a rien : c’est un proverbe qui signifie qu’il faut oser essayer et ensuite, on verra le résultat.
6. Être épanoui : c’est lorsqu’on est parfaitement satisfait de sa vie et en équilibre.
7. Toucher à tout : faire des choses différentes, ne pas être spécialisé dans un domaine précis.
8. Faire de la manutention : transporter des marchandises dans un dépôt ou dans un supermarché par exemple.
9. Une prépa infirmier : c’est une formation qui prépare au concours pour devenir infirmier. Comme cet examen est sélectif, il est nécessaire de bien s’y préparer en s’entraînant exactement aux épreuves qu’on doit passer.
10. Je ne vous cache pas que… : C’est certain que…
11. anodin : ordinaire et sans grande importance.

C’était ici à la radio un matin.

Transhumance

Hiver nomade1

J’étais en train de terminer ce billet mercredi matin quand les nouvelles terribles de l’assassinat des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo ont commencé à tomber. Ce billet parlait de lenteur, de tranquillité, à la suite d’un beau documentaire sur lequel j’étais tombée quelques jours auparavant et qui m’avait emmenée sur des chemins et des petites routes de Suisse, aux côtés d’un grand troupeau de moutons, en plein hiver. Surprise car pour moi, la transhumance était synonyme d’été. Mais là, froid, neige, brume et silence. Voyage en compagnie d’un berger, d’une jeune bergère et de leurs chiens très habiles à conduire ce grand troupeau. Voyage d’un autre temps, très bien filmé. En voici un petit écho sonore. Quel dommage que vous ne puissiez pas voir ces images paisibles!

Transhumance

Transcription :
– Akem, viens, Akem ! Il y a combien de moutons, là, en tout ?
– Huit cents.
– 800 ! On dirait pas du tout, hein ! On dirait qu’il y en a nettement moins (1).
– Si vous les comptez, peut-être vous en trouverez nettement plus !
– Ah ouais ?
– C’est la première fois que vous voyez un troupeau de moutons ?
– Non, bah le voisin, là-bas en bas, il en a, des moutons. Donc c’est pas la première fois.
– Non, mais je parle d’un troupeau de transhumance.
– Non. Alors de… Oui. Oui, vu que déjà je sais pas ce que ça veut dire le mot transhumance.
– Vous savez pas ce que ça veut dire ?
– Pardon ?
– Transhumance ?
– Ouais ?
– Ça veut dire un déplacement d’un point à un autre, c’est un voyage.
– OK. Mais il y a un but défini ou bien…
– Alors le but, c’est de les faire… de les engraisser, de les faire manger. Et après, ils sont destinés à la consommation. Donc ils sont mangés.
– Les moutons.
– Oui.
– Vous faites ça pour combien de temps ?
– Quatre mois.
– Pendant quatre mois.
– Là, c’est la période morte, un peu, où la végétation est en repos. On glane (2) tout ce qui… tous les résidus, tout ce qui est resté.
– Ouais, ouais.
– Tout ce qui n’a pas pu être fauché ou récolté.

– Non, mais des jeunes, tu en connais qui… qui vont faire ce métier ?
– Non, malheureusement non.
– Ça va se perdre, ça. Ça va se perdre (3).
– Ouais. Oui, parce qu’il faut quand même… C’est une présence (4) quand même…
[…]
– Vingt-quatre heures sur vingt-quatre (5) avec le troupeau.
– Bah la semaine, c’est…
– Tu as pas de samedis, tu as pas de dimanches.
– Tu peux pas prendre de congés (6), hein.
– Et puis il faut être à tous les temps (7), je pense c’est comme un marin.
– Ouais.
– Il y avait beaucoup d’Italiens qui passaient chez nous avant. Que des Italiens.
– Ouais, parce que c’est vraiment une tradition bergamasque (8), tu vois. En fin de compte, j’ai commencé comme ça, avec des Bergamasques, en transhumance, pour apprendre. J’étais avec Piero Salmodeli. Alors, il parlait pas un mot de français, donc j’ai dû me mettre à (9) l’italien. Mais après, il était tellement content de moi – pourtant, j’étais à l’aide, moi, tu vois, alors j’étais […]. Alors après, il m’appelait l’Américain parce que je me débrouillais de partout (10), j’allais chercher la botte de paille, j’allais faire les courses, alors il était content. Puis en plus, j’étais motivé, quoi, parce que c’était quelque chose qui me tenait à cœur (11). Mais qu’est-ce que j’ai pu me prendre comme bordées (12), parce qu’ils sont… ils sont durs, les Bergamasques, hein ! En plus, pour le premier hiver, on buvait du lait, on allait chercher du lait dans la ferme, puis on mangeait du lard et puis… et puis du fromage, et puis terminé, hein ! On faisait même pas un feu !
– Même pas un feu !
– Non, on mangeait même pas chaud.
– Tu avais quel âge ?
– Bah j’avais vingt ans. Maintenant, ça fait quoi ? Trente-deux ans que je fais ça.
– Trente-deux ans ?
– Donc je tiens encore la route ! (13) Et puis…
– Tu as fait la première moitié !
– Tu en as encore pour… encore vingt ans !

– Oh Carole !
– Ouais !
– On passe par là, parce que le gars là, il veut pas qu’on traverse ses parcelles (14) là-bas.
– Ah, ils font chier (15), hein !

Des détails :
1. nettement moins / nettement plus : beaucoup moins / beaucoup plus.
2.Glaner : ramasser les épis de blé qui restent dans les champs après la moisson.
3. se perdre : ici, cela signifie disparaître. On peut l’employer à propos de traditions, de savoirs, de connaissances, de compétences par exemple.
4. C’est une présence : cela signifie que le berger est obligé d’être présent tout le temps.
5. 24 heures sur 24 : de la même façon, on dit : 7 jours sur 7.
6. des congés : des vacances.
7. Il faut être à tous les temps : cette phrase est un peu bancale. Il vaudrait mieux dire : Il faut être là par tous les temps, c’est-à-dire quelle que soit la météo.
8. Bergamasque : de la région de Bergame, en Italie.
9. Se mettre à quelque chose : commencer à faire quelque chose. Par exemple : il s’est mis au footing. / Il s’est mis au jardinage. / Elle s’est mise au bricolage.
10. De partout : il faut dire simplement partout.
11. Tenir à cœur : être important pour quelqu’un. En général, on l’utilise de la manière suivante, dans cet ordre : Que ses clients soient contents, c’est quelque chose qui lui tient à cœur. / Il fait tout pour ses clients. Ça lui tient à cœur.
On peut aussi utiliser l’expression avoir à cœur de + verbe : Il a à cœur de bien faire / de satisfaire ses clients.
12. Une bordée : en général, on parle d’une bordée d’injures, une bordée de coups, pour indiquer un nombre important de coups, d’injures.
13. Tenir encore la route : être encore en forme et capable.
14. Une parcelle : un morceau de terrain, dont les limites sont bien définies et qui appartient à quelqu’un.
15. Ils font chier : Ils nous cassent les pieds, ils sont pénibles. (C’est une insulte, peu polie évidemment.)

Hiver campagnard

L'hiver1

Notre chemin

Les vaches
L’Aveyron en hiver

Chercher la petite bête

Araignée

Bestiole rouge

Il y a des gens qui cherchent toujours la petite bête !

Cette expression familière signifie qu’ils ne sont jamais contents, qu’ils trouvent toujours un détail (insignifiant puisque c’est un détail) pour critiquer quelque chose. Ce sont d’éternels insatisfaits, qui créent des complications.
Arrête de chercher la petite bête ! Je trouve que ton travail est parfait.
Qu’est-ce que c’est pénible de travailler avec lui ! Il cherche toujours la petite bête.

Petite remarque personnelle: je n’aime pas trop les araignées mais je serais incapable d’en écraser une !

S’envoler

La maison à oiseaux

Lorsque nous nous sommes installés ici, il y avait tout à faire au jardin, qui n’en était plus un… Les tractopelles avaient peu ménagé les lieux. Il ne restait qu’un pin devant la maison, petit frère de ceux qui poussent alentour. Aujourd’hui, il a tellement grandi que ses branches touchent la maison. Et nous avons planté un chêne, venu de la maison familiale du sud-ouest, deux oliviers, pas trop vieux pour les regarder grandir, un figuier qui ne tiendrait plus du tout dans le petit pot offert par mon père, trois cyprès de Florence, parce que c’est la tradition en Provence et auxquels, heureusement, nous ne sommes pas allergiques ! Et une haie un peu fouillis où se mélangent lauriers rose, lauriers sauce, lauriers tin, photinias, pittospsorum, eleagnus, cotoneaster et un chêne vert. Je crois que c’est tout.

Et bien sûr, avec les arbres et les arbustes qui grandissent, arrivent les oiseaux. En plus des rouges-gorges, des chardonnerets, des mésanges, des tourterelles (un peu envahissantes) et des pies très bavardes, depuis un an, nous avons la visite d’une huppe fasciée. Et cette année, le jardin semble bien plaire à un serin cini et un bouvreuil que nous ne connaissions pas.

Là, vous vous dites : elle s’y connaît en oiseaux. En fait, pas du tout ! Mais j’ai un petit livre – pré-internet – avec des photos, et il y a des sites où on peut même écouter le chant de tous les oiseaux, histoire d’être bien sûr.

Bref, je n’arrive pas à la cheville* de ce passionné que j’ai écouté avec délice l’autre jour à la radio ! Il vit dans le nord, en Picardie, où j’ai travaillé il y a longtemps. Mais à l’époque, je n’étais pas très sensible aux oiseaux. Petit regret ! Alors, je me suis régalée à l’écouter parler, avec son léger accent picard. Voici un petit extrait :

Ou ici : La passion des oiseaux

Transcription :

J’ai commencé à observer les oiseaux, j’avais sept-huit ans et c’était cette attirance pour la vie. Beaucoup d’enfants s’intéressent aux animaux et c’est souvent par l’intermédiaire de la télévision ou des livres, des animaux d’Afrique. Et je me suis rendu compte (1) très tôt que j’irais peut-être jamais en Afrique. J’étais gamin (2), j’allais pas en vacances, et je me suis intéressé aux oiseaux des jardins. Et mon père était facteur. Donc à l’époque, les tournées se faisaient (3) en vélo (4). Je le suivais avec mon petit vélo. Et il me montrait les oiseaux, les plantes, sans connaître les noms, hein, il était pas du tout naturaliste. Mais il avait le plaisir de regarder le vivant. Alors, le vivant, ça allait loin, c’est… c’était aussi un joli crucifix, une porte d’église, un porche d’une ferme picarde. Tout avait une valeur de vivant. Il avait été prisonnier de guerre dans les camps nazis, donc il avait une valeur du vivant et de la liberté qui était très, très forte. Et ça m’a donné le goût de respecter tout ce qui était vivant et plus ça va, plus ça s’amplifie, hein.
Ah oui, des barges rousses, là, qui arrivent sur la réserve (5), là, avec la marée haute (6), ouais. Alors ça, la barge rousse, c’est magique. C’est un petit échassier (7), qui passe l’hiver en Afrique de l’ouest et qui va nicher (8) en Laponie. Alors pour faire Sénégal, ou Mali, ou Niger – Laponie, elle fait deux arrêts, c’est tout. Elle peut faire 4000 kilomètres en 72 heures (9), quoi. Ça dépasse parfois l’imagination de voir que ces oiseaux peuvent voler comme ça pendant 72 heures de manière ininterrompue. Donc celles qui s’arrêtent chez nous sont souvent les oiseaux les plus fatigués. Et le lendemain, vous les avez plus (10), quoi. C’est ça aussi qui est magique dans la migration, c’est que, à un moment donné, vous avez la chance d’être là, quand tel ou tel oiseau (11) se pose. Une demi-heure avant, une demi-heure après, ça y est, c’est fini, l’oiseau peut être parti. Ou alors, il peut, si les conditions sont pas bonnes, rester plusieurs jours et dans ces cas-là, vous en profitez (12). Mais c’est lui qui décide.

Quelques détails :
1. se rendre compte : comprendre
2. j’étais gamin = j’étais enfant. (un peu plus familier). On dit aussi souvent : J’étais tout gamin.
3. Se faisaient : ce verbe pronominal (se faire) s’emploie à a place de la voie passive (étaient faites) qui paraît moins naturelle.
4. En vélo : on peut dire aussi à vélo. Il n’y a pas de différence.
5. La réserve : il s’agit de la réserve ornithologique du Marquenterre, où les oiseaux sont protégés.
6. A marée haute, la plage est couverte d’eau, donc les oiseaux viennent chercher leur nourriture davantage dans les terres.
7. Un échassier : c’est un oiseau aux longues pattes, d’où le nom. Il est comme monté sur des échasses. Les échasses sont normalement des sortes de bâtons de bois sur lesquels on monte pour marcher en étant plus « grand ».
8. Nicher : faire son nid et se reproduire.
9. 4000 = quatre mille (pas de « s ») à mille, invariable. – 72 : soixante-douze
10. Vous les avez plus : et voilà pour illustrer mon billet « Plus ou moins 2 » ! Il veut dire : Vous ne les avez plus, ils sont partis. Mais il ne dit pas « ne » dans sa phrase négative.
11. Tel ou tel oiseau : un oiseau ou un autre
12. vous en profitez = vous profitez de lui, c’est-à-dire que vous avez la possibilité de l’observer.

* ne pas arriver à la cheville de quelqu’un : être très loin d’être aussi bon, aussi compétent que cette personne.

Une jolie évocation, où on peut bien observer le jeu de nos temps du passé :
– De jolis imparfaits pour nous replonger dans ses habitudes d’enfant : je n’allais pas… j’étais… se faisaient… je le suivais… il me montrait…
– Des passés composés pour nous expliquer comment cette passion est née, comment tout a commencé : j’ai commencé… je me suis intéressé… je me suis rendu compte…

Oiseaux du jardin

C’était un petit passage à la fin d’une émission plus longue, sur une écrivaine. Ce reportage est à environ 40 minutes 43 du début.

Le voici aussi en entier (8 minutes), mais je n’ai pas transcrit la totalité : Passion des oiseaux en Baie de Somme
S’il y a quelque chose qui vous intéresse et que vous ne comprenez pas, dites-le moi. Il y est question des cigognes qui sont muettes, des oies qui ne sont pas bêtes du tout et font parfois ménage à trois, de pouillots véloces dont j’aime bien le nom !