Oeufs brouillés !

Vous saurez tout sur la cuisson des œufs – œuf dur, œuf mollet, œuf brouillé, œuf poché, oeufs en omelette ! Mais ce petit film n’est pas vraiment un cours de cuisine !
C’est un vrai délire avec plein de jeux de mots, plein d’expressions et des œufs déchaînés qui parlent, se disputent, s’insultent. Ils sont très méchants, ces oeufs, d’où le titre « L’enfer c’est les oeufs », qui parodie – et illustre -la phrase célèbre de Jean-Paul Sartre dans Huis clos : « L’enfer, c’est les autres. »
Très bien fait et dans un français authentique ! Un régal !


Transcription: 
– Pff !…
– Qu’est-ce qu’il y a encore?
– J’en ai marre d’être un œuf ! Personne ne me prend au sérieux.
– Mais arrête un peu ! T’es vraiment qu’un œuf mollet. (1)
– Ouais, ben toi, tu joues à l’œuf dur (2), mais t’as rien dans la coquille (3)!
– Oh, t’as envie de te faire pocher (4), toi !
– Mais réfléchis un peu. T’en as pas marre (5) d’être seulement un truc (6) plein de cholestérol ? Quand je vois tout ceux qui ont fini en omelette, j’ai franchement envie de faire autre chose.
– Mais qu’est-ce que tu pourrais bien faire, crâne d’œuf (7)?
– Je sais pas, inventer des trucs comme « E= mc2 » (8) ou apprendre à voler.
– Ah, ah, ah ! Eh, fais gaffe (9), hein ! Qui vole un œuf vole un bœuf.(10)… N’importe quoi !(11)
– Quoi, n’importe quoi ?! Va te faire cuire (12)! Oh et puis ça sert à rien que je te parle. A chaque fois, on se brouille (13).
– Oh ça va, j’ai compris. Et puis si c’est comme ça, je m’en vais.
– Ouais, c’est ça, casse-toi ! (14)… Ouah ! C’est moi qui ai fait ça ?!

– Mais qu’est-ce qui s’est passé ?
– Je sais pas, je lui ai juste dit « Casse-toi »…. Ah, ah, ah. Ouais, c’est génial !

– Eh toi, là-bas ! C’est toi qui as fait ça ? Je t’ai posé une question.
– Tu vas me parler sur un autre ton s’il te plaît.
– Comme tu voudras. Attrapez-le !
– Vous ne m’aurez jamais !
– Où tu vas comme ça ?
– Pourquoi as-tu fait ça ? Réponds à ma question.
– Je te conseille de me laisser passer. Sinon…
– Sinon quoi ? Tu crois que tu me fais peur ? Tu l’auras voulu (15). Casse-toi !
– Oh…
– Alors, vous êtes encore là ? Cassez-vous tous !
– Ah ! Enfin seul ! Maintenant je vais pouvoir m’éclater (16)… Et merde ! (17)

Quelques explications:
1. un œuf mollet : c’est un œuf cuit dans sa coquille dans l’eau bouillante, mais à peine cuit. Ici, il y a un jeu de mot sur mollet et mou.
2. un œuf dur : c’est un œuf cuit dans sa coquille pendant 10 minutes. Donc le jaune est « dur ». Le jeu de mot, porte sur « dur ». Cet œuf joue les durs, c’est-à-dire quelqu’un sans sensibilité, sans sentiments.
3. T’as rien dans la coquille : la vraie expression, c’est « T’as rien dans le crâne », ce qui est une insulte pour traiter quelqu’un d’idiot.
4. Un œuf poché, c’est un œuf cuit dans l’eau à peine bouillante sans sa coquille cette fois. Mais on dit aussi : pocher un œil à quelqu’un, ce qui signifie frapper quelqu’un au visage et lui meurtrir un œil.
5. en avoir marre de : en avoir assez de
6. un truc : une chose / quelque chose (familier)
7. crâne d’œuf : c’est une insulte couranteentre « humains » !
8. E= mc2 = on peut aussi entendre ça comme « Œufs = mcd’œufs », puiqu’au pluriel, on prononce « œufs » comme « eux », sans prononcer le « F » contrairement au singulier.
9. Fais gaffe : Fais attention (très familier)
10. Qui vole un œuf vole un bœuf : c’est un proverbe qui signifie que quand on commence par commettre un petit vol, on finira par en commettre un plus gros. Donc ici, il y a un jeu de mots sur les différents sens de « voler » : le 1er œuf veut voler comme un oiseau. Le 2è parle de l’action commise par un voleur.
11. N’importe quoi ! : c’est ce qu’on dit quand on trouve stupide ce que vient de dire ou de faire une autre personne.
12. La vraie expression qu’on dit à quelqu’un quand il nous énerve, c’est « Va te faire cuire un œuf ». (familier)
13. Se brouiller (avec quelqu’un) = se disputer, se fâcher avec quelqu’un. Mais il y a un jeu de mots car on peut aussi manger un œuf brouillé : c’est quand on le cuit à la poêle en mélangeant le blanc et le jaune.
14. Casse-toi ! = Va-t’en ! (insulte) Mais on casse aussi les œufs.
15. Tu l’auras voulu. = c’est de ta faute si ensuite ça ne se passe pas bien, tu es reponsable.
16. s’éclater : beaucoup s’amuser, prendre beaucoup de plaisir dans une activité. (familier). Mais éclater signifie « exploser ». D’où le jeu de mots.
17. Et merde ! : on dit ça quand on est très déçu par quelque chose. (très, très familier bien sûr) Plus poliment, on peut dire : « Oh zut! ».

Les oeufs brouillés: c’est une façon de les faire cuire en les remuant dans la poêle.
Mais pour les humains, être brouillé avec quelqu’un, c’est aussi être fâché avec cette personne.

Mauvais joueurs !

 Vous connaissez Loulou et Chouchou – ou Jean et Alex.
Vous connaissez aussi le Monopoly, ce bon vieux jeu de société auquel nous avons tous joué.
Eh bien, apparemment, le Monopoly, ce n’est pas pour la paix des ménages, ni pour la sérénité des amitiés ! Petite illustration avec cet épisode d’ Un gars, une fille, où tout le monde parle à 100 à l’heure. Joli catalogue d’expressions familières et très courantes. (Et on ne se décourage pas, ce n’est pas facile de les suivre ces deux-là !)

Petit détail : le Monopoly existe depuis longtemps et a survécu à tout en s’adaptant aux différents pays et à leurs monnaies. Il est donc lui aussi passé à l’euro. Mais nous sommes encore très nombreux à avoir la version en franc, comme dans cette vidéo.

Cette vidéo n’est plus disponible sur le compte YouTube où je l’avais trouvée. Tant pis ! Je laisse ce billet parce que vous aurez peut-être la possibilité de voir le DVD, en l’empruntant dans une bibliothèque par exemple…


Transcription:
-Six, sept, huit, neuf, dix. Attends, Roger.
– Hop, hop, hop hop hop ! Dix, c’est avenue Mozart. C’est un hôtel. Et tu me dois 95 000 francs.
– Non, Loulou, regarde ! Déjà, j’ai pas grand-chose…
– Oh la pauvre ! Il te reste que 50 000 francs ?
– Oui.
– Oh bah je les garde, alors.
– Loulou, regarde, j’ai plus rien maintenant, je peux plus jouer !
– Mais c’est pour ça, Alex. Sois pas ridicule. Abandonne. J’ai tout. J’ai la main sur la ville. Regarde, j’ai les hôtels, les baraques (1), j’ai la thune (2). Tu as tout hypothéqué. Tu es ridicule ! Abandonne !
– Alors là, jamais ! Avec le ton que tu prends, certainement pas ! Je m’en fous (3), je me battrai jusqu’au bout.
– Alors, ça c’est vrai, hein. Parce que tu as quand même la victoire un petit peu agressive, Jean.
– Oh, ça va… (4)
– Ah si, si.
– Oh, je déconne (5). Je veux pas te froisser, Chouchou, ça va, c’est bon.
– Mais Jean, faut… faut pas être trop sérieux, quoi. C’est qu’un jeu.
– Oh non.
– Oh beh, je sais. J’y… j’y peux rien si je suis… si je gagne, si je suis bon. Bon, ça va. – Excusez-moi. Excusez-moi.
– Bon bah alors, prête-moi 200 000.
– Oh, pas 200 000, hein, hé oh !
– Allez ! Prête-moi 200 000. Regarde, tu as plein de sous (6)!
– 200 000, oh !
– Allez, prête-lui 200 000, Jean.
– On va pas s’arrêter là.
– Allez Loulou !
– Bon OK, allez, tiens, 200 000. Parce que je suis prince. Pour t’acheter des fringues (7).
– Merci Loulou. OK. Alors, à partir de maintenant, je vais t’écraser comme une pauvre merde !
– Ah oui, on va t’écraser. On va te plumer (8). On va te plumer !
– Bon joue. Ecrase-le.
– Exactement, je vais te les faire péter, tes hôtels… Je vais…

– Trois, quatre, cinq, six, sept. Caisse de Communauté. Entre ( ?) les hôtels.
– Ouais. Tu as du bol (9), toi, hein.
– Je veux, ouais. (10)
– Alors, « payez 1 000 francs ou tirez une carte Chance ». Bon, je crois que c’est clair, hein.
– Tire pas la carte Rue de la Paix, hein. Alex a un hôtel.
– Oui, c’est vrai. 200 000, hein, attention !
– T’inquiète pas, j’ai le feu sacré, moi.
– Alors… « C’est votre anniversaire, chaque joueur vous doit… 20 000 francs ». Ouais.
– Ça… ça existe, Jean ?
– Ah c’est pas moi qui fais les règles, hein Jeannette.
– Attends –tends –tends…. Fais voir la carte, là.
– Quoi, Qu’est-ce que… ? Tu me crois pas ?
– Non, je te crois pas, non.
– Tu me fais pas confiance ?
– Non, je te fais pas confiance, non.
– Devant Jeannette et Roger, tu me fais pas confiance ?
– Non. Fais voir la carte .
– Tu veux la carte ?
– Ouais, ouais, ouais.
– Voilà. Gardez-les, vos 1000 francs. M’en fous, hein.
– Jean ! Alors là, tu vas me la rendre tout de suite parce que je suis sûre qu’il y a la Rue de la Paix là-dedans. Tu me rends ça, Jean !

– Un, deux , trois, quatre, cinq, six, sept. Merde !
– Tu es sur ma propriété. Quatre maisons : 170 000 francs.
– Ouais, bah, je les ai pas. Je suis désolé, j’ai rien, là.
– Bah, tu hypothèques tes terrains, hein.
– Ah bah voilà, ça, c’est bien des paroles de banquier, ça ! Tu hypothèques tes terrains. Il vient de me faire un prêt, lui, faut que j’hypothèque le peu que j’ai. Allez tiens, prends tout, là. On prête qu’aux riches. Ça me bouffe, ça !(11)
– Oh le pauvre, il a plus rien maintenant.
– Ah bah, c’est le jeu.
– Allez… Alors… Chance ! « Vous venez de gagner le premier prix du concours de beauté . Chaque joueur doit vous verser 20 000. »
– Non c’est pas vrai ! Ils ont une chance de cocu, ces deux-là, merde (12) ! Ils ont tout, là, regarde !
– Oh attends, moi, j’en ai marre (13) de me faire insulter depuis trois heures. Ça va maintenant. (14)
– Qu’est-ce qu’il y a ?
– C’est qu’un jeu, hein.
– Quoi ?
– Jeannnette.
– Oh ça va, maintenant.
– Mauvais joueur.
– Non mais arrêtez, je rigolais (15), là, oh !
– Mais il rigolait, oh !
– Qu’est-ce qu’ils ont ?
– Qu’est-ce qu’ils ont ?
– Mais quoi ?
– Ils sont mauvais joueurs ! Puis tu l’as vu, lui, tout de suite là ? Alors quatre maisons sur ma propriété, 170 000, attends, mais il se croit où, lui !…
– Tocard !(16) T’as vu comment il se la joue (17)! Et elle, et elle, « vous avez gagné le premier prix de beauté » ! Elle ! Mais pour qui elle se prend, là, non mais oh !
– Je te jure !
– Ça rend con (18), le fric (19), je te dis !

Quelques explications
1. une baraque : une maison (argot)
2. la thune : l’argent (argot)
3. je m’en fous : ça m’est égal (très familier)
4. ça va : on le dit comme ça pour calmer les gens.
5. déconner : dire ou faire n’importe quoi. (dire ou faire des conneries) (très familier)
6. des sous : de l’argent (familier)
7. des fringues : des habits, des vêtements. (familier)
8. plumer quelqu’un : lui prendre tout son argent. (familier)
9. avoir du bol : avoir de la chance (familier)
10. Je veux ! : c’est sûr. (familier) Souvent, on dit : « Je veux, mon neveu », pour la rime !
11. ça me bouffe ! : ça me rend malade. (très familier)
12. merde : Exclamation de colère. Plus poliment, on peut dire « Zut ».
13.en avoir marre (de…) : en avoir assez de (familier)
14. ça va, maintenant : ça suffit maintenant.
15. rigoler : rire, plaisanter. Je rigole = je ne suis pas sérieux, c’est pour rire.
16. tocard : idiot, incapable, débile (insulte)
17. se la jouer : c’est comme « se la péter » = faire le prétentieux. Se croire supérieur aux autres et le leur faire sentir.
18. con : bête, stupide, idiot. (très familier)
19. le fric : l’argent (très familier)