Bonne année 2019

Et voilà, je vous souhaite une très bonne nouvelle année.
Je vous souhaite d’aller bien, de prendre le temps de lire, regarder, admirer, fabriquer, marcher, courir, écouter, découvrir, apprendre, échanger, partager, rire. Dans ce monde qui peut être plein de bruit et de laideur, se remplir de tout ce qui rend humain et se réjouir de ce qui nous fait avancer!

Pour vous qui aimez le français, les mots, les histoires, les vies des autres, j’ai pensé à ces premiers partages de l’année, où vous vous régalerez peut-être autant que moi grâce à ce que certains fabriquent pour nous tous:

– cette émission à la radio, les Pieds sur terre, est passionnante par la variété des histoires racontées par ceux qui les ont vécues. Sa définition sur le site : « Tous les jours, une demi-heure de reportage sans commentaire. »

– le site de Gallica est un lieu où se perdre ! Une bibliothèque à portée de main, à portée de nos yeux émerveillés…

– ou alors leur compte instagram, gallicabnf pour prendre juste sa petite dose de beauté et de découverte quotidienne!

– un autre compte instagram, Nos histoires de France, où se croisent les parents, les grands-parents de tous ces Français, descendants d’immigrants, venus d’ailleurs à un moment de leur vie et de l’histoire de notre pays.

– et le site du Centre National de la Littérature pour la Jeunesse, parce que tout ce qui est du côté des enfants donne de l’énergie !

A bientôt et merci pour votre passage par ici.

En toute sincérité

Dans cette conversation écoutée la semaine dernière, il est question de la mer, d’une correspondance singulière entre deux amis aux métiers si différents, d’attente et de don, du métier d’acteur, de l’enfance d’où l’on vient, dans une langue tour à tour maîtrisée et hachée par les hésitations, tour à tour recherchée et familière.

Cet acteur-écrivain raconte aussi le trac en ces mots dans son spectacle, Je parle à un homme qui ne tient pas en place** :
J’ai la trouille, tu sais, avant de jouer tous les jours, et ça commence dès le matin. Je fais une sieste dans ma loge pour me calmer, et j’aimerais me réveiller en scène direct, sans passer par cette minute qui précède la mise à feu, la minute des insectes, ceux de la tombée du soir que je tente de chasser par de grands mouvements respiratoires, les insectes de la peur qui me ramollissent les guiboles*, quand la lumière inonde déjà le plateau, qui n’attend plus que moi. C’est à cette seconde-là que je vais chercher le courage pour le sortir de ses gonds. C’est à cette seconde que j’arrache les montagnes de leur socle pour simplement faire le métier que j’ai choisi. Je déteste cette seconde. Je voudrais que tout ait commencé depuis toujours.

Jacques Gamblin

Transcription

– Est-ce qu’on cesse un jour d’avoir peur de l’échec, en vrai ?
– Malheureusement… enfin j’aimerais… j’en rêve, en fait. J’aimerais. J’aimerais être apaisé. Je le dis dans le spectacle : je veux vieillir avec le sourire, c’est mon projet, mon pote (1), mon projet non-violent. Cet apaisement, oui, il aurait cette conséquence, bien sûr. La peur de l’échec, c’est ce qui fait qu’un être humain est un être humain sans doute. Sans doute qu’il y a quelques… quelques grands sages qui y échappent.
– Il y a des échecs qui pour vous ont été des victoires ? Votre plus belle victoire à l’envers, tiens, ça aurait été quoi ?
– Mais toutes les… Tous les échecs sont des victoires à l’envers, avec un peu de temps. Toutes… Les ruptures amoureuses, les ruptures d’amitié, et dieu sait (2) s’il y en a eu et si elles ont été douloureuses ! Tout, les échecs, quels qu’ils soient, il y a toujours un moment… Parce que c’est toujours cette question : Qu’est-ce qu’on fait de ce qui nous arrive ? Sinon, on est cuit (3) ! Sinon, c’est la faute à l’autre. Sinon, c’est… Sinon, on est victime du pas de chance. Et ça m’emmerde (4), ce mot malchance qui doit absolument et urgemment tomber du dictionnaire. Parce que, oui, on n’est pas… On maîtrise pas tout ce qui nous arrive, c’est pas… tout n’est pas de notre faute. Mais qu’est-ce qu’on en fait ?
Dans votre métier, et vous le dites, d’ailleurs, dans le spectacle, pourquoi est-ce que vous avez choisi un métier dans lequel on s’expose constamment au risque de l’échec ?
Alors pourquoi ? Parce que… La passion est venue en faisant et puis voilà, je me suis trouvé à cet endroit-là, sans l’avoir vraiment prévu, inventé, désiré gamin (5). C’est les rencontres, c’est la disponibilité pour une rencontre. Et puis la découverte de ce métier très tôt, à dix-huit ans et demi, et être immédiatement dans le milieu professionnel, et puis être là, et puis me dire : mais je peux exprimer des choses, je peux être… Je peux recycler mon fleur de peau (6).
– Ouais ! Ouais !
– Je peux… j’ai la possibilité de raconter mon poil qui se dresse (7). C’est une chance incroyable !
– Vous dites : On choisit de se faire mal pour se justifier d’être là. Qu’est-ce que ça veut dire ?
– Bah ça veut dire que la culpabilité qui nous habite, l’illégitimité… Moi, j’ai mis énormément de temps à me voir comme un écrivain, aussi, parce que… parce que, je sais pas, parce que je me sens… j’ai un gros complexe d’inculture, parce que j’ai pas de mémoire, donc je retiens pas ce que je vois, parce que je n’aime pas les livres, au fond, enfin je veux dire, je les aime – une maison sans livres, pour moi, est une maison inhabitée, sans âme – mais néanmoins (8), je les… j’ai du mal avec le livre, j’ai du mal avec tout ce qui… avec les modes d’emploi ! Non mais enfin voilà, j’ai… j’ai pas… je me sens… Ouais, tout ce qu’on n’apprend pas quand on est très jeune, c’est cuit (9). Enfin, c’est difficile comme le temps perdu, ça ne se rattrape pas. Donc moi, j’étais plus dehors quand j’étais gamin, plutôt que dans les bouquins (10) et l’école m’emmerdait (11), etc., etc. Et du coup, j’ai…j’ai… Il y a des tas de choses que j’ai ratées, quoi, et toute cette culture dont on croit que les acteurs et le gens qui en fabriquent, de la culture, en sont pétris (12), bah moi je… Bah, moi non ! Alors donc je me suis construit une autre culture, avec laquelle je me débrouille très bien, mais j’ai toujours un peu honte, comme ça, de… quand on me parle de références, qu’on me parle avec des tas de références et tout ça, je sais jamais quoi en faire, et donc… Je ne sais plus quelle était votre question !
– Vous y avez bien répondu en tout cas. Moi non plus ! On va continuer à se sentir vivant ensemble, parce que c’est le cas ce matin.

Des explications
1. mon pote : mon ami (familier)
2. dieu sait si… : on emploie cette expression pour insister sur quelque chose. Ici, cela signifie que ces ruptures ont été très douloureuses.
Par exemple : Dieu sait si j’ai essayé de trouver une solution ! = J’ai vraiment tout tenté. / Dieu sait si nous avions tout préparé! Et pourtant, ça n’a pas marché.
3. On est cuit : on est fichu, c’est l’échec complet. (familier)
4. ça m’emmerde : ça me contrarie, je ne supporte pas ça. (très familier)
5. sans l’avoir désiré gamin : quand j’étais gamin, enfant. Gamin est familier. On n’est donc pas obligé d’employer « quand j’étais gamin / quand il était gamin ». On dit juste : Enfant / Gamin, il était très timide. / Gamins, on jouait beaucoup dehors.
6. Recycler mon fleur de peau : normalement, on emploie l’expression « à fleur de peau » pour décrire des gens qui ont une grande sensibilité et qui ne peuvent cacher leurs émotions.
Ici, avec cette façon personnelle d’utiliser cette expression, il veut dire qu’être acteur lui permet de faire quelque chose de sa sensibilité, de ses émotions. C’est joliment dit, je trouve.
7. Mon poil qui se dresse : c’est aussi une façon très personnelle de parler de sa sensibilité !
8. Néanmoins : malgré tout (style soutenu)
9. c’est cuit: c’est raté, c’est fini, c’est fichu. (familier). Aujourd’hui, on entend aussi plus souvent: C’est mort.
Par exemple : On devait aller au bord de la mer. Mais c’est cuit à cause du mauvais temps.
10. Les bouquins : les livres (familier)
11. l’école m’emmerdait : l’école m’ennuyait. (très familier)
12. être pétri de culture : être très cultivé, parce qu’on a baigné dans un univers qui permettait d’avoir accès aux livres, à l’art. (langue soutenue)

* les guiboles : les jambes (argot)
** ne pas tenir en place : cette expression s’applique aux gens qui aiment partir, voyager, être en mouvement tout le temps. Et aussi quand on est impatient de faire quelque chose, ou qu’on s’agite.
Par exemple :
Comment pourrait-il travailler dans un bureau ? Il ne tient pas en place!
– Depuis qu’il sait qu’il va partir en stage aux Etats-Unis, il ne tient plus en place !

L’émission entière est à écouter ici.

J’ai bien envie de lire son livre quand il sortira.

Bonne journée !

En mai 2018

Je ne suis pas très en avance pour revenir sur le mois de mai écoulé !
Du travail, des piles de copies à corriger, d’autres activités, et voilà le mois de juin déjà bien entamé.
Voici donc mon enregistrement du mois, avec d’abord des photos qui vous feront sans doute deviner ce dont je vous parle aujourd’hui.

Où il est d’abord question de ça :


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Puis d’un sujet plus positif !



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Mai 2018

Transcription
Bonjour. Alors, pour faire un petit point sur le mois de mai, en fait, je voulais vous parler d’un problème qu’on rencontre de plus en plus dans les études, en tant que prof et bien sûr pour les étudiants aussi, c’est le problème de la fraude aux examens, aux tests, qui a tendance vraiment à se généraliser, et ça devient, comme on dit, un sport national (1) en France, c’est-à-dire que de plus en plus d’élèves, d’étudiants trichent et… pour avoir des résultats, pour avoir des résultats corrects, alors, peut-être parce que la France attache une très grande importance aux notes, mais parce que aussi, voilà, certains étudiants, au lieu de mettre beaucoup d’énergie à apprendre, s’entraîner, travailler, se préparer à faire des… certains exercices, résoudre des problèmes et autres, ont tendance à essayer de tricher avec des documents, des choses comme ça et ça devient, à mon avis, quand même un peu critique (2). Lire la suite

La dictée du jour

Alors, aujourd’hui, on va jouer à l’école:
Prenez une feuille et un stylo. On va commencer par une petite dictée.

Dictée du jour
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C’est bon? Vous vous êtes bien relu ?

Bon, maintenant, posez vos stylos. On ne joue plus.
On est sur internet et on tombe sur de vrais commentaires laissés sur des sites ou des réseaux sociaux. Et voici ce qu’on lit :
– Il va sans sortir.
– Sa femme qu’il attend soutenu.
– Quand pensez-vous ?

* Il va sans sortir.
Alors, ça veut dire qu’il reste à la maison ?

* Sa femme qu’il attend soutenu.
C’est bien connu, les femmes se font toujours attendre !

* Quand pensez-vous ?
Euh, jamais en fait. (Surtout quand j’écris.)

C’est plutôt drôle. C’est presque poétique !
Le problème, c’est que

– ça n’est pas volontaire.
– ça n’est pas un usage poétique des mots par leurs auteurs.
– c’est écrit par des Français, dans leur langue maternelle.
– ça devient presque incompréhensible.
Il faut quasiment se dire ces phrases à voix haute, et elles redeviennent alors pleines de sens :
= Il va s’en sortir.
(Il a beaucoup de travail, ou bien la situation est compliquée mais il va y arriver.)

= Sa femme, qu’il a tant soutenue…
(comme il s’y est engagé, en termes équivalents, par les voeux prononcés lors de leur mariage religieux.)

= Qu’en penses-tu ?
(Allez, donne-moi ton avis, ta position sur cette question ou sur ce que je te propose.)

La prononciation est exactement la même, c’est vrai. D’où ces erreurs.
Mais quand même !
Le remède se trouve peut-être – en partie – là :

Cette publicité joue sur les mots, des mots qui sont normalement écrits sur les paquets de cigarettes et associés à des photos peu poétiques des maladies causées par le tabagisme : Fumer nuit gravement à la santé. Avertissement solennel. Tentative de disuasion. (assez hypocrite, il faut bien le dire !)

En lisant, je crois moi aussi qu’on a davantage de chance de devenir moins ignorant en orthographe et en grammaire, de ne pas être un âne ! (Petite parenthèse : pauvres ânes ! En français, être un âne n’est pas flatteur.)
Lire, donc. Pas simplement pour le plaisir d’être bon en orthographe ou en grammaire, mais pour comprendre et se faire comprendre ! Et pour accéder au monde.
Parce que voilà, comme c’est écrit sur ce trottoir de Montmartre :

Connaissez-vous ce compte instagram ?
Allez jouer avec les mots de son auteure, tracés à la craie dans la rue !
Syntaxe et orthographe bousculées.
Poésie, humour et vérité.

Les mots et les paysages

J’ai lu récemment Nos Vies, de Marie-Hélène Lafon, parce que je l’avais écoutée à la radio et avais trouvé, juste après, son dernier livre exposé sur une table à la bibliothèque. Et j’ai plongé dans ses mots, ses sensations, sa façon si singulière d’écrire. Ce faisant, je n’ai pas commencé à découvrir cette écrivaine par ses livres les plus typiques, ceux où la nature, la campagne où elle a grandi sont le décor de ses histoires. J’ai beaucoup aimé ce livre et vais lire les autres, pour y retrouver ce qu’elle évoquait dans cette interview, écoutée par hasard, encore une fois. Il y était question de son enfance, de lecture, d’écriture, dans une langue où chaque mot est choisi. Je partage avec vous aujourd’hui la beauté de ses évocations, dans cette diction qui lui est si personnelle.

La lecture Les paysages – MH Lafon

Transcription
Comment les mots se sont-ils inscrits dans votre cœur et dans votre corps ? Et à partir de quand, Marie-Hélène Lafon ?
– Avec l’école. Avec l’entrée au CP (1). L’avènement (2) des mots, c’est l’apprentissage d’abord de la lecture. C’est d’abord la syllabe : c’est BA, BE, BI, BO, BU (3). Rémi et Colette (4), le livre de lecture. Donc la syllabe, le mot, la phrase, la passion immédiatement contractée (5) de la grammaire, de la composition de la phrase, de son agencement, de sa mécanique, de son lego. Et l’étape suivante, ce sont les histoires, que la maîtresse nous lisait à l’école l’après-midi. Donc tout ça, c’est le CP. Une sorte d’éblouissement, le CP. Et le sentiment d’être à ma place, à cet endroit-là. A ma place à l’école aussi d’ailleurs, et je n’en suis jamais sortie, puisque, vous l’avez dit tout à l’heure (6), je suis professeur. Et d’avoir accès à un chatoiement (7) du monde dont je n’avais probablement pas conscience, en tout cas pas de cette manière-là jusqu’à présent. Je ne suis pas allée à l’école maternelle (8), il n’y en avait pas. Donc comme le CP, on a six ou sept ans, voilà, donc ça commence comme ça. Et ça n’a pas cessé depuis, cet émerveillement du verbe. Et j’ai beaucoup de chance, parce que la grâce du verbe (9) m’est tombée dessus au CP, et auparavant, la grâce du paysage m’était tombée dessus et m’avait emportée. C’est beaucoup plus qu’il n’en faut pour vivre.
Encore faut-il (10) savoir le regarder, le paysage !
– Je… Je… Pardonnez-moi de le dire parce que ça va paraître un peu outrecuidant (11) mais je crois que j’ai toujours déjà su, ça aussi. Vous voyez, j’ai des souvenirs extrêmement anciens de… d’une joie intense à voir autour de moi la rivière, la ligne de l’horizon, l’érable (12) de la cour, et la balançoire, voilà, la balançoire sous l’érable. Le vert, le bleu. Voilà. Ce sont des sensations très anciennes et profondément jubilatoires (13), qui m’ont été données très tôt et qui me restent, enfin qui me portent et me nourrissent encore aujourd’hui.
La géographie est une écriture de la terre, écrivez-vous. (14)
– C’est de l’étymologie. C’est tellement, dans mon cas, tellement vrai, tellement constant, puisque, écrivant, pendant des années et des années, j’ai d’abord… Je me suis enfoncée justement dans cette terre première, dans ce pays premier, qui en ce qui me concerne est cet infime (15) territoire du nord-Cantal, mais chacun porte en soi le sien. Il se trouve que, voilà, pour moi, j’ai commencé d’être à cet endroit-là et je me suis enfoncée dans cette… dans ces lieux, dans cette géographie infime. La rivière, à laquelle vous faisiez allusion tout à l’heure, elle doit… Elle fait 35 kilomètres. C’est rien et en même temps, pour moi, le monde a commencé là.

Des explications
1. le CP : c’est le cours préparatoire, la première classe de l’école primaire, où on apprend à lire. Les Français utilisent maintenant tout le temps l’abréviation plutôt que l’expression complète.
2. L’avènement : l’arrivée, la venue. Ce terme est employé par exemple à propos des rois : l’avènement du roi, ou d’un régime politique : l’avènement de la république. Ici, cela donne un caractère solennel à ce qu’elle dit des mots, du langage.
3. BA, BE, BI, BO, BU : c’est ce qu’on appelle la méthode syllabique d’apprentissage de la lecture, dans laquelle on associe une consonne avec une voyelle : B+A = BA, T+A = TA, BE+E = BE, T+E = TE, etc., puis on combine tous ces sons pour déchiffrer les mots.
4. Rémi et Colette : c’était le nom du livre dans lequel beaucoup de petits Français ont appris à lire.
5. contractée : prise, attrapée. Par exemple : On contracte une maladie.
6. Tout à l’heure : ici, cette expression renvoie à un moment du passé tout proche. Mais dans d’autres contextes, elle peut concerner un moment dans le futur proche.
7. Le chatoiement : c’est le fait de chatoyer, c’est-à-dire de renvoyer de beaux reflets. Ce terme est littéraire et exprime l’idée de la variété magnifique du monde.
8. L’école maternelle : on dit aussi la maternelle, c’est-à-dire l’école où vont les enfants français à partir de 3 ans, qui n’est pas obligatoire, mais où presque tous les petits Français vont.
9. Le verbe : ici, ce mot est employé dans son sens de langage.
10. Encore faut-il… : c’est comme dire : Oui, mais il est nécessaire que… Cette expression est d’un style soutenu et elle est suivie de l’infinitif comme ici ou du subjonctif. Par exemple : Je veux bien l’emmener voir ce film. Encore faut-il qu’il comprenne. /
11. outrecuidant : prétentieux, qui se croit supérieur aux autres. (style littéraire)
12. un érable : c’est un arbre
13. jubilatoire : qui procure beaucoup de joie
14. écrivez-vous : on inverse le sujet et le verbe mais ce n’est pas une question. C’est comme : Vous écrivez que…, mais le fait de le placer à la fin entraîne cette inversion.
15. infime : minuscule, très petit, et donc aussi sans importance

L’émission entière est à écouter ici.

Voici la méthode de lecture dans laquelle j’ai appris à lire !
Ce n’était pas Rémi et Colette. C’était bien plus dépaysant. Livre précieux pour moi. Je vous en reparle un de ces jours.
Cette page illustre bien ce dont parle Marie-Hélène Lafon.

Bon début de semaine à vous !

Peur du noir ?

J’ai trouvé que cette publicité pour nous encourager à lire des romans policiers était bien trouvée, avec sa rime et son jeu de mots sur noir, même si pour les spécialistes, entre littérature policière – les polars – et romans noirs, il y a des différences. (Voici ce qu’en disait Jean-Patrick Manchette, un des maîtres français du roman noir : « Le bon roman noir est un roman social, un roman de critique sociale, qui prend pour anecdote des histoires de crimes, mais qui essaie de donner un portrait de la société.« )

Normalement, on a peur du noir quand on est enfant. Avoir vraiment peur ou jouer à se faire peur dans l’obscurité fait partie de l’enfance, comme le prouve le nombre d’albums pour les enfants, écrits, imaginés et dessinés sur ce thème, avec leurs monstres nocturnes, leurs sorcières inquiétantes, leurs créatures entrevues, leurs loups au coeur de sombres forêts.

Voici un livre que j’ai gardé. Avec mes fils petits, nous avons lu et relu, à l’heure d’aller au lit, cette histoire toute simple et somme toute très terre à terre. Succès durable pour ce livre, feuilleté, manipulé, ouvert, refermé, abimé et réparé plusieurs fois !

Donc n’ayons plus peur du noir et plongeons-nous dans des romans policiers ! Je n’ai lu aucun des titres récents mis en avant par cet éditeur dans sa publicité. Mais me reviennent maintenant à l’esprit les romans de Didier Daeninckx, que j’ai lus dans les années 80-90, notamment Meurtres pour mémoire, vrais romans noirs. En fait, je m’aperçois que j’ai surtout lu des policiers en anglais, d’autres venus du nord – victime de la mode, n’est-ce pas Edelweiss? – et assez peu de policiers français. A explorer donc !

Pour finir, et si je vous lisais Qui a peur du noir, histoire de retourner en enfance !


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Le jeu, répété, c’était de démasquer le géant menaçant, les oiseaux malfaisants et le monstre tapi dans un coin, en regardant les dessins avec un oeil nouveau une fois qu’on était arrivé au bout. Et de dire à propos des parents : Mais qu’est-ce qui leur prend ?, en ajoutant : Ils sont devenus complètement fous !

Ce que je me demande tout d’un coup, c’est s’il s’agit toujours d’une petite fille dans cette série de petits livres sur les peurs ! Nous en avions un autre, sur la peur de l’orage, avec une fille aussi. Les filles, des trouillardes ? 🙂