La tête dans les nuages


Les nuages…
Nuages d’orage.
Nuages de cendres de volcans imprévisibles.
Nuages de tags dans nos espaces virtuels.

Et des expressions :
Il y a des enfants qui font le désespoir de leurs instituteurs et de leurs parents parce qu’ils sont toujours dans les nuagesEtre dans les nuages ou comment être ailleurs, rêver et ne pas se concentrer, s’échapper du présent…

Il y a aussi des gens qui sont sur un petit nuage : pour eux, c’est le bonheur parfait, un vrai rêve. Pas très envie d’atterrir !

Marseille, rose et bleue dans l’air immobile

« Si je pouvais, Marseille, je n’y viendrais que par la mer. L’entrée dans le port, une fois passé l’anse de Malmousque, me procurait chaque fois de belles émotions. J’étais Hans, le marin d’Edouard Peisson. Ou Cendrars, revenant de Panama. Ou encore Rimbaud, « ange frais débarqué sur le port hier matin ». Toujours se rejouait ce moment où Protis, le Phocéen, entrait dans la rade, les yeux éblouis.

La ville, ce matin, était transparente. Rose et bleue, dans l’air immobile. Chaud déjà, mais pas encore poisseux. Marseille respirait sa lumière. Comme les consommateurs, à la terrasse de la Samaritaine, la buvaient, avec insouciance, jusqu’à la dernière goutte de café au fond de leur tasse. Bleu des toits, rose de la mer. Ou l’inverse. Jusqu’à midi. Après, le soleil écrasait tout, quelques heures. L’ombre comme la lumière. La ville devenait opaque. Blanche. C’était à ce moment que Marseille se parfumait d’anis. »Jean-Claude Izzo, Solea (1998)


(En plus grand si vous cliquez sur les photos et êtes un peu patient !)