Autre rituel de saison

Je me dépêche de publier ce billet en ce 31 mars 2026 pour vous rappeler qu’Hervé Pauchon remet ça pour la cinquième année consécutive ! Eh oui, il repart à pied à travers la France, du nord au sud cette fois, selon une vraie verticale, qui relie sur la carte le département du Nord à celui des Pyrénées Orientales.

Je connais plutôt bien les premiers départements qu’il va traverser puisque je suis née et ai grandi dans la région parisienne. J’ai fait mes études à Paris et ai débuté ma carrière de jeune prof dans l’Oise et dans le Pas-de-Calais, tout en habitant un temps à Amiens dans la Somme. En fait, je connais tous les départements de son parcours, plus ou moins bien et depuis plus ou moins longtemps, pour des raisons diverses.

Aujourd’hui, j’habite dans l’Aveyron et d’après la carte, Hervé Pauchon devrait passer tout près de chez moi dans quelques semaines ! Nous sommes en gros sur la Méridienne Verte, cet axe qui correspond au méridien de Paris et qui avait été célébré en 2000 (Tiens, je m’aperçois qu’on ne se sent plus obligé de dire « en l’an 2000 » comme ça a été longtemps le cas !), par des plantations d’arbres, des pique-niques le 14 juillet 2000, des plaques commémoratives tout au long de cette ligne nord-sud. On dirait que le nouveau périple d’Hervé Pauchon ressemble beaucoup à ce tracé. On verra ce qu’il en dit.

Il va nous faire à nouveau découvrir des endroits très différents en partant à la rencontre des gens qui voudront bien l’héberger et parler avec lui, avec leurs accents très différents car entre le nord et le sud, ça va beaucoup changer ! Question paysages et climat, ce sera très varié aussi.

Bref, ça démarre demain. Je ne sais pas si j’écouterai tout au fur et à mesure, jour après jour. Parfois je décroche, je saute des épisodes et je me laisse déborder. Mais peut-être certains d’entre vous sont plus réguliers dans leur écoute, entre 20 et 30 minutes je suppose comme d’habitude, quotidiennement. Un petit rituel qui va rythmer les journées à venir. Bonne écoute en tout cas, si vous aimez ces mini-reportages !

Oufissime !

En anglais américain, les superlatifs sont monnaie courante* et ça commence tôt puisque même les enfants parlent du plus beau jour qu’ils aient jamais vécu, du plus beau cadeau qu’ils aient jamais reçu, de leur famille comme la meilleure de toutes. En français aussi nous avons bien sûr des superlatifs mais j’ai l’impression que nous les employons moins souvent, les réservant peut-être à ce que nous considérons vraiment au-dessus du reste. Cependant, nous avons nous aussi cette capacité à grandir et exagérer les choses – puisqu’un superlatif, c’est quand même ça aussi ! – et pas uniquement avec les formes grammaticales habituelles : le plus, le moins, etc.

Le français comporte en effet des mots terminés par le suffixe -issime, rappelant que notre langue vient entre autre du latin où les superlatifs des adjectifs se forment à l’aide du suffixe -issimus, -issima, -issimum, etc.

Vous en connaissez certains puisqu’ils sont installés depuis longtemps dans notre langue et donc bien intégrés ! Peut-être cela a-t-il démarré avec le titre honorifique Son Altesse Sérénissime réservé à certains princes ou l’expression La Sérénissime employée à propos de Venise au cours de son histoire. Plus tard sont apparus des termes comme richissime, rarissime pour aller plus loin qu’un simple très riche ou très rare. Toute une série de livres de cuisine tourne autour de l’adjectif simplissime puisque les recettes sont censées être les plus faciles du monde. Des situations, des maladies, des épidémies, des faits sont qualifiés de gravissimes.

D’autres adjectifs – pourtant déjà forts en eux-mêmes – ont donc pris ce suffixe qui les rend encore plus percutants : certaines personnes ou certains lieux ne sont plus seulement extrêmement célèbres mais célébrissimes. Tel film est excellentissime ou génialissime ou drôlissime… ou nullissime ! Certaines scènes de séries ou de films que tout le monde connaît ne sont plus seulement cultes mais cultissimes. (Cette fois, c’est même un nom qui prend ce suffixe.)

Et donc, après avoir commencé à entendre ou lire de plus en plus souvent sur les réseaux sociaux que tel ou tel produit est topissime, j’ai rencontré l’adjectif oufissime ! On est passé de l’adjectif fou à ouf en verlan – qui inverse les lettres ou les syllabes – et enfin à sa toute dernière version en -issime : c’est un truc de fou, c’est un truc de ouf, ou juste c’est de ouf et maintenant, c’est oufissime ! Evidemment, ces termes, tout nouveaux, sont pour le moment encore utilisés de façon très familière, dans la langue parlée. Donc ils sont à réserver à certaines situations et à certains interlocuteurs. Il y a aussi souvent une question d’âge : ça peut paraître encore un peu décalé d’utiliser oufissime si on n’est plus un ado ou un jeune adulte. Ce n’est pas forcément chicissime !

* Une expression : être monnaie courante
C’est justement le contraire de rare, de rarissime. Quelque chose qui est monnaie courante est quelque chose de fréquent.

Petite auto-promotion : si vous avez envie d’écouter un peu plus de français, j’ai interviewé et filmé Maryse dans sa pratique du yoga et c’était très intéressant. Je n’ose pas la qualifier de « souplissime » puisque le terme n’existe pas encore mais ça irait bien ! C’est ici.