Arrêtez avant qu’il ne soit trop tard

A la radio l’autre jour, ils expliquaient que la première cause de mortalité des femmes en France, c’était aujourd’hui les maladies cardiaques. Pourtant, quand on pense infarctus, on imagine des hommes qui ont la quarantaine ou la cinquantaine.
Mais les femmes ne sont pas à l’abri, notamment parce que beaucoup d’entre elles fument. Le nombre des fumeuses est passé de 23% à 25,7% entre 2005 et 2010, alors qu’il reste stable chez les hommes. Et ce, malgré l’interdiction de fumer dans les lieux publics en 2007, dans les bars et les restaurants en 2008 ou malgré les hausses répétées du prix du paquet de cigarettes…

Alors, les pouvoirs publics ont conçu cette publicité très sobre à destination des fumeuses. Plus précisément des jeunes femmes. C’est nouveau. Une campagne pour aller à l’encontre des efforts des industriels du tabac, avec leurs paquets roses, aux noms susceptibles de séduire les femmes. C’est que ce marketing marche ! Entre 20 et 25 ans, elles sont un peu plus de 38% à fumer et 35 % dans la tranche d’âge 26-34 ans. Il y a encore du chemin à faire !

Petits instantanés d’une vie ordinaire à travers des mots qui parlent en filigrane d’amitié et d’insouciance, de stress et d’ennui, de travail et de vie citadine, d’amour et de désir d’enfant.

Pour regarder, c’est ici.

T’as pas une clope ?

Est-ce que vous fumez ? Moi non. Pourtant, ce n’était pas simple de décider de ne pas toucher une cigarette quand j’étais ado : pression des autres pour avoir l’air adulte, un père gros fumeur, habitude qui n’était pas mal vue socialement, campagnes de prévention quasi inexistantes…

Aujourd’hui, tout le monde connaît les effets du tabac, les prix ont beaucoup augmenté. Et pourtant, la consommation de cigarettes ne diminue plus en France. Et même, les très jeunes fument davantage. Et les filles fument plus que les garçons. Jolies statistiques !

Cindy, Julie et Soumia ont des adolescences un peu plus difficiles que la moyenne et vivent en foyer éducatif dans la région parisienne.
Les unes fument, l’autre pas, pour des raisons diverses. Leur seul point commun, c’est que leur santé n’est pas vraiment leur préoccupation.


Transcription :
– Je sais que j’ai commencé à fumer parce que tout mon entourage fumait. Alors j’ai commencé, on va dire, à partir de 9 ans. Ensuite, je me suis un peu arrêtée. Puis j’ai repris à 11-12 ans. Puis après avec les problèmes… Enfin, voilà, j’ai trouvé la solution, c’est que la cigarette, ça me détendait.
– Ben je dirais que la cigarette, c’est vraiment comme un anti-stress, quoi. J’avais, ouais, 11-12 ans, ouais.
– Avez-vous eu l’occasion de, juste après avoir fumé une cigarette, de monter la côte à pied, depuis Mairie d’Issy (1) jusqu’ici ?
– Quand je viens de fumer une cigarette et que je monte la côte, je peux plus, j’arrive plus à avancer, j’ai du mal à respirer. C’est… c’est l’enfer.

– Déjà l’odeur. Après, ben, je trouve que ça fait sale sur une fille. Enfin, ça fait sale, ça fait pas… Ça fait une fille de rue (2). Une fois, j’étais dans un bus, il y avait une gamine (3) , elle avait quoi 10 ans, je pensais qu’elle allait sortir son téléphone. Et quand elle a sorti son paquet de clopes (4), je lui ai dit : « Mais tu serais ma sœur, tu serais collée contre le mur ! (5) » Je préfère manger du chocolat. Ou sinon, c’est le chewing-gum. Je préfère avoir du goût dans la bouche et avoir des dents blanches qu’avoir des dents grises et puer (6) de la bouche ! J’aimerais bien aider mon entourage, à arrêter de fumer avec quelques simples mots.

Le portail, assez large heureusement, toujours ouvert en journée est donc le lieu de rassemblement des fumeurs, adultes et jeunes filles. Jeunes filles qui, elles, sont devenues LA cible de l’industrie du tabac. Dans le monde, jeunes filles et femmes représentent aujourd’hui 20 % (7) du nombre total des fumeurs. Il reste encore aux cigarettiers un gros marché à conquérir.

Quelques détails :
1. Mairie d’Issy : c’est le nom d’une station de métro à Paris. C’est pour ça qu’on n’utilise pas « la » devant. On dit par exemple : « Tu descends à Mairie d’Issy, à Champs-Elysées Clémnceau, à Châtelet-Les halles », etc…
2. ça fait une fille de rue : ça donne l’impression que c’est une fille de rue. Une fille de rue, c’est une prostituée. Pour Samia, c’est une fille vulgaire.
3. une gamine : une petite fille, une enfant. (familier)
4. une clope : une cigarette (argot)
5. collée contre le mur : Samia veut dire qu’elle lui aurait mis une vraie gifle.
6. puer : sentir mauvais
7. 20% : vingt pour cent

Et vous pouvez aussi écouter une conversation sur le tabac entre Julie la non-fumeuse et Nicolas le fumeur sur France Bienvenue.