Voyage de retour

TGV AtlantiqueSi vous avez regardé mes photos sur instagram pendant ces vacances, vous savez que je suis allée en Bretagne à la fin du mois d’août. Voyage en train : TGV entre Marseille et Paris, changement de gare à Paris et TGV entre Paris et Le Croisic. Et l’inverse au retour bien sûr.

Alors, avant de se dire que les vacances sont bel et bien terminées, voici un petit écho des annonces qui sont faites pendant le voyage. Si vous vous déplacez en France par le train, c’est ce que vous entendrez.

Ou ici : Dans le TGV Atlantique

Transcription :
Nous desservirons (1) la gare d’Angers-Saint Laud. Arrivée prévue dans la capitale à 13h20 (2). D’ici quelques instants (3), je passerai parmi vous (4). Si vous n’avez pas composté (5) votre billet ou si vous en êtes démuni (6), merci de me l’indiquer. Mesdames et Messieurs, au nom de TGV, je vous souhaite un agréable voyage (7).
[L’équipe] vous informe que son bar situé voiture 14 se tient à votre disposition (8) pour un service de boissons chaudes et fraîches, en-cas (9) et friandises (10), ainsi qu’une restauration (11) légère à consommer sur place ou à emporter. Nous vous invitons à venir composer vous-même votre menu à partir de 5,90 € : sandwiches, salades, en-cas chauds, plats traiteur, desserts gourmands (12) et boissons fraîches sont au rendez-vous. Vous trouverez également dans notre offre boutique des magazines d’actualité au prix du kiosque (13), et même des tickets de métro, bus et tramway parisiens, vendus à l’unité (14) pour vous faciliter l’accès en gare de Paris-Montparnasse. Mesdames, Messieurs, nous vous remercions de votre attention et nous vous souhaitons un agréable voyage. A tout de suite (15) au bar, voiture 14. Merci.

Quelques détails de vocabulaire et pratiques:
1. desservir une gare : c’est le verbe qu’on utilise toujours à propos des trains. Sinon, de façon plus « ordinaire », on dit simplement que le train s’arrête à Angers par exemple.
2. 13h20 : dans les transports, on utilise toujours le format 24 heures, pour qu’il n’y ait pas de confusion entre le matin et l’après-midi ou la soirée. Quand on parle, dans la vie courante, on dit indifféremment « treize heures vingt » ou « une heure vingt ».
3. d’ici quelques instants : synonyme de dans quelques instants.
4. Je passerai parmi vous : les contrôleurs passent à chaque place pour contrôler les billets. Vous pouvez avoir un billet papier délivré à la gare, un billet que vous avez imprimé chez vous sur une feuille A4, un billet « virtuel » sur une application dans votre téléphone ou enregistré sur votre carte d’abonnement si vous en avez une.
5. Composter un billet : c’est le mettre dans une machine à la gare qui imprime la date et l’heure dessus. Mais on ne fait ça que si on a un billet papier acheté au guichet à la gare ou délivré par une machine automatique à la gare. De toute façon, c’est écrit s’il faut le faire ou pas sur le billet que vous avez.
6. Être démuni : ne pas avoir quelque chose. Style soutenu. Plus simplement, on dit bien sûr : Si vous n’avez pas de billet / Si vous n’en avez pas.
7. Un agréable voyage : c’est la formule toute faite, traditionnelle dans les transports. Quand on parle à un ami, un membre de la famille, etc…, on dit juste : Je te souhaite (un) bon voyage. / Bon voyage / Fais bon voyage.
8. Se tenir à la disposition de quelqu’un : normalement, c’est plutôt une personne qui se tient à la disposition d’une autre. Donc il vaudrait mieux dire : Notre équipe se tient à votre disposition. Ou alors : Un bar est à votre disposition. (avec juste le verbe être)
9. Un en-cas : c’est juste un petit quelque chose qu’on mange au cas où on a faim, pas un sandwich, ni un repas. Ça sert juste à couper la faim quand n’a pas le temps de faire un vrai repas.
10. Des friandises : ce sont normalement des bonbons, des aliments sucrés. Donc là, il s’agit de barres de céréales, ou de barres chocolatées par exemple.
11. Une restauration légère : ce terme signifie qu’on peut prendre des plats légers. Si vous parlez, vous n’utiliserez pas ce terme. Vous direz juste : je voudrais manger léger / J’ai mangé léger ce midi.
12. Un dessert gourmand : normalement, ce sont les gens qui sont gourmands, quand ils aiment bien manger, notamment des plats sucrés. Mais on utilise maintenant cet adjectif à propos des plats eux-mêmes qui vont plaire aux gourmands. Par exemple, prendre un café gourmand au restaurant à la fin du repas, c’est boire un café qu’on vous sert accompagné de petits gâteaux, de chocolats, de petites douceurs (sucrées).
13. Un kiosque : c’est comme ça qu’on appelle les lieux dans la rue, dans les gares ou les aéroports où on achète les journaux et les magazines. (Sinon, ça s’achète chez le marchand de journaux, ce qui désigne une vraie boutique.) Donc ici, elle veut simplement dire que ce n’est pas plus cher dans le train.
14. Des tickets de métro vendus à l’unité : cela signifie que vous les achetez un par un au lieu d’acheter un carnet (de 10 tickets). Donc ils sont un peu plus chers, comme toujours à l’unité. Mais ça peut vraiment dépanner et faire gagner du temps si on est pressé en arrivant.
15. A tout de suite : c’est ce qu’on dit quand on va se voir (ou se parler au téléphone) dans les minutes qui suivent. (Si ce n’est pas le cas, on dit : A tout à l’heure / A plus tard. / A bientôt)

La rentrée, en France, c’est comme un nouveau départ, le début d’une nouvelle année, après les vacances d’été.
Je suis contente de vous retrouver !

(Je n’ai pas encore répondu à tous les commentaires récents. Cela ne saurait tarder. A tout à l’heure !)

S’envoler

PiloterQuand mes fils étaient enfants et que nous allions dans la famille, une des attractions était d’aller regarder les quelques trains qui passaient en contrebas d’un petit chemin tout proche. Ils connaissaient les horaires du train du début de soirée et il était hors de question de rater son passage. Et imaginez: il y avait même des jours où le conducteur, en les apercevant sur le talus, les klaxonnait ! Récompense suprême !

C’est ce à quoi j’ai pensé en écoutant ces trois personnes à la radio: même passion qui fait revenir au même endroit jour après jour. Pas pour des trains qui passent mais pour des avions qui atterrissent ou décollent. Pas dans un petit coin perdu donc mais dans le bruit à proximité de l’aéroport d’Orly. Et pas seulement dans l’enfance ! Mais c’est la même admiration fascinée.

Rêver de voler

Transcription :
– C’est des rêves. Quand on est petit, on rêve, on rêve beaucoup, hein. Regardez, il y en a un qui arrive. Luca ! Regarde ! Luca, regarde !
– Un avion ?
– Mais oui, regarde les lumières. Ouah, c’est beau ! J’aurais été homme, j’aurais été peut-être pilote d’avion.
– Vous savez qu’il y a des femmes pilotes.
– Si (1), je le sais. Comme j’étais une fille, on n’avait pas le droit de toucher les avions, hein ! Avant, c’était pas comme maintenant. Les parents, ils sont très conservateurs, donc les filles, c’est les poupées et les garçons, c’est leurs jeux. Eh bah nous, on faisait que regarder (2). On regardait les garçons jouer et on disait « Mais je veux. » Mais tu peux pas. C’est pour les garçons. Et c’est quelque chose… Je pense que plus on nous interdit quelque chose, plus on est attiré.
– Donc c’est votre part d’émancipation d’aimer les avions.
– Peut-être. Peut-être, parce que le jour que (3) je suis partie de chez moi, j’avais 25 ans, de chez mes parents, et c’était pour venir en France prendre l’avion. Donc à chaque fois, c’est un peu de liberté. C’est faire ou aller là où peut-être on est… on sera pas suivie tout de suite. Donc c’est quand même quelque chose. Je suis attachée à tout ce qui est la liberté. Je pense le cheval, il est libre parce qu’il est grand et il court, il est beau, il est fort. Je pense la même chose des avions. C’est… c’est une force. Une force matérielle, mais c’est une force aussi.
– Qu’est-ce que tu veux, Luca ? Regarde !
– C’est un gros, celui-là. Oui, c’est un 747. C’est le plus gros quadri-réacteur qui se pose ici parce que le… l’A380 se pose que à Roissy.
– Vous connaissez un peu les horaires des vols, carrément ?
– Par cœur ! Oh oui. Il y en a encore un beau qui arrive. Oui, alors, tous ceux qui se dirigent vers les îles (4), vers l’ouest, notamment Guadeloupe et tout, ils partent en début d’après-midi. Ça leur fait… ça les fait arriver l’après-midi là-bas. Celui-là, je le connais pas, je sais pas ce que c’est, avec des ailes hautes. On dirait un truc russe, genre Antonov. Ah ouais, c’est … c’est bizarre, celui-là ! Je crois que c’est la première fois que je le vois ici, hein. On arrive à voir des avions nouveaux de temps en temps, hein.
– Vous avez raison, c’est écrit en russe dessus.
– Ce matin, on a été vernis (5), hein ! On peut dire le mot. Vraiment magnifique ! Moi, j’ai travaillé sur les moteurs toute ma vie, sur les moteurs d’avion, alors c’était presque un rêve pour moi d’arriver là. Et bon, c’était un régal (6), je vous dis, de travailler là-desssus. Enfin déjà d’avoir terminé tous ces moteurs, vraiment génial (7) ! Ah oui !
– Et vous venez ici par nostalgie de tout ça ?
– Oh oui. Il y a une part de notre travail qui vole encore. Un autre qui arrive, là. Ça doit être un petit Airbus.
– Bonjour monsieur.
– Bonjour.
– Je peux vous demander pourquoi vous venez ici ?
– Parce que je travaille dans l’aérien, que j’adore les avions. Donc je viens regarder les avions qui se posent, à défaut de (8) pouvoir piloter, bah je regarde les avions qui viennent se poser ou décoller.
– Qu’est-ce que vous faites dans la vie ?
– J’étais personnel navigant (9) pendant 18 ans et puis j’ai perdu ma licence de vol. J’ai fait de l’absence épileptique, quelque chose que j’avais jamais fait jusqu’à 40 ans. Et à 40 ans, ça s’est déclaré (10) comme ça. Donc… et faisant de l’absence, je peux pas me permettre de voler. Donc je travaille dans la même compagnie mais je travaille au sol. Donc j’ai toujours eu la passion des avions et puis, à défaut de pouvoir encore voler, bah je regarde les avions se poser ou décoller. J’ai très mal réagi (11). J’étais pas loin de la dépression, hein, parce que vraiment, moi quand j’étais gosse (12), déjà je voulais absolument faire ce métier. Et bah oui, on fait en sorte de s’en sortir (13), quoi. C’est… C’est plus pareil. Je dis pas que j’ai pas de temps en temps, bah comme quand je viens voir des avions… Les avions, j’en suis amoureux, quoi, c’est… c’est une folie. Ça m’a énormément plu. Voilà.

Quelques détails :
1. Si, je le sais : elle devrait dire « Oui, je (le) sais ». (Elle est vénézuelienne, installée en France, d’où quelques petites erreurs de temps en temps.)
2. on faisait que… : On se contentait de (regarder). (style oral)
3. le jour que je suis partie : il faut dire « le jour où je suis partie »
4. les îles : pour beaucoup de Français, cela désigne les départements d’outre-mer. (aux Antilles : la Guadeloupe comme il le dit, la Martinique)
5. être verni : avoir de la chance (familier.) On entend moins ce mot qu’avant.
6. C’est un régal : c’est un grand plaisir. Aujourd’hui, pour exprimer la même idée, c’est la mode de dire : « C’est que du bonheur. »
7. génial : super (familier)
8. à défaut de : faute de = puisque je ne peux pas (faire telle ou telle chose)
9. le personnel navigant : ce sont les employés des compagnies aériennes qui travaillent à bord des avions, par opposition au personnel au sol.
10. Se déclarer : à propos d’une maladie, cela signifie qu’elle commence.
11. J’ai très mal réagi : ça a été très difficile à accepter.
12. Quand j’étais gosse = quand j’étais enfant (plus familier)
13. s’en sortir : trouver une solution, ne pas sombrer dans les problèmes.

A la radio, c’est ici, un peu avant la fin de l’émission, vers 42’55.

Un peu de vocabulaire pour parler de ses passions:
Il est passionné d’aviation. / Je suis passionné d’aviation.
– C’est un passionné d’aviation.
– Il a la passion des avions. / J’ai la passion des avions.

Parfois, on entend : il est fana d’aviation. Mais c’est familier et pas très employé aujourd’hui. En tout cas, on ne peut pas dire ça dans un examen oral de français comme je l’ai lu l’autre jour. Ce n’est pas le bon niveau de langue. Toujours un peu compliqué à sentir quand ce n’est pas sa langue maternelle mais tout n’est pas interchangeable.

Ce billet est aussi un petit clin d’œil à Kelli et à sa passion du français, de l’écriture et des avions. Comme le dit le journaliste, il y a des femmes pilotes, n’est-ce pas Kelli !
Son blog est ici, en anglais et en français.