Que cherchaient-ils ? semaine 3

Vous connaissez maintenant le principe. Voici ce qui a retenu mon attention cette fois-ci. Où il est question d’expressions avec « en » et de petites phrases ordinaires qui changent de sens selon le ton adopté et le contexte.

que cherchaient ilsLes trois premières ont en commun la difficulté à employer en quand on est étranger:

« vouloir à la terre entière »: l’expression parfaite, c’est en vouloir à la terre entière. D’habitude, on en veut juste à quelqu’un, c’est-à-dire qu’on est fâché contre quelqu’un. Quand on en veut à la terre entière, on est très en colère. On est révolté.

« Je ne pense pas moins »: là aussi, il faut ajouter en: Je n’en pense pas moins. C’est ce qu’on dit lorsqu’on n’approuve pas quelqu’un. Cela permet d’exprimer sa désapprobation et on le fait savoir:
Je ne t’empêcherai pas de partir. Mais je n’en pense pas moins.
Il n’a rien dit quand elle lui a annoncé la nouvelle. Mais il n’en pense pas moins.

« Expression identique à J’en sais quelque chose » : Là aussi, « en » fait bien partie de cette expression. Voici un synonyme: Je suis bien placé(e) pour le savoir. On emploie ces deux expressions pour approuver ce que quelqu’un vient de nous expliquer sur une situation, parce qu’on partage la même expérience. Par exemple:
A: Ce n’est pas facile d’apprendre le français.
B: Ah oui, j’en sais quelque chose. / Je suis bien placé pour le savoir.

On peut réagir aussi en disant :
A qui le dis-tu ! (C’est un peu plus familier).

« Sens de la phrase Tu vas bien » : Ces mots ont l’air tout simples à première vue. Mais cette expression a plusieurs significations. Tout dépend du contexte et tout est dans le ton :
1- Ce pourrait être la question orale ordinaire : Tu vas bien ?
Et la réponse serait : Oui, merci. Et toi, ça va ?
2- Ou alors, il s’agit d’une affirmation, une constatation: Tu vas bien. Tu vas pouvoir reprendre le sport.
3- Cependant, souvent, ce n’est pas une question mais un commentaire. Par exemple, quelqu’un vous dit :
Tu devrais travailler plus.
Et vous répondez:
Tu vas bien ! / Tu vas bien, toi !
Cela signifie que vous n’êtes pas d’accord et que vous estimez que cette personne exagère.

« Que veut dire Vas-y » :
1- Soit vous pensez à un lieu précis et vous dites à quelqu’un d’aller là-bas:
Ils font des soldes dans ce magasin. Vas-y demain. Après, ce sera trop tard.
2- Mais en général, cela signifie juste qu’on incite quelqu’un à commencer quelque chose, à démarrer :
C’est à toi. Vas-y !
A: J’ai envie de changer de métier.
B: Vas-y, si c’est ce que tu souhaites vraiment.

3- Le dernier sens, familier, montre que vous vous défendez dans une situation qui ne vous plaît pas, ou que vous n’approuvez pas ce qu’on vous dit. Par exemple, si quelqu’un vous pousse pour prendre votre place dans le métro, vous pouvez montrer que vous n’êtes pas content en disant : Vas-y !
On ajoute même souvent « là », pour exprimer son irritation: Vas-y, là !
(Mais attention, car de toute façon, ce n’est pas poli !)

Le ton est donc essentiel et peut tout changer !
Vous pouvez écouter ça ici :

Et en guise de conclusion, quelqu’un cherchait « Les insultes les plus drôles pour savoir répondre aux cons »:
Je n’en sais rien* ! Il y a du choix. * (« En » est partout, décidément !)
Je vous laisse juste avec les mots de Michel Audiard:

Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.

Plus ou moins (1)

Il n'y en a plus
Et voilà, il n’y en a plus ! Terminé, tout mangé !

Mais au fait, comment prononce-t-on plus ? Et je ne parle pas seulement du problème du son U. Faut-il prononcer le S ? Et comment ?
Ligia, voici un premier billet pour commencer à répondre à ta question. J’ai essayé de séparer les problèmes. Donc il y aura une suite.

Donc il n’y a plus de gâteaux.
Dans ce cas, on ne prononce pas le « s ». C’est ainsi lorsque plus est le deuxième terme de la négation: ne… plus.
Promis, je ne le ferai plus.
Il ne répond jamais. A croire que son téléphone ne marche plus !
Non merci, je n’en veux plus.
Quand j’ai commencé ? Je ne sais plus. J’ai oublié.
Il n’y croit plus. Il a complètement renoncé.
Je n’en peux plus ! C’est trop fatigant.

Négatif aussi et donc muet :
Moi non plus / Eux non plus.
– Plus jamais ça !

Mais bien sûr, il y a toujours une petite subtilité.
Ce serait trop beau s’il n’y avait pas de cas particulier !
Le « s » est prononcé dans les phrases suivantes, comme un « Z », pas comme un « S ». Mais c’est juste pour faire la liaison si le mot qui suit commence par une voyelle:
Il ne reste plus un seul gâteau dans la boîte.
– Je n’ai plus assez de farine pour en refaire.
– Je n’ai plus envie de cuisiner.
(Mais: Je n’ai plus très envie de cuisiner.)

Cependant, cette liaison est facultative !
Ne pas la faire correspond à une façon de parler un peu plus familière, dans un style moins soutenu.

Et donc, troisième étape, en général, on va aussi laisser tomber « ne », ce qui est le niveau de langue le plus familier, mais très courant et naturel :
Il reste plus un seul gâteau.
– J’ai plus assez de farine.
– J’ai plus envie de cuisiner.

Donc en prenant le problème dans l’autre sens, ce serait bizarre de faire la liaison si vous ne dites pas « ne », il y aurait comme un téléscopage des styles. Et même, celui qui vous écoute pourrait comprendre le contraire de ce que vous vouliez dire… (Mais ça, on en parle dans le prochain billet !)

Pour terminer ce premier billet sur la question, voici deux expressions :
1- avec un « S » prononcé comme un « Z », à cause de la liaison qui est obligatoire: Plus ou moins.
Tu as compris ? C’est clair ?
– Plus ou moins.

(Cela signifie que ce n’est pas parfait, que ce n’est pas totalement clair. C’est entre les deux.)

2- avec un « S » toujours muet : Ni plus, ni moins.
Ils appellent ça un restaurant d’entreprise mais c’est une cantine, ni plus ni moins.
(Cela signifie que c’est équivalent, pareil.)

Et bien sûr, comme c’est un problème de prononciation, je vous ai enregistré tous ces exemples ici :
A suivre…