Allez, les filles !

Comme l’annonçait Edelweiss dans son commentaire il y a deux jours, c’était hier la journée internationale des droits des femmes. On avance, comme le prouvent les mouvements récents de dénonciation du harcèlement vis-à-vis des femmes. Mais il y a encore (et toujours) du travail à faire, à tous les niveaux, à en croire ne serait-ce que les termes de recherche tapés par certains pour arriver sur ce blog !
Pour l’anecdote, voici ce qu’on trouve ces derniers jours :


– Tout d’abord, apprendre à ( à, accent grave, pas a ) parler (parler -er et pas ) et écrire correctement le français, c’est ça qui serait nécessaire!
– Et comme toujours, je reste perplexe devant ce qui attire le plus de personnes sur ce blog, c’est-à-dire la recherche des mots vulgaires et des insultes – et souvent celles à utiliser avec des femmes – en français ! Mes quelques pages là-dessus ont toujours du succès. J’avais déjà évoqué ce fait il y a quelques années ici.
Cela dit-il quelque chose de nos rapports humains ?

On y arrivera bien un jour, et partout ! Aujourd’hui, dans certaines parties du monde, nous allons à l’école, nous lisons, nous choisissons d’avoir des enfants ou pas, nous ne restons pas à la maison, nous travaillons, nous explorons le monde, nous avons notre mot à dire et notre vie à décider.

Allez, pour inverser un peu les rôles, je vous laisse aujourd’hui en compagnie d’un homme qui fait ce qui est encore souvent traditionnellement réservé aux femmes !

Père épuisé

Transcription
– Qu’est-ce que je ressens ? Un mélange d’amour, bien sûr, évidemment, et c’est bien en premier lieu, mais aussi d’énervement profond quand ils ne… n’obéissent pas. Et… Il y a plusieurs choses en fait. C’est que quand * je les ai deux par deux, c’est beaucoup plus simple que de les* avoir tous les quatre ensemble, bon, en étant seul à les gérer, bien sûr. D’une part parce qu’il y a les deux aînés qui se* tirent la bourre (1), je* dirais, pour savoir qui fera* le plus de bazar (2) et qu’il y a beaucoup plus d’interactions, avec quatre enfants, entre eux. Et ça crée un brouhaha (3) incessant et finalement, dans… dans vingt-quatre heures, j’ai très peu de moments où je n’ai pas d’enfant qui soit hurle, crie, ou vienne me solliciter (4) pour donner à manger, donner un verre d’eau, faire ceci, l’aider à s’habiller, se déshabiller, l’aider à quelque chose. Donc je suis… je suis* pris en fait… je suis hyper sollicité, du matin 7-8 heures jusqu’au soir, 22-23 heures pour les… les plus grands le weekend.
– Et ça crée chez vous un sentiment d’épuisement ?
– Ah mais bien sûr ! Evidemment ! Oui, je suis épuisé, oui, de… d’être hyper sollicité comme ça en permanence, oui !

Quelques explications :
1. se tirer la bourre : être en compétition, rivaliser pour être le meilleur. (argot). Par exemple : Quand ils font du vélo ensemble, ils finissent toujours par se tirer la bourre !
2. le bazar : le désordre. Ici, faire du bazar signifie faire des bêtises, ne pas être sage. (familier)
3. le brouhaha : du bruit confus où se mêlent beaucoup de voix, un bruit qui constitue comme un fond sonore envahissant. (par exemple, on parle du brouhaha de la rue, d’une foule, etc.)
4. solliciter quelqu ‘un : demander quelque chose à quelqu’un. Donc être très sollicité veut dire que les autres vous demandent sans cesse de l’aide, de l’attention.

La prononciation qui mange les syllabes:
* On l’entend lorsque ce jeune père dit : que quand.
Je ne sais pas si vous entendez « que », mais pour une oreille française, ce petit mot, à peine prononcé, est cependant perceptible.
* que de les avoir: il dit « d’les », en raccourcissant « de ».
* qui se tirent : il dit « s’tirent »
* je dirais : il prononce « j’dirais »
* fera : est prononcé « f’ra »
* le plus : est prononcé « l’plus »
* je suis pris : devient « chuis »

N’oubliez pas que vous n’êtes pas obligés de manger les syllabes comme ça pour avoir un français qui sonne « vrai ». Ici, dans le sud de la France, la majorité des Français prononcent distinctement ces syllabes escamotées ailleurs. Tous ces accents sont complètement authentiques et naturels. A vous de choisir votre prononciation !
A bientôt.

Le paradis à pied

Encore une fois, j’ai regardé un documentaire de façon imprévue. Ce n’est presque jamais moi qui allume la télé mais le hasard fait bien les choses et je découvre des émissions ou des films auxquels en général, je ne m’attendais pas.

Trois ingrédients m’ont fait le regarder jusqu’à la fin :
– Tahiti, mais pas sur les plages.
– Des marcheurs, heureux d’être dans cette nature magnifique qui est leur terre.
– Et leur accent tahitien, qui ralentit la cadence des phrases et adoucit tous les R. Ecoutez leurs R !

Et j’ai pensé au commentaire laissé à la suite de mon billet précédent par Elena à propos de son accent. Finalement, je me demande où est la frontière entre ce que j’avais appelé un accent étranger et tous les autres accents français si variés !

Ce documentaire est à regarder pendant encore deux ou trois jours. Cliquez ici.

Faites vite si vous voulez (et pouvez) le voir !

On y découvre Tahiti autrement. Avec des oranges perchées dans la montagne !
C’était beau.

* Mise à jour : Merci à Meelis qui a donné le lien pour regarder ce documentaire ici aussi !

En voici un petit aperçu sonore:

Le paradis en marchant

Transcription
J’ai découvert mon pays et depuis, je suis tombée amoureuse des randonnées. La plupart des Polynésiens pensent que c’est difficile, faut être super sportif. Mais non ! Moi, j’y arrive (1), donc tout le monde peut y arriver.

Je pense que des fois, ils voient des photos d’ici et ils posent la question : Où c’est ? C’est où, cet endroit ? Et nous, on répond : C’est à M[…], chez toi. Mais c’est au fond dans la vallée. Et eux, ils sont surpris : Ah OK, c’est juste là en haut ! Je dis : Ouais, mais après, faut aller (2), faut vouloir aller aussi.

– J’ai pas envie de passer mes journées devant un ordinateur, être secrétaire, et tout (3). Je préfère être dans mon bureau, la nature. Tu vois cette forêt de bambous, là ? En plus, avec vue de la cascade et tout, ça, c’est formidable (4) ! Tu n’as pas le téléphone qui sonne, tu n’as pas le stress de l’ordinateur à répondre, et tout, quoi !
– C’est un plaisir ?
– Un grand plaisir. Tu es pas content d’être ici, toi ? C’est une randonnée familiale, et puis des enfants à partir de cinq ans, six ans, ils suivent tranquillement les parents, même il y en a qui sont dans les porte-bébés et tout, hein. Et ce qu’ils recherchent, c’est que il faut qu’il y ait une baignade (5) à la fin. Voilà, c’est surtout ça. Nous, on se baigne tout le temps. C’est… peu importe dans la journée (6) et tout, il faut qu’on se baigne à chaque fois, matin, midi, soir s’il le faut.

Non, j’ai pas de façon de marcher. C’est simplement qu’il faut pas oublier d’expirer le plus possible pour expulser les toxines et le gaz carbonique. Sinon, j’ai pas de marche particulière. Je peine (7) comme tout le monde, hein ! Oh, c’est dur ! (8)

– En compagnie des… du groupe, c’est sympa.
– Et bon, un bon moyen de découvrir…
– La nature.
– … Votre pays.
– C’est… Faut pas le dire ! Et la plupart du temps, nos guides (9), ce sont des popa’a.
– Des Popa’a, c’est… ?
– Pour nous, popa’a, c’est… bah c’est vous ! Nos guides, ce sont des popa’a (10). Honte à nous ! C’est eux qui nous font découvrir nos vallées. C’est un comble (11), hein !
– Et c’est pas bien, ça ?
– Non ! Bah non, c’est pas bien !
– Peu importe qui…
– Il faut que ce soit les Tahitiens qui nous font (12) découvrir les vallées !
– Oui, mais…

La joie de…, on se sent bien. On est légère, on pense à rien. Voilà. On admire et c’est tout. C’est ça, hein ? C’est ça.
On ne peut pas être insensible à tout ce qui nous entoure. C’est trop beau, c’est trop magnifique ! On est au paradis. On est au paradis.

Quelques explications :
1. J’y arrive : je réussis à faire ce que j’ai entrepris, j’en suis capable.Pour encourager quelqu’un par exemple, on peut lui dire : Mais oui, tu vas y arriver ! Si on a des doutes sur ses chances de succès, on peut dire: J’ai peur de ne pas y arriver.
2. Faut aller : ce serait mieux de dire : Il faut y aller. (Y remplace le mot vallée.)
3. et tout : c’est de l’oral, pour indiquer qu’on pourrait donner plus de détails.
4. C’est formidable : c’est super (plus familier) / c’est merveilleux.
5. Une baignade : le fait de se baigner. C’est aussi un endroit où il est possible de se baigner.
6. Peu importe dans la journée : peu importe quand. Le moment n’a pas d’importance.
7. Peiner : avoir du mal à faire quelque chose. Cela peut être physique ou intellectuel. Par exemple, on peut peiner sur un exercice de français.
8. C’est dur : c’est difficile.
9. un guide : celui ou celle qui emmène d’autres personnes en randonnée.
10. Un popa’a : un étranger, en tahitien. Ici, ce sont les Français venus de métropole dans ce département d’outre-mer.
11. C’est un comble : ça ne paraît pas croyable et il y a une sorte de paradoxe : ce sont les popa’a, les étrangers, ceux qui ne sont pas vraiment de Tahiti qui connaissent ces vallées et guident les Tahitiens.
12. qui nous font : normalement il faudrait dire : qui nous fassent (au subjonctif)

Quand il y a du ciel

Margeride
Il est belge. Cinéaste.
Il dit aimer faire parler les autres.
Mais dans cette émission, c’était lui qui parlait, des ciels qu’il aime, de sa façon d’écrire ses histoires, de choses qui me parlaient à moi.
Avec son accent belge.
Je partage avec vous, maintenant que je suis un peu moins débordée par le travail !

Transcription:
Tout… tout commence dans les voitures. Après, je me mets à mon bureau pour faire l’acte de rédiger donc, mais tout vient dans la voiture. Mais je trouve que la voiture est un… une espèce de (1) bureau mobile, comme ça, parfait. Pour écouter la musique, c’est un endroit parfait et j’aime bien écouter de la musique avec ce paysage qui défile. Nous, on faisait beaucoup la route (2) avec mon père, quand j’étais petit, entre la région germanophone, là, que j’ai évoquée, où je suis né et les Ardennes, d’où mes parents venaient. Et tous ces trajets qu’on faisait toutes les semaines, qui étaient des longs trajets – il y avait pas d’autoroute – moi, je me nourrissais. Voilà, le paysage qui défile me nourrissait. Ce que j’aime beaucoup… J’aime bien quand… quand c’est dégagé, voilà. J’aime bien les… J’aime bien les hauts plateaux. Voilà. Il y a… Il y a un dégagement vers l’horizon et j’ai besoin de ça. C’est pour ça que j’habite un peu en hauteur ici parce que j’ai besoin de voir. Quand je me promène, j’aime bien avoir du ciel, j’aime bien qu’il y ait du ciel autour de moi.

Nous, on est quand même un peu à la… en Belgique, on est un peu à la frontière entre… entre deux cultures. On parle français, donc on est de culture française. Mais on est moins… on est moins porté sur le verbe (3). Voilà, la France porte un patrimoine millénaire. On sent vraiment l’importance du verbe, du phrasé, et le cinéma français est très verbeux (4)… est très… est très porté sur (5) le verbe. Le… J’ai l’impression que dans… dans le nord, on est plus porté sur le corps aussi. Et nous, on est un peu à la limite des deux. Donc moi, j’aime bien jouer avec le corps. C’est pour ça que dans mes films, il y a pas énormément de dialogues non plus. J’écrème (6) beaucoup parce que j’aime pas quand les choses sont dites. J’aime bien quand les choses sont… sont devinées.
Et j’adore me… me plonger dans les histoires. J’ad[…] J’ai… J’ai une faculté d’écouter les gens et de les faire parler. En fait, c’est pas difficile de faire parler quelqu’un : il suffit… il suffit de se taire en fait. J’aime bien écouter les récits de vie, ça, c’est sûr ! J’adore les récits de vie. Et … et parfois, je me dis : il y a des gens qui vivent des vies mais incroyables (7) ! Voilà. Et c’est… c’est toutes ces écoutes qui me poussent à croire ce que je crois.

Quelques détails :
1. une espèce de… : on dit aussi: une sorte de.
2. faire la route : faire le trajet (en voiture)
3. le verbe : les mots en général, les discours, le fait d’exprimer sa pensée par des mots.
4. Verbeux : qui parle beaucoup, et même trop, en utilisant plus de mots que nécessaire. On parle d’un orateur verbeux, d’un style verbeux par exemple.
5. Être porté sur quelque chose : être très attiré par quelque chose
6. écrémer : au sens propre, c’est enlever la crème du lait. Au sens figuré, c’est retirer ce qui est en trop, alléger.
7. Des vies mais incroyables ! : mais placé devant un adjectif n’a pas son sens habituel. Il sert à renforcer cet adjectif qui le suit. C’est une tournure orale, et on insiste aussi sur l’adjectif avec le ton de la voix.

En quelques mots, on sait qu’il est belge, ou en tout cas pas du sud de la France !
En Belgique (et en France ailleurs que dans le sud), on « mange » les syllabes. Ecoutez par exemple à nouveau comment il prononce les phrases suivantes:
– On f[ai]sait beaucoup la route
– quand j'[é]tais p[e]tit
– J’ai b[e]soin de voir

Si vous voulez comparer avec un accent plus « sudiste »:Alors, qu’est-ce que vous trouvez le plus facile à comprendre ?

Mangeons des fruits !

Fin août déjà… Ça commence à sentir la rentrée. Retour au travail. Puis ce sera l’automne.
En attendant, c’est encore l’été, avec ses fruits: pêches, brugnons, reines-claudes. Il faut en profiter avant d’entrer vraiment dans la saison des pommes et des poires.
Certains en profitent vraiment ! Voici un petit témoignage sur la manière dont ils osent se procurer ces fruits, si tentants dans les vergers quand on n’a pas d’arbres fruitiers chez soi.


Transcription:
Régulièrement, on voit des gens arrêtés au bord de la route, enfin soit-disant pour une pause pipi (1) mais c’est souvent pour ramasser quelques fruits, quoi. Il y en a sur l’exploitation (2), c’est une propriété privée et c’est un peu gênant de voir toujours du monde (3) dans nos… dans nos champs, quoi ! J’ai surpris une personne qui habite à 50 mètres de chez moi, que je connaissais pas particulièrement. Maintenant, moi j’irai dans son jardin lui ramasser les fleurs, avant qu’elles fanent ! Je ferai un peu comme… pour lui montrer un petit peu ce que ça fait que de rentrer dans son jardin et de venir prendre quelque chose. Un samedi à midi, j’ai dégonflé les roues à un monsieur qui se promenait dans le champ. Deux roues pour qu’il soit vraiment embêté (4).

Les vols sont souvent commis par des habitants du département (5), des personnes qu’on peut retrouver certainement sur les marchés (6), parce que beaucoup pensent que ce qui est dehors appartient à tout le monde. Ce qui est dehors n’appartient pas à tout le monde, ça appartient à celui qui l’a produit, surtout au niveau de l’agriculture.

Quelques détails:
1. une pause pipi: dans certains pays, cela ne se fait pas du tout de s’arrêter dans la nature pour satisfaire un besoin pressant. Mais en France, ça arrive souvent. Il faut dire que la France est très nulle au niveau des toilettes publiques: il y en a très peu, y compris dans les villes, où il faut se débrouiller avec les cafés – mais il faut consommer – ou avec certains centres commerciaux. C’est toujours un problème ! Les pays buveurs de bière sont bien mieux équipés !
2. une exploitation: c’est une exploitation agricole, c’est-à-dire l’ensemble des terres d’un agriculteur.
3. du monde = des gens. Les deux sont possibles ici. Mais « du monde » est très fréquent.
4. pour qu’il soit embêté: pour qu’il ait un vrai problème.
5. un département: la France est divisée en départements. Là, il s’agit du département des Pyrénées Orientales, le département qui touche l’Espagne côté Méditerranée, avec Perpignan. On y produit beaucoup de fruits.
6. sur les marchés: certains se servent dans les vergers et apparemment, ils revendent leur « butin » au marché ! (La plupart des villes et villages ont leur jour de marché, avec les commerçants qui vendent dehors à un emplacement qu’ils payent à la commune.)

Une remarque sur l’accent du deuxième homme:
C’est bien sûr un accent du sud-ouest de la France, avec en plus quelque chose que font certains hommes d’un certain âge dans cette région: écoutez comment il prononce les R, qu’il roule. On n’entend pas ça chez les plus jeunes. Cela vient plus tard, assez mystérieusement !

Histoire d’un long mariage

Ils avaient vingt ans. C’était il y a longtemps dans un village du Lot.
Ils ne venaient pas du même milieu. Sa famille à lui avait des terres. Sa famille à elle vivait, plus pauvrement, grâce à la mine. Alors leur mariage n’allait pas de soi. Mais quand l’amour et une naissance s’en mêlent…

Aujourd’hui, ils ont plus de 80 ans, ils n’ont pas quitté leur village.
Comme beaucoup de vieux couples, ils ont vu leurs enfants se marier, avoir des enfants. Ils se sont dit que c’était moins compliqué que de leur temps. Puis quand ils les ont vus divorcer, se remarier, avoir d’autres enfants, ils ont trouvé que finalement ce n’était pas si simple que ça. Mais ils ont pensé que c’était la vie et ils ont regardé grandir leurs petits-enfants puis leurs arrière-petits-enfants.
C’est ce qu’ils racontent à deux voix restées complices à travers tous ces changements, avec leur accent de cette région du sud-ouest de la France.

Transcription:
– Ah bé… c’est facile à raconter. Je venais ramasser des fraises chez un oncle à Claude et puis, on a fait connaissance. Et voilà ! Ça a fini par se marier (1).
– Autrement dit, il y a 57 ans et demi que nous sommes mariés. Vous m’avez compris ?
Et comment vous vous entendez ? Tout se passe bien ?
– Bah apparemment, oui !
– Oui, maintenant on se retrouve que tous les deux. Mais à l’époque, il y avait trois générations, hé.
– Ici, dans la maison.
– Dans la maison, hé, qui vivions ensemble. Alors je peux vous dire qu’il fallait faire des concessions, hein. Et il y avait assez de place. Bon, c’était pas disposé comme ça, il y a eu des réparations depuis.
– Ici, il y a quand même… il y a quand même trois chambres…
– On avait trois chambres.
– … la salle d’eau (2), les toilettes, la salle à manger et la cuisine.
Vous êtes bien installés, là !
– Ah bé pas trop mal.
Vous avez une très grande télé, hein !
– Ah oui !
Ecran géant, écran plat.
– C’est surtout mon mari quand il regarde le sport.
– Alors les fraiseuses (3), on les nourrissait et on les logeait. Alors vous voyez le chantier ! (4)
– Faut dire que moi, mon père, il était mineur, mineur de fond. Et nous étions quand même huit gosses (5) ! Alors pour nourrir tout ce monde et surtout pour les… pour s’habiller et tout ça, on était obligés de partir.
– On a une grande pièce en haut, là-haut. Et alors, c’était le dortoir. On mettait des sommiers, des matelas, et puis il y avait… je vous dis une année, il y avait douze filles qui dormaient dans le même… dans la même pièce.
Quels souvenirs vous avez de cette période-là, vous, Marie ?
– Ah moi, très… très contente puisque j’ai fait la connaissance de mon mari.
Comment ça a été perçu par vos parents ?
– Ah! C’est une longue histoire, ça !
– Ah, ils m’ont pas acceptée avec…
– Non. Hé… Bon, je vais tout vous dire, hé…
Dites-moi tout.
– Nous avons eu mon fils, on n’était pas mariés. Alors je vous dis pas (6) à ces époques-là, hé ! C’était pas évident, hé ! Alors quand je l’ai annoncé à mon père, je peux… je peux vous dire que, ouille ! (7)
Mais vous l’avez annoncé à votre père quand le fils était déjà né ?
– Oui, hé oui, oui. Parce que je me… je me suis posé beaucoup de questions, hé.
– On n’était pas du même milieu (8).
– Quand j’ai annoncé la nouvelle, j’en menais pas large (9), hé. Et j’avais 23 ans, hé.
Aujourd’hui, ça vous rend plus tolérant vis-à-vis de tout ça (10), vous croyez ?
– Moi maintenant, plus rien ne m’étonne ! C’est clair, hé ! Plus rien ne m’étonne.
Par exemple votre fils qui vit en couple avec quelqu’un de divorcé, qui lui-même est divorcé, ça vous choque pas ?
– Moi, non, non, non. Moi, maintenant, je vous dis, il s’agit qu’il (11) soit en bonne santé et après, le reste (12), hé…
– Voilà, qu’il soit en bonne santé, qu’il soit heureux.
– Deux petits-enfants, aucun des deux ne sont mariés (13). Je sais même pas si ils se sont pacsés (14). Nous on… on le sait pas. Enfin avec tout ça, tout ça, nous sommes arrière-grands-parents et tout va bien.
Vous vivez de vos économies aujourd’hui ?
– Bah eh bien sûr ! Je suis à la retraite, je touche 695 euros par mois. J’ai la retraite et puis après, je ta[…] je tape dans le tas (15), hé !
Il vous reste un gros tas ?
– Non, un petit tas !

Quelques explications:
1. ça a fini par se marier = ça s’est terminé par le fait de se marier , par le mariage.
2. une salle d’eau: terme un peu démodé pour désigner la salle de bains.
3. les fraiseuses: c’était le terme local pour désigner les employées saisonnières qui venaient faire la cueillette des fraises.
4. le chantier = le bazar (familier). Il veut dire que cela créait de l’agitation dans la maison.
5. les gosses: les enfants (familier)
6. je vous dis pas ! : on emploie cette expression quand justement, on veut que celui qui nous écoute imagine bien la situation.
7. ouille: cette onomatopée exprime la douleur. Il veut dire que ça a fait mal quand il en a parlé à son père. La nouvelle n’a pas été bien accueillie.
8. le milieu: le milieu social. Ils n’avaient pas les mêmes origines. Elle venait d’une famille plus pauvre, avec son père mineur. Son mari venait d’une famille d’agriculteurs, qui avaient des terres, donc beaucoup plus d’argent.
9. j’en menais pas large = je n’en menais pas large: j’avais très peur et j’étais très mal à l’aise.
10. tout ça: elle veut parler de toutes les situations qui existent dans les vies de famille aujourd’hui. (être marié, pas marié, divorcé, remarié, etc…)
11. il s’agit que… : il faut juste que… / tout ce qui compte, c’est que…
12. et après, le reste… : il ne termine pas sa phrase mais il veut dire que le reste n’est pas important.
13. aucun des deux… : il faudrait dire : Aucun des deux n’est marié.
14. être pacsé: être lié par un Pacs, c’est-à-dire un Pacte Civil de Solidarité. Il s’agit d’un contrat civil qui permet à deux personnes ( de sexe opposé ou de même sexe) d’organiser et de faire reconnaître de façon plus officielle leur vie commune, mais sans avoir tout à fait les mêmes droits que par le mariage civil.
15. je tape dans le tas: je me sers dans mes économies. (C’est comme s’il avait un tas de pièces, d’argent)

Un Roumain à Paris

Souvenirs d’un Roumain installé depuis longtemps à Paris.
Depuis ses inquiétudes et ses rêves de jeunesse, il a fait du chemin, il a passé sa vie à faire de la musique et nous avons tous dans l’oreille ses musiques de films.
J’aime beaucoup écouter ces gens qui ont vécu longtemps et intensément et qui savent raconter leur vie avec simplicité.
J’aime beaucoup les gens qui savent raconter leur vie et en font une histoire.

J’ai profité aussi de ce petit enregistrement pour parler un peu de son français (et de celui de Rebecca avec qui il dialoguait à la radio l’autre jour.)


Transcription:
– L’instrument sur lequel vous avez appris la musique, c’est quoi ?
– Je suis violoniste. Vous voyez, mon… mon violon est là. C’est un violon que j’ai de… depuis la Roumanie. Et je… Comme dans ma jeune enfance, j’avais pas… On vivait dans une chambre de… de service et j’avais pas la place d’avoir un piano, mes parents m’ont mis au violon qui est évidemment plus pratique. Et en attendant,…
– C’était à Bucarest donc ?
– A Bucarest, voilà, en attendant le jour où on aurait la place pour mettre un piano. Mais ce jour-là n’est arrivé que le jour où j’ai eu 15 ans.

– C’est surtout mon père qui rêvait de la France puisque mon père a fait ses études à Paris dans les années 30, et en revenant en Roumanie pour enterrer son père qui était mort dans les années 39 (1), la guerre l’a surpris sur place. Il a dû res[ter]… Il n’a pas pu revenir à Paris. Et ensuite le rideau (2)… les rideaux sont…
Sont tombés.
Sont tombés. Et à la fin de la guerre, les communistes sont arrivés en Roumanie, les Russes, etc… Donc il n’a pas pu revenir à Paris, puisque lui, il rêvait (de) vivre (3) à Paris avec ma mère. D’aillleurs moi, je suis procréé (4) à Paris. En fait, je suis né à Bucarest mais le moment de mon insémination (4), ça a été Paris. Donc voilà.
– Mais vous, ça vous a… Ça ne vous attirait pas plus que ça (5), Paris ?
– J’étais prêt (6) à faire ma vie en Roumanie. C’était mon père qui a organisé tout ça derrière moi, sans me dire d’ailleurs.
– Il a organisé ça dans votre dos. (7)
– Il a organisé ça dans mon dos parce qu’il avait un peu peur que s’il me disait qu’il était en train d’organiser notre départ, je parlerais à des amis ou à des gens, je ferais des indiscrétions, et c’était très grave. Donc moi, j’étais même assez désespéré au moment de mon départ parce que j’avais mes amis là-bas, j’étais amoureux. Je me disais « Qu’est-ce que je vais faire ? « On se dit: « Est-ce que ma musique va intéresser? Est-ce que je vais arriver au niveau de ces gens qui sont là-bas, qui sont extraordinaires ? », puisqu’il y avait un niveau qui me semblait fantastique par rapport à ce que je vivais, moi, en Roumanie. Ça me faisait peur. Ça m’attirait bien sûr beaucoup parce que pour moi, Paris, c’était Ravel, c’était Debussy, c’était toute la culture française. Et puis j’avais des musiciens que j’adorais, Michel Legrand ou toute une série de musiciens que j’aimais en France. Donc je… je me posais des questions de ce genre-là.
– De votre place, en fait.
– Oui, de ma place, de qu’est-ce que je pourrais faire. D’ailleurs, j’ai dit à mon père qui m’a dit: « Mais écoute, toi, tu arriveras là . Tu vas faire… refaire le Conservatoire. Tu vas faire toutes tes études et c’est moi qui va travailler. » . Mais moi, je le regardais un peu comme un zombie parce que je me disais « Mais il est fou, lui ! Qu’est-ce qu’il veut travailler à 50 ans, par rapport à ce qui se passe là-bas ! » Il m’a dit: »Mais enfin, tu n’as pas confiance en moi, etc… » et tout. Bon enfin, on est arrivé. Ça s’est passé un peu comme je pensais, c’est-à-dire que mon père, quand il est arrivé, était considéré déjà comme un… un vieil homme. Vous voyez, arriver en France à 50 ans, comme musicien, c’est pratiquement impossible. D’ailleurs, il est tombé malade, ce qui fait que moi, j’ai dû tout de suite commencer à travailler, à donner des… des concerts de… de violon et à… à traverser (8)le monde avec mon violon. Et voilà, ça… ça a été quelques années de… de bagarres (9) très, très difficiles. Mais enfin, voilà. L’avenir a été plus… m’a récompensé, si vous voulez, de…. de toute cette…
… Persévérance.
Voilà !

Quelques remarques:
1. dans les années 39: on ne peut pas dire ça comme ça, puisque 1939 est une année unique, pas un ensemble d’années. Il faut dire juste 1939. Ou alors, si on ne sait pas vraiment quelle année c’était exactement: aux alentours de 1939.
2. le rideau = le rideau de fer, c’est-à-dire cette fermeture entre le monde occidental et les pays communistes à partir de la guerre froide.
3. il rêvait: il faut introduire le verbe qui suit avec « de », mais il ne dit pas cette préposition.
4. j’ai été procréé / mon insémination: ces mots ne sont pas corrects. Il faut uiliser le verbe « concevoir » et le nom qui correspond: « la conception ». Donc il faut dire: « J’ai été conçu à Paris ». « Le moment de ma conception ». On utilise le mot « insémination artificielle » pour les femmes qui recourent à des techniques médicales pour tomber enceintes.
5. pas plus que ça: pas vraiment
6. prêt à faire: Il fait la liaison entre « prêt » et « à », ce qui ne se fait pas normalement. En fait, ça nous fait un peu bizarre parce qu’on imagine en entendant ça « prête », au féminin, ce qui évidemment ne marche pas pour lui qui est du sexe masculin.
7. dans votre dos / dans mon dos: sans que vous le sachiez / sans que je sois au courant. (familier) C’est ce qu’il voulait dire en utilisant « derrière moi », qui ne marche pas ici parce que cette expression ne peut avoir qu’un vrai sens spatial, pas un sens figuré.
8. traverser le monde: on dit plutôt « parcourir le monde ». Ou aussi: « voyager dans le monde entier ».
9. une bagarre: une lutte, un combat. (familier)

Voici donc quelques commentaires de plus, sur la façon de poser les questions en français et sur l’accent de Vladimir.


Transcription:
Les questions écrites et orales:
Le premier point sur lequel je voulais revenir, c’est la première question posée dans cette conversation par Rebecca quand elle veut savoir sur quel instrument Vladimir a appris la musique. Et donc elle lui demande: « L’instrument sur lequel vous avez appris, c’est quoi ?  »
Ça, c’est une question complètement orale qu’on n’écrira jamais et qui passe très bien à l’oral. Donc la question correcte, en fait, évidemment, parfaite, ce serait: « Sur quel instrument avez-vous appris la musique ?  » Et cette question-là, on va… on peut l’entendre à l’oral. Mais ça va donner quand même un style très soutenu. En revanche, à l’écrit, on va l’écrire sans problème du tou, aussi bien dans une… enfin, dans un style plutôt soutenu que par exemple dans un mail à un ami. Ce que je veux dire par là, c’est que, par exemple, je ne dirai jamais ça à l’oral, très rarement. Mais ça ne me gêne absolument pas de l’écrire. Et je n’ai pas l’impression en l’écrivant d’avoir un style trop recherché. Donc il y a vraiment une différence entre l’écrit et l’oral. Et c’est ça qui est… qui est assez important à retenir.
Alors, la deuxième façon de poser la question, ce serait de demander: « Sur quel instrument est-ce que vous appris la musique ? », en utilisant cette expression « est-ce que ». Donc ça, c’est une question qui à l’oral est très neutre, c’est-à-dire que elle n’est pas particulièrement rechercchée, ni familière. Elle est vraiment neutre. On peut l’utiliser à l’écrit aussi, sauf que, bien sûr, entre « Sur quel instrument avez-vous appris le musique? » et « Sur quel instrument est-ce que vous avez appris la musique ? », il y a une différence de longueur. C’est un petit peu plus long d’écrire « est-ce que vous avez appris la musique ». Donc c’est pour ça que finalement, je pense que ça ne nous gêne pas du tout d’écrire « Sur quel instrument avez-vous appris la musique ? « , parce que c’est plus court. Voilà. Ensuite, troisième solution, c’est de demander, à l’oral : « Vous avez appris la musique sur quel instrument ? « , avec… disons l’intonation qui va montrer qu’on pose une question. « Vous avez appris la musique sur quel instrument ? « Et donc la personne va répondre en reconnaissant parfaitement la question. Ça, c’est quelque chose qu’on écrira beaucoup moins, dans… dans un… dans un texte, ou dans un mail. Voilà, ça se sera beaucoup plus réservé à l’oral. Et c’est plus familier que la forme précédente avec « est-ce que ». Et puis pour finir, donc, la question de Rébecca: » L’instrument de musique sur lequel vous avez appris, c’est quoi ? « , avec ce quoi posé à la fin comme ça de la question. Et ça, c’est vraiment totalement oral. Ne l’écrivez pas. C’est trop familier à l’écrit.

Rouler les « r »:
Ensuite, je voulais parler un tout petit peu de l’accent de Vladimir, qui est donc roumain et qui vit en France depuis très longtemps mais qui a gardé ce petit accent particulier aux Roumains, c’est-à-dire qu’il roule les « r ». Quand il prononce la Roumanie, il dit la Roumanie. Et voilà, ça c’est typique de l’accent roumain. Les Roumains parlent en général très, très bien français probablement parce que nos deux langues sont quand même assez proches, avec des origines latines. Mais très souvent, ils gardent ce… cette prononciation un petit peu particulière des « r ». Ce que je voulais dire, c’est que ça n’est pas gênant du tout, pour nous. C’est-à-dire que ça donne un petit accent, bien sûr, mais çe ne peut jamais nous gêner pour comprendre. Ça n’est pas comme par exemple les… les étrangers qui mélangent les sons « u » et « ou », qui peuvent nous gêner, nous, parce que, voilà, ça peut donner des mots différents. Là, quelqu’un qui roule les « r », ça n’est jamais un problème. Ça n’est jamais un problème, d’autant plus que en France, dans certaines régions, certaines personnes roulent les « r » de cette façon-là. Je pense en fait à des personnes qui vivent dans le sud-ouest de la France notamment. Mais il y a aussi une question d’êge, c’est-à-dire que ce sont souvent des personnes plus âgées qui ont tendance donc à prononcer les « r » un peu différemment de ce qu’on entend en général. Voilà, donc ça, ça n’est pas un problème du tout.

Et pour finir, la différence entre « y arriver » et « arriver », « là » et « là-bas » et comment utiliser « C’est moi qui… »:


Transcription:
Y arriver / arriver:
Alors maintenant, je voulais parler d’une erreur que fait Vladimir en rapportant la réaction de son père quand il a vu que son fils n’avait pas très envie d’aller s’installer en France et de quitter la Roumanie. Et donc, on entend la phrase: » Tu arriveras là ». Le problème, c’est que le verbe arriver, tout seul comme ça, signifie quelque chose de spatial, et non pas ce que voulait dire Vladimir, c’est-à-dire: « Tu y arriveras ». C’est l’expression « y arriver ». « Y arriver, ça veut dire « réussir » à faire quelque chose. Donc ici, ça veut dire: « Ne t’inquiète pas, on va s’installer en France et tout va bien se passer pour toi. Tu vas t’en sortir. Tu vas y arriver. » Arriver, c’est tout seul avant tout un sens spatial: arriver quelque part, arriver dans un pays, arriver dans une ville. Et donc là, c’était différent.

Là-bas / là:
Et le problème aussi avec cette toute petite phrase, c’est la confusion entre « là »et « là-bas ». En fait, ici, il faut dire: « Tu y arriveras là-bas. » Là-bas, c’est ce qui est loin, c’est là où on n’est pas. Donc quelqu’un qui est en Roumanie et qui pense à la France dira: « Tu pourras vivre là-bas. Ils sont partis là-bas. Ils se sont installés là-bas il y a trois ans », etc… Donc là, c’était vraiment ça:  » là-bas ». « Là », c’est toujours plus proche. Et par exemple dans des phrases comme: « Je suis là ». En rentrant à la maison, par exemple, on dit: « Coucou, je suis là. » Ou bien on arrive chez quelqu’un et on dit: « Vladimir est là ?  » Et ensuite la personne répond: « Oui, oui, il est là. Je l’appelle. » On peut dire aussi à quelqu’un par exemple: « Assieds-toi là. » Et ça veut dire: Là, tout près de moi, juste à côté. Ou bien, en faisant visiter son bureau par exemple, on peut dire: « Tu vois, je travaille là ». Donc « là » est toujours plus proche et souvent synonyme finalement de « ici », alors que quand on veut parler d’un endroit plus éloigné, c’est forcément là-bas.

C’est moi qui:
Le dernier point, c’est un petit problème de conjugaison, un problème d’accord. Donc quand il rapporte les paroles de son père, il continue en disant: »C’est moi qui va travailler ». Et ça, c’est une faute vraiment, une faute de conjugaison. Il faut dire: « C’est moi qui vais travailler ». Parce que « moi », c’est en fait « je ». Et on dit bien: « Je vais travailler », et non pas « Je va travailler », évidemment. Ce qui gêne beaucoup d’étrangers, c’est le… le fait qu’il y ait « qui » au milieu. Donc ça, il faut pas oublier, il faut bien accorder avec « C’est moi ». Si on dit: « c’est nous », ça va donner « C’est nous qui allons travailler ». Si on utilise « vous », « C’est vous qui allez travailler ». Voilà, donc c’est… c’est cet accord qu’il ne faut pas oublier. Rassurez-vous, il y a des Français en fait qui se trompent là-dessus aussi, parce que finalement, ça n’est peut-être pas si facile que ça. Alors, je prends juste deux exemples encore sur lesquels on peut se tromper parce que il y a une différence entre « je », « tu », « il », etc… C’est avec le verbe « être ». On dit « c’est moi qui suis venu(e) hier », par exemple. Et puis: « C’est moi qui ai raconté ça ». Donc « ai », avec A.I. bien sûr. Donc voilà, il faut accorder à la première personne du singulier quand on fait ce genre de phrases.