Comptine de Noël

Petite comptine de Noël apprise à l’école maternelle, en Petite Section, par un petit gars de trois ans et demi.

Ou comment on apprend très tôt des mots compliqués et des temps bizarres comme le passé simple !
Comment aussi on prend un vrai accent marseillais alors qu’on est un petit garçon né dans le nord de la France d’une maman parisienne et d’un papa du sud-ouest. Il suffit d’une institutrice très marseillaise !

Très bonnes fêtes de fin d’année à vous tous !
Ou comme on dit ici à Marseille : Bon bout d’an !


Transcription:
Trois petits sapins se donnaient la main
Car c’était Noël de la terre au ciel.
Prirent (1) le chemin menant au village
Jusqu’à l’étalage d’un grand magasin.
Là ils se couvrirent (2) de tout ce qui (3) brille,
Boules et bougies, et guirlandes pour luire (4).
(Jusqu’à…) Et s’en retournèrent (5) la main dans la main
Par le beau chemin de l’étoile claire,
Jusqu’à la forêt où minuit sonnait
Car c’était Noël de la terre au ciel.

Quelques détails :
1. prirent : passé simple du verbe prendre. (Dans cette petite poésie, il manque les pronoms sujets : ils)
2. se couvrirent : passé simple du verbe se couvrir.
3. tout ce qui brille : il se trompe un peu et prononce « ce qu’il brille ».
4. luire : briller (style soutenu)
5. s’en retournèrent : passé simple de « s’en retourner ».

Petite remarque : La maîtresse a choisi cette comptine car ce n’est pas l’aspect religieux de Noël qui y est mis en avant : les écoles publiques françaises sont laïques. Bien sûr, Noël est au départ une fête chrétienne mais c’est aussi devenu une fête traditionnelle – et commerciale – qui fait de toute façon partie de la culture de notre pays.

La façon de parler d’Adrien :
– Il a un accent marseillais : écoutez comment il prononce le son « in » dans sapin, chemin, main. Ecoutez aussi comment il dit « forêt », comme si le son à la fin était un « é ».

-Il ne fait pas tout à fait bien « siffler » les « s », dans « sapin », « se », « ce ». En francais, on dit qu’il pousse de la langue. Beaucoup de petits ont ce petit défaut de langage, qui se corrige tout seul peu à peu. Sinon, il faut aller chez l’orthophoniste qui leur fait faire des exercices de prononciation.

Y aura-t-il de la neige à Noël ?

Question classique à cette saison. Un Noël blanc a quelque chose de plus. Le traîneau du Père Noël sans la neige, c’est quand même moins poétique… et moins pratique !
Mais c’est aussi une interrogation plus terre à terre* pour les stations de ski ! Une belle neige dès décembre, et c’est l’assurance d’attirer les vacanciers pour les congés de fin d’année et de bien préparer la pleine saison en février et mars.

Alors cette année, la réponse est oui ! Les premières stations ont ouvert leurs pistes ce weekend, même à basse altitude, comme dans les Vosges, où tout le monde se frotte les mains**. (et pas parce qu’ils ont froid.)
(J’en ai profité aussi pour parler de l’accent qu’on entend dans cet enregistrement.)


Transcription:
Oh bah, elle est extra (1), la neige (2)! Il y en a 70 cm en haut et 60 en bas. De la neige fraîche, bonne, belle qualité. Ben là, on a poussé de la neige parce qu’on a produit cette nuit(3). Donc il faut pousser les tas, étendre et puis relisser derrière pour que les skieurs puissent se faire plaisir.
Plus de 800 paires de chaussures, les skis, pareil (4). Les raquettes, les luges, les casques. Tous les ans, on a toujours des skis et des chaussures neufs (5), pour que tout soit prêt pour l’ouverture de la station.
C’est que du bonheur !(6) Ça nous permet d’ouvrir la saison sans le grand stress comme l’an dernier : on a ouvert pile pour les vacances de Noël (7). Donc là, ça va nous permettre de roder (8) un peu tout, pour les vacances. On a déjà plus d’un mètre de neige avec la neige artificielle. Donc les vacances sont assurées et une bonne partie de janvier. Même si il y a un redoux qui arrive, on a le temps de voir venir (9).
Ce weekend sera un avant-goût (10) d’une saison qui démarrera à plein régime (11) le 15 décembre.

Quelques détails :
1. extra : super.
2. Elle est extra, la neige ! : Cette structure où on commence par le pronom (elle) alors qu’on n’a pas encore mentionné le nom dont on parle (la neige) est fréquente à l’oral. Ça sert à mettre en valeur ce qu’on dit, comparé à la structure normale : La neige est extra.
3. On a produit cette nuit : les stations de ski utlisent les canons à neige pour les pistes les plus basses en altitude.
4. pareil : même chose (style oral)
5. des skis et des chaussures neufs : l’accord de l’adjectif au masculin est bon puisque quand on a deux noms, un au masculin et un au féminin, c’est le masculin qui l’emporte. Cependant, on essaie dans ce cas de placer le nom masculin le plus près de l’adjectif, et non l’inverse comme ici, parce que ça nous fait quand même un peu bizarre d’entendre « des chaussures neufs ».
6. C’est que du bonheur : cette expression est devenue à la mode, notamment parce que certains animateurs à la télé l’utilisaient tout le temps.
7. pile pour les vacances : exactement au début des vacances, pas avant.
8. roder : tester, vérifier que tout marche bien et faire les ajustements nécessaires pour être bien prêt.
9. On a le temps de voir venir : on est tranquille pour un petit moment. On a l’assurance que ça va aller pour le moment. On n’est pas obligé de se faire du souci.
10. un avant-goût : une première expérience de ce qui va se passer plus tard.
11. à plein régime : à fond, à pleine force. (On l’utilise pour les machines, les moteurs et aussi au sens figuré comme ici.)

* terre à terre : pas poétique du tout, matériel.
** se frotter les mains : être content de la situation, se réjouir.

J’en peux plus !

Il y a eu de fortes intempéries dans le nord de la France et en Belgique ce weekend. Elles étaient annoncées mais que faire contre les cours d’eau qui débordent ?

En France, de gros dégâts matériels dans les communes touchées. C’est moins grave que de perdre la vie, comme ça a été le cas pour plusieurs personnes en Belgique. Mais quand même, c’est toujours difficile à vivre, surtout quand on travaille dur pour se payer une maison, des meubles, des appareils électro-ménagers. Voici quelques témoignages de gens qui disent leur découragement (avec bien sûr un accent du nord dont je vous parle après).


Transcription:
– On avait de l’eau jusque-là. L’eau a m(onté)(1)… L’eau a continué à monter. Tout ce qu’on a réussi à sauver, bah c’était rempli d’eau, quoi. Bah on n’a rien sauvé, quoi, en fait. Quelques souvenirs, tout ce qui était en hauteur. Le reste, tout est… [Oh là, là], machine à la(ver)(1). On n’a plus rien. On n’ arrive pas à y croire. Pour moi, je suis en train de rêver.

Tous les habitants ici parlent d’une montée soudaine et violente des eaux. Pour Claude, un ami venu aider, cette catastrophe était pourtant prévisible :
– Nous, on est en colère parce que (3) ils auraient pu prévenir avant, quoi. Il y a quand même des gens qui contrôlent les rivières, les flux, tout ce qui s’ensuit, pour prévenir les gens quelques heures avant, qu’on puisse mettre ça sur des parpaings (4).

Et ils sont nombreux à ne pas comprendre. C’est la deuxième fois que Jean-Jacques voit sa maison inondée. Résigné, il repasse prendre quelques affaires, avec le doute de vouloir un jour revenir vivre ici :
– Après les efforts qu’on a faits, on a acheté le congélateur, le frigo (5)! C’est la totale ! (6) Moi, ça fait 13 ans que je suis là, c’est la deuxième fois, la deuxième année pire (7). Déjà, j’en peux plus (8), c’est ma santé qui prend (9)et…
– Vous pensez que vous allez pas revenir ?
– Ah non, maintenant, je suis dégoûté. C’est pas vivable.

Quelques explications :
1. Elle s’arrête au milieu des mots et change un peu sa phrase ou enchaîne sur la suite. Mais on devine ce qu’elle allait dire.
2. Je n’arrive pas à y croire : c’est incroyable. On emploie « y » dans cette expression.
3. Parce que ils… : normalement, on devrait dire et écrire « parce qu’ils…. » car le mot après parce que commence par une voyelle. Je suppose que c’est ce que vous apprenez. Mais de plus en plus souvent, on prononce « parce que » en entier avant de continuer, quel que soit le mot qui suit.
4. un parpaing : une brique en béton.
5. le frigo : abréviation familière et courante de « frigidaire ».
6. C’est la totale : il ne peut pas y avoir pire. (familier)
7. La deuxième année pire : cette phrase n’est pas très correcte. C’est la deuxième année, la deuxième fois qui est la pire des deux.
8. J’en peux plus = je n’en peux plus. Cette expression peut exprimer le découragement et une grande lassitude: « Trop, c’est trop. Je ne supporte plus. » Elle peut avoir aussi un sens purement physique : je suis très fatigué / épuisé. (familier)
9. C’est ma santé qui prend = il y a des conséquences sur ma santé. (familier)

Dès que le vent soufflera

Mais pourquoi écouter cette chanson de Renaud de 1983 ?
Plein de bonnes raisons !

– La Route du Rhum vient de se terminer pour les navigateurs qui ont fait la course en tête. Alors on reste dans une ambiance marine.
– C’est la grande mode en France en ce moment de nous ressortir les chansons des années 80 et 90. Le bon – tant mieux! – et le moins bon – bof! – chanté par des jeunes ou par les interprètes de l’époque eux-mêmes, parfois un peu essoufflés et pathétiques…
– Renaud a un accent de titi parisien. Je vous avais promis un autre accent que l’accent marseillais !
– Et surtout, comme vous aimez le français, vous ne pouvez pas ne pas écouter les chansons de Renaud !

Qu’elles soient critiques envers notre monde ou pleines de tendresse pour les siens, pleines d’humour ou de poésie, elles sont toutes si bien écrites – avec beaucoup d’argot – que nous les avons tous quelque part dans notre mémoire.

Pour écouter, c’est là.

C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mer qui prend l’homme, tatatin
Moi la mer elle m’a pris
Je me souviens un mardi
J’ai troqué (1) mes santiags (2)
Et mon cuir un peu zone (3)
Contre une paire de docksides
Et un vieux ciré jaune
J’ai déserté les crasses (4)
Qui me disaient « Sois prudent »
La mer c’est dégueulasse (5)
Les poissons baisent (6) dedans

Refrain : Dès que le vent soufflera
Je repartira (7)
Dès que les vents tourneront
Nous nous en allerons (8)

C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mer qui prend l’homme
Moi la mer elle m’a pris
Au dépourvu tant pis
J’ai eu si mal au cœur (9)
Sur la mer en furie
Que j’ai vomi mon quatre heures (10)
Et mon minuit aussi
Je me suis cogné partout
J’ai dormi dans des draps mouillés
Ça m’a coûté des sous (11)
C’est de la plaisance, c’est le pied (12)
Refrain
Ho ho ho ho ho hissez haut ho ho ho (13)

C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mer qui prend l’homme
Mais elle prend pas la femme
Qui préfère la campagne
La mienne m’attend au port
Au bout de la jetée
L’horizon est bien mort
Dans ses yeux délavés
Assise sur une bitte (14)
D’amarrage, elle pleure
Son homme qui la quitte
La mer c’est son malheur
Refrain

C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mer qui prend l’homme
Moi la mer elle m’a pris
Comme on prend un taxi
Je ferai le tour du monde
Pour voir à chaque étape
Si tous les gars du monde
Veulent bien me lâcher la grappe (15)
J’irai aux quatre vents
Foutre un peu le boxon (16)
Jamais les océans
N’oublieront mon prénom
Refrain
Ho ho ho ho ho hissez haut ho ho ho

C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mer qui prend l’homme
Moi la mer elle m’a pris
Et mon bateau aussi
Il est fier mon navire
Il est beau mon bateau
C’est un fameux trois-mâts (13)
Fin comme un oiseau [Hissez haut]
Tabarly, Pageot
Kersauson et Riguidel
Naviguent pas sur des cageots
Ni sur des poubelles
Refrain

C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mer qui prend l’homme
Moi la mer elle m’a pris
Je me souviens un vendredi
Ne pleure plus ma mère
Ton fils est matelot
Ne pleure plus mon père
Je vis au fil de l’eau
Regardez votre enfant
Il est parti marin
Je sais c’est pas marrant (17)
Mais c’était mon destin

Dès que le vent soufflera
Je repartira
Dès que les vents tourneront
Nous nous en allerons
De requin. (18)
…Dès que les vents tourneront
Je me n’en allerons (8)

Des explications :
1. troquer : échanger
2. des santiags : des bottes
3. un cuir un peu zone = un blouson en cuir pas très raffiné
4. les crasses : les nuls, les débiles (argot)
5. dégueulasse : dégoûtant (très familier)
6. baiser : faire l’amour (familier)
7. je repartira : cette forme n’existe pas. Il faut dire « Je repartirai ». Mais ça rime avec « soufflera » !
8. Nous nous en allerons : ça n’existe pas non plus évidemment, sauf dans la bouche des enfants qui ne savent pas encore que le verbe « aller » est très bizarre ! La forme correcte, c’est « Nous nous en irons » au futur. Et tout à la fin, Renaud fabrique une forme encore plus incorrecte.
9. avoir mal au cœur : c’est ce qu’on dit quand on a envie de vomir. (parce qu’on a trop mangé, ou parce qu’on est malade en voiture ou en bateau)
10. mon quatre-heures : mon goûter. (familier) Les enfants français font un goûter vers 4 heures- 4 heures et demie. (après l’école). Et ensuite, Renaud ajoute « mon minuit » – expression qui n’existe pas – pour montrer qu’il a été malade tout le temps.
11. des sous : de l’argent (familier, très utilisé)
12. c’est le pied : c’est super (familier)
13. Ce sont les paroles et l’air d’une chanson de Hugues Aufray, plutôt ringarde mais que tout le monde connaît.
14. une bitte d’amarrage : pour attacher la corde des bateaux amarrés à quai. Mais c’est le même mot que « bite » qui désigne le sexe de l’homme en argot. Donc Renaud joue sur l’ambiguité, d’autant plus qu’il traîne un peu entre «bitte» et « d’amarrage ».
15. lâcher la grappe à quelqu’un : laisser quelqu’un tranquille (argot)
16. le boxon : le désordre, le bazar (argot). Foutre le boxon = mettre le bazar, perturber. (argot)
17. marrant : amusant (familier)
18. nous nous en allerons… de requin : jeu de mots comme les aime Renaud sur «aileron de requin».

Petite remarque de conjugaison :
Dans le 4è couplet, quand Renaud dit « J’irai aux quatre vents« . Il fait une liaison entre « irai » et « quatre », comme si c’était « J’irais », c’est-à-dire le conditionnel présent. Mais c’est le futur qu’il veut employer, comme un peu avant: « Je ferai le tour du monde ». C’est une faute classique des Français qui confondent futur et conditionnel présent  à la première personne du singulier.

Quand on est petit, on apprend que pour ne pas se tromper d’orthographe ou ne pas faire une liaison qui tue (!), il faut remplacer « je » par une autre personne et voir dans le contexte si on dirait : nous irons (futur) ou nous irions (conditionnel) / il ira (futur) ou il irait (conditionnel), etc… C’est pas sorcier* !

* c’est pas sorcier : ce n’est vraiment pas compliqué ni mystérieux. (familier)

J’exagère, moi ?

Voici une autre intervention de notre supporter marseillais de l’autre jour. Je ne résiste pas !
Première raison : c’est l’occasion d’approfondir votre pratique de l’accent marseillais commencée l’autre jour.
Deuxième raison : cette interdiction oppposée aux Marseillais d’aller au Parc des Princes, c’est vraiment une affaire d’Etat. Si, si, je vous assure ! ( Chez les Marseillais en tout cas.) On ne rigole pas* avec le foot à Marseille !
Troisième raison : vous avez ici la parfaite illustration du cliché qui circule en France : un Marseillais, c’est une grande bouche*, qui a le verbe haut* et qui exagère les choses. Un cliché, certes, mais dans tout cliché, il y a une part de vérité, non ?
Quatrième raison : c’est plutôt sympathique, non ? Il y a quelque chose à Marseille qu’on ne trouve pas ailleurs !

Bon, maintenant, il va falloir que je vous trouve un accent de titi parisien pour affiner les comparaisons.


Transcription:
Il est hors de question que les Marseillais ne montent pas à Paris, voilà. Eux ont décidé, mais ils ne sont pas au-dessus des lois de la République. Et les lois de la République disent que tout citoyen a le droit de circuler librement en France. Bon, on va monter à Paris. Tout est loué, les bus, les trains. J’espère qu’ils vont pas arrêter les trains au départ de Marseille, qu’ils vont pas arrêter toutes les voitures 13 (1) sur l’autoroute. Si il y a un danger quelque part, on neutralise le danger. On n’empêche pas les gens d’y aller ! Si dans les collines de l’Estaque (2), il y a une panthère, on va pas dire aux Marseillais : « N’allez pas dans les collines de l’Estaque ! » On va essayer d’attraper la panthère. A Paris, il y a des lions. Neutralisez les lions.

Quelques détails :
1. Les voitures 13 : tous les départements français ont un numéro. Pour les Bouches-du-Rhône, c’est le 13, dans l’ordre alphabétique. Les plaques d’immatriculation mentionnent les départements, à droite sur les plaques traditionnelles et en haut à droite sur les nouvelles plaques.
2. L’Estaque : c’est un des quartiers de Marseille, avec son port, peint par les plus grands peintres. Autour de Marseille, ce n’est pas plat. Il y a le Massif de l’Estaque, le Massif de l’Etoile. Les Marseillais appellent ça les collines. On va se promener dans la colline.

* On ne rigole pas avec le foot : on ne plaisante pas avec le foot. C’est une affaire sérieuse. (familier)
* c’est une grande bouche : c’est quelqu’un qui parle beaucoup et fort.
* avoir le verbe haut : parler fort (et en général avec beaucoup de gestes.)

Tous à Paris !

Si vous voulez un Marseillais pur jus*, en voici un ! C’est un des supporters très connus de l’Olympique de Marseille, l’équipe de foot de la ville, soutenue par plusieurs clubs.

A travers ses mots, se dessine la légendaire rivalité entre Marseille et Paris : depuis quelques années, l’OM et le PSG sont les deux grandes équipes ennemies. Le problème, c’est que cela donne des matchs à haut risque car parmi les supporters, il y a des gars qui ne viennent au stade que pour se battre, des gars qui n’ont pas grand-chose dans la tête, des hooligans. Pour éviter les incidents graves, les deux villes doivent mobiliser des forces de police importantes les soirs de match. La Ligue Française de Football a même décidé d’interdire aux supporters marseillais de monter à Paris le weekend prochain. Mais cette mesure a finalement été déclarée illégale par une décision de justice. Alors les Marseillais sont bien déterminés à faire le déplacement ! Chaude ambiance !

René est donc un vrai Marseillais. Et ça s’entend ! On ne peut pas s’y tromper.
J’en ai donc profité pour parler un peu de cet accent d’ici, avec mon accent de «là-haut*».


Transcription:
Je ne vois pas pourquoi la Ligue Française de Football pourrait nous interdire à nous Marseillais qui ne sommes condamnés à rien d’aller voir un match de foot à Paris. Je ne vois pas de quel droit elle peut nous interdire ça. Il y a une loi qui stipule qu’ils doivent nous donner 5 % (1) des places que contient le Parc des Princes (2). Donc ils doivent nous donner 2000 places. C’est la loi. La justice leur donne tort et si en plus, ils s’emboucanent (3)encore en nous refusant l’accès au Parc des Princes, c’est des fous ! On a gagné, donc nous montons à Paris avec notre équipe, un point c’est tout (4) ! Et puis, qu’ils ne fassent pas les mariolles (5) parce que ils ne sont pas au-dessus des lois. Et la justice vient de leur rappeler. Donc il faudra qu’ils s’entendent pour justement mettre en place un service de sécurité conséquent (6) pour que les Marseillais soient reçus dans des bonnes conditions. Ça c’est leur problème. Nous, nous montons (7) tous à Paris ! Nous sommes dans notre bon droit (8). On voulait nous l’enlever, on nous l’a rendu. Disons qu’on a remis les choses en place, voilà.

Quelques détails :
1. 5 % : cinq pour cent.
2. Le Parc des Princes : un des stades de Paris. Il est plus petit que le Stade de France qui est plus récent.
3. s’emboucaner : argot marseillais. Se mettre dans une situation difficile et de conflit avec quelqu’un.
4. Un point c’est tout : cette expression indique qu’il n’y a pas à discuter.
5. les mariolles : les malins. Qu’ils ne fassent pas les mariolles = Il ne faut pas qu’ils se croient au-dessus de tout et plus intelligents que les autres. (argot)
6. conséquent : suffisant et efficace
7. monter à Paris : aller à Paris (en venant du sud) . On monte à Paris et on descend à Marseille.
8. être dans son bon droit : avoir totalement raison, de façon objective. Avoir la loi de son côté.

* pur jus : un vrai de vrai. Un authentique Marseillais (familier)
* là-haut : Paris, le nord, pour les gens du sud.